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Valence CF 3-2 FC Barcelone : Enième désillusion

Chronique | Copa Del Rey | vendredi 21 mars 2008 à 02:55

Les Barcelonais ont laissé échapper la qualification pour la finale face à une équipe de Valence valeureuse mais friable. Le réveil en fin de match ne masque pas les errances défensives et l'apathie générale de l'équipe.

Les faits et le jeu

Après avoir officieusement laissé échapper la Liga à la suite de trois matches désastreux contre l’Atletico, Villarreal et Almeria (on restera toutefois prudent vu la capacité actuelle du Real Madrid à imiter la médiocrité de son rival), les Barcelonais ont été, cette fois ci officiellement, éliminés de la Coupe du Roi au stade des demi-finales. Dans cette compétition, dont ils sont recordmen des victoires, mais dont ils n’ont plus soulevé le trophée depuis 10 ans, les Blaugrana devaient remonter à Mestalla le résultat obtenu à l’arraché au match aller (1-1). Ce défi semblait à la hauteur des hommes de Frank Rijkaard. Il ne suffisait en effet que de marquer, la victoire étant ainsi un luxe secondaire pour s’ouvrir les portes de la finale. Mais face à quelle équipe de Valence ? Celle fantomatique de décembre qui avait été ridiculisée par Eto’o et Messi (3-0), où celle qui avait été à deux doigts du hold up au Camp Nou au match aller avec une défense catenaccio digne de Helenio Herrera, un gardien insubmersible et un réalisme inédit depuis la visite de Zalayeta ?

Au coup d’envoi, Rijkaard décidait d’aligner une équipe assez proche de celle de dimanche avec une nouvelle fois Thierry Henry sur le banc. On retrouvait ainsi devant le trio Bojan-Eto’o-Iniesta, soutenu au milieu par Xavi, Gudjohnsen et Touré dont c’était le retour malgré ses problèmes de dos. Derrière Puyol retrouvait l’axe de la défense avec Milito pour laisser les couloirs à Zambrotta et Abidal, tandis que Valdes gardait une nouvelle fois les buts, contrairement à la coutume des saisons précédentes qui voulait que la Coupe appartienne au suppléant.

Si le Barça se mit le premier en action avec une tête puissante de Milito sauvée sur sa ligne par un défenseur à la suite d’un corner de Xavi (4’), ce fut incontestablement Valence qui semblait avoir pris ce match par le bon bout. Mordants, agressifs, solidaires, les Valencians jouaient leur saison sur ce match, et semblaient ne pas vouloir se contenter comme à l’aller de subir. A la 14ème minute, un centre tir de Villa que Silva dans la surface ne sut dévier dans le but, sonna comme le premier avertissement pour une équipe du Barça peu convaincante dans le jeu, abusant de la latéralité, et incapable de mettre de la vitesse. Il n’y eut pas de second avertissement. A la 18ème minute, Baraja, insuffisamment pressé aux abords de la surface de la réparation ajustait une frappe limpide en pleine lucarne. 1 à 0 pour les locaux, et contrairement au match aller il n’y avait là point de crime lèse football.

Le Barça était sonné par cette ouverture du score, bien que celle ci ne changeait pas fondamentalement les données du problème : pour ne pas se faire éliminer, il fallait toujours marquer un but. Or pour cela il aurait fallu montrer autre chose que ce que les Blaugrana ont montré pendant plus d’une heure. On ne sait pas par où commencer l’inventaire de tout ce qui n’allait pas. Peut-être faut-il avant tout se focaliser sur le déchet technique de certaines individualités et le manque total d’utilisation des couloirs ? Trop axial, trop brouillon le jeu catalan était trop prévisible pour la défense bien en place des hommes de Koeman. D’autant plus que ces derniers galvanisés par l’ouverture du score, poussés par leur public, se donnaient à 110 % sur chaque duel. Pas de rythme, pas de décalage, pas de mouvement, la chanson, notamment à l’extérieur, commence à connue par cœur. Dès lors le Barça ne s’en remettait plus qu’à des solutions non orthodoxes, à savoir une tête de Milito bien captée par Hildebrand (31’) ou une frappe de loin d’Abidal frôlant la lucarne (36’). Maigre, très maigre pour une équipe obligée de marquer un but pour arracher la prolongation… et d’autant plus maigre qu’à la 45ème minute, Mata, à la suite d’une invraisemblable suite de négligences défensives venait crucifier Valdes pour le 2 à 0.

La mi-temps était sifflée, et les Barcelonais retournaient piteusement aux vestiaires avec deux buts dans les valises. Le second acte ne vit absolument aucun bouleversement. La seule véritable occasion barcelonaise étant à l’actif de Gudjohnsen avec une reprise au dessus d’un centre réussi (si si ça existe) d’Abidal. Les entrées de Henry pour Touré (51’) puis de Sylvinho pour Abidal (62’) ne changeaient rien à la dangerosité de l'attaque catalane. Ce n’est qu’à la 68ème minute de jeu que Bojan, très mauvais jusque là, faisait enfin acte de vivacité pour repiquer dans l’axe et déclencher une jolie frappe, avant de décaler Iniesta deux minutes plus tard, dont la frappe passait à coté. Ce léger sursaut prouvait qu’avec un peu de vitesse, la défense de Valence se retrouvait vite dépassée. Loin de l’image de muraille infranchissable laissée à l’aller (essentiellement il est vrai grâce à Hildebrand), les Valencians, semblaient friables derrière à la moindre véritable accélération. Et celle-ci intervint à la 72ème minute avec un débordement de Sylvinho (en relais avec Bojan) dont le centre était repris victorieusement d’une tête parfaitement ajustée de Thierry Henry. Nouveau but de la tête pour le Français cette saison malgré sa faiblesse légendaire dans ce domaine.

