Chronique | Liga | dimanche 2 mars 2008 à 07:48
Le Barça est lourdement tombé samedi soir à Madrid face aux Colchoneros (4-2). La politique de rotation douteuse de Rijkaard est en partie responsable de cette déroute...
Pour ce match au sommet de la Liga, le technicien hollandais surprenait tout le monde en décidant de laisser à Barcelone Yaya Youré et faisait débuter sur le banc Leo Messi. On retrouvait donc au niveau de la composition de départ une défense constituée de Zambrotta-Puyol-Milito-Abidal. Pour animer le milieu, Rijkaard faisait confiance au trio Edmilson-Xavi-Iniesta. Devant, le trident inédit Henry-Ronaldinho-Eto'o était aligné avec comme surprise du chef le positionnement à droite d'Eto'o mais surtout dans l'axe de Ronaldinho.
Les culés voyaient d'un oeil confiant cette rencontre, l'Atletico ayant subi une série de contre performances récemment tandis que le Barça nage en pleine euphorie et convainc par un jeu offensif flamboyant.
Les premières minutes sont complètement à l'avantage des catalans au point que les colchoneros ne touchent quasiment pas le cuir. La possession est de l'ordre de 75 % lors du premier quart d'heure, qui voit un but d'Eto'o refusé pour une position de hors jeu discutable (9'). Les locaux, en plein doute en ce moment, ne sont pas menaçants et se montrent timides et peu entrepreunants, à l'inverse du Barça qui campe résolument dans la moitié de terrain des madrilènes. C'est donc sans grande entreprise que l'ouverture du score intervient, d'une manière spectaculaire qui plus est, par l'intermédiaire de Ronaldinho d'un retourné divin à la réception d'un centre de Xavi côté droit. 1-0 (29'). Le Brésilien laisse exploser sa joie, lui qui avait été contesté depuis tant de semaines, revenait enfin sur le devant de la scène catalane, et de la plus belle des manières.

Seulement, voilà, l'impression de fragilité que laissait la défense blaugrana depuis quelques matches maintenant était en fait une réalité. Sergio Aguero, le petit génie argentin de 19 ans, partait dans un raid solitaire, évitait Abidal puis humiliait Milito en le prenant à contre pied avant de décocher un tir dévié par le malheureux Puyol qui trompe son propre gardien. 1-1 (36')
Dès lors, le match semble complètement basculer: le Barça, plutôt impérial de maîtrise jusque là, n'est plus que l'ombre de lui-même tandis que les colchoneros, requinqués par l'égalisation, prennent confiance et montrent un tout autre visage. La lente descente aux enfers pouvait commencer pour les hommes de Rijkaard.
7 minutes après l'égalisation, Sergio Aguerro faisait encore parler de lui, dans le rôle du passeur cette fois, et quelle passe ! Aux abords de la surface de réparation, il servait magistralement de l'extérieur du droit Maxi Rodriguez qui foudroyait Valdés d'un tir croisé Sur la passe, Abidal et Milito ne peuvent une fois de plus que témoigner de leur impuissance devant l'audace de "l'autre" petit argentin. Les deux équipes rejoignent les vestiaires sur ce score de 2-1.
Au retour de la pause, le renversement de situation semble se confirmer, avec un Barça qui retrouve ses vieux démons à l'extérieur, à savoir une étrange passivité, un marquage mou et une agressivité inexistante. Les colchoneros n'en demandaient certainement pas autant. Rijkaard décide alors de faire entrer Messi pour Henry, totalement transparent lors de ce match. Malheureusement, le match a déjà changé de direction et l'entrée de la pulga n'y changera pas grand chose. De fait, l'aggravation du score ne tarde pas à arriver. Aguerro, le bourreau des blaugrana hier soir, subit une faute de Puyol dans la surface de réparation. Forlan transforme sans souci le pénalty en prenant Valdés à contre pied. 3-1 (63').
Le Barça est en plein naufrage. Le milieu ne parvient plus à filtrer aucun ballon et la défense est une véritable passoire. Puyol et Milito, jadis infranchissables, rencontrent les pires difficultés à contenir les assauts des colchoneros tandis qu'Abidal se fait sérieusement malmener par 'El Kun'. Le cauchemar n'est cependant pas fini: Aguero, encore lui, fait un véritable carnage au sein de la défense blaugranaet trompe Valdés. 4-1 (70') La réduction du score par l'entremise d'eto'o est dès lors anecdotique.
Dans le même temps, Madrid s'imposait à Huelva dans la douleur. Tout, ou presque, est à refaire pour les catalans, relégués à 5 points des merengue. À vos pronostics...

Traditionnellement, nous consacrons une rubrique pour évaluer la performance des joueurs. Pour cette fois, nous ferons exception et noterons plutôt la performance génialissime de Frank Rijkaard. Car s'il s y a bien un homme qui s'est illustré lors de cette rencontre, c'est bien le technicien batave, qui aura eu le génie de laisser à Barcelone l'énorme Touré, véritable poumon du Barça cette saison, pour des raisons de 'rotation'.
Soit, l'on peut comprendre le principe de rotation, mais encore faut-il l'appliquer avec bon sens et surtout au moment opportun et avec les joueurs qui s'y prêtent. En l'occurence, la mise à l'écart de l'Ivoirien est une erreur de débutant. Le technicien n'en reste cependant pas là et décide de laisser sur le banc Leo Messi, le joueur offensif le plus décisif. Quand on décide soi-même de se diminuer, il ne faut dès lors pas s'étonner de l'issue de la rencontre. En admettant même que cette rotation était justifiée, il n'en demeure pas moins que le dispositif sur le terrain du 11 de départ était également plus que critiquable, particulièrement en attaque. Ronaldinho dans l'axe n'a jamais donné un rendement satisfaisant tandis que Eto'o à droite est largement moins incisif. Un match perdu d'avance en quelque sorte.
Atletico Madrid: Abbiati; Valera, Pablo, Perea, Antonio López; Maxi (Reyes m.84), Raúl García, Camacho (Santana m. 70), Simao; Forlán et Agüero (Jurado m.90).
FC Barcelone: Valdés; Zambrotta, Puyol, Milito, Abidal; Iniesta, Edmilson (Gudjohnsen m. 65), Xavi; Ronaldinho, Henry (Messi m. 56) et Eto'o.
Buts: 0-1: Ronaldinho (30'), 1-1 Kun Agüero (36'), 2-1 Maxi (42'), 3-1 Forlán (62' sp) 4-1 Kun Agüero (71') 4-2 Eto,o (73')
Arbitre: David Fernández Borbalán.
Cartons jaunes: Iniesta, Puyol, Zambrotta, Camacho et Antonio López.
Posté par youssef
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