En Une | Champion's League | mercredi 24 février 2010 à 00:08  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

En ramenant le nul de Stuttgart, Barcelone est en situation favorable pour se qualifier au retour, notamment grâce au but marqué à l'extérieur. Néanmoins, cela ne masque pas les nombreuses lacunes dont ont fait preuve les catalans...


Stuttgart 1 - 1 Barcelone Février 2010

La dernière opposition entre les catalans et l'équipe de Stuttgart ne remontait pas plus loin qu'à deux saisons, époque correspondant à la dernière année sur le banc de Frank Rijkaard, et où les allemands avaient été défaits par deux fois lors des phases de poules.

Dans un contexte aujourd'hui différent, le Barça tenant du titre avait pour objectif de s'imposer dès le premier match à l'extérieur de manière à recevoir son opposant dans des conditions confortables lors du prochain match. Pour ce faire, Guardiola alignait la meilleure équipe possible compte tenu de l'absence de Daniel Alvés. Une asbence qui impliquait le décalage de Puyol à droite et la présence de Rafael Márquez dans l'axe pour accompagner Piqué. Maxwell complétait cette défense finalement bien armée en théorie, devant l'inamovible Victor Valdés bien entendu. Au milieu, Yaya Touré bénéficiait de l'absence de Keita pour être choisi par Guardiola et jouer aux côtés de avi et Sergio Busquets. Devant, le trio Messi - Ibrahimovic - Iniesta prenait place. Une configuration "milieu / attaque" qui ressemblait fortement à celle la plus souvent utilisée lors de la première partie de saison, si l'on excepte donc l'absence de Keita remplacé par Yaya Touré.

 

Du côté de Stuttgart, on retrouvait l'ancien Blaugrana Aliaksandr Hleb, prêté chez les allemands, mais également des joueurs tels que Lehmann, Cacau, ou encore Pogrebnyak et le français Delpierre. De quoi offrir une opposition sérieuse à un Barça qui, s'il est bien engagé dans la course au titre national et toujours favori en Ligue des Champions, n'inspire pas la même sérénité et le même sentiment de toute puissance que la saison dernière.

 

Sergio Busquets, Stuttgart - Barcelone, Février 2010

 

Les faits et le jeu

Le début de match était caractérisé par l'excellent pressing des allemands qui empêchait toute relance construite des hommes de Guardiola. Piqué se voyait donc régulièrement contraint d'essayer de sauter les lignes en jouant plus long. Au milieu de terrain, le jeu était très brouillon et d'étonnantes lacunes techniques se faisaient ressentir dans les contrôles et dans les passes, sans qu'aucun joueur n'échappe réellement à ce constat. Sergio Busquets et Piqué se distinguaient cependant avec quelques bonnes récupérations. Au bout de vingt minutes de jeu, ni l'une ni l'autre équipe ne s'était encore procurées d'occasion, et il n'y avait pas grand chose de positif à retenir de cette opposition, pour ne pas dire rien du tout. Le match manquait d'éclairs. Les deux rideaux défensifs ne laissaient rien passer, et le baromètre de l'inspiration était à zéro des deux côtés. Seul un exploit individuel semblait pouvoir faire sortir ce match vide d'intérêt de son néant collectif.

 

Cependant, à la vingt-deuxième minute, il allait finalement commencer à gagner en intensité. Márquez recevait un carton jaune sévère pour être arrivé en retard sur son adversaire. Le coup-franc excentré ne donnait rien mais trois minutes plus tard, après un merveilleux centre côté droit que n'aurait pas renié Daniel Alvés, Cacau ouvrait le score d'une tête rageuse. Un magnifique but qui mettait Barcelone dans une situation inconfortable. Pourtant, ce dernier a souvent brillamment réagi lors de matchs où il attendait d'être mené avant de passer aux choses sérieuses. Mais ce soir, il n'en était rien. C'est Stuttgart qui était mis sur orbite grâce à ce but. Les allemands n'étaient d'ailleurs pas loins d'obtenir un penalty après une main de Piqué que l'arbitre jugeait comme involontaire. À la trente-deuxième minute, Cacau, encore lui, obtenait une nouvelle occasion après avoir expulsé Márquez et s'être approché du but de Valdés. Deux minute plus tard, Cacau, toujours lui, se présentait face à Valdés mais le portier catalan déviait la frappe.

 

Le Barça était mal en point. il fallait attendre la quarantième minute pour voir la première frappe, elle était signée Messi, une tentative que Lehmann déviait maladroitement sur son poteau. Cela n'empêchait pas Stuttgart de garder la confiance et la domination dans ce match, Pogrebnyak n'étant pas loin de marquer, mais Valdés continuait sa prestation de haut niveau. Le repos arrivait et il était clair que Barcelone n'était pas dans son assiette. Seuls les canteranos Valdés, Piqué, et dans une moindre mesure Busquets sortaient la tête de l'eau et montraient de bonnes choses. Guardiola devait à tout prix remotiver ses joueurs pour arracher une victoire semble-t-il compliquée, ou au moins chercher le nul en marquant ce fameux but à l'extérieur qui fait si souvent la différence...

