En Une | Clasico Et Derby | dimanche 19 décembre 2010 à 17:37  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Injouables, inarrêtables, impitoyables, les Blaugrana ont poursuivi leur état de grâce en infligeant une manita à l’Espanyol sur sa pelouse dans le derby.

Les faits et le jeu :


Le derby a bien souvent été une épine dans le pied des Blaugranas ces dernières années. Sans remonter à la saison 2006-2007 où un but de Tamudo dans les dernières minutes avait privé du titre l’équipe coachée alors par Rijkaard, il suffit de revenir aux deux précédentes saisons de la Pep Team avec seulement 7 points pris sur 12 dont victoires à l’arrachée et un nul tout aussi difficile. Ce nul justement avait été concédé sur la pelouse du stade de Cornella où depuis son emménagement, l’Espanyol est intraitable. Cette saison, en sept journées de Liga, l’Espagnol y avait toujours pris les trois points, égalant en cela la performance du Real Madrid de Mourinho.
 
 

Quatrième avant d’affronter le voisin, l’Espanyol entendait bien mettre un coup d’arrêt à la flamboyance actuelle du Barça, lequel nage sur l’eau depuis quelques semaines enchainant les démonstrations. Pour continuer sur sa lancée, Guardiola avait décidé de sortir l’artillerie lourde, à savoir le onze type au grand complet. De son côté l’Espanyol ne changeait en rien sa tactique habituelle avec Callejon et Osvaldo devant, soutenu par Verdu l’ancien de la Masia et Luis Garcia.

Malgré l’ambiance terrifiante du stade, le Barça posait d’entrée sa patte sur la partie. Pressant haut, et tenant bien le ballon, la Pep Team se procurait les premières occasions avec Busquets d’un retourné audacieux à la suite d’une reprise manquée de Villa sur un corner de Xavi (4’), puis avec Messi d’une frappe trop bien cadrée pour être vraiment dangereuse (9’). L’Argentin était dans la minute suivante parfaitement servi par Alves auteur d’une récupération très haute, mais le Ballon d’or 2009 manquait le plus facile en tirant en tribune. Réconfortant pour le commun des mortels de voir un tel joueur capable de rater le cadre dans de telles proportions. Moins réconfortant cependant pour Guardiola sur son banc qui aurait vu d’un bonne œil une ouverture du score rapide. Néanmoins, il était bientôt exaucé dix minutes plus tard avec un magnifique jeu à deux entre Pedro et Messi, ce dernier lançant le premier dans la profondeur pour l’ouverture du score (0-1, 19’).
 
 

L’emprise blaugrana montait d’un ton suite à ce but et le second ne tardait pas à la suite d’un mouvement made in Barça conclu par Xavi après un gros raté d’Alves (décidemment en difficulté quand il s’agitsimplement de pousser la balle au fond) et un magnifique décalage de Messi, encore lui (0-2, 30’).

Le break était fait à la demi-heure de jeu, mais l’Espanyol n’avait ni démérité ni rendu les armes. L’égalisation était d’ailleurs très proche à la 35ème minute avec une lumineuse ouverture de Luis Garcia pour Callejon, mais Valdes sortait le grand jeu et détournait la frappe de l’attaquant de l’Espanyol. La fin du premier acte était davantage équilibrée. C’est néanmoins Villa qui se procurait une belle opportunité dans les arrêts de jeu, mais il prenait trop son temps pour déclencher sa frappe permettant le retour de la défense (45’).

Au retour des vestiaires, les Blaugranas décidèrent d’appuyer à nouveau sur l’accélérateur avec toujours les mêmes recettes : pressing étouffant notamment des attaquants, Pedro en tête ; conservation de balle diabolique ; accélération et recherche de la profondeur pour profiter de la défense en ligne assez haute des locaux. Après plusieurs situations, le troisième but arrivait : un déboulé de Messi en relais avec Pedro conclu d’une frappe relâchée par Kameni et reprise par Pedro opportuniste (0-3, 60’). Implacable.
 
 

Pourtant on le répète, l’Espanyol était un adversaire offrant une belle opposition, avec un engagement parfois limite mais généralement dans les clous et une vraie capacité à tenir le ballon. Et pourtant le 4-0 était tout proche à la 62ème minute avec une percée d’Iniesta débouchant sur un caviar pour Pedro. Hélas l’attaquant des Canaris manquait d’inscrire son premier triplé avec la camiseta bleue et grenat en butant sur Kameni. Et dans la foulée, le Barça trop lâche dans sa dernière ligne défensive concédait la réduction du score par l’intermédiaire d’Osvaldo (1-3, 63')

Revigoré par ce but, le public poussait encore d'un cran le niveau des décibels. Quelle ambiance ! Le Barça quelque peu perturbé tombait dans certaines facilités et prenait des risques dans les transmissions face au pressing de l’Espanyol qui jetait toutes ses forces dans la bataille. A la 72ème minute, Messi perdait un ballon au milieu qui se transformait en un clignement de cil en occasion très nette pour les locaux. Mais Valdes se montrait décisif en repoussant la frappe d’Osvaldo. Le score en restait à 3-1. L’Espanyol venait de laisser passer sa chance et sa fougue pour remonter au score finissait par se retourner contre lui avec un gros raté de Piqué (75’) précédant le doublé de Villa sur deux offrandes, l’une de Messi (once again), l'autre de Xavi (1-4, 76’ ; 1-5, 84’). Iniesta pouvait dès lors sortir sous les applaudissements du public qui n’avait pas oublier son hommage à Jarque en finale de la Coupe du Monde. Le job avec la manière était fait.
 
