Interview | Frank Rijkaard | samedi 27 janvier 2007 à 20:12  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Au moment de démarrer la phase retour, Frank Rijkaard espère une réaction du Barça et considère que l'équipe a encore une marge de progression suffisante...

Sur le bureau, Frank Rijkaard a posé un ordinateur portable connecté à la page WEB du club et le CDdu match Getafe-Celta que lui a préparé "l'espion" Martinez Vilaseca. Derrière, deux photos : une avec Angel Mur et une autre en compagnie de Johan Cruyff et Toni Tramullas. Les étagères sont remplies de disques contenant des informations sur les adversaires, bien qu'il ait aussi réservé une place pour les CD musicaux.

 

Rijkaard repasó la actualidad blaugrana en una entrevista exclusiva. Foto: Ignasi Paredes

Demain, vous commencez la phase retour. Quel bilan dressez-vous de la première partie de saison ?


Le point positif est que nous sommes premiers de la Liga et en compétition pour la Champion's League et la Coupe, mais il reste encore beaucoup de matchs à jouer.

  

Le Barça n'a plus le même éclat que l'année dernière. Est-ce dû aux blessures, au nombre excessif de matchs, à la saturation des joueurs... ?


Non, mais je sais jusqu'à quel point les blessures d'Eto'o et Messi ont été importantes. Je n'aime pas en faire une excuse mais c'est toujours dommage de ne pas pouvoir compter sur des joueurs pareils. Oui, je peux dire que ce sont des footballeurs de grande qualité, c'est certain, mais on ne saura jamais ce qu'il se serait passé avec eux sur le terrain.

 

Au niveau des chiffres, le Barça fait aussi bien que l'année dernière. Cependant, il traîne deux déceptions : la Supercoupe d'Europe et le Mondial des Clubs. Comment cela vous a t-il affecté ?


Je pense que la manière de se qualifier est ainsi faite, deux déceptions pour le barcelonisme, mais la vie est comme ça. Des déceptions, il faut allez chercher une nouvelle motivation pour gagner d'autres choses aussi importantes. Avec la Supercoupe, nous pouvions nous attendre à quelque chose de la sorte parce que nous étions trop justes sur le plan physique et le rythme.

 

Et contre l'Internacional ?


Nous avions bien commencé mais dans les moments décisifs, nous n'avons pas fait la différence. Eux ont insisté avec leurs arguments : compacts en défense, contendants, et nous avec notre jeu. Nous voulions chercher le résultat mais c'est bien eux qui en décidèrent. Quand il ne te reste plus de forces pour faire la différence, tu dois t'organiser sur le terrain et attendre les prolongations mais nous n'avons pas su le faire.

 

Que retenez vous de cette défaite ?


C'est certain que nous avons perdu une occasion en or mais la vie d'un sportif est faite de victoires et de défaites. Je crois que si n'importe quel de mes joueurs venait à avoir une nouvelle opportunité de gagner ce titre, il ne répéterait pas les mêmes erreurs.

 

L'équipe est-elle comme vous l'espériez sur le plan physique ?


Nous nous améliorons même si tout vient d'une combinaison d'événements. Quand tu joues bien, tu gaspilles moins d'énergie parce que tu courres moins. En seconde mi-temps, contre le Betis, nous avons joué à notre guise. Il faut continuer sur cette voie.

 

Giovanni Galeone, ex-entraîneur de l'Udinese, a dit qu'il fut surpris par le faible rythme de travail du Barça.


Nos préparateurs savent ce qu'ils font. Avec le calendrier surchargé qui nous fait face, nous devons freiner les joueurs pour ne pas les griller en une semaine.

 

Cela vous surprend-t-il que l'on vous questionne aussi fréquemment sur vos méthodes?


Je ne dois pas rentrer dans ce jeu. Quand une équipe gagne, les éloges arrivent. Et quand il y a des moments comme ceux-ci, il faut respecter ce qui est demandé et continuer à travailler. Je connaîs le dur travail qu'accomplissent Paco (Seirul.lo) et Albert (Roca), et je sais qu'ils préparent l'équipe de la meilleur edes manières. Grâce à ça, nous avons joué trois ans comme une équipe forte, compacte et possédant un football attrayant. Les méthodes de travail sont toujours les mêmes.

 

Une des images marquantes du premier tour fût votre coup de poing lors du derby. On aurait aimé vous voir le donner aux joueurs ce coup de poing.


Si j'avais remarqué qu'un joueur ne voulait pas (se livrer), je ne l'aurais pas accepté. Mais j'ai toujours vu que quand ils sortent des vestiaires, ils veulent et essayent de donner le maximum. S'ils ne le faisaient pas, oui, en effet, ce serait un problème. Mais je vois que mes joueurs prennent leurs responsabilités. De plus, quand tout le monde demande des changements, je ne le fais pas et peut-être quand tous diront "c'est bien" alors là j'agirai. Pour cela, je suis l'entraîneur et je sais comment sont mes joueurs.

 

Les sifflets reçus par Ronaldinho vous préoccupent t-ils ?


