Article | Victor Valdés | vendredi 12 janvier 2007 à 22:17  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Dimanche, il fêtera ses 25 ans, parmi lesquels 12 ans et demi au Barça. La moitié d'une vie dédiée aux couleurs azulgrana...


Victor Valdes, gardien titulaire du FC BarceloneJosep Lluis Nuñez et Udo Lattek avaient voyagé à Alger pour recruter Toninho Cerezo, qui devait remplacer Bernd Schuster, blessé. Le président et l’entraîneur avait écarté l'opération en le voyant en action pendant une rencontre amicale dans la capitale algérienne : le Brésilien était en dessous de sa forme et le Barça était intéressé par un renfort qui puisse remplacer l'Allemand dès le premier jour. Ce même jour, Victor Valdes naissait à l'Hôpital de la Croix Rouge de L’Hospitalet de Llobregat, un endroit situé à moins d'un kilomètre de distance du Camp Nou. Cette ‘recrue’ allait finalement triompher comme azulgrana.

La trajectoire de Victor Valdes, qui fêtera ce dimanche ses 25 ans, a été marquée par la précocité. Il est devenu le gardien de but le plus jeune à se consolider dans les buts du Camp Nou et le plus jeune joueur à être entré à La Masia. Valdes a toujours devancé les standards.

Il a intégré ce centre des promesses à 10 ans, 7 mois et 15 jours (le 29 août 1992). Jusqu'à il y en a peu, personne ne s'était approché de cette marque. Bacary Mendez, Sénégalais originaire d'Almeria qui fait partie de l'Infantil, est arrivé en 2004 à 10 ans, 11 mois et 20 jours. Il a été tout près mais n'a pas fait mieux que Valdes, qui est toujours le plus jeune de l'histoire.

Le gardien catalan bat également des pensionnaires illustres de La Masia comme Guillermo Amor (12) ou Pep Guardiola (13 ans) ou d’autres également très précoces comme Jofre Mateu (13), Pepe Reina (13), Marc Martinez (12), Diong Mendy (12), Andres Iniesta (12) Lluis Sastre (12) ou Jorge Troiteiro (12).

Sur le point de célébrer ses 25 ans, Victor a vécu la moitié de sa vie au FC Barcelone. Un record dont très peu de joueurs de l’effectif de Rijkaard peuvent se vanter. On pourrait comprendre que Valdes est au Barça depuis 15 ans (de 10 à 25 ans) mais il n'en est pas ainsi car pendant deux ans et un demi il s'est éloigné du club.

Il est arrivé à La Masia originaire de la penya Cinco Copas, où il y a joué les saisons 90-91 et 91-92. Ce furent Oriol Tort et Joan Martinez Vilaseca qui le recrutèrent après l'avoir vu en action avec l'équipe de la penya.

Arriver si jeune à La Masia, son caractère introverti a fini par être un handicap les premiers mois. 3 ans plus jeune que le second résidant le moins âgé, Valdes a énormément regretté ses parents, qui étaient partis vivre à Los Cristianos (Tenerife, Iles Canaries), et a dû tout annuler quelques mois plus tard. Le 1er décembre 1992, Carlos Naval lui concédait le départ du club, à sa demande.

Valdes est retourné avec ses parents, avec qui il est resté deux ans et un demi, jusqu'à ce qu'il soit prêt à affronter de nouveau le défi de La Masia. Le 21 août 1995, le retour a eu lieu. Victor était prêt, il l'avait communiqué à son père et celui-ci en a discuté avec Tort pour planifier son retour. Valdes a intégré pour la deuxième fois La Masia le 21 août 1995, à 13 ans.



Un parcours avec Pepe Reina


À cet âge-là il a commencé son parcours avec Pepe Reina, du même âge que lui. "C'était un réel problème d’avoir deux joueurs avec autant de qualité de la même génération", assure Joan Vila, un des entraîneurs.

"Ils étaient toujours dans la même équipe et il était très compliqué de choisir un titulaire et un remplaçant. Finalement nous avons décidé d’un changement toutes les deux rencontres", explique cet entraîneur.

Jordi Castel était l'entraîneur des gardiens de but de la cantera et certifie la concurrence entre Reina et Valdés. "Leur engagement aux entraînements était total. C’étaient et ce sont, des joueurs avec un esprit, une mentalité et compétitifs : les deux voulaient toujours jouer. Si Reina est monté avant en équipe première, ce fut grâce aux circonstances, parce qu'alors Pepe traversait peut-être son meilleur moment, mais le temps s'est chargé de mettre les deux en première ligne mondiale", indique Castel. "A ce moment là, leur concurrence pouvait être un problème mais elle a fini par être bénéfique aux deux. Avoir quelqu'un de si bon à côté de soi était un stimulant pour ne pas s'endormir sur ses lauriers", assure Joan Martinez Vilaseca.

"Ce fût un plaisir de travailler avec eux, ils s'efforçaient pour s’améliorer", se souvient Jordi Castel qui valorise l'attitude que tant Reina comme Valdes avaient avec le travail. "Le meilleur de Valdes était son envie de triompher, de croire qu’il pouvait y arriver. A ses qualités s’ajoute un caractère idéal pour garder les buts d’une équipe comme le Barça. Il est passé par des moments délicats, il a reçu des critiques pour quelques erreurs commises, et il a toujours su supporter la pression, à maintenir son calme. Il s’est créé une cuirasse pour se protéger et continuer à être le même la rencontre suivante. Ceci provoque une image fausse de lui. Il devient fort dans l’adversité", indique Castel, que Valdes considère comme son véritable formateur.

Comme n'importe quel autre garçon de La Masia, Valdes soupirait pour vivre ce qu'il vit à présent. Jouer rencontre après rencontre au Camp Nou, un stade dans lequel il a même dormi pendant plusieurs années de sa vie. A La Masia, Valdes vivait dans une des chambres communes. Avec l'agrandissement de l'enceinte, Valdes est passé au sein même du Camp Nou, à l'entrée de la porte 78. "Alors nous avions des chambres pour 3 et nous avons gagné en intimité". Et il a commencé à écouter le silence du Camp Nou.

“J'ai donné une partie de ma vie au Barça et en échange, j'ai tout reçu”


Valdés a misé sur le courage lorsqu'il a décidé de revenir à La Masia à un si jeune âge. A présent, avec le fil du temps, il valorise positivement cette décision : “J'ai donné toute mon enfance et une partie de ma vie au FC Barcelone et en échange j'ai reçu une bonne formation scolaire et personnelle ainsi que l'opportunité la plus grande que puisse avoir un jeune : devenir joueur de l'équipe première du FC Barcelone. Ça en a valu la peine”, indique le gardien malgré que tous ses moments azulgrana n'aient pas été heureux. Il a passé une mauvaise passe à 10 ans. “En arrivant, j'avais 3 ans d'écart avec le plus jeune. Je me sentais seul. De la Peña et Celades tentaient de me remonter le moral mais il n'y avait pas moyen. J'ai dit ça suffit, et je suis rentré avec mes parents. Je me suis préparé exclusivement pendant 2 ans pour retourner au Barça”, rappelle-t-il. Dès lors, il a vécu des déceptions sportives et certaines au niveau personnel comme la disparition de son grand-père Ezequiel. Il a aussi vécu de grands moments, de très grands moments comme les sensations “à Paris, lorsque nous avons gagné la Champions League. Ce fût mes meilleurs moments depuis que je suis arrivé au club”.



Source: Sport

Posté par marco93fcb
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