En Une | Champion's League | mercredi 13 mai 2009 à 15:57
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Deuxième partie du résumé du voyage historique de quelques supporters du Barça dans l'antre de Stamford Bridge. Cette partie traite de la rencontre, quasi historique, et de la victoire inespérée des blaugranas...

C’est parti ! Première possession de balle catalane. Tout le stade siffle. Bande d’ignorants ! Bon début de match. Eto’o tente une frappe de loin, complètement ratée. C’est pas grave, on prend le match par le bon bout. Chelsea ne nous a pas acculé, ne nous a pas poussé ou empêché de jouer notre football. On va vers un remake du match aller, avec un plus gros danger sur les contres. Mais ça va passer. Dans le public, même si l’on s’est tous assis à notre grand dam, ça soutient toujours l’équipe. Je m’y mets, petit à petit. Mais je suis tellement dans le match que j’ai du mal à suivre. L’autre côté du terrain n’est pas toujours très visible, on a du mal à savoir où ils en sont précisément. Mais on sait qu’on a la balle.
Ca y est, premières incursions de Chelsea de notre côté. Ca siffle quand les Blues ont la balle, ça ovationne quand on récupère. Malouda essaye d’accélérer sur le côté gauche. Comme au match aller, j’le sens en confiance face à Alves. Vieille action sur le côté gauche qui se termine par un centre tir contré. La balle part en l’air, j’vois Essien qui arme. Aucun risque. Il est à vingt-cinq mètres, c’est une balle à trajectoire difficile, les blaugranas sont autour, c’est du gauche. Ca, c’est un pigeon de mort. Bim. Ca part vraiment bien. Je regarde vite Valdes. Il est réactif, mais putain, ça vient vite. La barre, et elle est dedans. LE but de la Ligue des Champions… Première action, premier but, mais quel but ! Difficile d’être énervé, dégoûté, tellement l’admiration prend le dessus. On ne peut que constater la pureté du geste. A Barcelone, on est fier d’aimer le beau foot. Alors il faut savoir admettre la classe, la très grande classe de ce but. Je n’avais jamais vu un but aussi exceptionnel de ma vie dans un Stade. Des « Que golazo… » fusent de toutes parts. Difficile d’expliquer le sentiment ressenti à ce moment… Plus fort que la déception, moins que la résignation. Une sorte d’acceptation du chef d’œuvre. Essien 1 – 0 F.C. Barcelona.
Tant pis, faut repartir ! Forcément, à côté, ça chambre bien. Je repère une vraie tête à claques, et me promet de lui rendre la pareille quand on retournera la situation. Car on la retournera. En tribunes, les culés réagissent de manière admirable. Ca chante encore plus fort qu’avant le but. Moi, ça y est, je m’y suis mis. Je suis debout, je gueule, sûrement faux, mais je gueule. Si je suis venu ici, c’est pour faire la différence, pour jouer mon rôle. Rien n’est fini, avec l’espoir, nous avons tout. Il suffit toujours d’un but ! Et il valait mieux le prendre au bout de dix minutes qu’au bout de 80. Le Barça ne peut pas jouer 180 minutes sans marquer, c’est impossible. On est plus forts que ça.
Si l’ambiance demeure, l’équipe a du mal. Mais on s’en fout, pour le moment, on ne fait que soutenir. Les critiques sur Chelsea pleuvent : « Une action un but », « et voilà, maintenant, c’est parti pour un mur », « ca fait des fautes tout le temps, qu’est ce que c’est laid »… Drogba commence son cinéma. Mais Chelsea fait la différence avec son jeu direct. Dès qu’on perd le ballon au milieu de terrain, en une à deux passes, on frise le un contre un. L’attaquant ivoirien croque pas mal. Et s’effondre, comme d’habitude. Exaspérant. Le Barça n’y arrive pas. Messi et Iniesta ne font pas la différence, Xavi ne trouve pas l’appel, Busquets et Keita sont perdus, et Alves craque. Duel Malouda Alves juste devant nous. L’arbitre siffle faute. Pas d’accord, mais que peut on faire ? Coup franc, mini corner presque, que Drogba va tirer. Ca sent la bonne mine ça. Bingo. Bel arrêt de Valdes, mais force est de constater que Chelsea domine. Et que même si cela ne joue pas en redoublement, en une touche, ça va droit au but, et c’est diaboliquement efficace.
