Chronique | Liga | dimanche 2 décembre 2007 à 02:44
Le derby de Barcelone a accouché d'un match nul 1-1 d'une grande intensité. Le Barça, auteur d'une très bonne première mi-temps, n'a pas su tuer le match et résister après le repos à la furia offensive de l'Espanyol.
Rijkaard avait annoncé après la défaite à Getafe qu’il prendrait des mesures concernant l’attaque. A l’époque, le plus grand mystère régnait sur ce qu’il entendait par « mesures ». On peut aujourd’hui penser que cela signifiait le changement de statut de Ronaldinho. Naguère leader et titulaire indiscutable, le Brésilien a été laissé à la maison contre le Recreativo (sous le prétexte de la fatigue du voyage depuis le Brésil), puis sur le banc à Lyon et enfin à nouveau sur le banc ce samedi lors de ce derby. Alors que Eto’o et Henry sont blessés, Rijkaard choisit de se passer des services du Brésilien sanctionnant ainsi clairement le fait que le joueur de Porto Alegre est hors de forme actuellement.
Dès lors au coup d’envoi, ce fut un onze très proche de celui aligné en C1 cette semaine qui prenait place sur le terrain du Montjuic. Le seul changement concernait finalement la défense avec le déplacement de Puyol à droite pour remplacer Zambrotta tandis que Marquez était chargé de former la charnière avec Milito. Rijkaard choisissait ainsi de redonner sa confiance au jeune Bojan et à l’Islandais Gudjohnsen, dans une configuration où Iniesta était chargé d’animer le couloir gauche.

Après le bon match à Lyon, les attentes étaient grandes concernant ce déplacement délicat chez l’ennemi de Catalogne. Il s’agissait en effet de retrouver le chemin des trois points à l’extérieur, où le bilan Blaugrana est désastreux. L’opération « trois points » débuta de la meilleure des façons. Dès la 6ème minute, Messi appuyait sur l’accélérateur et déchirait à lui tout seul la défense de l’Espanyol pour donner en retrait pour Iniesta qui ouvrait le score. 1-0 donc après cette action de grande classe de Messi parfaitement conclue par le « remplaçant » de Ronaldinho. Cette entame réussie donna des ailes au Barça. Bien en place, pressant assez haut, les Blaugrana avaient la maîtrise collective du match, et les réponses de l’Espanyol restaient timides (frappe de Riera 15’). Au milieu Touré faisait étalage de toute sa classe, et sur une de ses récupérations et après s’être défait de façon admirable du pressing, il transmettait à Messi qui en rentrant dans l’axe déclenchait une frappe léchant le montant droit de Kameni. Le Barça était indéniablement dans un temps fort : 20ème minute, frappe de loin de Bojan sans danger ; 25ème minute, Bojan fixe la défense et donne à Xavi en retrait qui manque de précision dans sa frappe ; 32ème minute, Messi encore lui sème la panique dans la défense adverse avant de se faire arrêter irrégulièrement à l’entrée de la surface. Sur le coup franc qui suivit Xavi trouva la barre, de même que Bojan qui avait suivi ! Du coté des attaquants de l'Espanyol, pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est cette bonne action de Tamudo à la 30ème minute qui mit le feu à l’arrière garde Blaugrana avant qu’Abidal n’intervienne.
A la pause, le Barça pouvait regretter de ne pas avoir déjà tué le match d’autant plus que Messi à la 43ème minute avait encore perforé les remparts de l’Espanyol mais Kameni s’était bien interposé. Bien organisé, solidaire dans les courses, brillant techniquement, les Blaugrana réalisaient certainement leur meilleure première mi-temps à l’extérieur de la saison.

Hélas la suite se compliqua. En effet au retour des vestiaires, la physionomie du match changea du tout au tout. La faute certainement au Barça qui recula, mais surtout à l’Espanyol revenu des vestiaires complètement survolté, bien décidé à revenir au score chez lui et à assumer sa quatrième place au classement de la Liga. Pendant vingt minutes, ce fut un siège du camp du Barça, avec une domination très nette de l’Espanyol. Toutefois, paradoxe de cette domination, Valdes fut peu sollicité, ce qui traduisait le fait que l’Espanyol bien que poussant de toutes ses forces n’arrivait pas pour autant à se créer des occasions très nettes. Mais la pression était là et le Barça finit par craquer. Ironie du sort, ce but intervint quelques minutes après l’entrée de Ronaldinho (à la place de Bojan). Elle n’eut toutefois rien à voir avec l’arrivée du Brésilien sur la pelouse, mais tout avec le naufrage de Carles Puyol qui réalisait une deuxième période désastreuse défensivement en multipliant les fautes et en arrivant pas à mettre un terme aux offensives adverses dans son couloir. C’est ainsi que sur l’une d’elle, Riera put ajuster son centre pour servir Corominas qui crucifia Victor Valdes (69’).
Egalisation logique, implacable, inéluctable. Le Barça était mangé par le pressing asphyxiant de l’Espanyol, n’arrivant que très difficilement à sortir de sa moitié de terrain et se contentant de relancer par de grands ballons. En retard sur les deuxièmes ballons, et plus globalement dans les duels, on pouvait craindre le pire pour la fin de match, d’autant plus que certains joueurs comme Iniesta et Messi semblaient très fatigués, tandis que, fait rarissime, Puyol était remplacé par Zambrotta afin de colmater la brèche béante à droite, et que Gudjohnsen, une nouvelle fois décevant, laissait sa place à Ezquerro.
