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Basket : Comment démonter une équipe en 20 mois

Article | Basket | mercredi 2 mars 2005 à 08:34

Les erreurs se sont succédées depuis que le Barça s'est proclamé champion d'Europe en mai 2003…




Palau Sant Jordi. 11 mai 2003. Le Barcelonisme vibre comme jamais pour le basket parce que -pour la première fois !- il remporte l'Euroligue. Palau Blaugrana. 24 février 2005. Le public s'en va avant la fin de la rencontre pour ne plus voir ses joueurs être ridicules devant le CSKA, justement l'une des équipes qui avaient été battues dans l'enceinte de Montjuïc vingt mois auparavant. Seulement vingt mois ! C'est le temps avec lequel une équipe a été dynamitée qui, de plus, était jeune et promettait encore des scènes de joies. Cela ne semblait pas facile, mais a été obtenu. Comment ? En enchaînant erreur sur erreur dans un honteux scénario d'incompétences techniques, d'intérêts personnels, de vengeances absurdes, et de guerres au sein de la direction.

Lorsque Rodrigo de la Fuente a levé la coupe de l'Euroligue au ciel, Joan Traiter était le président en fonction -Joan Gaspart avait démissionné peu avant incapable de résoudre un seul problème et en les créant par douzaines-, Salvador Alemany avait été l'architecte du projet et Svetislac Pesic dirigeait l'équipe depuis le banc. Hier, lors de la reconnaissance publique de l'échec, le décor était différent. Joan Laporta a exercé en tant que président total, Josep Maria Bartomeu a montré son point de vue, qui en de nombreux points ne coïncidait pas avec celui du plus haut responsable du club, comme dirigeant de la section et une personne de la maison disposé à se sacrifier pour le club comme Manolo Flores voyait la montagne qu'eux mêmes ont collaboré à agrandir se dessiner devant lui. Quelle image bien différente à celle vécue au Palau Sant Jordi vingt mois auparavant !

Mais personne ne peut demander en exclusivité la paternité du désastre. Il y a beaucoup de coupables. Certains sont sur la photo et d'autres s'y sont échappés. Svetislav Pesic a été celui qui a commencé à dynamiter son propre projet ; profitant que la nouvelle direction -Laporta avait pris possession de son mandat 41 jours après le succès de Sant Jordi et 2 jours avant de remporter la Liga ACB à Valence- ait indiqué une restriction du budget, l'entraîneur s'est passé des services de Sarunas Jasikevicius et a misé sur Grimau -pour lequel 600.000 euros ont été versé à Lleida- et Ilievski. L'effectif commençait à s'affaiblir. A la mi-saison (janvier 2004) a été recruté Christian Drejer et ensuite dès le mois de juin -après avoir remporté la Liga ACB- Jordi Trias –moyennant 450.000 euros versés à Girona- est arrivé, tandis que Varejao, Rodriguez et Femerling partaient, ce dernier contre l'avis de l'entraîneur, qui aurait préféré que Dueñas abandonne le club. Parallèlement à cela, la venue de Felipe Reyes a échoué, qui a préféré partir au Real Madrid, et Jorge Garbajosa, qui a opté pour l'Unicaja Malaga. Bartomeu a négocié avec Reyes et Laporta lui-même avec Garbajosa. Personne n'a été capable de les convaincre et de renforcer l'équipe.


Ouragan Valero

Mais le pire allait arriver. Joan Laporta avait fait un pari personnel : Valero Rivera. Son nom a fini par dynamiter la section. Le président lui a donné les pleins pouvoirs au jusqu'à alors entraîneur de l'équipe de handball et Valero, avec toute logique, l'a exercé. La section de basket s'est rebellée contre la décision et Laporta a énormément tardé pour prendre les cartes en mains, devant le manque de définition du dirigeant responsable. Ratifier Valero a signifié le limogeage –et non pas démission comme il a été dit au sein du club- de Pesic et l'arrivée de Joan Montes sur le banc et Manolo Flores dans les bureaux, et le claquement de porte de Rivera -seulement 28 jours après-. Pas d'équipe -mal structurée par Pesic, bien qu'il faille voir le rendement qu'il en obtenait-, sans Directeur Sportif et avec ceux qui avaient choisi cette situation précaire.

Montes a été accablé par cette situation compliquée et Laporta s'est dédié au football se limitant à dire "S'il faut recruter, nous recruterons". Les joueurs s'en sont rendus compte et, après un excellent début, ils se sont consacrés à chercher des excuses. Ilievski, par exemple, était gêné par le fait que l'on parle de Jasikevicius. Tous voyaient la direction divisée. Personne n'a cru au projet et la côte est devenue insurmontable. La semaine dernière Laporta disait à Flores qu'il devait se préparer tandis que Bartomeu négociait avec Imbroda. Ce fut la dernière sottise de 20 mois à oublier. Espérons qu'ils aient retenu la leçon. Pour la saison prochaine, évidemment, parce que dans celle-ci Flores en fera assez s'il l'achève dignement. C'est qu'on ne peut pas commettre plus d'erreurs en si peu de temps.


Laporta a préparé l'avenir

Joan Laporta a dit dimanche à TV3 que c'était une saison de transition et que l'avenir est déjà préparé. Selon des indices, le président mène personnellement le sujet et les personnes de son environnement ont assuré hier à SPORT qu'il existe déjà un projet de premier niveau de préparer. Sarunas Jasikevicius et Zeljko Obradovic sont les noms qui ont été évoqués comme leaders –sur la piste et sur le banc- du projet.


Un été rempli de tourmentes

Cela a commencé en juin tandis que se disputait la finale de la Liga ACB et s'est terminé le 4 octobre avec la démission de Valero Rivera. Ce furent 4 mois de tourmentes qui ont brisé la présaison et qui ont marqué l'équipe. La décision de Joan Laporta de placer à donner les pleins pouvoirs à l'ancien entraîneur de handball a provoqué le départ de Svetislav Pesic, l'arrivée précipitée de Joan Montes et, surtout une sorte de chaos collectif que n'ont pas pu surpasser les joueurs et qui a marqué définitivement la saison.


Source : Sport

Posté par marco93fcb
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