Opinion | Cantera | lundi 12 mai 2008 à 16:36
"Etre joueur du Barça est un travail à plein temps. 24h sur 24h. Les joueurs de la Masia le savent mieux que personne". Par Guillermo Amor, ancien joueur du Barça.
"Etre joueur du Barça est un travail à plein temps. Sur et en dehors du terrain. L’image, l’écusson obligent à beaucoup de choses. Au fond, c’est valable aussi pour les entraineurs et les dirigeants. J’ai toujours été un grand défenseur de la cantera. Pour beaucoup de raisons. Les jeunes qui franchissent les categories inférieures savent les efforts qu’il faut faire pour arriver en equipe professionnelle. Ceux qui y arrivent sont préparés de la même façon que les meilleurs, peu importe d’où ils viennent. Ils arrivent préparés pour le haut niveau grâce à des années d’effort qui leurs ont permis de briller parmi les autres, au cours d’une sélection sportive extrêmement difficile. Ils y arrivent en sachant parfaitement ce que représente le club, et en sachant parfaitement valoriser ce qui leur arrive car ils savent les efforts qu’ils ont fournis pour en arriver là. Les canteranos apportent un plus que personne n’apporte: ils défendent beaucoup plus le Barça. Ils le défendent toujours, dans les bons et les mauvais moments, sur le terrain et en dehors. Cette année, nous en avons eu un autre exemple. Comme lors des années précédentes, quand l’équipe s’est faite éliminée d’une compétition ou dans les mauvais moments, les joueurs "de la maison" ont fait face. Dans les joueurs "maisons" j’y inclus Leo Messi, même si il est argentin. Il est arrivé à 13 ans et il est l’un d’entre eux. Ils défendent mieux le Barça pour les sentiments qu’ils éprouvent pour ces couleurs.

Une vertu est fondamentale à mes yeux: l’humilité. Pour toutes les professions, et surtout pour le football. Y compris aux niveaux de l’élite du football professionnel. Et à l’humilité je lui ajouterais la capacité de travail et le bon entourage familial. Ce sont des questions élémentaires, d’importance capitale chez les plus jeunes, parce qu’elles permettent de ne pas dévier du droit chemin. Il y a beaucoup de jeunes, qui jusqu'à leurs 16 ans, peuvent s’écarter de ce chemin s’ils ne possèdent personne à leurs côtés pour les remettre dans la bonne direction, leur donner les bons conseils ou les mettre en garde. Dans le cas où ils n’ont pas leur structure familial autour, il doit exister un control de la part du club. Les jeunes ont tendance à imiter leurs idoles. C’est monnaie courante. Les plus jeunes regardent les grands et imitent ceux qu’ils aiment le plus, regardent leur façon de jouer, une particularité qu’ils tentent d’adapter à leur jeu pour le rendre meilleur. Et les jeunes doivent avoir de bons exemples à suivre.
Dans la formation des canteranos, on doit éviter deux choses. Un: penser qu’une fois le plus dur passé, une fois que le jeune est arrivé en équipe professionnelle, le club puisse relâcher l’attention et lâcher du leste. Deux: penser qu’il n’est pas nécessaire de trop s’attarder sur les jeunes car il sera toujours temps d’en trouver un autre ailleurs. Cette arrogance de penser qu’un club comme le Barça pourra toujours trouver ailleurs ce qu’il n’a pas chez lui. C’est faux. Le canterano qui vient de tout en bas t’apporte la même chose qu’un joueur d’ailleurs. Comme je disais auparavant: la préparation, la valeur des choses et l’amour des couleurs.
Le travail avec la cantera est un travail fastidieux et peu reluisant. Il ne se remarque pas. Un travail silencieux, discret et peu médiatique. Mais tellement important. Et il faut croire en lui. Mais y croire sérieusement. Y croire pour le bien du club et des jeunes, pas pour le bénéfice économique qu’on peut obtenir simplement par le fait de promouvoir l’ascension d’un canterano à l’équipe professionnelle. Un club est plus grand quand il s’occupe plus et mieux de ces petits détails."
Guillermo Amor
Source : El Periodico
Posté par morganovic
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