Chronique | Cruyff | lundi 28 septembre 2009 à 15:42  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le plein total de 15 points obtenus par le Barça et le Real Madrid lors des cinq premières journées de Liga apporte la preuve et annonce aux autres équipes du championnat que nous assisterons cette saison à une lutte acharnée entre les deux grands pour gagner le titre.

 
Par son côté répétitif, le football cesse de me surprendre. Et je ne me rapporte pas là au football qui est vu sur le terrain de jeu, mais celui qui existe bien plus haut, celui des coulisses et des bureaux. Valence et l'Atlético Madrid se sont affrontés lors de la cinquième journée de Liga - : la cinquième ! - avec leurs entraineurs respectifs, les controversés Unai Emery et Abel Resino. Et que retient-on de ce face à face au Mestalla. Le résultat final : un match nul.
Alors que fait-on ? On les jette tous les deux parce qu'aucun n’a gagné ? On les sauve tous les deux parce qu'aucun n’a perdu ? Ce que l’on considérait comme bon il y a quelques mois ne vaut plus rien maintenant, ou on le discute à présent. C’est absurde : s'il est mauvais aujourd’hui, il l'était déjà en mai. Et s’il était bon en mai, maintenant, après quatre ou cinq journées, il ne peut être horrible. Avant de tuer le seul qui dispose d’un titre, l’entraineur – aucun diplôme n’est nécessaire pour être président ou directeur technique– regarde toi d'abord. Regarde ce que tu as fait pour renouveler l’effectif : qui tu as vendu, qui tu as fait signer, qui tu as conservé dans l'équipe.
Ces cinq premières journées, sur le plan numérique, sont très trompeuses. Sans confrontations directes de leur part, aucune équipe, excepté le Barça et Madrid, n’est parvenue à engranger la totalité des points mis en jeu. Additionner 15 points sur 15 est hors de toute moyenne. Il peut être exigé d’une grande équipe qu’elle remporte 70% des points. Le mérite, si elle y parvient, est déjà énorme. Par conséquent, si c’est ce qu’exigent des équipes telles que Valence et l’Atlético Madrid, se retrouver en haut du classement, les chiffres sont aujourd’hui effectivement inférieurs à cette moyenne. Être à 7 (Valence) et 12 points (Atlético) ) des leaders serait envisageable à un stade plus avancé du championnat. Jamais après la cinquième journée.

Démarrage spectaculaire
Par conséquent, la conclusion est double. Il y a deux équipes qui ont démarré sur les chapeaux de roue, avec Séville comme seule exception, le reste des équipes a lui commencé ce championnat en abandonnant des plumes dans la bataille. Et plus les deux leaders tarderont à perdre des points, pire cela apparaitra pour les autres. Et pire ces équipes se verront elles-mêmes.
Il est encore tôt, évidemment, pour réduire cette Liga à deux équipes. Mais si on se réfère à comment ils sont, l’effectif dont ils disposent et ce qu'ils ont fait tous les deux lors des dernières saisons, nous ne pouvons imaginer une Liga avec un autre champion que le Barça ou Madrid. Celui qui en est le moins persuadé et qui, par conséquent, fournira le plus d’effort, journée après journée, en sortira champion.
Le premier qui croirait que les buts en sa faveur lui sont dus et que ceux du rival tombent du ciel connaitra des problèmes. Pour des raisons différentes, l'un, pour avoir tout remporté la saison dernière, l'autre pour avoir engager tous, ou presque tous les meilleurs, Le Barça et Madrid sont le caramel que tous veulent manger un jour. Si cela ne s’est pas encore produit jusqu’à maintenant c’est parce qu’aussi bien l’un que l’autre ont été supérieurs à leurs adversaires.
Une autre chose est la voie choisie pour arriver à la victoire. Pour l'instant, et parce que nous sommes encore au tout début de la compétition, sans nouveauté en attaque, le Barça maintient son pari du jeu collectif et de la possession du ballon. Une possession pensée, pour ne pas avoir de problèmes en défense et créer des espaces et de la supériorité en attaque, tandis que Madrid est accroché lors des rencontres et ne doit son salut qu’aux exploits individuels de ses joueurs. Si ce qui importe sont les points, les buts inscrits et ceux encaissés : Match nul technique. Chiffres en main, il peut difficilement y avoir une égalité plus importante. Aujourd'hui, être leader ou cesser de l’être ne dépend que d’un seul but. Un but de plus en faveur ou contre soi. Toutefois, le football est régi par d’autres critères intangibles. Et ceux-ci, tôt ou tard, finissent toujours par apparaitre. Surtout dans une aussi longue compétition que la Liga.

Aucun cadeau
La croyance que l’adversaire sortait battu d’avance est le meilleur compliment qui peut être adressé quant aux cinq rencontres déjà disputées. Parce qu'ici personne n’a rien lâché. Parce qu'ici aucun adversaire n’a été mauvais. Et parce que c’'est la marque évidente que ce que tu as fait, tu l’as très bien fait. Sans mettre des noms aux rivaux croisés par le Barça, nous entendions déjà cette affirmation la saison passée. Tant que cela n’arrive pas aux oreilles des joueurs -ou si cela arrive, qu’ils n’en croient pas les grandes lignes - tout le monde est libre de penser ce qu'il veut. À Malaga on disait exactement la même chose, à savoir que le Barça gagnerait par 0 à beaucoup. Le zéro, parce que incapable de s’installer dans le camp adverse sans réaliser de combinaisons parfaites, ce que Malaga n’a réalisé à l’arrivée qu’une unique fois en 90 minutes. Beaucoup, parce que les buts d'Ibrahimovic et de Piqué ont bien été inscrits et peuvent paraitre peu, mais que beaucoup d’autres auraient pu l’être.
L'arbitre a beaucoup joué sur le sort de la rencontre en sifflant comme il l’a fait. Au final, c’est au moins celui qui le méritait le plus qui a fini par l’emporter.

Un effectif trop court ?
Et demain, la Champions en vue et une saison qui se conclura par un Mondial en plus. Par conséquent, on ne peut pas s’arrêter et déplacer des pièces. Si j'étais joueur de Barcelone je serais enchanté de faire partie de cet effectif. Trop court ? Surtout avec les blessés ? Pour le joueur qui est apte, il est impossible de penser à une meilleure scène pour jouer, plus tôt que tard, et pouvoir ainsi démontrer toute sa valeur.

Source: Las Claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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