Nous partons du fait que c'est un privilège d'être au Barça. En contrepartie, les grandes équipes et les grands joueurs doivent faire face à plus de pression. Nous travaillons pour un but, rendre heureux le public. Notre défi consiste à obtenir cet échange d'énergie positive avec eux. Si Ronaldinho a quelque chose, c'est bien la possibilité d'être en "alchimie" avec le public.
Mais je veux donner un détail sur Ronaldinho: il est plus efficace que jamais. Il a réussi à marquer beaucoup de buts, il a fait la différence en marquant ou en donnant des passes décisives. Ses statistiques sont très bonnes même si il n'est pas bien du tout physiquement. Cela signifie qu'il est impliqué et qu'il est aux côtés de ses coéquipiers. Il mérite un peu plus de crédibilité. Il peut toujours progresser, individuellement et avec l'équipe mais je suis très content de lui.

 

Vous allez rapidement vous mesurer à vos adversaires directs en Liga. Cela vous a t-il surpris que Madrid et Valence, malgré tout, soient proches et que Séville se soit dégonflé ?


C'est clair que Madrid et Valence sont plus habitués à travailler sous pression. Cependant, il se peut très bien que Séville réagisse après ces déceptions, mais cela n'est parfois pas si facile quand tu n'as pas l'expérience requise. Valence, jusqu'à présent, simplement et tranquillement, sans trop attirer l'attention, a travaillé et est maintenant très dangereux. Même si ils sont placés dans des positions inférieures, je crois que c'est une équipe à observer de près. Le Real... Beaucoup de gens en parlent. Je ne préfère pas entrer dans ce sujet mais ses résultats sont assez bons. Ils sont un peu dans la même situation qu'ici, ils vont engranger des points, mais dans un grand club, le public exige un jeu attrayant et des points. Quand ce n'est pas le cas, ils parlent de toi. Mais sincèrement, le Real n'est pas en crise. Vous n'êtes pas en crise lorsque vous êtes deuxième.

 

Malgré tout, on voit un Barça un ton au-dessus du reste physiquement. Partagez vous cet avis ?


Peut-être... Quand une équipe fonctionne bien, comme un bon groupe, ça se voit. Mais nous ne devons pas oublier que la majorité des équipes, même les plus fortes, sont très déterminées lorsqu'elles jouent contre nous.

 

Qu'entendez vous par là ?


Nous devons être meilleurs sur le plan tactique car on gaspille beaucoup d'énergie alors que eux attendent la contre-attaque. C'est ce qu'il nous est arrivé face à Chelsea et Valence. Il y a beaucoup d'équipes qui jouent de la sorte contre nous et dans ces moments, il est important de développer du beau jeu, mais aussi d'effectuer un bon jeu de positions, laisser courir l'adversaire et arriver au bon moment.

 

Contre Saragosse, avec qui vous êtes de nouveau tombés en Coupe du Roi, il vous est arrivé la même chose.


C'est un autre exemple. Nous avons joué beaucoup de matchs contre eux, à notre manière, jusqu'à ce qu'un jour nous ayons été inférieurs. Ce fut un match très ennuyeux, mais nous avons gagné 1-4. Ce n'est pas ce que nous voulons, mais jouer de façon attractive nécessite deux équipes et quand la différence de qualité n'est pas si évidente: Pourquoi ce serait nous qui prendrions des risques ?

 

Le mois prochain, vous allez affronter des adversaires de ce type. Vous utiliserez cette approche ?


Cela dépend de l'adversaire. Quand nous fonctionnerons mieux en camp adverse, nous le ferons.

 

Avez-vous perdu le jeu brillant ?


Le jeu brillant naît d'une bonne organisation, quand l'équipe fonctionne comme un organisme sur le terrain. Quand tu perds cette organisation et si tu continues à jouer de façon attrayante, l'adversaire peut se procurer des occasions. Tout commence par l'organisation sur le terrain, être bien placés, se couvrir mutuellement, ne pas laisser beaucoup d'occasions aux adversaires et aussi en pressant devant, mais en équipe et non individuellement. Bien te positionner sur le terrain pour presser.

 

Aimez-vous avoir Saragosse et Liverpool comme adversaires pour jouer à pile ou face ou auriez vous préféré des équipes avec un autre style de jeu.


Il y a ce qu'il y a... C'est bien et il n'y a pas d'excuses. Nous savons tous que ce sont de bonnes équipes et que nous devons nous préparer du mieux possible. Ils ont beaucoup de qualité mais, pour gagner des titres, il faut gagner toutes les équipes adverses.

 

Physiquement, l'équipe est-elle préparée ?


Oui, sur ce point je suis tranquille. Nous sommes en train de progresser et nous pourrons récupérer certains joueurs ce qui permettra de mieux manager l'équipe lorsque le calendrier sera plus dense. Par exemple, Giuly est aujourd'hui presque notre seul homme de couloir et il travaille énormément durant chaque match. Il faut éviter les risques.

 

Moralement, comment vont les joueurs ?


Bien, bien... Ils supportent bien tout ça. Je vois beaucoup d'autocritique. Souvent, je lis que ce sont eux-mêmes qui disent devoir s'améliorer. Voilà, nous en sommes là, premiers au classement mais nous savons que nous devons hausser notre niveau de jeu.

 


Source: SPORT

Posté par totobarça38
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