Chronique | Liga | dimanche 17 février 2008 à 20:24
Il y a des lieux, des moments, des stades et des ambiances dans lesquels le football montre son côté le plus passionnel, le plus déterminant. Il y a des nuits au cours desquelles ce sport révèle toute sa grandeur...
Le Barça a de nouveau vécu hier une de ces nuits, selon un scénario qui en rappelle d'autres encore. "C'était le 6, penalty et expulsion", criait-on des tribunes. Et ce Saragosse-Barça de 96 resurgit des mémoires, ce Saragosse-Barça pour lequel la phrase célèbre "Rafa, ne me nique pas" est devenue célèbre. Comme si rien n'avait changé. González Vázquez venait de siffler penalty sur les conseils de son juge de touche, García Fernández, pour une main de Juanfran, et Ronaldinho marqua, tandis que la Romareda mugissait. La Liga reprenait vie, et quelle vie.
Il y a des journées et des moments qui marquent une saison. Hier, depuis que le Bétis avait battu Madrid, et que le Barça avait réussi à sortir indemne du chaudron infernal qu'était devenu le stade de Saragosse, cette nuit-là devenait un de ces instants uniques.
Il y a aussi des hommes qui marquent une rencontre. Ceux qui ont symbolisé la journée d'hier avaient pour nom Milito : Gabi, qui revenait au stade dans lequel il s'était imposé pendant quatre ans, et Diego, ''bourreau'' des blaugrana dans le passé, et peut-être futur joueur du Barça. Ils ne se sont pas affrontés directement depuis les rencontres entre Independiente et le Racing d'Avellaneda, dans ces matchs où la passion les a amené à tout, y compris à s'insulter et à presque en venir aux mains. Les Milito sont ainsi, aussi passionnels que professionnels.
Professionnel, Gabi l'a été hier soir, en ne se laissant pas emporter par l'accueil que lui avaient réservé les supporters qui l'adoraient et qui leur manque. Il a commencé la partie par une intervention sur son frère, rien de moins, qui ne s'attendait pas à revivre à ce point un tel traitement. Professionnel, Diego le fut aussi : joueur attrayant pour les techniciens azulgranas, mais dont ce n'était pas le jour. Il manqua un penalty et s'est fait consoler par son frère sur le chemin des vestiaires.
Les deux frères ont montré l'envie, l'orgueil et la marque des Milito sur chaque action d'une rencontre passionnante, émouvante, dans un stade vieux comme aucun autre mais qui respire le football de tous les côtés. Excepté peut-être dans cette loge que le capricieux Agapito Iglesias, le propriétaire, a fait construire sur le stade municipal, avec ses énormes fauteuils et ses beaux écrans, alors que les socios de tous les jours devaient se déplacer de leur sièges historiques et s'installer ailleurs, où la vue étaient moins bonne et où ils étaient plus serrés. Le tout pour le même prix. Peut-être le terrain était-il plus proche?
Le football se vit ainsi à la Romareda, aussi inconfortable qu'authentique. Et c'est ainsi que les spectateurs l'ont vécu. Depuis la remontée du Bétis, en passant par le but d'Henry, le penalty manqué de Diego Milito, l'impressionnante bronca à l'attention de Touré pour avoir blessé Matuzalem, le but d'Oliveira, la main de Juanfran, le but de Ronaldinho... Tout n'était que passion et football à l'état pur.
Source : MD
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