Array Villa : « J'ai cru que le train était passé sans me voir » - FC Barcelona Clan

En Une | David Villa | mercredi 2 mars 2011 à 20:36  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

En six mois seulement, David Villa a déjà fait mieux que Zlatan Ibrahimovic (17 buts en championnat, 21 toutes compétitions confondues), grâce à son intégration sans heurt au sein du Barça. Avec une série de quatre buts lors de ses quatre derniers matchs, l'attaquant va pour la première fois se déplacer au Mestalla (Valence) depuis son transfert cet été.

David Villa retourne à Valence pour la première fois depuis son transfert.

 

Pensiez-vous vous intégrer au système barcelonais aussi rapidement ?

Je suis très heureux de la façon dont ça se passe. C'est plus ou moins ce que j'imaginais, au vu de toutes ces choses que les gens me disaient avant mon transfert. Bien sûr, j'ai déjà beaucoup d'amis au sein du club et j'avais déjà parlé du Barça avec eux auparavant. Mais jouer cette saison-ci, c'est encore mieux que les deux précédentes,  du point de vue des buts inscrits, et elles étaient déjà impressionnantes.

Un déplacement délicat vous attend, êtes-vous excité à cette idée ?

Oui, je suis heureux de retrouver le stade où j'ai vécu tant de merveilleux moments, et où j'ai toujours beaucoup d'amis. Ce sera un sentiment particulier, comme à Gijon (le club de ses débuts, NDLR).

Quel genre de sentiment ?

C'est de la joie, mais d'une façon bizarre. Tu fais face à des équipes que tu encourages tous les dimanches, mais quand tu y vas en personne, tu veux gagner contre elles. Tu sens que tu es avec eux, jusqu'à ce que les 90 minutes commencent.

À quel genre d'accueil vous attendez-vous ? Célébrerez vous un but ?

Je ne sais pas. Je suis parti en bons termes, et j'ai de chouettes souvenirs des gens à Valence. Si je marque, comme cela s'est produit à Gijon, j'essayerai de ne pas exprimer ma joie, par respect pour tous les gens qui m'ont aidé à devenir ce que je suis aujourd'hui.

Trente mille personnes vous ont accueilli au Camp Nou.

Même si je suis habitué à jouer devant tant de personnes, quand je suis entré dans le stade, j'étais impressionné. Je pouvais sentir leur affection, avant même que je n'enfile mon maillot. Quand mon transfert a échoué l'été dernier (été 2009, NDLR), beaucoup de fans du Barça sont venus à moi pour me dire que ça leur faisait de la peine que ça n'ait pas marché, et ça m'a réchauffé le coeur.

À ce moment-là, vous est-il venu à l'esprit que vous pourriez bien avoir raté le train ?

Si le destin a fait que je ne suis pas arrivé ici en 2009, mais l'année suivante, c'est qu'il y a une raison. Je n'accorde jamais aucune pensée à ce qui se serait produit si les choses avaient tourné autrement, car je suis très fier de ma carrière et je n'y changerais rien du tout.

Vous êtes-vous dit que le Barça avait renoncé à vous recruter ?

J'en étais presque convaincu. Quand tu y penses, le Barça venait juste de signer un gros transfert avec l'arrivée d'Ibrahimovic, un joueur qui joue à la même position que moi, et la quantité d'argent demandée n'est pas si petite... Je pensais que le train était passé sans me voir. Mais je pensais aussi que si je faisais une nouvelle bonne saison avec Valence, non seulement le Barça mais aussi d'autres équipes s'intéresseraient à moi.

Vous êtes arrivé dans la meilleure équipe du Barça qu'on ait jamais vu.

Quand j'étais en sélection [pour la Coupe du monde 2010], après avoir revêtu mon maillot, je m'imaginais jouant pour le Barça. C'était un peu étrange. J'ai signé en mai mais je n'ai pas commencé à jouer avant le mois d'août.

C'est une équipe où la chose la plus importante est son aspect mental. Ici on ne passe pas la balle, celle-ci vole.

Oui, c'est vrai. C'est un style de jeu très compliqué. Mais j'essaye de complémenter les deux particularités : faire un mélange de ce qui est bon dans mon style et dans celui de l'équipe. On ne doit pas oublier que c'est un groupe de joueurs habitués à un style joué à la perfection, et avec des joueurs adéquats pour l'exécuter. Au milieu de terrain, en défense, entre le gardien et ceux qui jouent en attaque, ils travaillent tous très bien ensemble, avec une excellente mobilité, sans réel avant-centre.

