Article | Liga | lundi 4 février 2008 à 16:33
Le but fut célébré avec l'ardeur des grands jours.
A la 76ème minute de jeu, une pluie torrentielle s’est abattue sur le Camp Nou. Il ne leur manquait que çà aux 56.221 courageux spectateurs qui avaient fait preuve de beaucoup de patience avec une équipe qui montrait plus d’envie que de réussite. Les spectateurs se refugièrent en courant sous les toits des tribunes pour ne pas subir le même traitement de faveur que le short de Thuram, complètement trempé à cause des innombrables tacles de Lilian, qui lui, paraissait faire de la plongée sous marine chaque fois qu’il se jetait dans les grandes flaques qui s’étaient formées un peu partout sur le terrain. Tout semblait perdu et pire même. Mais pas un sifflet ne s’échappa des tribunes. Au contraire, des cris d’encouragements, mal coordonnés il est vrai, retentirent dans le stade. Personne ne quitta l’enceinte. Peut-être parce que plusieurs éléments s’étaient rassemblés pour que la soirée soit mémorable : un terrain impraticable, le déluge, un adversaire coriace, un Barça mettant du cœur à l’ouvrage, l’obligation des trois points pour profiter du faux pas du Real à Almeria… Croire c’est pouvoir. L’affluence au stade hier était la plus faible pour un match de Liga au Camp Nou. Ce qui est sûr c’est que tout le public a mis du sien pour pousser le ballon de Xavi dans les filets. La foi peut déplacer des montagnes.
Depuis combien de temps les supporters blaugranas n’avaient pas exulté avec autant de passion après un but ? Peut-être depuis la finale de Saint Denis. C’est d’ailleurs malheureusement le signe que depuis 20 mois les moments de joie se font rares.

En ce soir du 17 mai 2006 à Saint Denis, un déluge s’était abattu sur le Stade de France. Samuel Eto’o avait marqué le but égalisateur que les premières gouttes s’étaient mises à tomber. Vous vous souvenez à quel moment du match ? La 76ème minute. A ce même moment, la pluie s’est invitée au Camp Nou hier. Et quand Belleti inscris le but victorieux, il s’agenouilla au sol, les mains sur le visage et laissa exploser sa joie sous une pluie diluvienne… La photo qui fut prise à ce moment est une des plus belles dans l’album souvenir de l’histoire du Barça.
Les comparaisons sur les deux matchs n’iront pas beaucoup plus loin. A Saint Denis, le Barça a gagné une coupe d’Europe et hier il a seulement pris les trois points. Mais c’est en gagnant des matchs dans la douleur comme hier face à Osasuna qu’on gagne des titres. Demandez au Real Madrid l’année dernière!
Et ceux qui croient qu’un malheureux 1-0 contre Osasuna à la 87ème minute est quelque chose d’honteux ou de misérable pour une équipe de la qualité du Barça, ils devraient se souvenir de la saison 1993-1994, quand le «Dream Team» de Johan Cruyff avait repris 6 points au Deportivo après une défaite 6-3 à Zaragoza pour finalement gagner le titre. Les Koeman, Romario, Laudrup et Stoichkov (nos Ronaldinho, Messi, Henry et Eto'o) remportèrent 28 points sur 30 possible avec des matchs de grande qualité, d’autres moins bons et certains franchement mauvais comme une victoire 1-0 contre le Rayo Vallecano (6 avril 1994) avec un but marqué par un travailleur de l’ombre appelé Iván Iglesias (toute proportions gardées, comme Xavi hier).
Le Barça venait de terminer un mois de janvier intense avec un match tout les trois jours, au cours duquel il a éliminé Sevilla et Villareal de la coupe du roi livrant 4 batailles très exigeantes au niveau physique. Rijkaard a pris ses responsabilités et fait des changements osés en sortant trois cracks comme Messi, Henry et Deco parce qu’ils étaient épuisés physiquement après avoir tous donné ces derniers jours. L’équipe a pris trois points vitaux avec deux gamins sur la pelouse comme Giovanni et Bojan. Gagner des matchs comme çà aide à récupérer l’esprit d’une équipe championne. Tous les rêves sont permis.
La plus faible affluence en Liga
56.221 spectateurs se sont rendus au stade hier. Plus faible affluence de la saison. Suivent les 57.579 du match face au Deportivo.
Giovanni fait taire les sifflets
Lors de son dernier match au Camp Nou contre le Racing, Giovanni fut sifflé par le public. Il ne s’est pas démonté pour autant et a fait preuve de caractère pour participer au but et à la victoire.
Source : El Mundo Deportivo
Posté par morganovic
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