
La Coupe de l'UEFA a été la vitrine européenne du FC Barcelone 1977-1978. L'équipe, dirigée par Marinus Michels, avait commencé en force : 5-1 face au Steaua au Camp Nou et 1-3 à Bucarest. Dans la deuxième éliminatoire (seizièmes de finale) le AZ’67 a mis en difficulté l'équipe catalane. Match nul à Alkmaar et nouveau match nul (1-1) à Barcelone. Les penaltys, finalement, ont allumé le feu vert pour les Catalans (5-4).
En huitièmes attendait à présent Ipswich Town de Bobby Robson. Un des pires adversaires... A Portmand Road el Barça a été balayé du début jusqu’à la fin. Le 3-0 était un score fleuve qui, au vu de la rencontre aller, semblait impossible de remonter. Il fallait faire appel à la magie du Camp Nou pour continuer à vivre en Europe...
Le rendez-vous a été le mercredi 7 décembre et, a priori, rien ne faisait présager un miracle. Le Barça venait de perdre 2-3 à domicile devant le Real Madrid et le froid et la pluie s’étaient donnés rendez-vous au Colisée barcelonais. À peine 25.000 spectateurs dans les gradins. Du ciment et des parapluies. Et beaucoup d'eau. Trop... Mauvais pour la pelouse.
La rencontre fut un check-up du coeur des socios et socias qui sont venus au stade. Souffrance à l’état pur. Agonie du début jusqu’à la fin. Une rencontre qui, pour ceux qui l'ont vécu, ne pourra jamais être oubliée.
Mais plus il y avait d'adversités, plus le FC Barcelone a joué avec courage. L'équipe était en dette avec le public après la défaite devant l'équipe madrilène et une nouvelle déroute au Camp Nou, qui signifierait l'adieu à l'Europe, aurait été une punition imméritée pour les socios.
Le ballon est en jeu
Marquer un but en première période était une partie de la stratégie à suivre pour que le moral du groupe ne baisse pas. Cruyff s'était chargé de réaliser une partie du scénario. Le Hollandais, à la 21’, a repris de la tête un corner et a rompu le verrou anglais. Un tiers du travail était effectué...
Le repos est arrivé avec l'avantage sur le score minimal, mais l’équipe s’était vidée, avait tout laissé, et s’est unie pour reprendre des forces pour donner le meilleur d’elle-même. De fait, si le Barça avait bénéficié d’un peu plus de chance, ou de précision, il aurait pu résoudre l'éliminatoire dans le premier acte.
Quoiqu’il en soit, la deuxième période a été une continuation de la première. Un Barça lancé vers les buts anglais pour augmenter le score, à la recherche d’au minimum 3 buts. Ainsi, le 2-0 s’est à peine fait attendre. Ce fut un de ces buts appelés psychologiques, car il est arrivé à une minute de la reprise. But également signé Cruyff, à cette occasion sur un tir à ras de terre, après avoir reçu une passe d'Asensi. L’exploit, avec pratiquement toute la deuxième période à disputer et à un but de l’égalisation, était considéré comme fait.
Mais le Camp Nou devait encore beaucoup souffrir. Le Barça a continué à presser, mais le but libérateur n’arrivait pas. Ipswich, en voyant l'aspect que prenait le duel, a essayé de se soustraire à la pression et de chercher un but, celui du KO, mais la chance n'était pas avec eux cette soirée-là. La reprise du capitaine Mick Mills s'est écrasée sur le montant...
A 3 minutes de la fin, une faute que Clares dans la surface a été sanctionné d’un penalty. Rexach l'a tiré et a établi le 3-0. Le miracle s'était produit et maintenant, en prorogation, il s'agissait de parachever la qualification.
La prolongation n'a rien apporté au tableau d’affichage, les tirs au but sont donc devenus les juges de l'éliminatoire.
Artola tout d’abord et la barre ensuite ont évité que Talbot ne transforme le premier lancer. Rexach a avancé le Barça (1-0). Le tir de Viljoen a été repoussé par Artola. Asensi a marqué le 2-0 et Mills a réduit les distances (2-1). Olmo n'a pas marqué et Woods, a fait de même (il a écrasé le tir sur le poteau gauche). Le Barça, par l’intermédiaire d'Amarillo, avait les quarts de finale à sa portée.
L'Uruguayen n'a pas raté : 3-1. Le délire. Le cinquième penalty n'a pas été nécessaire pour le Barça ni même pour Ipswich Town. L'équipe barcelonaise avait réservé Clares pour le dernier tir...
Quelle soirée ! Le Barça avait écrit une page historique dans les eurotournois.
Robson et Michels, duel sur le banc...
Les entraîneurs d’Ipswich Town et du FC Barcelone, Bobby Robson et Marinus Michels, avaient connu leur duel particulier sur le banc. Le Hollandais avait gagné. “Il est sur que n’importe quel entraîneur serait devenu fou avec autant de tension”, avait-il dit. Robson lui s’était plaint de l’arbitre.