Interview | Xavi | jeudi 26 janvier 2006 à 13:55
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Un mois et demi après son intervention au genou, Xavi déborde d'énergie et n'a qu'un objectif : revenir avant la fin du processus de récupération initialement prévu...

26 ans, déjà ou seulement ?
Les années passent et tu ne t'en rends même pas compte. Quand tu es blessé,
tu as plus de temps pour t'arrêter à ce genre d'intérrogations, puisque tu
as plus de temps pour cogiter. Je fais donc le bilan de tout ce que j'ai
fait en 26 ans et je suis assez satisfait de moi. Tout ce que je désire dans
le foot, c'est de gagner plus de titres avec
le Barça,
parce que c'est tout ce qu'il me reste. Je me sens important dans l'équipe
et en sélection
et très apprécié de tous. Au moment de ma blessure, j'ai senti un soutien unanime
et ceci n'a pas de valeur. Je ne m'y attendais pas.
Vous vous sentez comme un vétéran
?
Non (rires) ! Je me considère comme un joueur qui a beaucoup mûri avec les années.
Au Barça à base de coups nous avons beaucoup mûri. Puyol, Gabri ou moi en avons
vu de toutes les couleurs et que tu le veuilles ou non tu mûris. Je me considère
comme un joueur expérimenté, au Barça. Mais malgré cela,
je ne me considère pas comme un vétéran dans le monde du foot ni dans la vie,
mais je suis un jeune homme plein de vitalité.
Quel voeux as-tu fait au moment de souffler les bougies?
Gagner les trois titres cette année et pouvoir aller au Mondial, et on verra ce qu'il se passe en Allemagne. Ce sera difficile.
Johan Cruyff dit que la Liga
est gagnée...
Il a raison. A l'heure actuelle, je ne crois pas que l'on puisse avoir un passage
à vide qui permette à nos adversaires de nous rattraper. Nous avons trouvé une
dynamique de victoires qui est brutale et nous ne pouvons pas la perdre. Dans
cette équipe, quels que soient les joueurs qui soient sur le terrain, on ne ressent
pas les absences. Le travail accompli jusque là est extraordinaire.
En Liga, le Barça a toutes les cartes en main...
C'est vrai. A présent nous n'avons aucun frein. Chaque joueur a un rendement
exceptionnel. L'entraîneur a su crée un bon climat dans le vestiaire, Txiki
a su acheter les joueurs qu'il fallait et le président parvient a maintenir
une politique cohérente qui porte ses fruits. Nous avons le "vent dans le dos".
Concernant ton rétablissement. Est-ce que les délais deviennent
plus courts?
C'est ce que me disent Emili (Ricart) et Ramon Cugat (docteur qui l'a opéré).
Ils me disent que le processus de rétablissement est irréprochable. Ils m'ont
permis de quitter les béquilles avant de ce qui était prévu, je me muscle convenablement,
je plie le genou convenablement... tout arrive avant l'heure, mais nous devons
être prudents.
Ce qu'il y a de bien c'est que je suis très serein car l'équipe tourne parfaitement malgré les absences.
Pourtant, il y a des personnes
qui disent que l'équipe
accuse votre absence.
Ce que je vois c'est que l'équipe est fantastique : on ne fait pas de cadeaux,
on crée beaucoup, on est sérieux devant, tout le monde travaille pour l'équipe.
On ne peut pas demander plus à cette équipe. Cela fait 18 victoires consécutives
et cela veut tout dire. Le plus facile est de parler de ceux qui n'y sont pas
et si quelque chose va mal, on se rappelle de moi, de Deco... C'est injuste.
Injuste pour Andrés Iniesta
par exemple ?
Andrés doit rester tranquille et on doit le laisser tranquille, car c'est un joueur fantastique et on peut pas le comparer à moi. Ce qu'on m'a fait faire avec Pep Guardiola, je ne le souhaite à personne. C'est Iniesta et il doit jouer à sa façon, il ne doit pas remplir la fonction de Xavi ni de personne, seule celle d'Iniesta.
