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Johan Cruyff : Le Barça n'avait pas connu ça

Opinion | Cruyff | lundi 9 avril 2007 à 20:16

Dans sa chronique hebdomadaire dans La Vanguardia, Johan Cruyff revient sur la défaite du Barça à Saragosse et explique les raisons de cet échec...

Juger et condamner le Barça par l'image qu'il a offerte à Saragosse est très simple. Ce qui est difficile c’est de la solutionner. Démotivés ? Je ne suis pas d'accord. Ils n’ont pas pris l’adversaire au sérieux ? Ce n'est pas non plus le cas. Avec le calendrier en main, la rencontre de la Romareda était le match le plus sérieux, le plus difficile, des dix - maintenant neuf - qui restaient en Liga. En connaissant le rival, en jouant sur son terrain, le Zaragoza-Barça se présentait comme le match le plus sensible, le plus difficile, de ceux qui restaient au FC Barcelone. Les joueurs le savaient. Et comment, ils savent tenir pour gagner. Au-delà du système ou des systèmes de jeu utilisés, ce qui a causé leurs pertes est autre chose : l'adaptation coûteuse à un calendrier avec seulement un match par semaine.


Même si ça peut paraître paradoxal, il y a des équipes habituées à jouer deux rencontres par semaine. Avec ce que cela implique. Davantage de voyages, plus d'entraînements de récupération, peu d’entrainements intenses, moins de jours de fête... une routine avec laquelle on apprend à coexister et qui maintient en alerte ton rythme de compétition. C’est ainsi que le Barça joue le mieux et que les autres jouent moins bien. Valence, par exemple, a de nouveau laissé s'échappr des points dans son match de Liga (San Mamès, 1-0) entre ses deux matchs de championnat. Séville qui est encore en lice dans trois compétitions a aussi laissé échapper beaucoup d'occasions de creuser la différence en championnat. Hier, un 0-0 de plus. Et ceci, malgré le fait qu’il s’agit surement de la meilleure équipe de Séville de l'histoire.


Quant au Real Madrid, c’est un cas distinct. Ils ne répondent à aucune logique. Il n’est ni pire, ni meilleur pour eux de jouer une seule compétition ou plusieurs. Je dirais qu'ils sont les seuls qui suivent leur ligne. Pas vraiment bons, marquant des points et vivants en Liga comme n'importe qui. Heureusement pour le Barça le but à la dernière minute de Messi. Ou à ses trois buts. Sans ça, le Real Madrid serait maintenant leader de la Liga devant tout le monde. Incroyable.


Combien de fois avons nous dit cette saison que telle ou telle défaite servirait à réveiller l'équipe. Entre les différentes absences et blessures, le Barça n'a jamais trouvé sa vitesse de croisière. Maintenant c’est différent. Contrairement à ce que beaucoup peuvent croire, cet effectif accuse un manque d'expérience. Et pour avoir cette expérience, il faut la vivre. Et ce qu’ils vivent en ce moment est nouveau. Durant la première année de Rijkaard, en pleine reconstruction, l'équipe s’est accrochée à Ronaldinho et à 13 autres joueurs. Dans la deuxième saison, elle a gagné la Liga. Dans la troisième, la Liga et la Champions. La liste chaque fois plus longue, et en concourant jusqu'au dernier jour. En ce moment, les joueurs du Barça vivent au jour le jour et ça leur parait étrange. Ils regardent la Champions League à la télé, la coupe est encore trop loin dans le calendrier et les matchs de championnat sont trop espacés. Moins de voyages, davantage de jours à la maison, d’avantage d’entraînements normaux qui pour eux sont anormaux... Pour la majorité des joueurs de l’effectif, indépendamment de leur âge ou de leur qualité, c’est une situation qu’ils n’ont jamais vécu. Ou qu’ils ont déjà oublié.


Avec ce manque d'intensité transféré dans la routine quotidienne et sur un terrain de football, on obtient ce que l’on a vu samedi. Et le pire n'a pas été l'absence de profondeur dans le jeu. Ni le rythme trop faible. Ni même le mauvais schéma tactique. Une chose amène l'autre. C'est un effet domino qui t'emportes vers certains situations, à des actions précises où l'adversaire, quelque peu malin, te prend à défaut. Par exemple, le but. Une seule touche lancée à toute vitesse par Sergio Garcia a suffi pour habiliter le centre de D´Alessandro.Et lors de 2 fautes identiques en faveur de Saragosse, Aimar, un joueur très malin, a demandé à son coéquipier de la jouer rapidement sans que le Barça demande de placer son mur. Dans l'une D´Alessandro a failli marquer, et dans l'autre, un mauvais centre d'Aimar a déjoué l'action. A présent, nous allons voir s'ils apprennent rapidement. Le plus difficile est d'assumer les changements. Le succès ou l'échec sera fonction de la rapidité d'adaptation. Et la marge de maoeuvre se reserre.


Source : La Vanguardia

Posté par R.E.M
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