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Shaktar Donetsk 1-2 FC Barcelone: remake en Ukraine

Chronique | Champion's League | jeudi 2 octobre 2008 à 09:14

Menés 1-0, les Blaugrana ont réussi comme lors du derby face à l'Espanyol à inverser la vapeur d'extrême justesse dans les dernières minutes de la partie face à des Ukrainiens valeureux.

Les faits et le jeu

Sur le papier, le composition de l’équipe dessinée par Pep Guardiola offrait un certain nombre de changements par rapport à Samedi. Derrière, Abidal laissait son couloir gauche à Puyol ce qui permettait à Marquez de retrouver le onze des titulaires en compagnie de Piqué, tandis que Daniel Alves était positionné comme d’habitude à droite. Au milieu, point de Busquets ni de Gudjohnsen avec le retour du duo africain Touré-Keita aux cotés de Xavi, lequel était une nouvelle fois épargnée par les rotations, contrairement à Messi que Guardiola décidait de faire souffler en lui préférant une triplette Henry-Eto’o-Iniesta. Malgré les rotations, il y avait là une sorte de continuité. Pourtant une fois le jeu en place, le dispositif tactique blaugrana laissait songeur. Au-delà de la titularisation de Puyol à gauche (pourquoi ne pas tester Caceres à ce poste comme alternative à Abidal et Sylvinho ?), on était tout d’abord surpris par le positionnement de la charnière centrale : Marquez à gauche, lui qui a l’habitude d’évoluer à droite pour allonger le jeu avec son meilleur pied, et Piqué à droite, lequel n’avait jusque là était aligné qu’à gauche (généralement en complément de Puyol). Mais il ne s’agissait que de l’entrée. Passons au plat de résistance et ce formidable contraste entre un couloir gauche embouteillé avec donc Puyol, mais aussi Keita, Iniesta et bien souvent Henry, et un couloir droit, uniquement occupé par Daniel Alves… On connaît les capacités du Brésilien à occuper son couloir et à multiplier les allers-retours mais un tel différentiel était-il bien raisonnable ? Certes Samuel Eto’o venait par moment s’aventurer à droite, mais la plupart du temps c’était Alves ou le désert tandis qu’à gauche, Iniesta, Keita et compagnie se marchaient sur les pieds. Messi sur le banc, personne ne le remplaçait vraiment d’où un jeu déséquilibré avec une animation offensive atone et peu dangereuse si ce n’est à la 14ème minute où Henry, bien lancé par Eto’o en profondeur manqua son face à face avec le gardien.

60 % de possession, mais seulement deux frappes cadrées en 45 minutes (l’autre étant à l’actif de Daniel Alves, 30’) et un seul corner. Le Barça était de nouveau rongé par ses vieux démons, à savoir la possession de balle rendue stérile par une absence de mouvement, d’agressivité et de percussion. De son côté de le Chaktior défendait avec application et tentait crânement sa chance en contre. Les Ukrainiens manquèrent toutefois à la coutume actuelle qui veut que tout adversaire du Barça marque sur sa première occasion. En effet à la 36ème minute, à la suite d’un ballon perdu au milieu par Alves, Brandao adressait un centre en direction de Luiz Adriano, lequel profitait d’une toile de Marquez pour transmettre à Ilsinho qui seul face à Valdes perdait son duel en voyant la main du portier catalan envoyer le cuir au dessus de la transversale. Ce n’était toutefois que partie remise puisqu’à la 44ème minute, le Chaktior ouvrait finalement la marque par l’intermédiaire du remuant Ilsinho : à la suite d’une longue ouverture, Piqué manquait sa tête et ouvrait la voie du but au Brésilien du Chaktior lequel arrivait à se jouer de Puyol puis de Valdes. 1-0 à la pause pour les Ukrainiens, et une nouvelle fois un but encaissé par le Barça, lequel confirmait ainsi son incapacité en ce début de saison à fournir une « clean sheet ».

La deuxième mi-temps voyait un rééquilibrage tactique s’opérer avec une inversion des positions en charnière centrale et surtout l’ordre donné à Keita et à Eto’o de repeupler le couloir droit. Face au désastre tactique de la première mi-temps, Guardiola et son staff venaient de réagir. Ce n’était toutefois pas suffisant pour donner un véritable allant au jeu offensif catalan toujours englué dans les mailles du filet ukrainien. Hormis un frappe non cadrée d’Iniesta et un joli coup franc d’Alves repoussé par le gardien, rien n’était à noter jusqu’à la sortie de Henry et l’entrée de Messi (60’). Ce dernier était à l’origine quelques minutes plus tard (68’) d’une offrande pour Eto’o, lequel se prenait les pieds dans la pelouse et manquait complètement son un contre un avec le gardien. Décidément le Barça n’y arrivait pas. Guardiola décidait alors de lancer Bojan à la place d’Eto’o (74’), mais contre le cours du jeu, c’était le Chaktior qui était proche de doubler la mise, puisque Alves coupable d’un tacle violent semblait avoir commis son forfait à l’intérieur de la surface. Monsieur Webb estimant que la faute était en dehors ne donnait aux Ukrainiens qu’un coup franc que Srna reprenait de volée pour chauffer les gants de Valdes peu sollicité depuis la reprise. Le Barça sentant les minutes s’écoulait lançait son dernier remplaçant (Gudjohnsen pour Keita à la 81ème) mais ne trouvait toujours pas la faille (festival de Bojan mais frappe au dessus, 82’).

