Il était midi et sur la pelouse de La Masia il n'y avait personne. À l'heure fixée pour l'entraînement de lundi, les pulvérisateurs fonctionnaient à plein régime. Les minutes passaient et l’effectif du Barça n’apparaissait toujours pas, enfermé dans le vestiaire, dans ce qui a été la première longue réunion, ou l’une des premières dont on se souvienne, depuis que Frank Rijkaard dirige l'équipe azulgrana. Le jour après la débâcle de Villareal a été exceptionnel, tout comme le fut l'échec la nuit auparavant car personne n’avait battu le leader par 3-0.
Et en accord avec la catastrophe, engendrant peu de conséquences parce que le Barça continue à maintenir une confortable avance de 7 points, Rijkaard a soumis les joueurs à une étendue révision. Tant dans le sens propre et comme dans le figuré. L’entraîneur a passé des vidéos dans le vestiaire pour que ses pupilles calibrent leur prestation entre la rencontre à Villareal et les rencontres précédentes. Il y également eu des discussions, pour rappeler les concepts qui ont conduit au Barça jusqu'à la place de leader -agressivité, ambition, esprit collectif- et qui ont brillé par leur absence dimanche, comme l’a dénoncé un Rijkaard assez ennuyé. "Nous avons vu toutes les erreurs que nous avons commis", a admis Carles Puyol.
DES REPROCHES SANS EXCUSES
Quarante et cinq minutes après l'heure prévue, les joueurs sont apparus. Presque en file indienne, sans petits groupes et réunions entre amis, ils ont accédé au terrain d’entraînement. Ronaldinho a fermé le groupe dans lequel Samuel Eto'o, qui a de nouveau été dispensé pour des raisons personnelles, a manqué. Des sourires et éclats de rire ne se sont pas faits entendre dans un échauffement plus bref qu’à l’habitude. Les joueurs ont encaissé les reproches de Rijkaard sans répondre et n'étaient pas d'humeur. Ils connaissaient déjà les points où ils avaient été mauvais la nuit antérieure, et personne n’avait d’excuse pour se rattraper.
"Ils ont été plus agressifs. Quand nous avions le ballon, il y avait deux rivaux dessus qui ne nous laissaient même pas penser", a expliqué Puyol, reconnaissant que le plus grand handicap du Barça a été la pauvre attitude montrée par l'équipe. Rijkaard, cependant, a aussi détaillé les erreurs individuelles et tactiques commises. Il y a eu un manque de coordination dans la défense pour maintenir la ligne, du désordre au milieu de terrain avec un Marquez très en retard et Xavi excessivement avancé, et de minces recours en attaque. Sylvinho a ajouté que le 2-0, au début de la seconde période, a été le coup de grâce qui les a désarmés.
MISE EN GARDE
La journée d'introspection d'avant-hier, à laquelle une journée de repos et de méditation hier, a laissé comme conclusion finale que la débâcle de Villarreal a été "une mise en garde" pour l'avenir, malgré que le Barça était averti depuis qu'il avait gagné avec beaucoup de problèmes face à Albacete, Getafe et Levante. "J'attends la rencontre face à la Real avec beaucoup d'impatience pour démontrer que ce fut un accident", a accentué Puyol, avant de nier qu'il existe une certaine psychose à cause de la réaction du Real Madrid.
Les 13 points de différence lors des adieux à l’année 2004 se sont réduits pratiquement de moitié. "7 points sont énormes mais tu ne peux pas t’y fier", a dit le capitaine azulgrana, transmettant une image de sérénité. Sylvinho a voulu dédramatiser l'échec. "A une journée de la fin de la phase aller, nous sommes assez bien", a-t-il dit avec une certaine ironie. "Nous savons que la Liga n'est pas gagnée en janvier ou en février, mais en mai", a rappelé Sylvinho, impassible devant les airs d'euphorie qui soufflent depuis Madrid.
Source : El Periodico