Array Montoya a-t-il le niveau pour remplacer Dani Alves ? - FC Barcelona Clan

En Une | Dani Alvés | mercredi 12 juin 2013 à 18:03  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Promu en équipe première l'été dernier, Martin Montoya a bouclé contre Malaga sa première saison en tant que joueur du Barça A. Très peu utilisé, le latéral espagnol a souvent déçu, tant offensivement que défensivement. Alors la question se pose : à terme, peut-il remplacer Dani Alves ?

La saison 2012-13 du Barça a été marquée par un final très compliqué. Au printemps, les Catalans se sont presque toujours inclinés dans les rendez-vous importants. L'une des principales raisons avancées par la presse, les supporters et mêmes les joueurs est la fatigue et le manque de fraîcheur physique du groupe dans ces moments-clés. « Nous ne sommes pas arrivés dans notre meilleure forme pour ces matchs surtout en défense », avouait Xavi après l'élimination en Ligue des Champions, s'il est difficilement envisageable que Xavi critique directement le staff, les rotations n'ont semble-t-il pas été suffisantes. C'est notamment le cas en défense. Puyol a dû déclarer forfait pour le reste de la saison dès avril, Marc Bartra a dû jouer contre le Bayern Munich avec très peu de matchs dans les jambes et Martin Montoya n'a joué entre le 1er janvier et le 6 avril que trois matchs !

Ce faible temps de jeu (1593 minutes toutes compétitions confondues cette saison) est synonyme d'absence de continuité et donc, fatalement, de rythme. Pour un jeune joueur, c'est d'autant plus difficile puisque sans jouer il est difficile de progresser. « Les premières années sont toujours difficiles pour les jeunes joueurs », tempère Montoya dans un entretien avec la SER. « Cette saison nous avons eu un gros effectif, et avec les meilleurs joueurs du monde c'est difficile de se faire une place dans le onze », souligne-t-il avant de conclure sur ce thème : « nous, les jeunes, avons joué pas mal de minutes ». Pour Montoya, la situation est d'autant plus difficile qu'il est le remplaçant de l'infatigable Dani Alves. Le Brésilien a un statut qu'il est difficile de remettre en cause et sauf blessure, son absence du onze de départ constituait toujours un petit évènement. De plus, Adriano est lui aussi capable de jouer à ce poste et Tito Vilanova ne s'en est pas privé. Dans ce contexte, Montoya a parfois (souvent) dû jouer comme arrière gauche pour passer du temps sur la pelouse. À vrai dire, lors de ses onze titularisations (Liga et Ligue des Champions uniquement), il a occupé le flanc droit six fois et le flanc gauche cinq fois. Difficile d'être performant à 22 ans lorsqu'on est baladé pour ses premiers matchs en équipe première.

Un concurrent beaucoup trop fort ?

Toutefois, en début de saison, il a profité des absences de Dani Alves pour enchaîner quelques matchs au poste d'arrière droit. « En début de saison j'ai joué beaucoup plus », se souvient le joueur qui a disputé neuf de ses dix-sept matchs (Liga et Ligue des Champions) à cette de début octobre à mi-décembre. Cependant, malgré des prestations prometteuses, il doit laisser sa place à Dani Alves et depuis observer les performances du numéro 2 depuis le banc. « Je suis content du nombre de matchs que j'ai joué, même si j'aurais évidemment préféré jouer plus. C'est la décision du mister », a expliqué Montoya. L'international espagnol U-21, qui indiquait il y a quelques mois vouloir apprendre de Dani Alves, a-t-il réellement le niveau pour concurrencer un joueur quinzième au Ballon d'Or 2007 et nominé aux éditions 2010 et 2011 ? 

Statistiquement, le canterano ne tient pas la route. En 30 matchs de Liga cette saison (26 titularisations), Dani Alves a délivré 6 passes décisives et créé 44 occasions de but. En comparaison, Montoya a disputé 15 rencontres (11 titularisations) pour 2 passes décisives et simplement 2 occasions créées mais a marqué un but ce que n'a pas fait Alves. Au niveau des tirs, la donne est la même, Alves tente 0.8 tir par match contre 0.2 pour Montoya. Daniel Alves est donc beaucoup plus offensif dans son jeu et a des qualités de créateur largement au-dessus de n'importe quel arrière droit classique. Si les deux joueurs mesurent la même taille, Montoya remporte plus de duels aériens que son homologue sud-américain : 48% contre 43% pour Dani Alves. En revanche, le Brésilien reste meilleur dans le secteur défensif, avec 2.8 tacles et 0.9 interceptions par match, il supplante le jeune Montoya (2 tacles et 1.4 interceptions par match) qui grâce à son positionnement plus bas parvient à couper plus souvent les lignes et donc intercepter plus de ballon. Enfin, un arrière latéral doit pouvoir centrer correctement et à ce jeu-là, Dani Alves a largement le dessus. Avec 166 tentatives dont 44 qui ont trouvé un coéquipier, le Brésilien se rapproche des meilleurs joueurs européens dans cette catégorie (les meilleurs centreurs tournent à 30% de réussite) bien qu'il joue avec des attaquants au gabarit peu avantageux. Pour sa part, Montoya n'a réussi que deux de ses 16 centres tentés.

