FC Barcelona Clan Penya du FC Barcelone

FC Barcelone 1-1 Betis Séville: L'Analyse

Chronique | Liga | lundi 14 mai 2007 à 01:59

Décevant match nul du Barça à domicile face au Betis Séville. Un nul qui voit le Real Madrid revenir à hauteur des catalans, avec un meilleur goal average particulier. Le Barça ne contrôle désormais plus son destin...

Le Jeu 

Encore une fois, le Barça réalise une contre performance majeure. Après la raclée reçue à Getafe, on pouvait croire que les hommes de Rijkaard aborderaient ce match gonflés à bloc pour essayer de se faire pardonner l'humiliation infligée par Schuster et sa bande et dans le même temps retrouver un second souffle en Liga. Il n'en fût rien et les Blaugrana quitteront les travées du Nou Camp, bredouilles...

À 5 journées de la fin, Frank Rijkaard récupérait enfin le Portugais Deco. La formation choisie par le technicien néerlandais était des plus classiques, à l'exception de l'absence d'un pivot défensif pur.

Derrière, on retrouvait donc le désormais traditionnel quatuor Zambrotta-Thuram-Puyol-Gio. Au milieu, Rijkaard a préféré aligner la triplette de "petits", à savoir Iniesta-Xavi-Deco. Les 2 premiers ont occupé tour à tour le poste de milieu défensif. Enfin, en attaque, le trident REM était une nouvelle fois aligné.

Le match commence bien, avec un Barça bien en place, mobilisé et désireux de laver l'affront de l'élimination de la Copa Del Rey. Le premier but survient après seulement 3 minutes de jeu: Deco, dans la surface de réparation, tente un crochet  et se fait faucher par un défenseur Andalou. Pénalty sifflé et aussitôt transformé par Ronaldinho. Une entâme de match idéale donc, surtout que les Azulgrana ne semblaient pas se satisfaire du 1-0 et continuaient à se montrer volontaires, à défaut d'être brillants.

Seulement 5 minutes après l'ouverture du score, Gio, sur son côté gauche, réalise un joli centre que ne parvient pas à reprendre le buteur Camerounais. Le Barça ne se lasse pas d'attaquer et cette fois, c'est Iniesta qui prend les choses en main. Après avoir récupéré un ballon, il s'avance aux abords de la surface de réparation et décoche un tir, malheureusement contré en corner. À la 23ième minute et à la suite d'un superbe centre de Deco côté gauche de l'extérieur du droit, Eto'o joue le ballon de la tête mais cela passe juste à côté.

L'action la plus spectaculaire se produit à la minute 31. Ronaldinho place un centre pour Eto'o qui reprend d'un retourné sublime d'esthétique et de vivacité, dévié par Contreras, le gardien du Betis. Le même Eto'o s'illustre seulement quelques instants plus tard: parti sur la droite, il réussit à tromper la vigilance d'un défenseur Sévillan d'un crochet, puis d'un second défenseur à la suite d'un autre crochet avant de placer une frappe surpuissante, malheureusement pas cadrée. La dernière occasion de la première période arrive à la 39ième minute lorsque Messi centre côté droit. Eto'o laisse le ballon à Iniesta qui contrôle tout en mouvement et frappe mais cela passe juste à côté des cages du Betis.

Les joueurs quittent donc la pelouse en laissant les spectateurs sur une bonne impression. Le Barça a contrôlé le ballon à hauteur de 64 % et a tiré 8 fois au but pour 2 tirs cadrés.

La seconde mi temps ne connaît malheureusement pas la même trajectoire et les Blaugrana retombent dans leurs travers. Un faux rythme s'installe: bien que le Barça maintient son hégémonie sur le ballon, il n'attaque plus ou alors ne le fait que ponctuellement.

À cet égard, est-il nécessaire de souligner qu'à chaque fois que les Catalans se sont embarqués dans un faux rythme, l'issue finale leur a été défavorable ? De même, doit-on rappeler qu'un match se joue sur 90 minutes et non sur une seule période ? Ces éléments qui semblent logiques ne le sont apparemment plus pour les Barcelonais. À ce titre, les mouchoirs blancs qui ont été sortis par les culés à la fin du match sont amplement justifiés.
Rijkaard, à qui l'on reprochait son laxisme et son manque d'implication durant les matchs, a cette fois été debout une bonne partie de la recontre, sans succès...

Lors de cette seconde mi temps donc, Rijkaard décide de sortir Zambrotta pour Belletti, probablement pour redynamiser une aile droite faiblarde avec un Messi moyen. Cette aile droite généralement très sollicitée a cédé sa place à l'aile gauche de Ronaldinho, d'où la majeure partie des attaques sont arrivées.