Comment prenez-vous le fait d'être devenu un spectateur?
Il y a des moments je suis un peu jaloux. Je les vois entrain de prendre du
plaisir et ils ne cessent de remporter des victoires, mais pour moi aussi
c'est un succès car je fais part de cette équipe. Je les vois aux entraînements
entrain de rire, de faire des blagues et je me dis que je ferais tout ce
qui est en mon pouvoir pour être avec eux.
C'est ce qui vous manque le plus?
Oui. L'ambiance dans le vestiaire, les blagues, les voyages... Mais je peux
déjà aller aux rencontres et parfois aux vestiaires, mais ce n'est pas toujours
évident car je travaille tous les matins et les après-midis. Mais je reste
en contact permanent avec les autres joueurs.
Est-ce que Gabri qui est un ami d'enfance qui est passé par
les mêmes choses que toi aujourd'hui, te donne des conseils?
Son soutien est énorme. Il me dit toujours qu'à présent je suis sur la bonne
voie, mais qu'il faut que je fasse attention: une blessure c'est comme une course
en endurance. Quoiqu'il en soit je suis serein car je suis entre les meilleures
mains.
Serein et motivé?
Oui je suis très content de comment évoluent les choses. Je me sens soutenu
par ma famille, ma fiancée, qui m'aide beaucoup, ainsi que par mes amis...
Et Luis Aragonés ?
Hier - mardi - il m'a appellé. Il m'a dit "tu
viens c'est sûr". Il me fait énormément confiance, c'est un très bon point
d'appui. Penser que si je récupère j'irai au Mondial parce que lui me le dit,
c'est le plus bel objectif. Il y aura aussi la Champions en mai. Si seulement
on éliminait Chelsea et on arrivait en finale... ce serait phénoménal.
Pensez-vous que l'on en soit capables?
C'est possible. On est en huitièmes et l'équipe est capable de le faire.
Guardiola dit que cette équipe
gagnera plus d'une
Champions.
Je l'ai lu. Pep est une personne rationnelle et il a toute raison. Si
cette équipe est capable de gagner une Champions avec l'expérience que te donne
le succès, la confiance et le talent qu'il y a dans l'équipe... il n'y aura pas
de frein. Nous sommes dans une passe spectaculaire et nous devons en profiter.
Après un an de compétition,
quelles sont tes sensations
maintenant ?
C'est une sensation bizarre.
Mon objectif premier est de revenir sur le terrain au plus vite et je fais le
nécessaire pour y parvenir. Ma vie a changé avec cette blessure, mais j'essaie
de positiver. Je suis de ceux qui voient toujours la bouteille à moitié pleine.
C'est pourquoi j'en profite pour renforcer ma musculature et repartir comme si
de rien n'était pour huit longues années.
Qu'est-ce qui a été le pire
?
La douleur. La douleur de l'opération, des jours suivants. Ne pas pouvoir poser
la jambe, sentir comme si tu avais un fer . Je ne pensais que cela pouvait m'arriver.
Ne j'avais jamais rien eu, pas même une entorse... Au moment où ça a lâché j'ai
senti comme si j'avais du feu dans le corps.
Mais une fois le cap des deux premières semaines, tout a commencé à s'amméliorer.
Que penses-tu du fait que l'on pressente Henry au Barça?
Ce serait incroyable, c'est un joueur spectaculaire. S'il vient, il renforcerait
l'équipe et les gens auraient encore plus d'illusion. En tant que supporter
culé et en tant que joueur, je suis enthousiasmé par le fait qu'il puisse
venir. Je serais ravi! C'est exceptionnel pour un passeur comme moi, de pouvoir
jouer avec des joueurs comme Thierry.
Source: Sport
Posté par barceloneman
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