Ce faible nombre s'explique principalement par le jeu de l'Espagnol. En effet, Montoya ne présente pas un profil aussi offensif que Dani Alves. Il s'aventure beaucoup moins dans les 30 derniers mètres adverses, tente moins de dribbles, de combinaisons... Si cela est compréhensible car les deux joueurs n'ont pas le même vécu, les mêmes complicités avec les actuels titulaires et la même liberté tactique, le comportement de Montoya en phase offensive pose tout de même des questions. Le poste et le rôle de Dani Alves au Barça ont été très importants ces dernières saisons : ses appels dans le dos des défenses perturbent systématiquement celles-ci. En outre lorsque l'ailier droit (Pedro ou Alexis) ouvre son couloir, Dani Alves se doit de longer la ligne de touche en attendant la passe d'un milieu de terrain.

Cette intelligence offensive, le jeune Montoya ne l'a pas encore et il en est conscient : « Dani et moi aimons beaucoup jouer vers l'avant [mais] personnellement, je dois encore m'améliorer tactiquement ». Cela se traduit évidemment sur la pelouse. Montoya ne prend pas assez le couloir et revient systématiquement vers son but. Il s'agit peut-être d'une consigne de Tito mais si ce n'est pas le cas, c'est problématique. L'apport de Dani Alves a été très important ces dernières années et si son remplaçant ne parvient pas à se projeter un minimum vers l'avant...

2014, date clef ?

Si les performances de Martin Montoya ont dans l'ensemble été moyennes voire décevantes, c'est à relativiser compte tenu du contexte de l'équipe et du fait que l'Espagnol jouait sa première saison à un tel niveau. Il a l'affirmé en début de saison, son objectif est « d'apprendre de [Dani Alves] pour à l'avenir occuper sa place ». On peut donc envisager qu'après une première saison à apprendre et observer, un été pour se préparer, le canterano opposera une plus grande concurrence à l'international brésilien. De là à le pousser sur le banc... mais il se pourrait bien qu'il gagne plus de minutes. À ce propos, Tito Vilanova a assuré que la saison prochaine « je ferais certaines choses différemment par rapport à cette saison », il est possible qu'il parle de la gestion de son groupe. Ne pas laisser certains joueurs sans compétition pendant des mois pour ainsi éviter de cramer les titulaires avant le printemps.

Suivi par l'Inter Milan et Liverpool notamment, Montoya aurait déjà fait son choix mais reste dans l'attente du club. « Ils ne m'ont rien dit mais j'ai un contrat jusqu'en 2014 », a-t-il rappelé. Dani Alves, lui, a un contrat jusqu'en 2015 mais n'a fermé la porte à aucun départ (même si le club compte sur lui pour la saison prochaine). La Coupe du Monde 2014 au Brésil pourrait marquer un tournant : Dani Alves aura 31 ans contre 23 pour Montoya.  « Ils ont dit qu'ils étaient satisfaits de moi et mon intention est de continuer ici. Je veux rester ici. Mais ça dépend du club ou de l'entraîneur, ce sont eux qui décident », a poursuivi le jeune latéral droit. À 22 ans, Montoya reste une solution d'avenir. En ce sens, son faible apport offensif (peut-être par peur d'ouvrir son couloir) pourrait être compensé par un meilleur travail défensif. En effet, avec l'arrivée de Jordi Alba, les cartes pourraient être redistribuées dans les couloirs et le côté gauche devenir le couloir fort du Barça (avec une association : Alba-Iniesta-Neymar) tandis que le couloir droit serait plus sûr défensivement, assurant un équilibre. Cette idée trouve écho dans la saison défensive du Barça qui fut catastrophique. Une chose est sûre, aujourd'hui Dani Alves est bien meilleur que Martin Montoya et il n'est pas dit qu'un jour l'Espagnol dépassera le Brésilien.


Source: FCBClan

Posté par jAX
Article lu 4231 fois