Chelsea continue son quart d’heure de folie et nous fait vraiment mal. L’ambiance en tribunes demeure, même si le chambrage des supporters des Blues à côté fait vraiment chier. Il faut y croire. Drogba rate le un contre un, notre défense dépassée ne prend pas le second but. D’où l’on est, le mur défensif des Blues est hallucinant. Il est impossible de voir comment on peut prendre cette équipe à défaut sur une passe, tant ils sont partout. Il va falloir faire la différence individuellement. Messi doit passer. Première grosse accélération sur le côté droit, Bosingwa est battu. Centre raté. Fuck fuck fuck. Vraiment, ça passe pas. Eto’o peut pas en toucher une, encerclé par les deux monstres que sont Alex et Terry. On s’en rend pas compte, figé que nous sommes dans le match, mais le temps passe vite. Foutrement vite. Le Barça pousse de plus en plus, et Chelsea dégage n’importe comment. Ca cherche pas à jouer en face, juste à défendre. Fallait s’y attendre. Mais ça énerve quand même. Tout le jeu se passe définitivement de l’autre côté. On approche de la mi-temps. Messi part sur le côté et fout la merde, les Blues arrivent pas à l’arrêter. Il passe sur le côté, dernier corner avant la mi-temps. Ca joue à deux, Xavi récupère, tente une mine. Contrée, elle lui revient dans les pattes, et il allume une deuxième fois. Putain, j’y crois. Contrée, encore une fois, nouveau corner. L’arbitre dit non. Scandale et énervement de toute la tribune visiteurs !
La mi-temps est sifflée là dessus. Pas grand chose à dire, pour être honnête. On peut pas engueuler nos joueurs, ils ont pris un but d’un autre monde. On ne peut pas insulter Chelsea, on savait que cela se passerait comme ça. Alors on reste plutôt silencieux. Pour autant, on sent que les gens n’ont pas perdu confiance. Ca parle pas mal, on se demande quels vont être les changements, si changements il y a. Et puis, le speaker ou je ne sais qui décide de relever le moral de tout le Barça en passant « Viva la Vida » de Coldplay à la mi-temps. Les supporters des Blues à côté, médusés, n’arrivent pas à comprendre pourquoi l’on se met tous à chanter l’hymne de la chanson. Peuvent pas comprendre.
Les joueurs reviennent. On y croit, bordel, on y croit. Je n’ai jamais vu le Barça perdre de mes propres yeux, et cela ne commencera pas aujourd’hui.
Les joueurs repartent pas mal. Tout de suite, on se place dans le camp des Blues. Au bout de deux minutes, un bon coup franc. Encore une fois, c’est Alves, alors on y croit moyen. Alves et les coups-francs, c’est une sorte d’éternel espoir. On sait qu’il peut planter, ça part jamais trop trop mal, mais c’est rarement au fond. Combinaison sortie d’un autre monde, que le ballon décide de rejoindre en quittant le stade. Du grand n’importe quoi. Il faut repartir. Rien à dire, le Barça a repris la deuxième période du bon bout. La domination est là, et les corners s’enchaînent. « Si toute la deuxième mi-temps se passe comme ça, impossible qu’on ne marque pas »… Dur de savoir si on le pense vraiment, ou si c’est plus une forme de méthode Coué.
Petit à petit, la domination se fait moins insistante, et Chelsea sort de temps en temps de son coup. Tout se passe sur le côté gauche opposé, on voit pas tout. On sait juste que Malouda a mis la fumette à notre défense et qu’Anelka part seul. Seul ? Non, comme va l’apprendre la défense Blaugrana. Drogba est tout seul après une superbe passe de son compère francais, il peut envoyer la frappe. Feinte de tir sublime, Piqué est complètement feinté. 2-0. Non ! Valdes, le dieu Valdes sauve la balle ! Pas vu grand chose mais ça semble être un arrêt du pied. Si Drogba a raté son un contre un, c’est bien parce qu’il faut que ça passe, non ?
