Chronique | Liga | lundi 1 septembre 2008 à 07:54  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Comme l'année dernière, le Barça a montré un bien triste visage loin de son antre lors de son déplacement sur la pelouse du promu Numancia (1-0). La Liga démarre mal.

Les faits et le jeu

Cela aurait dû être le match de la reconquête. Pas encore celle des titres naturellement, mais celle des esprits. « Nous revoilà ! ». Voilà ce que l’on aurait aimé pouvoir lire sur les lèvres des Blaugranas à la fin de ce match. Histoire de tourner la page du printemps qui avait vu le club sombrer dans le pathétique le plus abyssal (déroute à Bernabeu).

S’il est trop tôt pour enterrer ce cru 2008-2009, il est déjà temps de se poser des questions. Le jeu déployé ce dimanche face à une équipe de Numancia très limitée n’a été qu’un long et éprouvant copier collé de celui déployé lors de la plupart des matches à l’extérieur de la fin de l’ère Rijkaard-Ronaldinho. Des joueurs statiques, jouant chacun leur bout de partition dans leur coin ; une absence totale de changements de rythme et de grinta pour enflammer le match et asphyxier l’adversaire ; des erreurs défensives stupides et des attaquants au mieux malchanceux, au pire très maladroits. Le Barça aurait pu jouer comme ça pendant trois jours sans marquer. Du déjà vu en somme.

Il faut dire que le onze de départ marquait tout sauf une rupture. Hormis Daniel Alves à la place de Zambrotta dans le couloir droit, c’était en gros la même équipe que celle qui avait piteusement pris 12 points lors des 10 dernières journées de la saison passée : Valdes dans la cage, avec devant lui la charnière Marquez Puyol et Abidal à gauche, le trio Touré - Xavi - Iniesta au milieu et la triplette Messi - Eto’o - Henry en attaque, la rupture n’était pas flagrante.

Etonnant pour une équipe dont le Président a dépensé à l’intersaison plus de 80 millions d’euros pour la renforcer. On notera que ce recrutement a été essentiellement défensif (Caceres, Piqué, Keita sans oublier la blague du Brésilien inconnu acheté 15 millions et prêté en Allemagne…) et non offensif (Hleb et dans une certaine mesure Daniel Alves). Deco parti retrouver sa faim de victoire à Londres et Ronaldinho parti perdre ses kilos et gagner 5 secondes au 100 mètres à Milan, la priorité n’était visiblement pas de les remplacer… Sacré pari que de tout miser à nouveau sur Henry à gauche et sur le duo Xavi-Iniesta… Mais après tout, le problème était peut-être l’entraîneur : le « laxiste » et « sans idée » Frank Rijkaard ayant été invité à prendre une année sabbatique, l’ancienne gloire Josep Guardiola était appelé à la rescousse pour redonner cohésion, envie et discipline. On se gardera bien de juger l’impact de Guardiola sur le vestiaire. Pour ce qui est du coaching, par contre, un étourdi n’aurait pas vu beaucoup de changement si ce n’est l’autorisation donnée à Messi de déserter son couloir (ce qui n’a pas franchement été une réussite).

Le match contre Numancia commença comme prévu par une monopolisation du ballon par les techniciens blaugrana. Rien de bien percutant toutefois si ce n’est une volée complètement ratée de Samuel Eto’o à la 10ème minute. Dominés à défaut d’être secoués, les promus se hasardaient à jouer le contre : sur un ballon perdu par Alves au milieu, les locaux développaient une action sur l’aile gauche qui se concluait par une frappe puissante de Mario, libre de tout marquage - Abidal ayant comme trop souvent mieux à faire - et prompt à fusiller un Valdes à la sortie peu convaincante. 1-0 à la 13ème minute, difficile de faire plus désastreux comme départ. Le Barça essayait néanmoins de réagir rapidement via Henry servi par Messi dans l’intervalle (15’) puis par Eto’o à 20 mètres (17’), mais le premier trouvait le gardien et le second la barre transversale. La suite de la première mi-temps voyait les locaux recroquevillée aux abords de leur surface attendre tranquillement que les vaguelettes blaugrana ne se brisent les unes après les autres, malgré un Messi remuant mais incapable de vraiment faire la différence.

