Chronique | Liga | vendredi 11 mai 2007 à 04:19
Le Barça a réalisé un exploit jeudi soir sur la pelouse de Getafe: celui de se faire éliminer de la Coupe du Roi (4-0 lors de cette demi-finale retour), malgré sa confortable avance de trois buts obtenue à l'aller...
Getafe avait donné au match aller un avertissement au géant catalan. Deux buts en l’espace de quelques minutes avaient en effet permis à l’équipe de la banlieue de Madrid de revenir à 3-2, juste après la pause et le choc du but « maradonien » de Lionel Messi. Mais Gudjohnsen et Eto’o avaient par la suite réussi à faire oublier ce passage à vide en marquant deux nouveaux buts. Avec cette confortable avance (5-2), le Barça pouvait se permettre de voir venir lors de cette demi-finale retour. Hélas il n’a pas retenu l’avertissement et s'est incliné sans aucune contestation possible sur le score de 4 buts à 0.
Cette humiliation est-elle surprenante ? Evidemment oui. Personne ne pouvant au coup d’envoi imaginer un naufrage d’une telle ampleur, puisqu’il fallait remonter au tout début de l’ère Rijkaard, celle de l’équipe avec Kluivert ou Overmars qui se traînait à plus de 16 points des leaders, pour trouver trace d’une défaite par plus de trois buts d’écart, en l’occurrence une défaite 5-1 à Malaga. Toutefois cette contre performance monumentale n’est finalement pas si surprenante que cela au vue de la saison que réalise le champion d’Europe et d’Espagne.
Ce désastre est en fait dans la lignée directe des différents couacs qui ont secoué les Blaugrana depuis l’été. Personne n’a oublié la débâcle de Louis II en Supercoupe d’Europe contre Séville, la raclée lors du Clasico à Bernabeu, la fessée de Yokohama en Coupe du monde des clubs, ou encore les défaites sans gloire ni honneur contre Chelsea, Liverpool, Séville, Valence, Saragosse… Le Barça a quasiment raté tous ses grands rendez-vous cette saison, avec seulement quelques rares exceptions, comme la victoire contre Séville dans le match « sans images », ou la qualification pour les huitièmes de finale de la C1 face au Werder de Brême. Cette équipe se caractérise donc par une inconstance remarquable, et par une incapacité totale à réussir hors de ses bases. Si le bilan au Camp Nou est assez exceptionnel (l’équipe est toujours invaincue en Liga avec seulement trois nuls), il en va tout autrement à l’extérieur…

Mais revenons à cette demi-finale retour. Face à une équipe de Getafe qui semblait motivée pour aller tenter sa chance, Franck Rijkaard avait décidé de faire un peu tourner mais alignait tout de même une équipe quasi type, avec Jorquera dans la cages (Coupe du Roi oblige), Zambrotta, Puyol, Oleguer et Sylvinho en défense, Edmilson, Xavi et Iniesta au milieu, et Giuly, Eto’o et Ronaldinho en attaque. Sur le banc point de Messi, de Deco, de Motta ou de Thuram, restés à Barcelone pour des motifs divers, mais avec la présence de Gudjohnsen, Belletti, Gio, Saviola, Ezquerro et Valdés.
Les trente premières minutes furent à mourir d’ennui, le Barça ayant décidé de ne surtout pas se risquer à essayer d’attaquer (quel intérêt d’essayer de tuer immédiatement un match retour quand on a déjà trois buts d’avance ?), et Getafe se montrant relativement timide dans son pressing malgré quelques incursions plus ou moins dangereuses. Le match se jouait sur un rythme très faible avec peu de mouvements collectifs ou de différences individuelles mais voyait néanmoins Getafe se montrer de plus en plus menaçant.
Deux opportunités très nettes étaient ainsi injustement avortées pour des hors jeu assez inexistants peu avant la demi heure de jeu. Ainsi on était loin d’un scénario de siège de la cage blaugrana par une équipe « morte de faim » et jouant son ultime va-tout pour renverser la vapeur. Non il s’agissait d’un match assez tranquille dominé certes largement par Getafe mais qui était surtout marqué par le refus de jeu du Barça, lequel semblait uniquement concerné par la capitalisation du résultat aller.
Le match bascula en fait juste avant la mi-temps avec deux buts relativement chanceux en faveur des locaux mais qui arrivaient après une série d’avertissements sans frais pour la maison catalane. Le premier but (38’) fut marqué par Casquero avec une reprise de volée dont le rebond étrange trompa Jorquera, le second (44’) étant du à un incroyable billard dans la surface, le ballon étant remis involontairement par Zambrotta vers Guïza. Deux buts d’avance à la mi-temps pour Getafe, ce n’était pas spécialement volé vu l’apathie générale barcelonaise et le volontarisme madrilène (58 % de possession de balle pour Getafe et 8 frappes contre zéro pour Barcelone…), mais c’était quand même bien payé…
La seconde mi-temps commença sur les même bases, avec peut-être un peu plus de volonté côté Barça de jouer au foot… enfin pas de quoi arriver jusque dans la surface de Getafe rassurons nous… un peu plus et on aurait cru que nos attaquants étaient payés pour marquer des buts, nos milieux pour leur donner des passes et nos défenseurs pour presser dans le camp adverse… Quel scandale ! A la 62ème minute, Rijkaard se décidait enfin à faire un peu de coaching en sortant Oleguer pour mettre Gudjohnsen, entraînant le recul d’Edmilson en défense, et la présence de l’Islandais au milieu comme relayeur.
