Article | Histoire | mercredi 5 octobre 2005 à 21:46  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

• La direction de Montal s\'est battue pour la catalanité du FC Barcelone dans la dernière étape de la dictature, en des temps triste par le scandale de Guruceta et heureux par le 0-5
• Carles Santacana relate cette époque avec le livre \'El Barça i el franquisme\'

Ils riaient et ils passaient même un bon moment. Un jeune chef d'entreprise était dans l'arrière-boutique par le pays, à présent une nation, il s'appelait Jordi Pujol. Et à l'avant du navire un autre Barcelonais, évidemment Barcelonista, également jeune, à peine 35 ans, qui fumait des cigares, qui portait une moustache et qui par son aspect bonasse, le régime, le franquisme donc, la dictature dans ses derniers instants, considérait "amoindri" et maniable.

Ils se trompaient sur Agusti Montal, le président qui a amené Johan Cruyff, celui qui a ouvert la porte des étrangers, celui qui a entraîné au Bernabéu la nuit magique du 0-5, celui qui a souffert du penalty imaginé par Guruceta au Camp Nou et le principal protagoniste du livre 'le Barça i le franquisme', des éditions Miné, de l'historien Carles Santacana.

L'auteur a présenté hier au Camp Nou un livre -deux années de documentation et d'écriture- qui reprend la chronique historique de la Catalogne dans une longue transition, de 1968 à 1978, à travers le Barça, et qui montre la préoccupation de jeunes chefs d'entreprise, enfants de la bourgeoisie catalanne de l'époque, qui sont entrés dans la direction azulgrana et qui, beaucoup fois avec malice et ironie, ont fait face à un régime qui agonisait. Et ils l'ont ainsi fait soutenu par une presse qui, faisant usage de passements comme dans le football, a également essayé de dénoncer la persécution systématique du Barça, défavorisé par un Gouvernement sans tradition démocratique et de sentiments clairement blancs. "J'aurais bien aimé avoir les mêmes arbitrages que le Real Madrid actuellement", affirmait lundi Montal, rappelant son étape comme président azulgrana (1969-1978).

"Ce fut une époque spéciale, c'est pourquoi maintenant il est important que l'on rappelle cette étape du Barcelonisme et la figure de Montal", expliquait hier Joan Granados, secrétaire générale du club dans la seconde et dernière étape de Montal. Ce fut une époque où il y eut de grandes influences.


La figure de Montalban

Celle de Manuel Vazquez Montalban a été celles des plus décisives. Si la bourgeoisie catalane soutenait le Catalanisme à travers le Barça, des mouvements plus progressistes étaient encore réticents "parce qu'ils suivaient encore les théories marxistes qui indiquaient que le football était l'opium du peuple", explique Santacana. Et parce que tandis que le président Montal supportait les menaces du ministre du Gouvernement, Garicano Goñi, présent dans la tribune présidentielle du Camp Nou, après avoir écouté la sonorisation du stade en catalan -"que cela n'arrive plus, parce que la prochaine fois que je le dirais, de sera dans un autre lieu et d'une autre manière "-, Vázquez Montalbán écrivit dans la revue 'Triunfo' un article mémorable -Barça, Barça, Barça, au-delà du football (1969)- qui a fait voir à beaucoup de personnes que le fait d'être 'progre' n'était pas à l'encontre de la passion d'être culé.

Et pour tout cela, quand Montal, le 8 juin 1970, a lu une note, se plaignant de la prestation de Guruceta au Camp Nou, après avoir sifflé un penalty imaginaire Rifé à Velazquez, une infraction commise de manière évidente hors de la surface et qui a sorti le Barça de la Coupe du Générallissime, il avait déjà le soutien de toute la masse barcelonaise. "Les socios et sympathisants barcelonais se sont profondément sentis blessés et trompés par la prestation injuste et honteuse dont a fait gala Monsieur Guruceta".