Et le Barça repart. Ca domine, mais ça ne trouve pas la solution. Pas du tout. Ca tourne aux trente mètres, mais pas plus. Alves fait vraiment n’importe quoi. Il commence à saouler. Trop nerveux, trop précipité, tente des frappes quand il faut centrer, des feintes quand il faut frapper, ça va pas. Et Chelsea repart. Passe sortie d’un autre monde pour Drogba, encore lui. D’où je suis, j’ai l’impression que Touré le tient. Mais le tacle final est bon. Tout Stamford Bridge gueule, JF me dit qu’il y avait peut-être faute là quand même. M’en fous. L’arbitre est roi, en particulier quand ça m’arrange. Encore une fois, les blaugranas sont relancés. Messi essaye de lancer Iniesta, Keita prend le ballon sans faire exprès. Tant pis, Messi essaye de lancer Eto’o juste après. Tacle sauvage pour empêcher le un contre un. On monopolise la balle, mais c’est tout. Alves continue son grand n’importe quoi. Si quelques signes de ras le bol se font sentir dans le camp blaugrana, ça pousse son équipe à fond. Et ça poussera jusqu’au bout. Messi fait encore la différence, passe à Iniesta tentative de une deux foirée, et Keita qui récupère dans la surface. La balle se lève sur son mauvais pied, tant pis, faut la tenter. Les nuages, encore une fois. On y a plus ou moins cru, mais encore une fois, c’est raté.
De l’autre côté, Chelsea joue les contres à fond, passe par les airs, et file le ballon à Drogba. Celui-ci tombe, encore et toujours. Et le jeu s’arrête encore à cause de lui. 3ème fois déjà, ça frise le ridicule. Il se fait insulter, le Didier. Mais bon, son équipe mène. Et il est quand même très fort. A chaque fois, il récupère la balle, on sait pas comment. Petit relâchement dans les chants. La tension semble avoir pris le dessus. Messi essaye de nous redonner espoir, en dribblant encore une fois parfaitement, et en lâchant une belle frappe de 20 mètres. Au dessus, mais ça se rapproche. Je n’ai jamais vu le Barça perdre, et notre équipe ne peut passer 180 minutes sans marquer. La balle repart côté Chelsea, Anelka a fait la différence. Abidal le ceinture, il s’écroule. D’où je suis, la faute est évidente. Je sais parfaitement ce qui va suivre : faute + rouge. Ma seule interrogation consiste à savoir si la faute est dans la surface ou pas. Or, l’arbitre semble indiquer de son bras un coup-franc. Ce que j’avais prévu arrive. Rouge… Putain, là, ça fait mal. J’vois pas comment on peut s’en sortir… Et il y a le coup franc à suivre, maintenant. Avec Chelsea, et des types comme Alex, ça peut faire mal. Lampard allume, la balle est à côté. « L’espoir » demeure. Plus ou moins… Pour la 1ère fois, j’me sens vraiment perdu. On a pas trouvé la solution à 11, notre défense prend cher à chaque contre, et Abidal est avec Piqué notre seul vrai défenseur de métier. On joue à 3, maintenant en défense, dont Alves. Soit 2. Je peste un peu contre Guardiola qui n’avait encore envoyé personne à l’echauffement. Résultat, on perdu du temps.
Les catalans se remettent à chanter en tribunes, tandis que sur le terrain, la possession de balle reprend. Chelsea change pas son style. Alves foire encore un centre. Ca fait vraiment chier. Chelsea remet une mine, superbement arrêtée par Valdes. Si le Barça égalise, les Blues pourront s’en vouloir. Remplacement pour ces derniers.. Drogba sort, remplacé par Belletti. Sifflets de tous les blaugranas pour Drogba. Belletti a lui droit à son ovation. Le public l’applaudit, puis scande son nom. Ca restera toujours un héros. Il nous remercie d’un bref geste de la main. Le fair-play a assez duré, on se remet à soutenir profondément le Barça.