Oleguer dehors après une heure de jeu et seulement 2-0, voilà qui nous obligera à trouver un autre bouc émissaire : décidément Rijkaard avait décidé d’enquiquiner son monde... Ce changement n’eut aucune incidence sur le jeu et coïncida même avec des occasions encore plus dangereuses pour Getafe qui avaient déjà eu deux énormes opportunités depuis le retour des vestiaires.
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Ce qui pendait au nez des Barcelonais arriva, à savoir un troisième but (71’) synonyme d’élimination. Il survint sur une phase de jeu vue et revue : un coup de pied arrêté sur lequel Xavi avait semble t-il oublié toute notion de « marquage » ou de « duel », ce qui permit à Dorado d’ajuster Jorquera de la tête. 3-0 puis deux minutes plus tard 4-0 (73’). Edmilson, visiblement vexé de n’avoir pas encore pu se mettre en évidence et sans doute exaspéré de s’être fait voler la vedette par Xavi sur le troisième but se fit ainsi tranquillement battre en duel aérien par Dorado. Le ballon arrive ainsi jusqu’à Guiza, lequel, parti dans le dos de Puyol, se fit un plaisir d’ajuster le pauvre Jorquera pour signer un joli doublé.
Correction, déculottée, trempe, branlée, dérouillée, le dictionnaire des synonymes ne nous aurait pas forcement été aussi utile si Samuel Eto’o n’avait pas eu la bonne idée de rater le cadre après un bel enchaînement dans la surface, ou si Saviola qui avait remplacé Giuly avait réussi à pousser le ballon dans les filets en toute fin de match.
4-0 score final donc. Score logique également vu l’apathie et le manque d’envie des Catalans, incapables de réagir et de construire le moindre embryon de jeu. Triste nuit pour les culés…
Comment interpréter cette élimination ? S’agit t-il simplement d’un énième couac à ajouter à la liste ? Après tout, les supporteurs barcelonais sont habitués cette saison à voir leur équipe se prendre les pieds dans le tapis, ça n’empêche pas le Barça d’être encore leader à quelques journées de la fin. Ou bien alors faut-il voir cette défaite cuisante comme le couac de trop, celui qui fait tout exploser et qui offre la Liga à l’incroyable Real Madrid de l’adjudant Capello ? Ca, ce sera l’avenir qui nous le dira et cet avenir commence contre le Betis au Camp Nou… Tout n’est pas encore perdu, mais il y a de moins en moins à gagner…et le grand méchant loup madrilène n’a jamais semblé aussi menaçant…

Jorquera : 6
Il ne peut pas grand-chose sur les buts qu’il encaisse. Laissé à l’abandon par sa défense, il a même au contraire plusieurs fois sauvé sa cage notamment en début de second période.
Zambrotta : 2,5
A la ramasse dans son couloir défensivement, aucun appui offensif (de toute façon personne ne voulait attaquer), une bourde sur le second but, un carton jaune après un attentat. Lourd bilan. Remplacé par Belletti.
Puyol : 2,5
Très en difficulté dans son positionnement, notamment pour ce qui est de jouer le hors-jeu, il a semblé lent et emprunté dans ses courses et ses interventions. Pris de vitesse. Un Puyol en mode « sélection espagnole ».
Oleguer : 2
Difficile d’en faire le bouc émissaire ce soir, d’autant plus qu’il ne fut pas le plus mauvais derrière. Toutefois il a bien aidé Zambrotta sur le deuxième but avec sa détente verticale de bisounours… Remplacé par Gudjohnsen qui fut inexistant en milieu relayeur.
Sylvinho : 1,5
Le plus mauvais de tous derrière. Affligeant du début à la fin. A eu le bon goût de couronner le tout par un carton jaune pris à 80 mètres de sa cage.
Edmilson : 2
Complètement dépassé par le milieu de Getafe et peu efficace dans les duels et la couvertures. A fini en défense centrale.
Xavi : 2
Un fonctionnaire sans ballon, c’est pas beau à voir. Inexistant dans le jeu ou les duels et incroyablement laxiste sur le troisième but.
Iniesta : 2,5
À peine moins mauvais que son compère. À la rue physiquement et un déchet offensif qui aurait rendu jaloux un Deco des très mauvais soirs.
Giuly : 2
Il a été un des rares à réussir à tirer aux cages. C’est maigre… Remplacé par Saviola qui a manqué de réduire le score sans avoir été très actif pour autant.
Eto’o : 2,5
Son fameux travail défensif n’a pas beaucoup gêné l’arrière garde de Getafe de même que ses appels de balle. Il n’a jamais réussi à créer la moindre différence sauf en fin de match ou à la suite d’une remise de Ronnie, il est arrivé à s’ouvrir le but, pour immédiatement se le refermer en expédiant un exocet en tribune.
Ronaldinho : 1,5
Le symbole de l’apathie générale. Il est en voix de « riquelmisation », c'est-à-dire qu’il a joué à deux à l’heure, la plupart du temps arrêté, ou en marchant. Le changement de rythme pour Ronnie, cela signifie-t-il trottiner ? Un coup franc pas trop mal tiré à mettre à son actif ainsi que son implication directe dans les deux seules véritables occasions blaugrana en fin de rencontre.
Posté par javito
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