Interview | Frank Rijkaard | lundi 10 septembre 2007 à 00:09  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

"Lors du dernier match, Deco a beaucoup accéléré le rythme du jeu"
"En regardant un peu en arrière, je crois que nous gâchons trop occasions, mais je ne crois pas que nous offrons quelque chose"...

 

Déjà plongé dans sa cinquième saison comme entraîneur de Barcelone, Frank Rijkaard s'efforce de renouveler l'illusion de son équipe aux portes d'une saison qui situe l'équipe azulgrana comme aspirant à tous les titres.


Cela fait déjà cinq années en tant qu’entraîneur du Barça. Aucun autre entraîneur de première division ne totalise autant de saisons consécutives. Qu’est-ce qu’il vous reste à faire sur le banc du Camp Nou ?
Nous continuons à travailler pour chercher d'importantes réalisations. Gagner tout ce qui est possible, c’est encore ma tâche, et c'est pourquoi nous devons exiger de nous-mêmes le maximum. Nous avons l’équipe pour cela. Pour le club et pour nos socios, il est important d'être toujours au plus haut niveau. Une année tu peux gagner trois ou quatre titres et la suivante seulement un, mais toujours en concurrençant le niveau d'exigence maximale. C’est l'essence du travail d’un grand club comme le Barça. Il faut maintenir la philosophie que transmettent la direction et le directeur technique, toujours se battre pour les titres les plus importants.


Le nouveau Barcelone produit aussi beaucoup d'espoirs.
Oui, il y a de nouveaux éléments, de nouveaux transferts qui s'adaptent très bien. Pendant la présaison, j'ai vu une attitude très bonne, et il faut tenir compte de l'arrivée des joueurs de la cantera, Giovanni, Bojan, Marc Crosas. Tout compte fait, je crois que nous sommes entrés dans une dynamique très positive.


L'échec de l'année passée a fait grandir l'équipe ?
Je ne le sais pas. Les expériences sont importantes pour un sportif, elles font partie de leur motivation pour les matchs qu’ils auront à disputer, mais je ne parle pas tellement ouvertement d'échec : nous étions à égalité de points avec le champion de la Liga. En effet, il est vrai que nous laissons échapper trop occasions aux moments déterminants. Et en regardant en arrière, c’est peut-être bon de ne pas avoir gagné la Liga. Nous devons travailler consciemment pour pouvoir sortir le meilleur de nous-mêmes.


Qu'avez-vous appris de l'expérience de l'année passée ?
Toutes les expériences s’ajoutent les unes aux autres. C'est quelque chose que nous avons vécu, mais il faut regarder vers l’avant. Si on répète une situation ainsi, je ne sais pas comment on réagirait, il faut analyser et évaluer la situation jour après jour. Je suis assez tranquille. En jetant un coup d’œil en arrière, je crois que nous ratons trop occasions, mais je ne crois pas que nous offrons quelque chose, nous n'avons pas simplement eu la force d’obtenir les résultats que nous avons obtenus. On ne peut pas donner quelque chose que tu n'as pas encore ; nous n'avons jamais eu la Liga et c'est pourquoi ne donnons rien. C'est pourquoi je ne parle pas d'échec ni de donner. Le moment le plus dur a été à Getafe, en Coupe du Roi. Nous avons été affectés par ce résultat, le rendement et l'image que nous avons donnée était mauvaise. D'autres fois il nous manquait d’autres détails, tuer un match, être plus fermes. Nous avons fait match nul contre le Betis, par exemple, des points qui s'échappent et qui étaient fondamentaux. Nous ne l'avons pas fait et par conséquent, il ne faut pas être surpris que nous n’ayons pas gagné.


L'irruption de Giovanni dos Santos vous a surpris ?
Non, l'année passée déjà il était venu avec nous pendant la présaison et il avait laissé la sensation que c’est un garçon avec beaucoup de talent. Maintenant je le vois plus fort physiquement.


Quel rôle réservez-vous à Bojan ?
Quand il est arrivé en équipe première, nous avons détecté immédiatement le talent qu'il a. Il a à peine eu des vacances et c'est pourquoi dans quelques matches il semblait qu’il lui manquait une force, mais de la façon dont il lit le match et par les décisions qu'il prend, nous voyons que c'est un joueur très mûr pour son âge. Les jeunes qui sont en train d’arriver sont des joueurs de l’équipe première. Ils sont courageux et ils peuvent nous aider à tout moment.


