Array Un joueur à la loupe : Villa en finale de Copa - FC Barcelona Clan

Article | David Villa | samedi 23 avril 2011 à 14:07  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Deuxième Clasico du « Tourmalet » d'avril, et surtout finale de la Copa del Rey 2011. Le joueur à la loupe n'est autre que notre attaquant David Villa. Muet depuis une dizaine de matchs, et maladroit en championnat la semaine passée, a-t-il su faire la différence cette fois-ci ?

David Villa est un buteur, et pourtant David Villa ne marque plus. Dix matchs, dix matchs qu'il n'a plus vu son nom inscrit au tableau d'affichage. L'épuisement physique semble être la seule explication à ce naufrage statistique (il en est tout de même à 20 buts inscrits cette saison, toutes compétitions confondues). David n'est plus « La Maravilla » (la merveille), et on se demande encore s'il est toujours « El Guaje » (le gamin) tant l'énergie semble lui faire défaut. Sa dernière prestation le week-end dernier au Bernabeu n'avait pas été convaincante du tout, avec un jeu brouillon et des frappes hors sujet. Il avait toutefois amené le pénalty qui a permis au Barça de marquer. Rebelote donc cette semaine, avec un autre match, une autre compétition, mais le même adversaire. Est-ce que Villa va réussir à percer la défense du Real Madrid cette fois-ci ?

David Villa en chiffres cette saison :

  • Liga : 31 apparitions (29 titularisations, 14 sorties, 3 jaunes, 1 rouge). 2 fois réserviste. 2536 minutes jouées. 17 buts.
  • Coupe : 6 apparitions (5 titularisations, 4 sorties). 2 fois réserviste. 426 minutes jouées.
  • Ligue des champions : 9 apparitions (9 titularisations, 9 sorties). 695 minutes jouées. 3 buts.

 

Analyse et commentaires

En première mi-temps, David Villa entame la rencontre tambour battant (au regard de ses dernières performances), il décroche, et exploite sa puissance physique pour se démener entre les lignes défensives madrilènes. Mais, comme souvent en cette fin de saison, il baisse assez rapidement de niveau, et montre des signes de fébrilité. Il n'exploite pas ses ballons, fait des appels aussi mauvais que prévisibles. À sa décharge, c'est toute l'équipe du Barça qui joue à côté de ses pompes en première période. Côté positionnement, Villa a joué à gauche, en recevant le soutien (certes limité) d'Adriano. Il a aussi permuté à droite avec Pedro, ce qui n'a fait que mettre encore plus en évidence ses lacunes dans le jeu. Il n'a pas vraiment défendu, lors de cette première mi-temps.

En seconde période, la physionomie du match change du tout au tout : Madrid est essoufflé et ne peut maintenir son pressing étouffant. Le Barça émerge alors et déroule son jeu habituel : c'est dans ce temps fort qu'il est indispensable aux Blaugranas de marquer. Cependant, si Xaviniesta retrouve de sa superbe, si Alves et Adriano apportent leur contribution offensive, si Lionel Messi régale toute l'assistance, David Villa, lui, reste invisible. « El Guaje » offre un florilège de passes ratées, de ballons mal négociés, et se montre inefficace dans le pressing. Son replacement dans l'axe, qui reste son poste de prédilection, n'a rien changé à l'affaire. Il sort finalement tardivement lors des prolongations, remplacé par Afellay.

En fin de compte, on est de plus en plus déçus de ce joueur, lui qui avait offert une belle prestation lors de la manita de novembre, déjà si loin. David Villa n'a pas d'excuse : il a été incapable de se montrer décisif, ou ne serait-ce que véritablement dangereux. Le constat est encore plus criant en comparant sa prestation à celle d'un Pedro, en manque de rythme depuis sa pubalgie mais qui a su proposer de bonnes choses. On le pensait avoir touché le fond lors du dernier Clasico, force est de constater que ce n'était pas encore le cas ; lors de cette finale, ses appels ont manqué d'intérêt, et ceux qui ont été bons n'ont de toute façon débouché sur rien de concret.