Iniesta 

Le Barça contrôle toute la première moitié de cette mi temps sans cependant se montrer menaçant. Le ballon tourne en rond, en témoigne une statistique intéressante: 517 passes jouées par les hommes de Rijkaard tout au long de la rencontre contre seulement 287 pour les Andalous, soit quasiment le double en faveur du Catalans. "Le Barça ou l'art de contrôler le ballon sans marquer", ainsi pourrait-on intituler cette triste rencontre.

À partir de cette 65ième minute, c'est un autre visage qu'offrent les 2 équipes. Le Betis, voyant le Barça piétiner, reprend du poil de la bête et s'empare progressivement du ballon tandis que de son côté, le Barça cède du terrain et recule de plus en plus. Le changement opéré par Rijkaard, qui décide de remplacer Ronaldinho par Edmilson n'est pas pour améliorer les choses. Certes Ronaldinho n'a pas été transcendant mais reste cependant un joueur imprévisible capable de faire la différence à n'importe quel moment.

Dans cette optique, son remplacement par un milieu défensif ne peut être interprêté que comme une réaction frileuse de Rijkaard qui a voulu préserver le score en choisissant la sécurité. Dans les faits, il s'agit d'un changement poste pour poste puisque Messi est replacé à gauche tandis que Iniesta prend le couloir droit pour laisser Edmilson devant la défense. Il n'empêche que Rijkaard a procédé à ce changement pour fixer un joueur plus défensif à ce poste. Iniesta, bien que pivot, joue en effet généralement plus haut et a plus de liberté qu'Edmilson, traditionnellement concentré sur les tâches purement défensives.

À la 70ième, Deco sert Iniesta qui contrôle puis frappe, mais son tir est légèrement dévissé et ne trouve pas le cadre. 9 minutes plus tard, Iniesta, encore lui, part de la droite et repique dans l'axe: il délivre alors une superbe passe que Deco préfère laisser à Eto'o. Celui-ci, qui a de l'espace devant lui et peut s'avancer, préfère tirer instantanément mais ce n'est malheureusement pas cadré.

Le Betis se montre alors de plus en plus pressant tandis que les Barcelonais souffrent. Le premier gros avertissement survient à la 86ième minute. Sobis, entré en jeu plus tôt, déboule côté gauche et frappe puissamment mais Valdés s'interpose brillamment. Première réaction à chaud: Valdés a sauvé son équipe en évitant le nul. Impression de courte durée puisque 3 minutes plus tard et à la suite d'un coup franc rapidement joué par Asunçao, le même Sobis contrôle le ballon et fusille Valdés côté droit. Le gardien Blaugrana, qui couvre pourtant bien son poteau droit, se troue monumentalement.
1-1, score final, une énième contre-performance, une énième déception et une énième occasion gâchée de triompher dans cette Liga.

Deux choses à blâmer chez cette équipe: un manque de réalisme flagrant avec souvent près de trois occasions franches sur quatre qui ne sont pas concrétisées mais aussi l'incapacité chronique de jouer 90 minutes à un rythme intense.
Pour le premier point, il est judicieux de se demander si nous jouons avec un vrai avant centre tant Eto'o affectionne le jeu sur les ailes. Le Camerounais, qui n'a jamais été un vrai avant centre, est certes un buteur né, mais pas de la même manière qu'un Trezeguet ou qu'un Van Nistelrooy. Samuel lui est capable de se créer lui-même ses occasions. Revers de la médaille, il vendange aussi beaucoup d'occasions franches, à la différence des "renards de surface", par contre eux incapables de se créer eux-mêmes leurs propres occasions de buts car trop statiques.

Le second point semble directement lié à la motivation et à la confiance: avec un but d'avance, les Azulgrana privilégient la conservation du score, ne croyant pas à leur faculté à tuer le match. Cette réaction intervient généralement en seconde mi temps, où les joueurs sont écartelés entre 2 positions. L'une consiste à continuer à attaquer, l'autre à contrôler stérilement le ballon pour préserver le score. Malheureusement, c'est souvent le second scénario qui est choisi, justement parce que l'équipe ne croit plus en sa capacité à faire la différence devant et n'a plus confiance en elle.

 Rijkaard

On peut alors légitimement se poser la question: le Barça est-il capable de préserver un score en reculant et la réponse est naturellement non. La seule manière de gagner pour le Barça est d'attaquer à outrance, ou au moins de conserver le ballon et de pratiquer un pressing de tous les instants, en conformité avec l'esprit du club. C'est ce que cette équipe fait de mieux, depuis des lustres. Rijkaard ne peut se transformer en Capello ou en Mourinho en l'espace de quelques matchs.

Reste à espérer maintenant un prochain faux pas des Madrilènes pour que nous puissions les distancer mais la tâche parait ardue: d'autres Madrilènes nous attendent la semaine prochaine, en l'occurence l'Atletico, notre bête noire ces dernières saisons...

