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"Vas-y, Eto'o"

Article | Eto'o | mardi 16 novembre 2004 à 21:29

14 joueurs d’origine africaine du centre de formation lui demandent. L’image de l’attaquant camerounais est le miroir dans lequel ils se regardent…




Samuel Eto'o est l'actuel 'Ballon d'Or' africain, candidat au 'Ballon d'Or' de France Football, aspirant au trophée 'FIFA World Player' en plus d’être le 'pichichi' de la Liga. C'est aussi le meilleur réalisateur azulgrana, couleur avec laquelle s’écrivent ses buts et ses succès.

Mais l'explosif football du continent noir n’est pas seulement représenté au FC Barcelone à travers 'Samu', l'idole et le modèle à suivre pour 14 autres ambassadeurs, militants dans le centre de formation du club, neuf d'entre eux aux postes d’attaquant, l’un en tant que milieu offensif et 4 milieux de terrain.

Gabriel Mendy, Franck Songo'o, Diong Mendy, Kwame Kusi, José Peña, Elie Moise Akui, Bacary Mendes, Sadio Kante, Alex Kyereme, Sekou Gassama, Keita Balde, José Ndong Machin, Noustapha Seck et Adama Traoré proposent leur talent et leurs buts au Barça C (1), Juniors A (1), Juniors B (1), Cadets B (1), Minimes B (2), Pupilles A (2), Pupilles A (3) et Benjamins B (3).

Et ce samedi, ils seront tous au Camp Nou pour partager avec l'admiré Eto'o ses débuts en tant que 'culé' face au Real Madrid, un rival qui, confient’ils, aura une rencontre très, très difficile le 20 novembre.





Tous avec 'Samu'

Les Songo'o le verront en direct. Samuel s’est mesuré 12 fois aux blancs, marquant en 7 occasions. Pour cela, ses 14 'héritiers' pensent clairement que pour l’imminent clasico Eto'o accomplira son rôle. "C’est un phénomène", assure Franck Songo'o, fils du gardien de but du Deportivo Jacques Songo'o. "Mon père viendra pour voir la rencontre en direct et après nous irons dîner ensemble", ajoute l'attaquant des Juniors A, français mais d'origine camerounaise. Du Ghana viennent Kwame Kusi et Alex Kyereme, tandis que Gabriel et Diong Mendy ; Bacary Mendes, Sadio Kante et Moustapha Seck sont Sénégalais, comme par le sang, Sekou Gassam et Keita Balde, mais Espagnols par passeport. Adama Traoré est de Mauritanie, Elois Moise Akui, Ivoirien, et José Ndong Machin, de Guinée équatoriale, où est enraciné l'arbre généalogique du Canarien José Peña.

Songo'o est ami de David, le frère de Samuel, actuellement dans les rangs du Ciudad de Murcia. De même qu'Alex, que l’on confond avec Eto'o par une certaine ressemblance physique, est convaincu que le '9' barcelonais ne battra pas seulement Casillas mais qu’il marquera "entre 24 et 30 buts au total" et achèvera la saison 2004-05 comme 'canonnier' par excellence de la Liga.

Les plus petits parlent comme Samuel. ("Je dois courir comme un noir pour vivre comme un blanc" ou "Eh toi, le bleu"), ils ressentent comme lui (c'est-à-dire qu’ils sont très fiers de leur provenance) et tentent également de l’imiter avec le ballon dans les pieds. Si Samuel gagne, ce sont eux également et l’Afrique qui gagnent. De Gabriel Mendy jusqu'à Machin se font apprécier par leur timidité ou leur ouverture, par leur affection ou leur côté réservé. La vitesse de Samuel rend fou Mendy le grand, Kusi et Bacary, coéquipiers de Pol Laporta. Si l' 'icône' s’y prêterait, Pedro Abraham, tuteur au centre de formation les défieraient en vitesse. Et puis quitte à demander, il demanderait à Eto'o qu’il vienne les voir. Eux ne rateront pas samedi.

Ils seront tous présents au Camp Nou. "Bien sûr, nous verrons où nous jouerons, mais nous ne nous le perdrons pour rien au monde". C'est l’un des nombreux commentaires que les plus petits -les benjamins- transmettent à leur idole à travers MD. Tandis que, les plus grands, tout spécialement Gabriel et Dyong Mendy, sourient et écoutent les petits qui n’arrêtent pas. "Mange le Real Madrid", "marque-leur deux buts et effondre-les". S'ils l'avaient en face ils lui diraient beaucoup plus de choses. "Tu es le meilleur et tu dois le démontrer" ; "Ils regretteront à Madrid ce qu’ils t'ont fait" ; "nous sommes avec toi". De cela personne n’en doute.





Deco, parce qu’il travaille et qu’il lutte

Que Samuel Eto'o leur ait pris leur cœur est normal et que Ronaldinho les captive, logique. Mais il y a un troisième crack azulgrana avec de nombreux fans parmi les représentants du football africain du centre de formation : Deco. Pourquoi ? “Parce qu’il travaille et lutte énormément”, est la réponse de ceux qui analysent le jeu du Barça de Frank Rijkaard. Carles Puyol plait également pour son esprit de sacrifice.


José Ndong Machín, l’ 'intrus' blanc

Il joue aux Benjamins B et dit s’appeler José Machin, avant son premier nom, Ndong. Il déborde d’énergie et d’audace. Pour l’instant, il se dédie à se former en tant que personne et footballeur, pontifié d’une sympathie et remportant un pari avec l’un de ses coéquipiers en révélant qu’il est pour le Real Madrid. Que c’est une meringue. “Le clasico se terminera par un 0-2 et marqueront Ronaldo et Owen”, pronostique-t-il vêtu de l’uniforme azulgrana qu’il sue orgueilleusement lors des rencontres et entraînements. Il ne se cache même s’il doit supporter les rires de ses amis et voisions qui débordent de Barcelonisme. Comme dit le refrain, “la vérité vient de la bouche des enfants”.





