Article | Frank Rijkaard | lundi 23 février 2004 à 21:44  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

L’entraîneur a eu besoin d’une moitié de saison de tests pour empiler les pièces de l’effectif et doter l’équipe d’un style défini et effectif...

Seul trois joueurs (Valdés, Van Bronkhorst et Saviola) sont au même poste que lors de la première journée de championnat. Six mois après le début de la compétition, et après avoir testé tous les joueurs, essayer de nouveaux systèmes tactiques et à avoir recours à des multiples combinaisons, Frank Rijkaard a enfin trouvé un onze fixe et un système productif pour le Barça.


1 - Valdés laisse Rustu dans un coin et enterre tous les doutes

Víctor Valdés était le préféré de Rijkaard. Depuis le début il l’était, bien que l’entraîneur ait du faire avec la première décision de Laporta lorsqu’il n’était pas encore président : la signature de Rustu, un gardien extracommunautaire. A présent, personne n’a de doutes. Ni sur le terrain, ni dans les gradins. Valdés s’est emparé en moins d’un an des buts du Barça avec une telle autorité que personne ne la discute. Pas même le Turc, qui a accepté comme un bon professionnel son rôle secondaire après que toutes les lumières soient placés en lui lors de ses débuts au Camp Nou.
Rustu a disputé 3 rencontres –l’option préférée de la direction qui a influé sur Rijkaard pour qu’il le place sous les buts- en Liga et le Barça a perdu cinq points à cause de ses erreurs (un face au Celta et un autre contre le Racing). Il a été condamné au banc. Il n’y a pas que cela. Un autre gardien de la maison lui est passé devant : Albert Jorquera, dont l’excellente prestation face à l’Athletic et l’Atlético l’ont converti en une solide alternative pour l’avenir. Toujours derrière Valdés, un gardien agile et fiable. A la conclusion de la rencontre à Mestalla, et tandis que les joueurs se dirigeaient vers Gérard, l’auteur du but décisif, l’un des capitaines s’est tourné vers lui et lui a crié : "C’est grâce à toi. Félicitations !". C’était Cocu qui élogeait ainsi la grande rencontre de Valdés à Mestalla, surtout après avoir capté un tir venimeux de Baraja.
Malgré ses 22 ans, Valdés ne ressent pas la pression qui a dévoré tant de gardiens cette dernière décennie. Lorsqu’il mesurera la vitesse et le temps de sa sortie, Rijkaard aura le gardien idéal qu’il recherche.


2 – Une charnière centrale solide après tant de changements

Chacun à sa place. Et sans inventions. C’est ainsi que le Barça a pu trouver une défense qu’il n’avait pas depuis des mois. Ce fût lorsque Rijkaard s’est convaincu que Puyol est bien meilleur en défense centrale qu’au poste d’arrière droit ; et a pu constater que Reiziger est un meilleur arrière latéral qu’un défenseur central ; et se rendre compte que Cocu accroît son rendement en tant milieu défensif plutôt qu’en tant qu’arrière central, le Barça a commencé à être fiable défensivement. Il n’a encaissé que 3 buts (dont un sur penalty) en 7 rencontres, en surpassant l’absence de Puyol ou la dernière de Marquez à Mestalla. Le seul qui se soit maintenu depuis le début est Van Bronckhorst.
Oleguer est entré et personne ne s’en est plaint. Ce qui en d’autres circonstances aurait été un traumatisme –jouer sans Puyol- fut un changement sans conséquences car Rijkaard se rapproche du modèle défensif à l’italienne qui le passionne tellement.


