En Une | El Soci Opina | vendredi 10 août 2007 à 17:36
Surtout suite à la saison dernière où le Barça a échoué dans toutes les compétitions nationales et internationales dans lesquelles il était engagé (sauf la Supercoupe d'Espagne), les tournées ont souvent été remises en causes.
Le principal inconvénient qu’on leur donnait était le décalage horaire, également appelé jet-lag, que les préparateurs physiques devaient se forcer de gérer au mieux pour que cela n’ait pas de conséquences sur le physique des joueurs. A cela, on peut ajouter le rythme de la tournée et des extras. Un match tous les deux ou trois jours, des activités extra-footballistiques (visites de monuments ou obligations médiatiques), une nourriture parfois différente des coutumes, … La question posée était alors : pourquoi faire des dizaines de milliers de kilomètres alors qu’il y a moyen de faire une préparation très correcte en Europe, et même seulement en Espagne ? A cela, on pourrait répondre par plusieurs arguments.
Le premier d’entre eux est bien entendu l’aspect financier. Lors de la tournée de cet été en Asie, le Barça empochera environ 5 millions d’euros, soit un million d’euros en moyenne par match. Auraient-ils un avantage financier aussi grand s’ils jouaient sur le continent européen ? La négative serait sans doute utilisée pour répondre à la question. Cependant, la seule chose qu’on pourrait éventuellement remettre en doute, particulièrement lors de la présaison cette année, serait la qualité de l’adversaire. En effet, lorsqu’on voit que le Real affronte le PSV, Hannovre, le Lokomtiv Moscou, le Deportivo la Corogne, le Betis (Trophée Carranza), le FC Sevilla (2x, Supercoupe d’Espagne), le Barça se contente de Dundee, Hearts, Pekin, Yokohama, Mission Hill Inv.XI et le Bayern Munich par rapport à l’an dernier où ils avaient entre autre rencontré l’International, équipe par qui ils furent défaits en finale de la Coupe du Monde des Clubs. Comment peut-on vraiment juger donc des connections entre les joueurs contre des adversaires qui leurs sont largement inférieurs ?
Pour continuer sur l’aspect financier, on parlera certainement de l’expectation des fans chinois et nippons. En effet, les deux peuples asiatiques sont souvent considérés comme « proies faciles » dans les stéréotypes que l’on peut leurs donner. Le Barça espère donc que, grâce à la présence des joueurs et aux discours de son président Joan Laporta, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de fans rejoignent le club et deviennent ainsi socios, ce qui rapporterait au club une somme d’argent assez colossale, surtout si la cotisation est renouvelée chaque année. Le Barça avait par exemple annoncé l’an dernier, au Mexique, qu’il comptait « recruter » 2.000 socios. Par ailleurs, quoi de mieux de d’acheter le maillot du Barça pour les accueillir à l’aéroport ! Le merchandising atteint souvent des sommets inégalés lors des présaisons dans les pays hôtes.
Mais les tournées servent en général à promouvoir la marque Barça et à faire connaître le club hors de ses contrées habituelles. Grâce entre autre à des chaînes télés comme CCTV-5 (chaîne chinoise), le Barça pourrait séduire encore plus de monde suite à leur voyage en terre asiatique pendant que le Real se contente des terres russes principalement et évite ainsi le dépaysement total. Quant à Sevilla, ils ont passé quelques jours à Chicago pour disputer deux matchs amicaux mais étaient déjà revenus pour la fin juillet, ce qui leur laisse un peu moins d’un mois pour entamer le championnat national en pleine possession de leurs moyens. Rappelons également que l’objectif d’une tournée à l’autre bout du monde est de se positionner afin de détenir le maximum de parts de marché possibles lors de l’essor économique de certains pays. Les effets économiques ne sont donc peut-être pas visibles à l’heure actuelle mais les effets se feront sentir plus tard.
Un autre point qui n’est jamais évoqué, c’est l’ambiance dans le groupe. En effet, je pense que vous avez pu avoir confirmation au long de votre vie qu’un voyage ou une activité en groupe est toujours plus agréable et que c’est là que le groupe se soude. Sur Barcelone, lorsque les joueurs se croisent, il y a toujours une certaine concentration. Que ce soit aux entraînements où le jour de la concentration, la grande déconnade n’est pas forcément la bienvenue. Par contre, lors d’un voyage, l’ambiance est directement différente et c’est l’endroit où les joueurs peuvent apprendre à se connaître autrement, à se marrer ensemble, … L’ambiance est donc beaucoup plus détendue et il est sans doute bien agréable pour les joueurs de pouvoir faire un tel stage.
L’attraction médiatique est un autre point à citer. On peut se souvenir l’an dernier des milliers de spectateurs, dans les rues de Los Angeles, venus spécialement pour voir le Barça. Cette année, lors de l’épisode asiatique, l’effet fût encore plus impressionnant de la part du public local. Y aurait-il autant de personnes si le Barça va jouer à Minsk ou à Kiev ? Cela reste peu probable, tout comme les médias seraient moins acharnés à montrer les beautés du club.
N’oublions pas également de parler du style de jeu adverse. En effet, la manière de jouer des rivaux asiatiques du Barça n’est pas celle à laquelle ils sont habitués et c’est aussi une manière de voir si l’équipe peut s’adapter facilement ou non à un style de jeu différent que celui qu’il peut rencontrer dans la majorité de ses matchs. S’habituer rapidement à la manière de jouer de l’adversaire montre aussi la qualité d’une équipe de foot et cela pourrait bien leur être utile, particulièrement en Ligue des Champions.

Même si nous gardons en tête la mauvaise saison que le club vient de passer, il ne faut pas reporter cela sur la tournée estivale. En effet, la preuve en est que cela n’a pas empêché le Barça de gagner la Supercoupe d’Espagne, de dominer de main de maître le Trophée Joan Gamper (face au Bayern), de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Champion’s League (avec difficultés certes mais sans Eto’o) et de gagner 10 de ses 14 premiers matchs de championnats, auxquels il faut ajouter 3 nuls et une seule défaite (au Bernabeu). L’unique résultat négatif fut la Supercoupe d’Europe où le FC Sevilla lamina le Barça à Monaco.
La seule chose sur laquelle on peut se rabattre pour éventuellement se plaindre de la seconde partie de saison du Barça, c’est l’épisode à partir duquel plus rien n’a été : le Mondial des Clubs. En effet, le club a eu très peu de temps pour s’adapter au Japon et ils ont dû refaire les valises aussitôt arrivés. Par la suite, les vacances, prolongées par Rijkaard, ont aussi été un élément essentiel. La mauvaise saison du Barça ne peut donc être due qu’à un tournoi obligatoire pour le Barça à l’autre bout du monde et un manque de discipline de la part de l’entraîneur. Par ailleurs, rappelons que la tournée internationale de l’été 2005 n’a pas empêché le Barça de gagner la Liga et la Champion’s League 9 mois plus tard…
En étudiant bien la chose, on peut donc voir que les avantages ne sont pas si peu nombreux que ça et qu’ils surpassent les points négatifs, souvent cités pour justifier un échec.
Posté par TheBelgianLion
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