Carles Puyol fête une décennie en azulgrana. Le capitaine de la première équipe est
arrivé au club le 22 juin 1995 de la main de son homme de confiance, Ramón Sostres, et de
Joan Martínez Vilaseca, l'entraîneur qui l'a suivi dans les tests de détection et qui a
décidé 3 semaines plus tard de son incorporation.
Le défenseur est arrivé sur la pointe des pieds au Barça, à 17 ans à peine, et dès lors il
n'a pas diminué d'efforts pour atteindre l'objectif qu'il s'était fixé : rester dans le
club, se faire avec une place dans les catégories inférieures, monter en équipe première, se
consolider au Camp Nou et remporter son premier titre.
Ce fût un long chemin de 10 ans suivant toutes les instructions de ses entraîneurs pour
être, chaque jour, un peu meilleur. Toutes les instructions sauf une seule, celle que lui a
tout d'abord donné Martínez Vilaseca et ensuite Louis van Gaal : se couper les cheveux.
Ramón Sostres, avocat de La Pobla résident à Barcelone, s'est entêté à ce que tant Carles
Puyol comme son grand frère, Josep Xavier, puissent effectuer un test après les avoir vu se
faire remarquer dans l'équipe de leur localité natale. Après quelques entraînements, Carles
est resté, mais pas son frère.
Le transfert s'est fixé à 500.000 pesetas de l'époque (3.000 euros), et cinq millions de
pesetas (30.000 euros) si Carles jouait dix rencontres avec la pemière équipe, une clause
qui a été incluse vu l'insistance de Martínez Vilaseca, en dépit de la méfiance des
dirigeants de La Pobla que ceci arrive.
Le contrat a été alors signé par le vice-président Josep Mussons, directeur chargé du centre
de formation, le mentionné 22 juin 1995. Josep Lluís Núñez, président du FC Barcelone, a
également ratifié le transfert par écrit.
Pas même Carles n'aurait pu imaginer que les rêves avec lesquels il est arrivé à Barcelone
en provenance de la Pobla allaient s'accomplir dans leur totalité. “Le Barça m'a tout donné”, admet Puyol,celui qui, après une décennie remplie de travail et de sacrifices, de
quelques ennuis et, à la fin, de succès, maintient la considération pour le club pour lequel lorsqu'il
était gamin, il sortait dans la rue de La Pobla pour fêter les titres.
Source : Sport
Puyol : 10 saisons, 11 souvenirs
1995 : À la Masia, la nuit et sur la pointe des pieds
Deux semaines de tests, et après une rencontre à Sallent, Vilaseca m'a proposé de signer. Je
me suis rendu dans les bureaux avec Sostres. Dans la salle annexe il y avait Meho Kodro, qui
attendait pour la même chose. J'ai signé à 17:00 et nous sommes allés dîner pour le fêter. A
cause de la tension, j'ai eu des douleurs horribles au ventre. Il était 23:00 lorsque je
suis arrivé à la Masia et il faisait déjà nuit. Je suis entré dans la chambre sur la pointe
des pieds pour ne pas réveiller mes compagnons. J'ai commencé à penser comment j'allais
m'adapter à cette nouvelle vie. Je n'étais jamais sorti de la Pobla et j'étais impressionné.
1996 : Le premier titre, ma fiancée Agnès et Ronaldo
Mon meilleur souvenir est le titre de Coupe du Roi que nous avons gagné avec l'équipe
junior qu'entraînait Martínez Vilaseca, le technicien qui m'a recruté. La finale était
disputée à Saragosse, un car entier de supporters de La Pobla est venu et j'ai marqué un
but. Ce fût la fin d'une saison splendide. C'est également l'année où j'ai rencontré Agnès,
mon actuelle fiancée. Nous ne sommes pas sortis ensemble de suite mais quelques années plus
tard. Nous nous sommes connus au Camp Nou. Elle avait sa place en Latéral Second Gradin où
nous allions, ceux de la Masia, parce que depuis cette zone du Camp Nou on voyait très bien
le jeu. Cette année nous avons profité du football de Ronaldo.
1997 : Adieu à la Masia, une expérience sans égal
Cette année je suis monté au Barça B et j'ai debuté au Mini Estadi avec un but. Ca s'était
bien commencer ! A cette époque, j'ai quitté La Masia et j'ai été vivre dans un appartement
en location avec Felip et Molist, avec lesquels j'ai passé de grands moments. Quitter La
Masía a été un pas de plus dans ma formation. C'était comme commencer à écrire ma propre
histoire après de magnifiques années dans ce centre, où j'y étais comme à la maison. En
réalité, passer par la Masia a été l'une des meilleures expériences de ma vie. Cette année
là j'ai commencé à sortir avec Agnès.
