Actualité équipe | El Soci Opina | jeudi 1 mars 2007 à 14:40  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Non, ceci n'est pas un article sur le dernier film de Ken Loach, récompensé de la palme d'or à Cannes. Néanmoins, et même si nous allons parler d'un art complètement différent, nous allons rester dans l'élite de la beauté, celle du football, en parlant du Futbol Club de Barcelona...

Le vent se lève… Car oui, pour eux, le vent se lève. Il aurait été possible de dire qu’il tourne, mais au vu des très mauvaises prestations des dernières semaines, on peut en toute objectivité dire que ce vent n’existait pas, ou plus. De quel vent parlons nous ? Nous pourrions lui donner plusieurs noms, en effet. Le vent de la revanche. Car hier soir, le Barca a en effet gagné une manche où tout le monde les voyait perdants, remportant par là une revanche inoubliable.

Tout d’abord, contre les médias, qui ont tous déjà condamné le club de Laporta. Ensuite, contre le Real Saragosse. Avant que Frank Rijkaard n’arrive au Barca, Zaragoza était déjà un adversaire en général – et en particulier en coupe – très difficile. Après l’arrivée du technicien batave, celle-ci est devenue la bête noire de l’équipe blaugrana. Et cette fois, le doute n’était plus possible, c’était réellement en coupe, que l’effectif de Saragosse détruisait, chaque année, un rêve catalan.

Les aficionados peuvent il réellement oublier les larmes de Ronaldinho, expulsé injusteusement au Camp Nou et refusant de quitter le terrain ? Difficilement… Lors des beaux jours blaugranas, Zaragoza était toujours ce nuage, cet orage voilant le tableau parfait du football barcelonais. Mais voilà. Aujourd’hui, et même sans « l’aide » du club dirigé par Victor Munoz, le ciel est sombre. La pluie n’est pas encore tombée, mais presque. Jusqu'à mercredi 28 février, 21h30, elle restait proche. Et, il y a huit jours de cela, face à l’équipe de Liverpool, certains avaient juré ressentir les premières gouttes… Et tous savaient pertinemment que si les gouttes se mettaient à tomber, ce serait l’inondation. La mort du Barça.

Face au club anglais de Gerrard, les catalans avaient cru voir un arc en ciel, dans ce paysage nuageux. L’illusion disparut vite. Un but de Bellamy, et un autre de Riise remirent tous les nuages à leurs places, malgré le bel effort du portugais Deco en début de match pour les enlever – ne serait-ce que temporairement – du paysage blaugrana, plus du tout habitué à vivre des journées aussi grises. Mais encore une fois, et ce malgré les tentatives anglaises, et l’impuissances des catalans, la pluie n’était pas tombée. Si proche, et pourtant, si loin…

Le vent de la renaissance. Car au jour d’aujourd’hui, Barcelone a montré qu’elle n’avait pas dit son dernier mot. Ici, on n’aime que le soleil. Et les joueurs semblent déterminés à le retrouver. Parmi eux, un certain Samuel Eto’o… auteur des premiers éclairs au dessus du Camp Nou. Mais ne parlons plus de cela, c’est du passé.

Aujourd’hui, seul le présent et le futur compte. Et cela, l’attaquant camerounais l’a bien compris. Face à Bilbao, ce dimanche, il a offert au Barça une prolongation des vacances de trois jours, avant de devoir vivre un véritable parcours de combattant à nouveau. Avec son but, son pressing, et sa passe décisive, Eto’o a donné un nouveau souffle au Barca. Mieux, il a permis au socios de ne plus écouter les médias, et de laisser leurs cœurs parler pour leurs raisons, annonçant par la le retour du bon temps.