Barcelone transmet la sensation qu'elle aborde les matchs avec beaucoup de rythme, mais se détend dans les secondes mi-temps. Pourquoi ?
Au moment d'analyser un match, on peut tout dire. Nous travaillons pour maintenir le rythme pendant tout le match, mais de l’extérieur, tout paraît plus facile. Gagner à l'Athletic, par exemple (3-1), est un bon résultat. Je connais peu d'équipes capables de maintenir un niveau aussi haut pendant 90 minutes. Et en plus, presque tous nos rivaux se recroquevillent derrière, en attendant la contre-attaque. Mais c’est clair que parfois ce serait mieux de marquer un but de plus en première mi-temps, mais nous essayons toujours de jouer sur le terrain adverse. Nous avons seulement joué deux matchs en Liga et c’est normal que le niveau tombe un peu en seconde période. N'oublions pas que nous devons chercher des résultats, c’est le plus important. Et si nous sommes bien, il y aura un jeu attrayant parce qu'il existe beaucoup de talent dans l’équipe.


Comprenez-vous que l'équipe veut trop pratiquer le joga bonito, avant de chercher le résultat ?
Je comprends qu'on fait un bon travail, qu’on doit travailler pour gagner tous les points possibles et au mieux nous sommes, au plus de moments attrayants il y aura.


On vous a aussi reproché le faible succès au moment de faire les changements.
Je n'ai pas lu trop de choses à ce sujet, mais la critique te donne toujours de l'énergie. Il y a onze joueurs sur le terrain, mais 80.000 entraîneurs dans la tribune. Toutes les personnes qui aiment le football ont leur avis et c’est toujours intéressant, pour parler, écouter, communiquer. Je respecte tous les avis, mais c’est impossible que cela m'affecte, je me concentre sur le travail et je prends des décisions comme tous les entraîneurs. Je ne me fixe pas non plus quand je fais des éloges.


Quel est votre avis sur le fait que la direction insiste tant sur l'application du nouveau code interne de discipline ?
Très bien, très bien. Nous sommes tous investis. 


Mais cette nouvelle rigidité est-elle compatible avec votre manière de porter le vestiaire ?
J'ai eu beaucoup de chance avec ce vestiaire. Le groupe a fonctionné assez bien pendant une bonne partie de mon séjour ici. Il y a eu du professionnalisme et des désirs dans les limites logiques parce que nous sommes tous humains. Cette énergie du vestiaire est importante. On parle beaucoup du code interne, mais nous n'avons pas dû parler de ce sujet. On en a vu plus dans les journaux qu’entre nous. L'attitude est bonne. S'il se passait quelque chose nous devrions réagir, mais rien de grave ne s'est passé.


De tous les transferts, celui de Touré Yayá était le plus nécessaire ?
Il laisse une grande impression. Il s'est très bien adapté. Je me réjouis de lui et pour l'équipe, mais je ne veux pas le comparer ni dire que c'est ce qui nous manquait. Je rappelle qu'avec d'autres joueurs à ce poste, nous avons gagné des titres. Márquez, Edmílson, Motta.


Mais son arrivée paraît avoir relégué Deco.
Deco est très bon. Dans le dernier match, il a beaucoup accéléré le rythme du jeu. Il continue à être un joueur important. Il transmet quelque chose que tout le monde n’a pas.


Quelles sensations transmet le Real Madrid ?
La sensation qu'il a bien commencé. C'est un bon début, mais il reste beaucoup de matchs en Liga pour toutes les équipes et il reste beaucoup travail.


Ca paraît clair que ce sera le grand rival pour la lutte au titre
Il y aura davantage de rivaux.


Mais c'est une équipe très changée en ce qui concerne celle de l'année passée.
Je n'ai pas encore vu beaucoup de matchs du Real Madrid. En présaison, nous voyageons beaucoup et n'avons pas pu voir beaucoup de matchs.


Source: Mundo Deportivo

Posté par TheBelgianLion
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