Opinion | Cruyff | mardi 17 février 2009 à 01:48  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Les sélections nationales sont un exemple magnifique d'union entre des joueurs de football qui, dans leur championnat, sont rivaux. Mais au milieu de la crise, les hommes politiques et les banques sont eux incapables de faire front ensemble de la même façon.

st1:*{behavior:url(#ieooui) }

 

st1:*{behavior:url(#ieooui) }

La semaine passée, un grand nombre de rencontres entre sélections nationales a eu lieu. Dans l'équipe nationale de chaque pays, tous les joueurs de football qui chaque semaine se retrouvent face à face en championnat avec leur club s’unissent pour ne faire qu’un. L'Espagne, l'Angleterre, l'Argentine ou la France. Ils portent le même maillot, représentent le même pays. Quand ces joueurs portent le maillot de leur sélection, au-delà du style de chacun, tous marchent unis pour la même cause. C’est ce qui rend le sport si beau.

Au niveau des clubs il y a toujours un match et un rival. Quand tu joues pour l'équipe nationale, la rivalité quotidienne disparaît pour mettre en avant un objectif commun.

 

Où veux-je en venir ? Précisément au fait que cette mentalité de sportif est celle qui devrait régner dans tous les secteurs en ces temps de crise. Je constate avec stupeur comment les deux grands partis politiques de ce pays sont incapables de travailler ensemble, de faire front commun pour prendre des mesures à ce sujet. Et toujours avec la même stupeur, je constate comment les banques ne font pas non plus de pas en avant parce qu'elles ne se soucient de rien ni de personne. Je vois beaucoup de gros titres, beaucoup de nouvelles sur un tel ou  ce scandale de corruption politique, mais cela ne fait seulement que nous distraire et nous éloigner de ce qui est réellement important : à savoir, comment alléger une crise qui affecte une majorité de personnes.

 

Se battre entre eux

Que font ceux qui commandent et ceux qui veulent commander ? Ils se battent entre eux, et même si je trouve ça scandaleux, ce n’est en rien comparable à ce qui est vraiment important.

En exagérant, c’est un peu comme si l'un avait un cancer et l'autre une grippe. Aussi fort que tu sois, tant que tu fais de la fièvre, cela ne restera toujours qu’une grippe ennuyeuse. L'autre indisposition est elle beaucoup plus grave.

 

Ma pensée est simple. Les gouvernements financent tout avec l'argent des gens. L'argent des banques c’est aussi celui des gens. Et ils font comme ils l’entendent, sans tenir compte de nous.

Imaginons un instant que nous les plantions. Que nous cessions de les payer, ainsi que la sécurité sociale et/ou nos impôts. Imaginons un instant que nous retirions notre argent des banques et la mettions sous nos oreillers. S'ils n'aident pas, nous non plus.

La vérité est que nous pouvons difficilement aller dans ce sens par manque de liberté.

Puisque qu'ils font front commun, les hommes politiques doivent se mettre à travailler ensemble pour sortir de cette situation délicate, de même que les banques doivent commencer à faciliter les crédits qu'elles se refusent à donner. En définitive, et en termes sportifs, qu'on porte tous le même maillot, celui de son pays, et qu’on fasse en sorte de gagner cette rencontre.

 

Rien n’est jamais gagné

En ce qui concerne les résultats de ce week-end du Barça et de Madrid, la différence de points entre le premier et le deuxième est passée de 12 à 10 points.

Que les madrilènes aient diminué leur écart au classement signifie simplement ce que l’on sait déjà ou ce qu’il faudrait savoir. Que rien n'est jamais gagné à l’avance, que tout relâchement a un coût, malgré les éloges que tu peux recevoir, et qu’il y a le vestiaire du Real Madrid d'un côté et le club, de l'autre.

 

Celui qui ne veut retenir que les huit victoires consécutives du Real pour être optimiste peut le faire. Si on restreint ce duel aux chiffres, le Barça l’emporte par une goleada.

Mais il y a ce que disent les statistiques d’un côté et ce que les équipes expriment de l’autre. Même si les merengues ont finalement gagné une rencontre par une goleada (au Sporting), je donnerai  plus de valeur à comment le Barça n'a pas perdu un match dans lequel il a été mené 2-0, lors de son affrontement contre le Betis.

 

Les changements ont affecté l’équipe et ont montré qu'il est difficile pour le Barça d'entrer dans une rencontre après le voyage de plusieurs de ses joueurs avec leurs sélections, et ce n'est pas un hasard. Tous les changements affectent. Revenir à la routine coûte. Et la routine du Barça n'est rien d’autre que de posséder la balle, la déplacer rapidement et essayer de jouer le maximum de temps possible dans le camps adverse.

Bien que n’étant pas parfait dans de nombreux domaines, le Barça a réussi à se procurer plus de 15 occasions de buts et à passer la moitié du temps dans le camps adverse lors de la seconde mi-temps. Que chacun fasse la liste des équipes capables de faire la même chose, et cela sans jouer son meilleur match de la saison.

Les gardiens adverses jouent aussi. Et le tien, aussi. Valdés n'a rien pu faire sur les deux buts du Betis parce qu’il ne s’agissait pas d’occasions franches. Toutefois, il a été décisif lors de deux occasions beaucoup plus claires -2 face à face avec un attaquant adverse, ce dernier étant toujours avantagé dans ce genre d’action- que s’est procuré le Betis lors de la seconde mi-temps. Une grande attaque, sans aucun doute, mais un grand Valdés également. On a demandé au gardien du Barça de se comporter en gardien du Barça. Avec tous ses coéquipiers en attaque- d'abord, parce que l'équipe perdait et qu’il fallait donc revenir à la marque- l'adversaire aura toujours une ou deux occasions franches de but. Et ce sont celles là que tu dois sauver.

Source: Las claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
Article lu 9385 fois