 

Yaya Touré, Stuttgart - Barcelone Février 2010

 

Fort heureusement, il ne fallait pas attendre longtemps pour assister au sursaut d'orgueil des barcelonais. Guardiola avait choisi de faire sortir Yaya Touré pour Henry, et ainsi replacer Iniesta au milieu. À la cinquante-deuxième minute, Piqué héritait d'un long ballon dans la surface et remisait de la tête pour Ibrahimovic. Le suédois s'y reprenait à deux fois mais parvenait tout de même à égaliser. Un partout. Barcelone allait alors nettement mieux. L'apathie générale avait disparu. Néanmoins, elle n'était pas remplacée par cette fougue dont on a souvent été témoin lors des belles soirées européennes de l'an passé - le plus souvent à domicile il est vrai. Barcelone offrait un visage plus convaincant sans pour autant révolutionner la rencontre. Et Stuttgart, de son côté, savait que ce résultat n'était pas favorable avant de se déplacer en terre catalane, en tout cas moins favorable que le zéro à zéro du départ qui au moins leur offrait le statut quo. Le second changement survenait à la cinquante-neuvième minute, Milito remplaçant un Márquez en difficulté.

 

En outre, Ibrahimovic manquait de doubler la mise après avoir intercepté un ballon suite à un corner et avoir frappé en direction du but, le cuir étant sauvé par un bras adverse. Stuttgart également avait ses opportunités, mais Valdés proposait une énième prestation digne des meilleurs gardiens. Le chronomètre avançait et le spectacle proposé, bien que moins soporifique que celui du premier acte, restait en dessous de ce que l'on est en droit d'attendre d'un match de Ligue des Champions, a fortiori un huitième de finale où les équipes présentes à ce stade de la compétition sont censées être les mieux armées pour offrir un visage conquérant. Néanmoins, le score semblait vouloir en rester là, au terme d'une seconde période où l'on aura vu une représentation plus débridée et plus d'espaces entre les lignes pour davantage de mouvements d'un côté comme de l'autre.

 

On retiendra donc que Barcelone est en ballotage favorable grâce à ce but d'Ibrahimovic, qu'il y a toutes les raisons d'espérer se qualifier à domicile, toutefois il faudra pour cela corriger certaines erreurs, notamment le manque de lien milieu / attaque, et la spontanéité dans le jeu qui ne devient trop souvent une réalité seulement quand l'équipe est menée. Or, Barcelone ne pourra pas éternellement revenir au score ; il faudra aller chercher directement les victoires. 

 

 Messi, Stuttgart - Barcelone, février 2010

  

Les joueurs

1 - Victor Valdés 7 : plusieurs interventions salvatrices. L'homme fiable de l'équipe.

5 - Puyol 5,5 : courageux, il n'a pas hésité à se jeter et à prendre des risques. Il n'a pas été irréprochable cependant.

4 - Márquez 4,5 : battu plusieurs fois. Les duels ne sont définitevement plus sont point fort...Remplacé par Milito.

3 - Piqué 7 : très bon notamment en première période. De bons jaillissements, et une montée qui amène le but.

19 - Maxwell 5 : des maladresses, une activité irrégulière, mais aussi quelques bonnes choses. Mention passable.

24 - Yaya Touré 4,5 : c'est officiel, il n'est plus le joueur imposant et impeccable des deux dernières saisons. Guardiola lui a d'ailleurs bien remonté les bretelles en première période après un ballon bêtement perdu. Et quel manque de rigueur, de sérieux dans le placement ! La fin d'une histoire d'amour avec le Barça ? Remplacé par Henry.

6 - Xavi 5 : très décevant en première période, bien qu'il ait attiré beaucoup de ballons. Meilleur en seconde, sans pour autant être parvenu à mener son équipe en leader.

16 - Sergio Busquets 5 : il a été bon au poste de milieu intérieur gauche, avec des ballons récupérés et une bonne maîtrise du cuir. Un travail parfois obscur que tout le monde ne remarquera sand doute pas, mais pourtant il a souvent été un relais intéressant. Il est redescendu d'un cran après la rentrée d'Henry, pour ensuite avoir moins d'impact sur le jeu, moins de réussite dans les passes, et plus de présence "théâtrale"...Dommage.

10 - Messi 5,5 : il a parfois manqué d'altruisme. Deux ou trois bonnes percées, néanmoins il a moins pesé qu'à l'accoutumée.

9 - Ibrahimovic 5,5 : invisible en première période, ce qui fut logique vue l'activité très pauvre des milieux. Buteur en seconde, aurait même pu marquer un autre but mais le ballon a été dévié sur la ligne. On attend toujours plus.

8 - Iniesta 5 : il est beaucoup redescendu sur son couloir pour aider ses coéquipiers. Mais offensivemment, son rendement a été nul, mais comme pour ses deux compères, cela s'explique aussi par le manque de possibilités offertes par ses compagnons.

Ibrahimovic, Stuttgart - Barcelone Février 2010

Fiche technique

Stuttgart : Lehmann ; Molinaro, Tasci, Gebbart (Ruddy, min.83), Delpierre ; Hleb, Celozzi, Khedira, Träsch (Kuzmanovic, min.59) ; Cacau, Pogrebnyak (Maricu, min.64).

Barcelone : Victor Valdés ; Puyol, Márquez (Milito, min.59), Piqué, Maxwell ; Yaya Touré (Henry, min.51) ; Xavi, Sergio Busquets ; Messi, Ibrahimovic, Iniesta.

Buts : Cacau (min.25), Ibrahimovic (min.52).

Arbitre : Bjorn Kuipers.

 

Messi, Stuttgart - Barcelone Fèvrier 2010


Posté par Adrien
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