C'était une époque où le PSUC (Partit Socialiste Unifié de Catalogne) distribuait des tracts dans les gradins du Camp Nou ; les mêmes militants qui peignaient les parois des rues proches du stade. "Ils ne sont jamais allés à Sarrià, pourquoi donc ?", se demande Santacana. Guruceta n'a fait une autre chose que d'obtenir l'unité barcelonaise et sa cohésion sociale.

Montal rappelait en se remémorant la nuit historique de l'erreur de l'arbitre, avec la police réprimant dans les gradins, avec Canaletes remplie de culés irrités, une dictature encore florissante à Madrid, que ce jour, de bon matin, on devinait qu'il allait se passer quelque chose. "J'ai été cité au Club Nàutic par Juan Carlos, que était alors Prince d'Espagne, qui avait accepté l'invitation d'aller à la tribune présidentielle. Il m'a expliqué que sa présence au stade n'était pas nécessaire ".


Banca Catalana

C'étaient des temps difficiles. "Une époque où Pujol, encore loin de son étape politique, a vu comment le Barça pouvait propulser le Catalanisme", selon le témoignage de Josep Lluis Vilaseca, qui est entré dans la direction de Montal avec Raimon Carrasco, en tant qu'amis du futur président de la Generalitat. Ils étaient alors tous dirigeants de la Banca Catalana "Je ne sais pas si ce fut un hasard, mais Convergència a été fondé à Montserrat coïncidant avec une réunion barcelonaise".

Mais Montal n'a pas voulu que tous les secteurs sociaux s'intègrent au projet barcelonais. Pour cette raison, Alexandre Cirici, futur fondateur du PSC (Part Socialiste Catalan), a été l'auteur, avec Andreu Mercè Varela, du livre 'Plus qu'un club', le guide d'activités et des actes du 75° anniversaire. C'est pourquoi comme l'a dit hier Joan Laporta, le président azulgrana, "la direction de Montal a été, également, celle qui a pris le témoin historique des directions de Gamper et de Suñol". Une direction différente de celle qui est arrivée en 1978, "qui ne s'est jamais impliquée", selon les mots de Rafel Niubò, secrétaire général des Sports de Catalogne.

Et également celle qui a recruté Johan Cruyff, "le joueur qui nous a fait ressentir, les enfants de l'époque, la fierté d'être Barcelonais et Catalans", selon les mots d'un Laporta ému. Le même joueur qui a relancé le Barça au niveau européen. "Vous êtes ceux qui devez vendre l'image du Barça", disait le joueur néerlandais aux dirigeants de Montal.


L'Assemblée de Catalogne

Parce que tandis qu'il jouait, la Catalogne avançait. Parce que tandis qu'il débutait au Camp Nou -28 octobre 1973, avec un carton face à Grenade par 4-0, l'Assemblée de la Catalogne - "liberté, amnistie et statut d'autonomie" -se réunissait dans l'église de Santa Maria de Mitjançera de Barcelone. Ce furent 113 activistes surpris par la police. Arrêtés. Pere Portabella, Antoni Gutiérrez Díaz, Raimon Obiols, Jordi Carbonell, Josep Lluís Carod-Rovira... "Et maintenant qu'est-ce je fais avec les deux entrées pour voir Cruyff ?", fut la réponse de Josep Solé i Barbera, du PSUC, à la police.

Et Cruyff a conduit le magique 0-5. "Les Cibeles ont pleuré cinq fois", a ensuite chanté La Trinca. La Liga a été remportée. Il n'y a plus eu de peur de descendre dans la rue. La dictature du Portugal tombait était au printemps 1974. Franco était encore vivant. Le Barça avançait, même quand Melero expulsa Cruyff, le dictateur étant déjà mort (6 février 1977), avec le PSC critiquant son action et avec Josep Lluís Núñez préparé pour la succession. 22 ans. Presque une vie.


Traduction :

Posté par marco93FCB
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