En Une | Champion's League | mercredi 23 février 2011 à 18:05
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Les matchs de Champions League sont de retour, et les questions de financement qui lui sont associées le sont aussi.
Ce n’est pas un simple hasard du calendrier qui a poussé l’agence de comptabilité Deloitte à publier ses chiffres annuels concernant les finances footballistiques au moment de la reprise des matchs de la Champions League. Et il est peu surprenant de voir que 13 des 16 clubs présents aux huitièmes de finale soient parmi les plus riches d’Europe.

Les exceptions étant le F.C. Copenhague et le Shakhtar Donetsk, et, pour le moment, le FC Valence, une équipe dont les finances restent plombées par les coûts faramineux, qui furent engendrés par la construction de son nouveau stade le Nou Mestalla.
Copenhague est une équipe forgée par des forces scandinaves axées sur deux recrues brésiliennes, Claudemir et César Santin, et d’un attaquant sénégalais, Dame N’Doye.
L’autre équipe, celle du Shakthar, appartient au plus riche entrepreneur d’Ukraine.
Pour le reste, les tentatives du président de l’UEFA Michel Platini de créer une compétition plus équilibrée, ne fait que renforcer l’idée des "riches qui deviennent plus riches" et d’une monopolisation croissante de la compétition par une poignée de clubs.

Nous sommes peut-être sur le point de réaliser que les dernières romances épiques de la grande époque du football se déroulent actuellement sous nos yeux. On ne pourra peut-être plus jamais revoir deux clubs comme Arsenal et Barcelone s’affronter avec deux formations majoritairement issues de leur propre centre de formation, de la manière dont elles le font en ce moment.
On sera peut-être en train de se souvenir avec nostalgie d’un âge d’or où des manager comme Alex Ferguson puissent rester 25 ans à entraîner une équipe comme Manchester United, en faisant jouer des joueurs comme Ryan Giggs et Paul Scholes 20 ans après les avoir remarqué en tant que gamins.
Nous sommes sûrement impatients de voir Arsenal affronter Barcelone, pas simplement parce qu’ils ont largement formé ce qu’ils mettent sur le terrain, mais aussi parce qu’ils ont eu la patience d’infuser une certaine beauté en même temps que les caractéristiques athlétiques requises pour un tel niveau de compétition.
Pourquoi regarder en arrière? Pourquoi être si pessimiste? Pensez tout simplement aux millions, non, aux milliards nécessaires pour faire tourner les machines d’aujourd’hui.
Selon le cabinet Deloitte, le Real de Madrid et le FC Barcelone sont les têtes de liste des clubs engrangeant le plus de revenus, avec respectivement 439 millions d’euros et 398 millions d’euros. Manchester United, le Bayern de Munich, Arsenal, Chelsea, l’AC et l’Inter de Milan suivent avec Liverpool pris en sandwich entre les deux clubs italiens.
Manchester City, avec son pétrole du Golfe ne tardera pas à pointer le bout de son nez. Si des accords étaient trouvés, le Qatar pourrait un jour se payer les 1,6 à 1,8 milliards de Livres Sterling de la dette Manchester united que détienne la famille Glazer.
Le Qatar qui s’est payé les droits de a Coupe du Monde 2022, possède aussi une part importante dans les finances de Barcelone à présent. La Qatari Foundation sera malheureusement le sponsor principal du maillot barcelonais au côté de Nike, en reléguant ainsi l’Unicef de la poitrine au bas du dos.

