Chronique | Liga | lundi 21 mai 2007 à 04:36
Dans l'antre de Vicente Calderon, le Barça est allé étriller l'Atletico Madrid 6 à 0 en signant ainsi sa plus large victoire de la saison, ce qui lui permet de recoller au Real Madrid et de continuer à croire au titre.
La réputation de bête noire du Barça que l’Atletico Madrid s’était forgée ces dernières années a volé en éclat ce dimanche soir. Avec six buts encaissés sur sa propre pelouse, le second club de la capitale a subi une déroute historique et permis à un Barça moribond de se refaire une santé après les récentes déconvenues enregistrées face au Betis et Getafe. Pour ramener les trois points de cette terre d’ordinaire si hostile, Rijkaard avait décidé d’aligner une équipe très traditionnelle avec la désormais habituelle défense Zambrotta – Thuram – Puyol – Gio, devant laquelle prenaient place Edmilson, Xavi et Deco, ainsi que le trident REM Ronaldinho - Eto’o - Messi. Iniesta habitué depuis plusieurs mois à débuter les matches devait ainsi se contenter du banc de même que Motta, Gudjohnsen, Giuly, Belletti, Oleguer et Jorquera.
La première demi-heure ne fut pas flamboyante. La pelouse détrempée, à la limite du praticable, ne favorisait pas spécialement le jeu et les débats étaient ainsi aussi équilibrés que peu spectaculaires. Les Madrilènes étaient bien en place, prêts à saisir chaque occasion de contre sans se montrer pour autant très dangereux, tandis que le Barça peinait à s’approcher des cages défendues par Pichu et affichait un jeu assez lent, peu inspiré, relativement statique, dans la continuité de ses précédentes sorties. Il fallut ainsi attendre une grosse demi-heure pour voir les choses se décanter. Un premier avertissement pour l’Atletico arriva à la 33ème minute avec un remarquable coup franc de Ronaldinho. Si ce dernier affiche un niveau de jeu très irrégulier et décevant cette saison, il s’est en revanche perfectionné dans cet exercice, et c’est avec un frappe magnifiquement enroulée du pied droit qu’il venait chercher à un quart d’heure de la pause le poteau gauche de Pichu. Cette énorme occasion pour le Barça eut pour conséquence de réveiller le rythme du match, et à la suite d’une percée pleine axe de Messi, et d’un magnifique relais avec Samuel Eto’o, l’Argentin permettait au Barça d’ouvrir le score (39’).
Ce but tombait à pic pour Barcelone, juste avant la mi-temps, d’autant plus qu’il ouvrit une séquence cauchemardesque pour les matelassiers, puisque Zambrotta doublait la mise quatre minutes plus tard à la suite d’une ouverture de Lilian Thuram et d’un lob astucieux exploitant à merveille le placement catastrophique de Pichu, le portier par intérim de l’Atletico (43’). 2 à 0 et même 3 à 0 deux minutes plus tard puisque Samuel Eto’o trouvait à son tour le chemin des filets à la suite d’un centre de Deco et d’une nouvelle maladresse de Pichu (45’). Trois buts d’avance à la mi-temps, voilà qui permettait au Barça de s’enlever toute pression pour le second acte, sans avoir été forcement extrêmement convaincant dans le jeu, les trois buts venant avant tout sanctionner la passivité et les erreurs de l’arrière garde et du portier de l’Atletico, tout autant que l’audace des combinaisons offensives catalanes.
La seconde mi-temps ne permit pas à Madrid de revenir dans la partie. Le Barça était même tout proche du quatrième but dès la 48ème minute, Messi voyant sa frappe enroulée sortie de justesse par Eller. L’entrée d’Aguero, buteur à l’aller, ne changeait rien au déroulement du match et le Barça continuait ainsi à gérer tranquillement son avantage. Un avantage que Ronaldinho, à la suite d’un sombrero de Xavi et d’un sublime une deux avec Eto’o, allait se charger de faire fructifier en portant la marque à 4 à 0 (58’). Les derniers espoirs de l’Atletico avaient dès lors disparus, mais il restait encore une bonne demi heure de jeu, dans un stade qui commençait à se vider et qui voyait à la 72ème minute l’expulsion d'Eller pour un second carton jaune.

A 10 contre 11, Rijkaard pouvait continuer à faire tourner son effectif en faisant rentrer Motta et Gudjohnsen à la place d’Edmilson et Xavi, Iniesta étant déjà sur la pelouse depuis la 68ème minute de jeu, Deco lui ayant laissé sa place. La promenade catalane était agrémentée de quelques éclairs comme cette frappe sur la barre de Eto’o à la 75ème minute, mais on sentait que le compte n’y était pas encore. Messi se jouant d’un Pichu terrifiant de naiveté, puis en toute fin de match, Iniesta bien servi par un Eto’o plus altruiste que jamais, se chargeaient ainsi de donner à cette défaite cuisante un goût de déroute historique (80’ et 90’).
