Article | Cruyff | lundi 2 février 2009 à 21:32  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

L'équipe de Guardiola est arrivée en février avec les devoirs plus que bien faits. Et Pep sait que les rotations sont la clé pour que les forces ne flanchent pas quand arriveront les examens finaux.

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Février a été atteint avec tout à portée de main. Leader dans la Liga avec une autorité énorme, qualifié pour les ½ finales en Copa del Rey et pour les 1/8èmes de la Champions League.

À une grande équipe comme le Barça c’est précisément ceci que je demande. Qu’elle continue à l'heure actuelle à aspirer à tous les trophées, pas qu’elle gagne toutes les rencontres, de plus avec des goleadas. Cela est une pression supplémentaire qui, au lieu seulement de s’ajouter, reste ensuite.

Parce qu'au final, elle conditionne aussi bien le rendement individuel que collectif.

Parce qu'à la fin ce qui compte c’est de passer le tour dans les tournois à élimination et d’engranger les 3 points dans ceux où c’est la régularité qui prime. Toujours en essayant d'être fidèle au style qui t'identifie et qui te rend plus fort quand tu l'appliques correctement.


Février a été atteint avec une seule blessure de longue durée qui remonte à la saison dernière (Milito), mais avec la fatigue d'avoir déjà disputé davantage de parties de Liga (21) qu’il n’en reste (17). Même chose en Copa (6 contre 2+1 si tu arrives en finale) et avec 8 parties disputées en Champions League si on compte celles minimales contre Lyon auxquelles pourraient au maximum s’en ajouter 5 de plus si le Barça arrive en finale de la compétition. Tout ceci l’année qui suit le championnat d’Europe des nations.

 

Pas toujours des goleada

Pourquoi ce rappel de matchs joués/restant à jouer ? Parce qu'il est absurde de demander à une équipe de toujours gagner par une goleada, sans tenir compte du rival, de son classement ou de son état de forme supposé.

De plus, une petite équipe relève généralement son niveau de jeu devant une équipe plus forte parce qu'elle n'a rien à perdre et joue avec moins de pression et moins de nerfs. C'est pourquoi le Barça n'a pas mis trois buts à l'Espanyol à l’aller de la Copa del rey, ni même 6 lors du retour.

Dans le football, beaucoup d’aspects interviennent, ce qui est tactique (comment je me situe), la technique (quelles ressources j'ai, avec et sans ballon), ce qui est physique (comment je suis ou cesse d'être) et ce qui est mental. Ce dernier aspect est précisément ce qui marque la différence dans beaucoup de matchs.


Comment expliquer qu'un mauvais Espanyol a failli éliminer un superbe Barça ?

Parce que c'est un derby et parce que, quand tu es donné pour mort, tu retrouves ta fierté et ton calme et, comme par magie, ta concentration est toute autre.

Je ne me réfère pas à courir un peu ou beaucoup plus –ce n'est pas de l’athlétisme--, mais courir avec davantage de sens dans ce qui est collectif. Lorsqu’il y a un manque de confiance, les ballons perdus finissent toujours dans les pieds de l'adversaire. S'il y a de la confiance, même ponctuelle, ce même ballon va aux pieds d'un compagnon. Parce ce qu’il est plus attentif à où peut aller le ballon. Et s'il ne le contrôle pas totalement, il sera toujours suffisamment près pour couper le rythme du match, avec une simple faute.

Éliminé au bout du compte, l’Espanyol peut-il jouer avec la même intensité face à ses rivaux en Liga ?

C’est très difficile. D'entrée, une courte compétition n’a rien à voir avec une autre qui dure 10 mois. Ta prestation sera toujours plus élevée quand tu sais qu'ou bien tu passes ou tu te retrouves éliminé.

D’autant plus si tu es un petit qui joue contre un grand. Ce n’est pas non plus la même chose de rester derrière en attendant la perte de ballon de l’adversaire afin de partir en contre.

Ici entre à nouveau en jeu ce qui est mental. Dans ce cas, l'obligation de gagner a pour effet de retirer de la fraîcheur et de t’inhiber. La pression de devoir gagner a pour effet de te noyer dans une rencontre qui paraissait gagnée d’avance, comme celle d'hier pour l’Espanyol.

 

Dominer la tête

Le Barça est dans l'extrémité inverse. Par son classement et ses grands espoirs, jouer avec excès de confiance peut aussi dérégler la machine.

Les grandes lignes sont d’avoir une bonne technique, de bons déplacements et de ne pas tomber dans l’excès physique, et ton concept de base : le rythme du ballon et le positionnement. Or, ce qui est tactique, technique et physique dépendent en dernière mesure d'un quatrième facteur à dominer : la tête.

Bien placé et le ballon toujours en mouvement tu domineras plus et tu courras moins.

Cela peut paraître contradictoire mais tu te fatigues beaucoup plus en perdant le ballon proche du but adverse en devant reculer de 50 mètres pour le récupérer à nouveau que ne pas jouer près du camps rival, et devoir courir uniquement 5 ou 10 mètres vers l'avant. Avec tout ce qui a été joué jusqu’à maintenant et ce qu’il reste à jouer, je comprends que Guardiola maintienne sa  politique de rotations. Parce que s'ils sont comme ils sont et sont où ils sont, c’est aussi pour cette raison. Messi contre l'Espanyol n'était pas très frais parce qu'il courait trop et hier par contre, quand il est entré, il a été déterminant. Aussi bon que tu sois, si tu joues toutes les minutes de toutes les rencontres tu finiras cramé. Il faut donc mettre le frein à main et ne pas tout jouer.

L’Espanyol éliminé, se pose à présent la question de savoir qui doit jouer ou non la finale de la Copa.

Aucune finale n'a d’intérêt si tu ne gagnes pas la demi-finale. Ne pensez pas au futur, seulement à aujourd'hui.


Source: Las claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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