La seconde mi-temps marquée par les entrées de Hleb (pour Touré, 57’), Bojan (pour Henry, 62’) et Keita (pour Iniesta, 66’) voyait le même scénario se répéter. Le Barça semblait même de plus en plus incapable de mettre en danger le portier Juan Pablo au fut et à mesure que les minutes s’écoulaient. Et il fallut attendre la 86ème (tête mal ajusté de Eto’o) et surtout la 92ème minute (poteau de Messi sur coup franc) pour voir enfin des occasions franches. Triste ouverture de Liga pour le Barça rattrapé par ses vieux démons (possession de balle stérile, rythme monotone, absence d’animation offensive collective). Si le problème de l’apport des latéraux à l’animation a peut être trouvé un début de solution avec le recrutement à prix d’or de Dani Alves, celui de la transmission milieu-attaque reste entier. Les Ronaldinho et Deco des années 2004-2006 continuent de faire défaut à cette équipe.

Le Real ayant comme chaque année chuté chez sa bête noire galicienne du Deportivo La Corogne (17 ans que les madrilènes n’ont plus gagné au Riazor), l’avertissement peut être considéré sans frais. A moins que les adversaires ne soient plus nombreux qu’à l’accoutumée et se nomment Valence ou l’Atletico… Le Barça n’a déjà plus de temps à perdre.


Les joueurs

Valdes : 4
Peu sollicité, il a effectué une sortie un peu kamikaze face à Mario sur le but.

Alves : 3,5
Il perd le ballon qui amène le but de Numancia. Son apport offensif a été décevant. Il n’a jamais combiné avec Messi du fait du positionnement de l’Argentin, et ses centres, quand ils étaient bien ajustés, n’ont pas trouvé preneur.

Puyol : 4,5
Prestation sans relief particulier. De très rares incursions offensives.

Marquez : 4,5
Face à une équipe jouant très regroupée, il n’a pas eu beaucoup de travail. Il n’a pas apporté la lumière de la tête ou par son jeu long.

Abidal : 3,5
Son placement est suspect sur le but de Mario. Ses incursions offensives ont été bien trop discrètes dans un match qui demandait aux défenseurs de se dépasser.

Touré : 4
La tour de contrôle n’avait pas grand-chose à contrôler. Remplacé logiquement par Hleb afin de donner plus d’allant offensif à l’équipe. Chose que le Biélorusse a été globalement incapable de faire…

Xavi : 4
Comment trop souvent il a joué sur un faux rythme. Face à un double rideau très resserré et gêné par un Messi très axial, il n’a pas donné de verticalité au jeu.

Iniesta : 3
Dans la lignée de son Euro décevant, Iniesta a été fantomatique. Aucun drible, aucun décalage. Remplacé par Keita qui n’a rien apporté, pas même sa frappe de balle.

Messi : 4,5
Son positionnement proche de celui qu’il a en sélection n’a pas convaincu. Il a participé à l’embouteillage dans l’axe sans créer de véritables décalages. Un poteau en fin de match.

Eto’o’ : 4
Maladroit dans la finition, il n’a pas beaucoup pesé.

Henry : 4,5
En jambe en première mi-temps, il a toujours du déchet dans ses derniers gestes et des difficultés à se positionner vis-à-vis de ses partenaires. Remplacé par Bojan.


Fiche technique :

Numancia : Juan Pablo - Cisma, Palacios, Boris, Juanra, Nagore - Moreno, Bellvis, Mario (Felipe G. 83'), Barquero (Del Pino, 64') - Brit (Alvaro, 59').

FC Barcelone : Valdés - Alves, Puyol, Márquez, Abidal - Xavi, Touré (Hleb, 57'), Iniesta (Keita, 66') - Messi, Eto'o, Henry (Bojan, 62').

Arbitre : Fernández Borbalán.
Avertissements : Puyol (41') ; Eto'o (79')

But :
1-0, Mario (13')

Crédit photo : sport.es


Posté par javito
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