 

Autre choc et autre Manita, le Barça évolue actuellement sur une orbite inconnue. Aucun adversaire ne semble pouvoir lui résister quand il évolue avec son onze type avec ses huit champions du monde. Face à lui tout le monde plie l’échine et prend sa leçon. Le Pep Team dans sa troisième année semble encore plus puissante que ses ainées avec plus de variété dans son jeu et moins de failles. Après 16 journées, elle fait mieux que la version 2008-2009 avec 2 points et 3 buts de plus. C’est tout dire…
 
 

Les joueurs :


Valdes : 7,5
Deux parades de très grande classe qui ont empêché l’Espanyol de croire à la remontée à 2-0 et 3-1. 

Alves : 7
Expulsé l’an passé, il a su gardé ses nerfs. Toujours aussi omniprésent dans son couloir.

Puyol : 6,5
Très mal placé sur le but, il n’a pas eu les jambes pour refaire son retard. Le principal bémol d’un match solide avec une très grande agressivité dans le bon sens du terme.

Piqué : 6
Moins en vue que son compère, on retiendra surtout et c’est paradoxal un énorme raté seul face au gardien !

Abidal : 7
Zen, autoritaire, appliqué. En un mot impeccable. Si on veut vraiment chercher la petite bête, il a parfois manqué un peu d’audace en contre attaque.

Busquets : 7,5
Une copie désormais habituelle. A bien su gérer le niveau de son engagement pour répondre sans excès au défi physique des blanquiazuls.
Remplacé par Mascherano qui continue de devoir se contenter de miettes de matches dans les grands chocs.

Xavi : 8
Un but, une passe, du à toi à moi, du plaisir. Il rayonne et ses problèmes physiques semblent vraiment derrière lui. Pourvu que ça dure.

Iniesta : 8
Des remontées de balle délicieuses et foudroyantes, beaucoup de ballons récupérés, et une complicité toujours aussi admirable avec Xavi et Messi pour rendre fou le milieu adverse. Sorti sous les ovations du public adverse.
Remplacé par Keita.

Pedro : 8,5
On aimerait bien avoir le détail de ses statistiques en termes de course tant il a semblé courir pour cinq. Une mobilité déconcertante, un pressing constant, un vrai mort de faim qui permute en permanence en fonction du placement de Messi et Alves. Deux buts et des tonnes de belles situations qu’il s’est procuré grâce à ses appels, son pressing, sa vitesse. Homme du match. La classe mondiale.
Remplacé en toute fin de match par Bojan.

Messi : 8
Pas de but, mais il est directement impliqué sur les quatre premiers… Son positionnement de numéro 10 avancé pose un casse tête tactique aux adversaires avec une défense centrale qui se retrouve sans personne à marquer en même temps que cela assure au Barça une hégémonie incroyable au milieu de terrain en venant renforcer le duo Xavi-Iniesta. Bien plus qu’un soliste. Un chef d’orchestre.

Villa : 8
Ses débuts compliqués paraissent désormais un lointain souvenir. Tout n’est pas encore parfait, néanmoins, il a pleinement assimilé les bases de son poste d’ailier gauche dans lequel il apporte à la fois de la profondeur et de la largeur. Et comme il associe désormais l’efficacité devant la cage à son travail défensif toujours aussi important, il régale.


Fiche technique


RCD Espanyol : Kameni; Chica (Amat, min.64), Forlín, Víctor Ruiz, Dídac (David García, min.81), Baena, Javi Márquez, Luis García (Dátolo, min.62), Verdú, Callejón, Osvaldo.

FC Barcelone : Valdés, Alvés, Piqué, Puyol, Abidal, Busquets (Mascherano, min.79), Xavi, Iniesta (Keita, min.86), Pedro (Bojan, min.87), Messi, Villa.

Buts : 0-1: Pedro, min.19. 0-2: Xavi, min.30. 0-3: Pedro, min.60. 1-3: Osvaldo, min.63. 1-4: Villa: min.75. 1-5: Villa, min.84
Arbitre : Undiano Mallenco.
Avertissements : Busquets (min.26), Baena (min.36), Osvaldo (min.37), Javi Márquez (min.41), Piqué (min.54), Víctor Ruiz (min.67), Alves (min.70).



Posté par javito
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