La solution ne vient vraiment pas. C’est déprimant… On y arrive pas du tout. Xavi tente une passe en profondeur, joli tacle d’Alex. Tout de suite, je vois Messi, puis Terry qui se buche. Il peut passer ! Faute d’antijeu caractérisée du brésilien. Je demande, crie au rouge ! Carton jaune. Pour moi, c’est une honte. Messi partait seul au but, il allait tuer les Blues. Nouveau coup-franc. Là, j’y crois plus. Xavi est trop loin, Alves, c’est Alves. Encore un coup-franc à côté. Bah voyons. Putain, on peut pas perdre… C’est pas possible. Je regarde le chrono, 78e. Ca sent mauvais. La possession de balle demeure. Mais Chelsea part en contre, encore une fois. Anelka s’effondre dans la surface, Stamford Bridge demande un péno. L’arbitre, ce chic type, dit encore non. Je vois rien, je ne peux que lui faire confiance, aveugle que je suis. Il reste dix p’tites minutes, et on trouve pas la solution…
Nouvelle situation dangereuse pour Chelsea, Anelka tente un superbe geste. Pique semble prendre la balle de main, tous les Blues, joueurs comme supporters demandent le péno. Toujours rien. L’espoir demeure. Mais notre football a définitivement disparu… On en touche plus une, et quand on l’a, ce ballon, on ne sait quoi en faire. « Bojan va rentrer » me dit-on. Il n’y a plus que ça à faire. Et prier que s’il a une aussi belle balle qu’au match aller, il la mettra, cette fois. Je regarde encore le chrono… Cinq minutes… On supporte encore le Barça, on crie, on chante, mais surtout, on stresse. Un but, c’est quoi au fond ? Je dis à JF que je signerais tout de suite pour un but de la main. C’que vous voulez, tant qu’on marque. Mais Chelsea monopolise la balle. Il se procure de nombreuses demies occasions, sans jamais nous achever. On arrive même plus à rentrer dans les trente mètres adverses… Pique reste devant. JF n’est pas convaincu, je dis qu’il est grand, il peut aider. Combinaison Messi-Iniesta, et leur fameux une-deux. Faute non sifflé sur Messi. Ca fait chier, bordel.
C’est de l’attaque-défense. Je prie pour au moins cinq minutes d’arrêts de jeu. Ca provoque, ça tente des choses, mais Alves rate encore un centre… On va bien avoir une frappe cadrée, une vraie occasion, non ? Le siège recommence. Piqué récupère la balle à vingt mètres, mais n’y arrive pas. C’est pas un attaquant.
Quatre minutes de temps additionnel. Je regarde tout de suite ma montre. Il est 41 dessus. On a au moins jusqu’à 45. Plus grand monde ne chante. La tension est énorme. Belletti part, seul. Il dévisse sa frappe. Je me tourne vers mon compère de droite et lui dit « Belletti qui nous laisse une chance, c’est beau »… Dès que le Barça récupère, je crie « allez ! » de toutes mes forces. Tout le monde est debout. Xavi sur le côté pour Alves « Centre bien, allez te loupe pas » crie la quasi totalité des supporters. Très bon centre. Bojan peut l’avoir, peut-être ! Putain, salopard de Terry. C’est pas fini ! Eto’o récupère, passe à Messi. On est aux vingt mètres. Messi pour Iniesta. Frappe en force direct. Elle part bien. Je sais qu’elle y va. Cech peut pas l’avoir. Putain, les filets tremblent. Putain, putain, putain, elle est dedans ! GOOOOOOOOOOOOL ! Ca crie de partout ! J’en oublie même de respirer ! Les joueurs viennent tous devant nous, ils sont tous là ! Ca crie. Je prends dans mes bras le mec derrière moi, je tape dans la main du type devant. On se serre tous dans nos bras, debout sur les chaises, on se prend dans les bras ! On gesticule, on crie. On scande tous les chants que l’on connaît. J’en ai mal à la tête, ma voix me lache.
La rencontre a recommencée. On continue de chanter, mais on a quand même peur. Sur le côté, les Blues récupèrent un corner. Putain, pas ça, pas ça… Plus de buts ! Je regarde ma montre : 45, déjà. C’est fini, c’est fini, terminons-en. Avant le corner, Iniesta sort. L’ovation du siècle. Tous les bras sont tendus vers notre héros. The killer of Stamford Bridge. « Iniiiessta, Iniiiiiesta » ! et ainsi de suite. C’est inimaginable. Guddy rentre. On s’en fout, tant qu’il reste derrière. Petr Cech monte. Le corner part, dégagé de la tête. Un Blues fout une balle, qui tape un des nos défenseurs. Tout Chelsea crie pour je ne sais quoi, une main. Mes yeux vont vers l’arbitre, qui ne siffle rien. L’action reprend. Nouveau coup franc à 50 mètres ! Cech monte. Bojan reste devant. La balle part, Pique la prend de la tête, et Xavi dégage ! C’est fini ! Le Barça est en finale de la Champion's League grace à un but de Don Andres Iniesta à la toute dernière seconde ! Le rêve de toute une vie !
La fin est à venir très prochainement... N'hésitez pas à revivre la première partie du périple londonien des supporters blaugranas au cas où vous aurez raté cela.
Posté par tendaifcb
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