Exemple de maillot non officiel
Mais c’est surtout les droits télé qui propulsent le Real de Madrid et Barcelone au top de cette liste des clubs les plus rentables. En effet les géant espagnols continue à négocier ces droits télé de manière individuelle, en se séparant du reste de leurs rivaux domestiques, ce qui leur assure des millions et des millions au-delà de tout ce que pourrait espérer les clubs de leur championnat, ou même leurs adversaires des championnats en dehors d'Espagne.
Le Bayern de Munich possède aussi une part d’exclusivité dans les négociations des droits TV et de marketing. Le Milan AC possède la couverture médiatique des chaînes de télé de son président Berlusconi et de ses avantages politiques. L’Inter s’appuie quant à elle, sur l’immense fortune pétrolière de la famille Moratti, et la volonté de Massimo Moratti de puiser dans les ressources familiales pour recommencer ce que son père avait fait avec son Inter des années 60.
Platini parle avec on cœur lorsqu’il essaye de persuader les clubs européens de revenir à une situation financière plus saine que celle où l’argent est roi, qui nous fait croire que seul l’argent peut nous ramener des titres.
J’ai adoré le voir évoluer sous les couleurs de l’équipe de France, et je prends plaisir à parler football avec lui.
Il est un homme sincère, mais qui malheureusement à l’air d’être aveuglé par sa passion.
Michel Platini a après tout, quitté sa France bien aimée pour jouer à la Juventus lorsque son propriétaire Gianni Agnelli, inonda le club de la fortune de l’empire automobile Fiat.
Agnelli est mort. Et il ne reste plus beaucoup d’hommes de sa trempe à présent.
Un copie d’Agnelli serait probablement Roman Abramovic. Ce qui a pu pousser le Russe à acheter le club londonien de Chelsea en Juin 2003, personne ne doit le savoir.
Mais ce ne fut certainement pas un brin de folie passagère car Abramovic est toujours là, à gaspiller sa fortune dans cette équipe, toujours en train de lorgner sur le seul trophée que Chelsea n’a jamais pu remporter : la Ligue des Champions.
Le 31 janvier dernier, son club a annoncé une perte sèche annuelle sur l’exercice 2010 d’à peu près 83 millions d’euros…
La nuit de ce même jour, il accepta de payer un montant équivalent à cette dette pour s’offrir les services de Fernando Torres de Liverpool et de David Luiz de Benfica.
Abramovic n’a apparemment pas encore eu le temps de les voir évoluer sous les couleurs de son équipe. Torres pourrait en être soulagé au vu de ses dernières piteuses prestations. David Luiz a sûrement apporté une touche brésilienne dans la défense, même s’il a concédé un penalty face à Fulham ce Lundi.
Néanmoins, Torres et David Luiz feront plaisir à leur maître si à la fin du mois de Mai, ils amènent Chelsea en finale de Ligue des Champions au stade de Wembley. Leur seigneur sera assez aimable pour accorder une nouvelle fois ses indulgences à son équipe. Les derniers chiffres publiés en Russie montrant qu’il a effectué une année pleine en termes de finances, ces dernières s’élevant à prêt de 17,1 milliard de dollars chez l'oligarque.

Cependant s’il devait croiser le chemin de Platini, il aura quelques explications à fournir. L’année dernière, il a personnellement soutenu la campagne de Platini qui s’axait sur un assainissement des finances des clubs participant à la Ligue des champions et à la Ligue Europa.
En effet à partir de la saison prochaine, l’UEFA va imposer des mesures qui excluront des compétitions européennes les clubs qui dépensent plus que ce que leurs revenus sportifs leur permettent de dépenser. Chelsea a testé une cure d’austérité qui s’est soldé par une écroulement sportif désopilant, avant de se précipiter pour la dernière démarque des soldes de Janvier.
L’ambition personnelle et la fierté ont, semble-t-il, eu raison de l’éthique du russe qui lui imposait de se tenir aux côtés des réformes financières de l’UEFA.
Un Barcelone légendaire, un Real néo-galactique, un Manchester City en station-service, la possibilité de voir United émigré vers le Golfe Persique (où il fait meilleur qu’au nord de l’Angleterre il faut l’avouer) ont peut-être pesé sur la conscience du russe.
Après huit années dans les affaires, il veut toujours être compétitif. La mauvaise nouvelle pour lui, comme pour tout les propriétaires des clubs anglais, et pour tout les opportunistes venu des quatre coins de la Terre (surtout des quatre coins du Moyen-Orient en ce moment…) c’est que personne ne pourra acheter le style de Barcelone dans un magasin où les clubs se vendent à gogo.
Montrer moi un milliardaire avec la patience d’attendre une équipe avec des joueurs tels que Xavi, Messi, Iniesta, Puyol, Piqué, Pedro que l’on a accompagnés dès leur plus jeune âge jusqu’à ce qu’ils deviennent de véritables champions, et là on pourra peut-être dire que l’argent peut tout acheter.

Source: New York Times
Posté par Kikujiro
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