C’est alors que deux incidents provoquèrent l’égalisation. Premier incident, le dégagement en touche du Chaktior, autant motivé par la volonté de sortir le danger que de laisser souffler l’un des leurs qui était resté au sol. Les Barcelonais n’estimant pas qu’il s’agissait d’une touche volontaire (le « blessé » s’étant d’ailleurs très vite relevé) jouaient le coup avec Bojan. Survint alors le deuxième incident, la toile incroyable du gardien lequel laissait échapper le ballon que Messi en renard envoyait dans les filets. Egalisation aussi incongrue qu’inespérée pour les Blaugrana.

Une égalisation gag, voila qui rappelait étrangement le derby de samedi (les abrutis en tribune en moins). Et ce n’était pas fini ! Puisqu’à la dernière minute des arrêts de jeu, Xavi offrait à Messi un caviar que ce dernier transformait en but d’une géniale balle piquée. De quoi pousser le remake encore plus loin ! Avec ses trois points, le Barça s’est quasiment ouvert le chemin des huitièmes de finale et a montré qu’il était capable, comme le Real, passé maître dans cet exercice, d’aller glaner les trois points dans les toutes dernières minutes. Une victoire à l’extérieur, qui plus est arrachée sur le fil, voilà deux choses que l’on ne voyait pas si souvent que cela la saison dernière. Si la joie des Barcelonais (communion avec le banc) faisait plaisir tout comme le résultat, il ne faudrait tout de même pas s’enfermer dans ce genre de prestation : il n’y aura pas toujours un final renversant…


Les joueurs

Valdes : 6
Quelques interventions décisives dans une soirée somme toute bien tranquille. Ne peut pas grand-chose sur le but encaissé.

Alves : 5
Abandonné en première mi-temps dans son couloir, il a été peu influent. Coupable d’un tacle qui aurait pu être jugé dans la surface et de quelques pertes de balle. Précieux par contre sur coup de pied arrêté.

Piqué : 6
Souvent bien placé, il dégage une assurance intéressante. On attend de voir ce qu’il donne face à du lourd. Réponse dès ce Week-end peut-être avec un certain Kun Aguerro. A son passif, un raté qui entraîne l’action du but : contre l’Espanyol c’était un dégagement du pied, cette fois-ci c’est un dégagement de la tête.

Marquez : 5
Un ou deux gros passages à vide qui ont amené du danger sur la cage de Valdes. Plus à l’aise en central droit en second période.

Puyol : 4,5
Il se fait bouffer par Ilsinho sur le but. Pas maladroit dans son couloir, mais un apport limité.

Touré : 6
Puissance et sérénité. Business as usual.

Xavi : 6,5
Plaque tournante du jeu et une formidable capacité à conserver le ballon. Il a donné les principales impulsions vers l’avant, même si cela n’a souvent pas été suffisant pour amener le danger sur le but ukrainien. Il délivre une merveille de passe à Messi pour le but de la victoire.

Keita : 3
Perdu tactiquement, ne sachant où se positionner et marchant souvent sur les plates bandes de ses coéquipiers, il a livré une prestation inquiétante à la limite de l’inexistence. Remplacé par Gudjohnsen que l’on a guère plus vu. Il y a vraiment un problème de casting au Barça pour ce poste de second relayeur à côté de Xavi (Iniesta étant sur l’aile).

Iniesta : 5
Une prestation très terne du Canterano. Peu de ballons à se mettre sous la dent et peu de réussite dans les duels.

Henry : 4,5
Un duel manqué, quelques hors jeu, une tentation toujours aussi forte d’aller à gauche. Peu convaincant. Remplacé par Messi qui a réveillé l’animation offensive catalane et surtout inscrit deux buts : le premier en renard, le second avec classe. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Eto’o : 4,5
Il a peu pesé sur l’arrière garde du Chaktior, et sa complicité avec Henry ne saute pas aux yeux… Décalé sur la droite en seconde période avant l’entrée de Messi, il rate la balle de l’égalisation sur un service parfait de ce dernier. Remplacé par Bojan qui a failli remettre le Barça sur les bons rails à la suite d’un raid solitaire spectaculaire. Auteur du centre qui amène la boulette du gardien : anecdotique ?


Fiche technique

Shaktar Donetsk : Pyatov - Srna, Ischenko, Chygrynskiy, Shevchuk - Hubschman, Ilsinho (Willian, m.86), Duljaj (Lewandowski, m.90+3), Fernandinho – Brandao, Luiz Adriano (Seleznov, m.72).

FC Barcelone : Valdés – Alves, Piqué, Márquez, Puyol - Toure Yayá, Keita (Gujohnsen, m.81), Xavi - Iniesta, Eto'o (Bojan, m.75), Henry (Messi, m.60).

Buts : 1-0, m.44 : Ilsinho. 1-1, m.87 : Messi. 1-2, m.90+5 : Messi.

Arbitre : Howard Webb (Anglais).
Avertissements : Xavi (m.41), Srna (m.47), Fernandinho (m.58), Chygrynskiy (m.69), Keita (m.78), Brandao (m.88), Márquez (m.88), Iniesta (m.90+3).

Crédits photos : sport.es, elmundodeportivo.es


Posté par javito
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