Pourtant la fin de match fut plutôt à l’avantage des Blaugrana. Dès la 72ème minute Ronaldinho se mit en évidence sur coup franc puis de la tête obligeant Kameni à sortir le grand jeu. Dix minutes plus tard, à la suite d’un une-deux avec Ronaldinho, Iniesta déclenchait une magnifique frappe que Kameni ne put que repousser. Ronaldinho se jeta sur le ballon mais Kameni fut plus prompt. Les minutes s’égrainaient, le Barça ne renonçait toujours pas mais devait se méfier des coups de pied arrêté de l’Espanyol. A la 87ème minute, Messi très discret en deuxième période refit perdre la tête à la défense de l’Espanyol mais ses centres en retrait et ses frappes se montrèrent incapables de surprendre Kameni.
1-1 score final, le Barça peut nourrir quelques regrets aux vues de sa première période voire de sa fin de match, mais il faut souligner l’incroyable retour des vestiaires de la part de l’Espanyol. Si la victoire n’est toujours pas là à l’extérieur, nul doute que Rijkaard trouvera davantage de points positifs dans ce résultat que dans les précédents.
Valdes : 6
Il n’a pas eu tant de travail que ça à faire si l’on met de côté les sorties aériennes. Peu sollicité en duel ou sur des frappes, il a fait un match tout à fait correct, ne pouvant pas grand-chose sur l’égalisation.
Puyol : 4,5
Son duel avec Riera constitua l’une des grands événements de ce match. En première mi-temps le capitaine sut prendre l’ascendant défensivement et s’incorpora régulièrement à l’animation offensivement avec hargne et habileté. Par contre il fut en très grande difficulté au retour des vestiaires et prit complètement l’eau à droite dans son couloir, zone par laquelle quasiment toutes les actions dangereuses de l’Espanyol passèrent. Dépassé sur le but, à la limite du rouge avant cela, il fut logiquement remplacé par Zambrotta qui profita de la baisse de régime de l’Espanyol (ou du regain de forme du Barça, c’est selon) pour s’acquitter correctement de sa tache défensive.
Marquez : 6
Il a tenu la baraque derrière avec des interventions très solides bien que parfois rugueuses. Plusieurs fois décisif en duel ou en couverture.
Milito : 6
Lui aussi a été très sûr derrière même quand l’Espanyol poussait très fort.
Abidal : 5,5
Sérieux et appliqué, il a rarement été pris à défaut.
Touré : 6,5
Sa première mi-temps fut monstrueuse : des récupérations impeccables, une conservation de balle d’extraterrestre, une grande lucidité dans le jeu de passe. En deuxième mi-temps il a souffert comme le reste de l’équipe face aux velléités offensives de l’Espanyol.
Xavi : 5
Très solide et efficace pendant 45 minutes avec même un coup franc sur l’équerre, il a ensuite sombré face au pressing de l’Espanyol et n’a pas su aider Puyol à contrôler les offensives adverses dans son couloir droit.
Gudjohnsen : 4
Une nouvelle fois très décevant, il a perdu un nombre incalculable de ballons et n’a que trop rarement bonifié le jeu. Vivement le retour de Deco…
Remplacé par Ezquerro qui n’a quasiment pas touché le cuir.
Messi : 7
Sa première mi-temps fut magnifique avec un taux de réussite affolant dans ses dribles. Il a créé des différences monumentales balle au pied et offre notamment l’ouverture du score à Iniesta. Sa deuxième mi-temps fut elle plus difficile, avec des replacements défensifs qui ont parfois fait défaut. Il semblait un peu émoussé, d’autant plus qu’il avait maintenant sur le dos deux voire parfois trois défenseurs ! S’est bien réveillé en fin de match en tentant de tirer l’équipe vers la victoire, mais en vain, la faute à un manque de lucidité dans le dernier geste (frappe trop molle, centre mal ajusté).
Bojan : 5
Il a fait une première demi heure convenable avec plus de poids dans le jeu qu’à Lyon où il avait été assez inexistant. Toutefois il a petit à petit sombré physiquement, avant d’être logiquement remplacé. A manqué l’occasion de tuer le match en première mi-temps avec une tête sur la barre.
Remplacé par Ronaldinho qui s’est signalé sur phase arrêtée notamment avec une bonne tête, mais qui a également confirmé qu’il était toujours incapable de donner de la vitesse au jeu et de créer des différences. Au mieux il obtient des coups francs. C’est maigre pour celui qui portait naguère le jeu Blaugrana…
Iniesta : 6
Un but plein de sang froid d’entrée, et une bonne activité côté gauche en première mi-temps, même si celle-ci fut très en dessous du récital de Gerland. Il s’est repositionné en relayeur à la pause et a moins existé dans le jeu, subissant lui aussi la loi de l’Espanyol au milieu.
Fiche technique
RCD Espanyol : Kameni - Zabaleta, Jarquez, Torrejón, Clemente - Moisés, Angel, Valdo (Corominas, 63') - Luis García (Jonathan Soriano, 78'), Riera (Moha, 88'), Tamudo.
FC Barcelone : Valdés - Puyol (Zambrotta, 70'), Milito, Márquez, Abidal - Xavi, Touré, Gudjohnsen (Ezquerro, 71') - Messi, Bojan (Ronaldinho, 63'), Iniesta.
Arbitre : Alfonso Pérez Burrull
Avertissements : Jarque (32'), Puyol (49'), Clemente (69')
Buts : 0-1, Iniesta (5') ; 1-1, Corominas (68')
Crédits photo : sport.es ; elmundodeportivo.es
Posté par javito
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