Que Marca, l’ Equipe le veuillent ou non… Néanmoins, un doute subsistait. Ce match n’était il rien d’autre qu’un sursis, ou tout simplement un renouveau ? Le club allait vite le savoir. Et la réponse, donnée hier soir par deux canteranos, Xavi et Iniesta, fut des plus claires. Le renouveau est (sûrement) en route… Le vent du fantastique : face à Bilbao, Ronaldinho et Eto’o ont sonné le réveil. Tout d’abord, en montrant que les divergences du passé étaient bien moins importantes que l’intérêt du futur. Ensuite, en offrant un match tout simplement exceptionnel, le brésilien ayant offert de sévères maux de têtes à la défense basque par ses dribbles, ses passes et sa vision du jeu hors norme. Le second, en maintenant un pressing sans relâche, en jouant avec toute la bonne volonté du monde, et en marquant et offrant des buts montra qu’il était un élément capital de cette formation qui était loin d’avoir baissé les bras. L’on se souviendra surtout de leur performance, mais que dire des autres joueurs ? Que dire d’un Giuly, qui, moins bon ces derniers temps offrit une performance digne de sa plus belle époque de footballeur… Iniesta et Xavi, eux, se contentèrent de transformer le football en une symphonie, se plaçant tout deux en chefs d’orchestres, offrant balles léchées à gauche, et dribbles majestueux à droite. Et que dire de Thuram, finaliste de la Coupe du Monde et relégué sur le banc qui, malgré tout cela, continue d’offrir des performances de haute volée a chaque fois qu’il joue.

Oui, ce dimanche soir, le Barca avait retrouvé sa magie, sa fantaisie, sa beauté. Les quelques sifflets à l’encontre de l’équipe, et en particulier Ronaldinho, se sont très vite transformés en clameur unanimes de la qualité de jeu proposée par les onze joueurs sur le terrain. Le vent de la révolte. Mais ce n’était pas assez. Bilbao restait le hors d’œuvre d’un repas pour le moins copieux ; débuté la semaine précédente avec Valence et Liverpool, celui-ci se prolongeait après Bilbao avec Saragosse, Seville, Liverpool de nouveau, et ... Madrid. Un menu qui en aurait fait pâlir beaucoup. Pas les catalans.

Face à mercredi, le premier signe a été montré par Xavi, au bout de dix-huit minutes de jeu. « Nous sommes la ». Le second, lancé seulement huit minutes plus tard par Iniesta fut tout aussi fort. « Et nous resterons la. » Les adversaires sont prévenus. Car, n’oublions pas de garder un minimum d’objectivité, le match du Barca face à Saragosse mercredi fut loin d’être la plus grande partie jamais jouée par ce groupe. En particulier, les quarante-cinq dernières minutes. Il y eut des erreurs, des approximations, des déchets. Mais avant tout, il y eut une chose que l’on avait cru à certains moments oubliée à Barcelone : de l’envie. Et cela, personne ne pourra le réfuter. Le Barca a joué à 200%. Cette équipe n’a rien lâché. Et heureusement. Car ce vent de la révolte sera bien nécessaire lors de la prochaine quinzaine.

A Séville, tout d’abord, il faudra assumer son statut de leader de la Liga et répondre présent à un grand rendez vous, ce qui a clairement fait défaut aux Blaugranas depuis le début de la saison. Et quel que soit le résultat de la rencontre, le constat restera le même pour le match suivant : il faudra mettre deux buts en terres anglaises. Face à une des meilleures défenses d’Europe, et dans un des stades les plus mythiques. Et cette fois-ci, le Barca n’aura pas d’excuses. Sans suspendus, sans blessés et sans problèmes internes, le club n’aura pas le droit de montrer le visage de ces derniers mois. Nous aimons tant celui de la dernière semaine, alors pourquoi lui dire au revoir si tôt ? Le vent se lève. Les vents se lèvent. Celui de la renaissance, celui du révolte, celui du fantastique… Mais aussi, ceux du courage, de la volonté, de la magie. Tous ceux qui nous avaient amenés à Paris l’année dernière, un certain 17 mai… Une chose est sure : A Anfield, tous les culés prieront pour la tempête…


Posté par tendaifcb
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