1998 : Je me suis dit : “Je ne ferai jamais le saut”
Cette saison a été l'une des meilleures dont je me souvienne car nous sommes montés en seconde
division. Le milieu de terrain était formé par Gabri, Mario, Xavi et moi. Devant se trouvait
Luis Garcia, le vainqueur de la Ligue des Champions. Ce fut une bonne année, pour nous et
pour la première équipe, qui a gagné trois titres avec une grande équipe avec Rivaldo ou
Luis Enrique. Cela fait des années que j'apprends énormément, que je travaille pour atteindre
l'objectif : monter en équipe première. C'était un défi que j'estimais très difficile, je ne
voyais pas de raisons d'être optimiste, mais tout le contraire puisqu'on ne comptait pas sur
moi même pour s'entraîner. De plus, avec la loi Bosman, de nombreux étrangers sont arrivés.
1999 : Le moment est arrivé
En seconde division, nous avons effectué une pauvre première phase aller. Avec la loi Bosman
sont arrivés de nombreux étrangers en équipe première et beaucoup d'équipes de seconde
division se sont renforcées avec des joueurs nationaux. Nous étions une équipe très jeune et
avons perdu la catégorie. À la fin de la saison, je pensais que j'allais continuer dans un
autre club. Je voyais impossible de monter en équipe première jusqu'à ce que Van Gaal soit
resté sans joueurs à cause des rencontres des sélections. Il a appelé plusieurs joueurs du
Filial et il s'est fixé sur moi. Le 2 octobre 1999, j'entrais à la place de Simao dans une
rencontre à Valladolid (0-2). Ce fut le jour de mes débuts, le plus beau jour de ma vie.
2000 : Cartes postales de Sydney ; un portait d'Eto'o
Le meilleur de l'année je l'ai vécu loin du Camp Nou. La saison 99-00 s'est achevée sans
titre et au début de la suivante je suis allé aux J.O. de Sydney. En finale nous avons
retrouvé le Cameroun d'Eto'o. Nous avons bien commencé, avec un 0-2, mais Samu nous a fait
une belle parade et a conduit son équipe vers la victoire. Nous sommes restés par terre,
mais ensuite tu estimes que ce n'est pas mal. En retournant chez moi, je me suis rendu compte
qu'il n'y avait pas beaucoup de paix au Barça. J'ai terminé l'année de la pire manière
possible : par une opération du genou le 20 décembre.
2001 : Guardiola s'en va
C'est l'année où Pep s'en va, une personne très importante dans le vestiaire, le premier
leader que j'ai connu au Camp Nou. Tout le monde l'écoutait, car il était très respecté. Ce
fut un premier exemple en tant que capitaine. Je n'ai jamais pensé que je pourrais un jour
lui succéder, mais j'admets que j'ai appris des choses venant de lui que je mets en pratique
maintenant. La saison a démarré avec Rexach comme entraîneur. Au début, je n'ai pas beaucoup joué,
mais lorsque j'ai réussi à me faire avec un poste, je ne l'ai pas lâché de toute la saison.
2002 : Les meilleures joies, loin du Camp Nou
Mon rendement dans cette saison fut si bon que Camacho m'a emmené avec la sélection au
Mondial. Mon meilleur souvenir de la saison où Van Gaal est revenu sur le banc est ma
nomination comme troisième capitaine, avec Luis Enrique et Cocu. Cela m'a fait énormément
plaisir, j'avais énormément envie de faire quelque chose d'important, mais les événements
allaient tourner mal. Le club avait touché le fond.
2003 : Rijkaard change le cap
Le Barça subit un important changement avec les élections à la présidence. On met un point
final à de nombreuses années de mandat avec Núñez et Gaspart. La nouvelle direction recrute
Ronaldinho et Rijkaard, deux personnes essentielles dans la métamorphose du club. Ronaldinho
restitue l'espoir au socio. La saison commence mal et, quant aux résultats, on ne peut pas
dire que 2003 fût bon, mais les bases pour un avenir prometteur sont acquises. La
contribution de l'entraîneur a également été importante, parce qu'il a apporté de la
tranquillité au vestiaire et il a changé le cap.
2004 : La victoire au Bernabéu
Nous finissons la saison de la meilleure manière possible, avec une série de victoires
impressionnante. L'équipe s'est accrochée à Ronnie, qui tire le navire. La victoire au
Santiago Bernabéu a été spécialement savoureuse, parce qu'elle nous rapprochait de la
seconde place. Nous finissons la saison et avons déjà le souhait de commencer la
suivante parce que les sensations ont été très bonnes. L'été arrive et la direction recrute
bien, très bien. Si une chose a été correctement effectuée par la nouvelle direction, ce
sont les recrutements. Impossible de faire mieux.
2005 : La fête dans l'autocar
C'est l'aboutissement d'un souhait que j'ai attendu tant d'années : la conquête du titre de
Liga. De tout ce que j'ai vécu tout au long de toute cette année, je reste sur la joie des
gens. Cela me remplissait d'espoir, mais quand tu vois les visages rempli de joie du public,
qui te remercie pour ce que tu as fait, c'est magnifique. Avant j'étais celui qui sortait
dans la rue pour fêter les titres ; maintenant, enfin, je peux le fêter à nouveau, mais
cette fois en tant que joueur.
Source : Sport