Chronique | Eto'o | mardi 5 août 2008 à 12:44
Chronique de Miguel Rico dans le Mundo Deportivo du 5 Aout.
Il y a quelques années, dans une conférence de presse devant plus de 300 chefs d'entreprises, Jorge Valdano a expliqué, entre autres, sa relation avec Iván Zamorano. Saison 1994-95, celui qui était entraineur du Real Madrid voulait se débarrasser de Prosinecki et de l’attaquant chilien. Le Croate a fini par partir et fut remplacé par Fernando Redondo. Zamorano, qui ne voulait pas s'en aller, n'a pas trouvé de club à son goût et a fini par rester
Stuttgart et l'Olympiakos, qui avaient l’argent pour le recruter, ne lui plaisaient pas tandis qu’aucun grand d’Europe n’avais proposé la moindre offre. C’est peu ou prou la situation actuelle d’Eto’o avec le Barça. Samuel ne souhaite rejoindre aucun des clubs qui peuvent lui payer ce qu’il demande tandis qu’aucun des clubs où il aimerait jouer n'est prêt à payer ni ce qu’exige le Barça, ni les dix millions annuels réclamés par le camerounais.
En 1994 Valdano a, malgré les réticences du joueur, insisté pour lui montrer la porte de sortie. L’Argentin, dans cette réunion de chefs d'entreprises, a expliqué que sa plus grande erreur a été « de déclarer devant les journalistes que j'avais cinq attaquants et que Zamorano serait toujours le cinquième. Avec cette phrase j'ai rompu tout contact avec le joueur ». Là encore le parallèle avec le cas Eto’o est frappant. Laporta et Txiki lui ont demandé depuis des mois de se trouver une nouvelle équipe tandis que Guardiola, tout comme son ami Valdano, a publiquement annoncé qu’il ne comptait pas sur lui.
Tandis que l’on cherchait une équipe pour Zamorano la pré-saison du Real commença et le Chilien avait continué à travailler comme si de rien n’était. Valdano a apprécié l'effort du joueur et en voyant - comme il se produit actuellement avec Eto'o- qu’il allait devoir le conserver, a cherché une manière de se rapprocher de lui et a fini par la trouver le jour où Zamorano a réalisé une séance d’entraînement parfaite. Comme celles que fais actuellement Eto’o et qui impressionnent tant Laporta que Guardiola.
A la fin de cette séance d’entrainement Valdano s’approcha de Zamorano et lui glissa : « Tu t’entraines toujours comme ça ou bien c’est seulement quand tu n’aimes pas l’entraineur ? ». Iván comprit la perche et on l’informa que malgré tout ce qui a été dis il restera à Madrid. Et ce fut une grande saison pour eux. Le Real remporta la Liga et Zamorano finit Pichichi en inscrivant la bagatelle de 28 buts !
Pour le moment le dénouement du cas Eto’o est différent. Il s’entraine bien et marque des buts en amicaux mais sa situation n’as pas pour autant changé. Officiellement il est encore transférable. Les reproches concernent plus son comportement que ses qualités footballistiques. Mais si jamais au final Samuel devait rester au Barça alors il serait bon de positiver et de lui espérer le même dénouement que Zamorano. Eto'o, Pichichi et le Barça, champion.
Source : Mundo Deportivo
Posté par R.E.M
Article lu 11197 fois