Et voilà que tout le peuple culé se remet à y croire. Il ne suffit plus que d’un petit but, tandis que Valence semble enfin montrer des signes de fatigue ! C’était hélas sans compter sur la capacité abracadabrantesque des Catalans pour se mettre tout seuls, comme des grands, dans le pétrin. Presque sur l’engagement, Valence se retrouvait inexplicablement en supériorité numérique dans les 20 derniers mètres blaugrana, ce qui permettait à Mata de signer le doublé. Tout était à refaire… Henry, très volontaire depuis son entrée, en était sonné au point de ne pas exploiter correctement un alignement désastreux d’Albiol, en laissant la défense revenir sur lui alors qu’un duel avec Hildebrand lui été offert (76’). Toujours aussi peu convaincants dans leurs efforts offensifs, les Barcelonais trouvaient toutefois une nouvelle fois la faille à la 80ème minute avec Eto’o, lequel à la suite d’un une deux avec Albiol (sic), trompait Hildebrand pour la deuxième fois de la soirée. 3 buts à 2. Hélas le troisième but blaugrana n’arriva pas. Pas de Xavi pour sauver l’équipe cette fois-ci. Et Rijkaard devait laisser à Koeman le soin de savourer une qualification en finale face à Getafe.

En course il y a quelques semaines encore dans trois compétitions, le Barça ne semble aujourd'hui pouvoir se raccrocher qu’à la Ligue des Champions. Si le sort lui a réservé, à l’instar de Chelsea, un parcours de coupe UEFA jusqu’à la demi-finale, on se dit qu’il faudra une sacrée métamorphose notamment à l’extérieur pour obtenir un billet jusqu’à Moscou et espérer en ramener la coupe aux grande oreilles. Pas sûr que le retour de Messi y suffise.


Les joueurs

Valdes : 4,5
Pas irréprochable sur le troisième but.

Zambrotta : 4,5
La copie habituelle cette saison : peu incisif défensivement et inexistant offensivement. Remplacé en fin de match par Edmilson.

Puyol : 4,5
Incapable de dégager le danger sur l’action qui amène le second but, et globalement en difficulté face à Villa. A fini arrière droit avec de bonnes montées mais des dernières passes imprécises.

Milito : 4,5
Deux bonnes têtes qui auraient mérité mieux. A pris sa part au naufrage défensif.

Abidal : 4,5
S’est contenté du service minimum, notamment offensivement. Remplacé par Sylvinho à qui l’on doit un centre parfait pour le but de Henry.

Touré : 5,5
Moins impérial qu’à l’accoutumée notamment dans son placement et son agressivité, du fait sans doute de ses problèmes de dos, mais tout à fait correct cependant malgré deux ballons perdus.
Remplacé par Henry, qui non content de marquer un but de la tête splendide qui a tout relancé, a montré un grand appétit. Un de ceux qui en voulait le plus. Dommage qu’il manque d’opportunisme à la 76ème minute.

Xavi : 6
Actif dans la conduite du jeu. On ne peut pas lui imputer l’horizontalité du jeu, celle-ci résultant d’une animation collective inexistante. Limité dans les duels.

Gudjohnsen : 4,5
Il a très peu pesé sur le jeu, et a été très brouillon dans ses prises de balle.

Iniesta : 6
Positionné dans le couloir gauche, il a joué très bas, et n’a quasiment jamais débordé. Le plus vertical de tous les joueurs néanmoins. A reculé au fur à et mesure des changements opérés par Rijkaard.

Bojan : 4
Désastreux pendant 70 minutes, ne réussissant quasiment rien. Il se réveille deux fois en l’espace de deux minutes après son replacement à gauche, avant de rater la balle du troisième but en toute fin de match.

Eto’o : 5,5
On aura du mal à retenir autre chose que son but. Isolé en attaque, il a essayé de servir de point d’appui le plus souvent en vain, avant de plus prendre les côtés sur le terrain avec guère plus de réussite.


Fiche technique :

Valence CF : Hildebrand - Miguel, Albiol, Marchena, Moretti - Maduro, Baraja, Mata (Caneira, 82’), Joaquín (Arizmendi, 64’) - Silva (Ever Banega, 75’), Villa.

FC Barcelone : Valdés - Zambrota (Edmilson, 81’), Milito, Puyol, Abidal (Sylvinho, 62’) - Touré (Henry, 51’), Gudjohnsen, Xavi - Bojan, Iniesta, Eto'o.

Buts :
1-0, 18’: Baraja
2-0, 44’ : Mata
2-1, 71’ : Henry
3-1, 72’ : Mata
3-2, 80’ : Eto'o

Arbitre : Mejuto González.
Avertissements :  Baraja, Villa, Gudjohnsen, Sylvinho.

Crédits photos : Sport, MD, AS


Posté par javito
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