Source : Mundo Deportivo




Le voyage en blanc d’Eto’o

• Le Camerounais est resté lié au Real Madrid durant 8 ans, où il n’a pu disputer que 3 rencontres de Liga avec les blancs…


Difficile de trouver des photos de Samuel Eto'o vêtu de blanc. Difficile même s’il est arrivé au Real Madrid à l’âge de 15 ans -- "j'ai eu la chance de venir en avion, d'autres viennent en barque", se rappelle toujours le Camerounais pour ne pas perdre de vue ses origines-- et il a rompu avec le club madrilène cet été. Huit ans de relation, seulement trois rencontres de Liga, toutes en tant que remplaçant, 88 minutes (sans buts) et un transfert qui l’a amené au Camp Nou pour jouer samedi la rencontre de sa vie. Peut-être, pas la plus importante mais la plus désirée.

Cela fait quelques semaines les personnes qui vivent dans le vestiaire Camp Nou écoutent la même phrase. "Le président m'a recruté pour cette rencontre", chuchote Eto’o à ses coéquipiers. En quelques occasions, il élève même la voix, bien que cela ne soit pas nécessaire. Il suffit de regarder son visage quand quelqu'un lui demande des nouvelles du Real Madrid. Le club qui l'a amené d’Afrique à 15 ans, bien que jamais il n’ait confié en lui. Un supporter de l'équipe blanche a appelé le Bernabéu. "Il y a un gamin très bon au Cameroun. Allez le voir". Ils s’y sont allés. Avec l'aval de José Martínez, Pirri, directeur sportif sous Ramón Mendoza comme président, ils l’ont amené.


Les matinées dans le Bernabéu

Eto’o ne venait pas seul. Il était arrivé avec un compatriote, un gaucher exquis-- "je ne me souviens plus de son nom", dit maintenant l'azulgrana--, mais finalement il n’y a que lui qui soit resté. Cet ami était très bon, mais il est resté sur le chemin. De l'aéroport, où personne ne les attendait, direction le Bernabéu. Là-bas José Luis Lopez Serrano, l'actuel directeur des relations externes du Real Madrid, les a reçu, à l’époque directeur de football. Et du stade à l'Hôtel Centro Nord, près de la Castellana, près de la ville sportive du Real Madrid, la nouvelle maison de Samuel.

Quinze ans et un monde nouveau à découvrir. Des rues du Cameroun à la capitale de l'Espagne. Dormir, s’entraîner et jouer. Rien de plus et rien de moins. Une vie de nouveau riche pour un adolescent, mais il s'ennuyait. Et donc, il prenait la Castellana, la descendait pour se diriger vers les bureaux du Real Madrid. "Comment ça va, papi ? Comment vas-tu ?", disait-il à Lopez Serrano, l’une des quelques personnes de la capitale qu’il respecte et admire. "C’est mon deuxième père", affirme la star.

Des matinées entières de discussions avec ‘papi’ Lopez Serrano dans les bureaux pour passer le temps, tandis que les techniciens essayaient de domestiquer le lion rapporté du Cameroun. Il n'a pas été facile. Un mois après les tests, il est rentré en Afrique pour rapporter certaines choses. De retour à Madrid, il est resté seul. Son ami n'était plus là.

Il n’y a pas si longtemps, Eto’o ouvrait une lettre dans le luxueux Hôtel Arts de Barcelone, où il demeure dans l’attente de trouver une maison dans laquelle ils pourraient garer ses six ou sept voitures. La lettre venait d’Allemagne. Elle était écrite par son ami. Il n'est plus footballeur, pas même célèbre. Il lui demandait de l'aide. Et Eto’o n'a tardé même pas 10 secondes à s'occuper de ses pétitions. Il y a huit ans ils ont entrepris un voyage commun. L’un vers la renommée ; l’autre vers l'anonymat. Le courrier les a de nouveau unis. Et les besoins.


Coéquipier de Catanha

Tandis que son ami rentrait au Cameroun, Samuel était prêté, avec son talent indomptable et ses 17 ans, à Leganés, une équipe de Deuxième division. Dans la ceinture industrielle du sud de Madrid, apparaissait chaque matin un jeune joueur qui a rencontré Catanha, prêté par Salamanca au Lega, un club qui avait seulement 2.000 socios. "C’était un gosse. Il parlait à peine l’espagnol", s'est rappelé hier Pedro Braojos, son entraîneur à Leganés. "Ce qui m'a le plus surpris a été son caractère. Il ne se taisait pas du tout, il avait une audace impressionnante. Il ressemblait à une personne de 30 ans, et non pas de 17, comme s’il avait déjà vécu un tas de choses".

Au début, Braojos l'a envoyé sur le banc. Même qu'un jour, au début octobre 1997, Samuel s'est lassé. C’était à Jerez. "Lorsque j’ai donné la composition, il a vu qu'il n'était pas titulaire, il m'a dit : 'Je pars'". Eto’o a ouvert la porte du vestiaire pour s’en aller. "Mais où tu vas ? Tu es fou ? Reste ici !", José Mesas, l’un de ses coéquipiers, qui ensuite a été son agent, pour le freiner, a crié. Il est resté avec une seule condition, celle de s’entraîner avec les titulaires. Il se croyait le meilleur au monde, a dit Braojos.

Les années ont donné raison à Samuel. Pour cela, s'il on demande à Madrid pour Eto’o, personne ne voudra remuer le passé.


Source : El Periodico

Posté par marco93fcb
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