Un système auquel vous vous êtes vous-même bien adapté.

C'était difficile mais avec de la détermination et une mise en condition, c'est devenu facile. Le Barça pensait que mon style de jeu correspond au sien, et c'est la raison pour laquelle ils ont fait un tel investissement pour m'obtenir.

Est-ce ce que Begiristain vous a dit ?

Aussi bien Txiki que Raul (Sanllehi), et Laporta lui-même, m'ont dit qu'ils étaient soulagés. Pourquoi ? À cause de tout ce qui s'était passé l'année précédente. Ils étaient soulagés d'avoir pu confirmer ma signature, mais je l'étais aussi.

Guardiola lui aussi a lâché un soupir de soulagement.

Maintenant, c'est facile de dire que Guardiola fait tout très bien. Mais on ne doit pas oublier ses débuts, lors des matchs contre Numancia ou le Racing, où il a parié sur des joueurs comme Pedro ou Busquets, qui sont maintenant des cadres de la maison pour le monde entier. Avec lui comme coach, ce club sait ce qu'il veut. Mais ce n'est pas si facile parce que ce système comporte de nombreux risques. N'importe quelle équipe pourrait jouer de cette façon, mais personne ne le fait assez bien. Toujours vouloir conserver le ballon, aussi bien en attaque qu'en défense, comporte son lot de risques.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris ?

Les petits détails. Je déjeune ici, je dîne ici, à la cité sportive [Ciutat Esportiva], je vis le football chaque seconde, je prends du bon temps, avec mes coéquipiers, mais ensuite je peux aussi passer du temps avec ma famille. Le fait de voyager le jour du match est une bonne chose.

Aujourd'hui, vous appréciez le Barça, mais dans le passé, vous en avez souffert.

Eh bien oui, il n'y a pas de meilleur mot pour le décrire. Avant, j'en souffrais, et maintenant je l'apprécie. Quand je jouais contre eux, je savais que je devais beaucoup courir après la balle. Et même en courant beaucoup, on perd 6-0, 4-0, et 3-0 lors de mes derniers déplacements. Maintenant, je vois cette frustration sur le visage de nos adversaires. Quand tu joues contre le Barça, ce n'est pas une semaine normale. Tu prépares beaucoup de choses, puis le match arrive, tu fais toutes ces choses plus ou moins bien, et tu perds quand même. Je savais ce que ça fait de jouer contre Barcelone.

Vos opposants ne capitulent jamais...

C'est pourquoi cette équipe, qui est capable d'aligner 16 victoires consécutives, et les points qui vont avec, a beaucoup de mérite. 

 Vous êtes-vous réinventé en tant que joueur ?

Je ne sais pas mais je suis fier d'être capable de jouer dans une position à laquelle je ne suis pas habitué. J'adore ça. Maintenant je joue d'une manière différente, et pourtant mes performances n'ont pas chuté, du point de vue personnel ou statistique. Je me sens bien, je joue bien, l'entraîneur me fait confiance, et je marque autant que les autres années.

 Alors qu'est-ce qui a changé ?

Quand il faut défendre. En attaque, on a énormément de libertés pour se déplacer n'importe où, mais en défense, il y a un minimum requis auquel chacun d'entre nous doit se soumettre.

Mais on court pas beaucoup au Barça...

C'est l'impression qu'on en a de l'extérieur. Si Leo [Messi], le meilleur joueur du monde, revient régulièrement en défense pour récupérer un ballon, ça veut tout dire. C'est une fausse impression qui vient du fait qu'on s'aide les uns les autres pour reprendre la balle. Le jour où on arrêtera de courir sera le jour où on sera plus faibles, à cause des exigences très élevées qu'on s'est imposés. Mais est-ce que ce jour viendra ? Certainement pas.

Par ailleurs, votre entente avec Messi a été instantanée.

Avant même de venir ici, j'avais déjà dit qu'il était le meilleur du monde. Maintenant, je le dis encore plus. Et il est tellement obsédé à l'idée de s'améliorer chaque jour. Il regarde toujours devant, ce qui fait de lui un joueur encore meilleur. Je n'ai jamais vu quelqu'un jouer comme lui : contrôle, vitesse, tir, dribble... souvent, les autres essayent de le bousculer, et ils n'arrivent même pas à le toucher.


Source: Total Barça

Posté par Wedge
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