3 - Xavi et Ronaldinho gagnent en liberté grâce à Davids

"Davids a beaucoup influé, mais la première raison du changement a été la nouvelle façon de jouer". Eusebio Sacristán, l’un des assistants de Rijkaard, n’a pas de doutes. Le Pitbull a été décisif. Pour ce qu’il fait sur le terrain, pour ce qu’il transmet et pour ce qu’il contamine au reste de l’équipe. Cela a été dans cette zone, dans la ‘salle des machines’ du Barça, où s’est produit la grande révolution. Le vrai changement. L’Hollandais est arrivé, délaissé à la Juventus, et comme un tour de magie, le Barça s’est équilibré.
Rijkaard a oublié son double milieu défensif/organisateur et s’est tourné vers le 4-3-3, en fixant Cocu devant la défense et Davids courant dans tous les sens balayant tous les ballons qui s’approchent de lui. "Il remplit le terrain et libère Ronaldinho car il doit courir moins qu’avant", expliquait hier Eusebio. "Avec cette liberté, il crée beaucoup de problèmes car le rival ne peut le poursuivre", commenta de nouveau l’assistant de Rijkaard.
Mais Davids n’a pas rendu uniquement la star brésilienne heureuse mais il a également donné plus de tranquillité à Rijkaard car il a un contremaître sur le terrain. De plus, le milieu de terrain hollandais exerce également de protecteur pour Xavi. Un autre footballeur bien différent ce dernier mois et demi. "Avec Davids et Cocu, Xavi peut se dédier à mieux exploiter ses qualités, comme donner des passes et organiser le jeu", a rappelé Eusebio. Et lorsque n’est pas présent Davids, comme cela s’est passé à Mestalla, le Barça gagne également car il respecte, enfin, un style, une idée. IL sait à quoi il doit jouer. Et le plus important, comment il doit y parvenir.


4 - Saviola assume le rôle de Kluivert dans une attaque efficace

L’attaque qui a donné les meilleurs résultats à Rijkaard est intégrée par Luis García, un joueur qui a passé 2 mois à courir sur l’aile gauche et qui a été situé sur le flanc droit, Saviola, la seconde option après Kluivert, et l’intouchable Ronaldinho. Abandonnant ainsi la primitive mise sur les 2 ailiers et l’extravagance du trident dans lesquels l’entraîneur n’a jamais cru, bien qu’il les aient employé plusieurs fois. Ainsi, par élimination, le Barça a trouvé une attaque qui fonctionne, attaché à un détail qu’il n’avait pas : une défense digne de confiance.
A présent, il suffit d’un but à l’équipe de Rijkaard pour gagner. Cela s’est produit à Séville lorsque Kluivert a marqué du sommet de son crâne ou samedi lorsque Gérard a connecté un beau coup de tête pour taire Mestalla. L’entraîneur a également profité du meilleur Saviola. Le ‘Conejo’ a marqué plus de buts lors des 6 dernières rencontres (4) que lors des 18 antérieures (seulement 2). Juste lorsque Rijkaard s’est passé de la figure du 9 fixe, le Barça voit plus que jamais le fond des filets adverses car il a équilibré l’équipe avec Luis García sur la droite ouvrant un flanc sur la gauche pour qu’y pénètrent Davids et Van Bronckhorst. Rijkaard a une attaque qui accomplit sa tâche: elle marque des buts et presse l’adversaire.


5 - Rijkaard trouve le modèle idéal après des mois de recherche

La rencontre et la protocolaire conférence de presse terminées, Rijkaard s’est approché d’un journaliste pour lui montrer en privé son euphorie : "Tu as vu, non ? Nous avons bien pressé, nous n’avons eu des moments délicats qu’au moment de la blessure de Marquez". L’entraîneur ne pouvait pas se contenir. Il était heureux car tout s’était passé comme il l’avait imaginé. Heureux car l’équipe se rapproche de ce qu’il a souhaité un jour. Plus loin que les victoires, l’Hollandais est satisfait par l’image que donne à présent son Barça.
Rijkaard était heureux car la direction, comme l’a avoué le président, a laissé à l’entraîneur une autonomie totale, une fois qu’il a trouvé les pièces à son puzzle. Eusebio a souligné le calme de Rijkaard : "Comment l’a vécu l’entraîneur ? Il n’a jamais laissé la sensation de se sentir étouffer. Je l’ai vu toujours très calme, beaucoup plus préoccupé des problèmes de l’équipe que de la pression ambiante". L’adjoint de l’Hollandais a admis qu’il y avait un seul doute dans le corps technique. "Il nous manquait juste de savoir combien de temps les résultats tarderaient", a-t-il ajouté.
Et bien, il a tardé 6 mois pour obtenir de bons résultats. Presque la moitié d’une saison de tests ratés, de retours en arrière, perdant ainsi 19 points au Camp Nou, se faisant éliminer de la Coupe, après avoir usé en vain tant de systèmes. Mais à présent, le Barça ne semble ne plus être dans l’ombre.


Source : El Periodico

Posté par kTaLaN
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