Vidéo

Dès le début du match, une action symptomatique : Villa récupère intelligemment le ballon... pour se le faire chiper aussitôt (minutage vidéo : 0:20). Il est cependant plein de volonté en ce début de première mi-temps : un sprint sur un dégagement de Xavi, où il va au duel avec Ramos (0:41), avec qui (ce ne sera pas le seul), il se prend déjà le bec. Villa est aussi victime de son deuxième meilleur « ami », Alvaro Arbeloa, qui lui met des coups en traître gratuitement à l'insu de l'arbitre (1:06). Cette franche camaraderie se concrétise encore plus tard, lorsque Ramos et Arbeloa se mettent à deux pour relever Villa de force (1:57). Voilà un élément à mettre à la décharge du Guaje : il a beaucoup été provoqué (encore une faute d'Arbeloa à 2:10). À 1:10, il demande le ballon à Iniesta, ce qui a pour effet de créer un boulevard derrière lui ; étrangement, Alves ne plonge pas dans l'espace. Encore une autre action (2:19) où il creuse un Grand Canyon dans l'axe grâce à un appel. El Guaje a évidemment sa part de contrôles ratés (1:21, 2:35) et de hors-jeu dont il est coutumier (1:35). Comme un paradoxe, il réussit quelques beaux gestes, comme ce contrôle orienté qui met Alonso dans le vent (2:49), ou cette magnifique déviation pour Iniesta qui filait au but, s'il n'était l'intervention malveillante d'Arbeloa (3:24).

Mais... côté lucidité, on repassera, en atteste cette action (3:10) où, servi dans la profondeur par Piqué, il choisit de centrer... pour un Messi entouré par quatre madrilènes. Un peu plus tard, il ruine une contre-attaque à lui tout seul en remisant d'une pichenette compliquée pour Iniesta (3:56). Encore un peu plus tard (4:15), il plonge balle au pied côté gauche, mais, là où un joueur lucide aurait crocheté pour se mettre sur son pied droit et centrer, David Villa préfère tirer dans le petit filet de Casillas. Xavi lui-même, idéalement placé aux six mètres, ne peut masquer sa déception ; sans parler de Messi qui était seul au monde au second poteau et qui préfère ne pas chercher à comprendre. Toutes ces actions révèlent un incroyable gâchis, qui ne peut s'expliquer que par le déficit physique du joueur. Il a notamment semblé incapable de remporter un duel (4:44, 4:49, 4:53, 5:02). Son pire fait d'armes restera cette reprise de volée manquée, qu'un joueur en forme et en confiance aurait marquée (au moins cadrée) neuf fois sur dix (5:08). On lui accordera cependant sa volonté à faire des appels créateurs d'espaces, tout le long du match, jusqu'à la 90e minute (5:16). On lui accordera aussi sa capacité à être hors-jeu, tout le long du match, jusqu'à la 90e minute (5:22) . Ou à jouer faux dans les prolongations alors que l'erreur n'est plus permise (6:10). Pour conclure, une tête pas dangereuse qui reste son seul « tir cadré » du match (6:15).

Voir la vidéo : youtube - megaupload

 

Statistiques

  • Général 
    • Ballons touchés : 21
    • Ballons récupérés : 2
    • Ballons perdus : 8
    • Corners provoqués : 3
    • Corners concédés : 0
    • Duels gagnés : 2
    • Duels perdus : 7
    • Temps de jeu : 106 min
  • Passes 
    • Passes tentées : 10
    • Passes réussies : 5
    • Passes dangereuses : 1
    • Passes décisives : 0
  • Tirs 
    • Tirs : 2
    • Tirs cadrés : 1
    • Tirs sur les montants : 0
    • Buts : 0
  • Fautes 
    • Fautes reçues : 2
    • Fautes commises : 1
    • Hors-jeu : 3
    • Cartons jaunes reçus : 0
    • Cartons jaunes provoqués : 0

Note du joueur

  • barcamundial..... 2 / 10 « Juste désolant. »
  • jAX..................... 4 / 10 « À trop vouloir marquer, il a fait déjouer ses partenaires. Qu'il se reprenne. »
  • Ronaldo97......... 3,5 / 10 « Pratiquement aucune occasion, très déçu par sa prestation. »
  • Wedge................ 1 / 10 « Note de présence. En vérité, il n'a plus le niveau. »
  • Moyenne...........  2,6 / 10

 

Texte :  barcamundial, Wedge
Vidéo : jAX
Statistiques : Ronaldo97, Wedge

 


Source: FCBClan

Posté par Wedge
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