Les joueurs

Valdés: 5/10 Énorme à la 86ième face à Sobis, et tout petit face à ce même Sobis 3 minutes plus tard, lorsqu'il passe complètement à côté. Une fébrilité de plus en plus visible lors de ce dernier tiers de saison.

Gio: 5.5/10 Présent offensivement dans la lignée de son match face à la Sociedad avec quelques centres bien ajustés, il reste malheureusement toujours aussi peu tranchant défensivement. Directement coupable sur l'égalisation, où il laisse passivement partir Sobis.

Puyol: 6.5/10 Un Puyol omniprésent comme à l'accoutumée et qui nous gratifie encore une fois de quelques percées plein axe dont une course de près de 50 mètres. Défend souvent pour 2, tant Gio est passif dans ce domaine.

Thuram: 6/10 Plus fébrile ce soir. Une grossière erreur de relance qui aurait pu couter cher et quelques choix de relance pas toujours judicieux.

Zambrotta: 5.25/10 Performance très moyenne de l'Italien, sanctionnée par un remplacement précoce dès la mi temps. Pourquoi ne pas tenter le dédoublement avec Messi, dont la technique offre pourtant bien des combinaisons intéressantes? Zambrotta, après avoir retrouvé son niveau vers Janvier, montre à nouveau des signes de rechute depuis quelques matchs maintenant. Remplacé par Belletti. Le Brésilien apporte souvent le surnombre en attaque, mais se montre incapable de centrer autrement qu'en tirant puissamment et maladroitement.

Xavi: 6/10 Performance correcte du troisième capitaine, moins incisif offensivement et qui s'est contenté de réguler le milieu de terrain. A occupé en alternance la position de pivot avec Iniesta.

Iniesta: 7/10 Le jeune d'Albacete est de retour depuis sa bonne performance de la semaine dernière à Anoete. Beaucoup d'aisance balle au pied, de superbes remontées de ballons, on l'a vu un peu partout, dans un rôle de métronome qu'il avait perdu depuis quelques temps au profit de Xavi. Replacé sur l'aile droite lors de la sortie de Ronaldinho. Il manque cependant le 2-1 en face à face à la dernière minute de jeu. Ce fût la seule ombre d'un match sans bavures.

Deco: 6.25/10 Une solide première mi temps où il provoque le pénalty et se dépense sans compter. Seconde période plus discrète malgré quelques actions très ponctuelles.

Messi: 6/10 L'Argentin n'a pas vraiment fait preuve de lucidité lors de cette rencontre. Il devrait davantage mettre sa technique déconcertante au service du collectif. Des choix de jeu souvent contestables lors du dernier geste. Un match en dents de scie donc, malgré une bonne capacité à fixer les défenseurs et à trouver ses coéquipiers sur quelques actions isolées. Remplacé par Saviola à la 74ième. Ce dernier n'entre pas à un moment favorable puisque le Betis a alors la possession du ballon. Isolé sur le front de l'attaque, il ne se montrera pas dangereux. 

Ronaldinho: 6/10 Match honorable du Brésilien. Auteur du seul but sur pénalty sans trembler, sa protection de balle est toujours aussi impressionnante, souvent devant 2 voire 3 défenseurs. Quelques ouvertures bien ajustées mais impact assez réduit sur le match au final. Remplacé à la 66ième par Edmilson qui se positionne en pivot. Le 15 azulgrana assure le service minimum, n'oubliant pas au passage d'être aux abonnés absents lors du coup franc de l'égalisation.

Eto'o: 6.75/10 Défensivement parlant, il a presque autant défendu qu'Un Gio par exemple, c'est dire son formidable travail de pressing. Superbe retourné acrobatique qui aurait mérité meilleur sort. Du reste, et tout comme Messi, pas toujours lucide dans ses choix de jeu. Mauvaise habitude également à privilégier le jeu sur les ailes, laissant l'axe de l'attaque aux soins de Ronaldinho ou Messi, qui ne sont pas vraiment des buteurs.

Eto'o

Coaching

Comme dit précédemment, la sortie de Ronaldinho n'était probabablement pas la meilleure chose à faire. Certes au final, il s'agissait d'un remplacement poste pour poste puisque Messi a pris le côté gauche, mais l'Argentin n'est certainement pas aussi tranchant à cette position que ne l'est le 10 Blaugrana.

Encore une fois, on a l'impression que Rijkaard agit plusieurs temps en retard, et de la mauvaise manière. De nombreux culés réclamaient qu'il cesse de privilégier Ronaldinho, qui ne sort jamais en cours de match et le technicien Blaugrana a voulu montrer qu'il pouvait changer brutalement de stratégie, mais cette décision n'arrive pas au meilleur moment. À 5 journées de la fin de la Liga, le Brésilien est plus que jamais indispensable. La sortie de Ronaldinho coincide d'ailleurs avec le moment où le Betis a commencé à s'emparer du ballon plus franchement.
 


Posté par youssef
Article lu 4382 fois