6-0 : voilà un score assez irréel quand on connaît les difficultés cette saison des catalans à l’extérieur et qui démontre bien le fait que cette équipe a atteint un niveau d’irrégularité assez impressionnant dans une Liga qui est décidément bien folle (42 buts lors de cette journée). On se gardera ainsi bien de préjuger de la suite, les hommes de Franck Rijkaard ayant habitué les culés à ne pas savoir enchaîner deux bonnes performances de suite, d’autant plus que ces six buts ne doivent pas faire oublier la poussive première demi-heure et le fait que la naïveté défensive des madrilènes (symbolisée par leur gardien) a bien facilité ce triomphe. Il reste maintenant au Barça à gagner ses trois derniers matches et à espérer un faux pas du Real Madrid, lequel reste sur cinq victoires d’affilées, toutes ou presque obtenues avec des scénarios rocambolesques. Le suspens continue donc...
![]()
Valdes : 6,5
Impeccable à chaque fois qu’il a été sollicité par les attaquants de l’Atletico, que ce soit sur des frappes lointaines ou lors d’incursions à l’intérieur de la surface. Fébrile néanmoins sur les corners et dans le jeu au pied comme à son habitude.
Zambrotta : 7
Un but plein de malice et génial de vista, même s’il n’aura pas tous les jours un gardien aussi « coopérant » que Pichu… Une grosse activité dans son couloir, des prises de risques offensives (il se permet même un petit pont) et une grande sûreté défensive (malgré quelques approximations en première période). Un geste défensif acrobatique de très grande classe en fin de première mi-temps.
Thuram : 7
On pouvait craindre le pire face à la vivacité des attaquants madrilènes, mais le vice champion du monde Français a réalisé une grande prestation, pleine d’autorité, de calme, et d’intelligence, que ce soit dans les couvertures de balles, les interceptions ou les duels aériens. Une passe décisive pour couronner le tout.
Puyol : 6,5
Il n’est généralement pas à la fête face à Fernando Torres, mais il a cette fois ci parfaitement maîtrisé le capitaine des matelassiers malgré quelques difficultés en première mi-temps lorsque le score était encore nul et vierge. Aguero a quant à lui été complètement étouffé. Toujours aussi brouillon dans la relance néanmoins.
Gio : 6
Il a remarquablement profité du laxisme des latéraux locaux pour prendre son couloir et proposer des solutions offensives de débordement. Défensivement il a passé une soirée tranquille.
Edmilson : 6
Sa première mi-temps fut de très bonne facture avec de nombreuses interceptions décisives et peu de déchet dans la transmission. Il fut également très précieux dans les duels aériens. Sa copie est entachée de quelques agressions volontaires ou non et d’un début de seconde mi-temps beaucoup plus quelconque avec même des erreurs de relances assez grossières. Remplacé par Motta qui a fini le match sans être blessé…
Xavi : 6,5
Son début de match fut peu enthousiasmant. Le mode « fonctionnaire » que lui reprochait naguère Van Gaal semblait être enclenché, mais petit à petit il a commencé à peser de plus en plus dans la construction des offensives catalanes. Charcuté à l’entrée de la surface, il a ainsi permis à Ronaldinho de toucher du bois sur coup franc, avant d’être à l’origine (lointaine) du troisième but. Sur le quatrième but, il effectue un sombrero magistral avant de donner le cuir à Deco. Face à la débandade défensive des locaux, il s’est régalé à rechercher les attaquants dans les intervalles. Remplacé par Gudjohnsen qui semble avoir convaincu Rijkaard qu’il peut jouer milieu de terrain. Auteur de l’ouverture millimétrée qui amène le 6ème but.
Deco : 6,5
Son attitude en première mi-temps fut irréprochable. On sentait qu’il voulait absolument cette victoire et il s’est démené malgré l’apathie générale et l’état du terrain pour tenter de tirer l’équipe qui peinait à s’extirper de la toile défensive madrilène. Toutefois il faudrait qu’il apprenne à faire quelque chose du ballon quand celui-ci lui revient plein axe après un corner… Passeur décisif (malgré une glissade) sur le troisième but, avant de se faire plus discret en seconde période. Remplacé par Iniesta qui a parfaitement pris le relais et s’est permis de marquer un but en toute fin de match.
Messi : 7,5
Très discret en première mi-temps (ce qui ne l’a pas empêché de se faire massacrer par ses chiens de garde) avant de sortir de sa boite à 15 minutes de la pause : accélération plein axe qui laisse sur place Peter Luccin puis un une deux parfait avec Eto’o pour ouvrir le score. Sans ce coup d’accélérateur, la suite aurait pu être bien différente… Auteur d’un deuxième but magnifique de sang-froid, il aurait même pu signé un triplé en fin de match. Il a beaucoup gêné l’organisation défensive des Madrilènes en venant traîner dans l’axe.
Eto’o : 8
Un but plein d’opportunisme de pur avant centre, mais surtout trois passes décisives pour celui qui se décrit lui-même comme un égoïste du but, c’est plutôt pas mal ! Il aurait pu corser l’addition avec une frappe sur la barre. Pleinement intégré au collectif.
Ronaldinho : 7
Auteur d’un coup franc magistral qui heurte le poteau, puis à l’origine du troisième but, avant d’être enfin buteur (19ème but cette saison). Il semble toujours aussi emprunté et lent sur le terrain, incapable de placer son coup de rein qui faisait de lui un joueur irrésistible, mais il a remarquablement participé au festival offensif barcelonais.
Posté par javito
Article lu 8538 fois