Chronique | Cruyff | lundi 16 novembre 2009 à 21:42
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Dans une rencontre de la sélection espagnole beaucoup de choses font penser à l'équipe Culé. De par son style et ses joueurs. Je ne parle pas seulement d'Iniesta, Xavi, Puyol, Piqué et Busquets ; Silva, Cesc, Mata et Navas ont cet ADN blaugrana.
Jouer en "mode alerte"
"Oui, mais il en fallait peu pour qu’un joueur soit blessé", pourra argumenter quelqu'un. Dans ce type de matchs il y a difficilement des blessés à cause d’un contact. Parce que personne n'est dans les nuages. Cela peut paraître contradictoire, mais dans ces rencontres où l'intensité est maximale, l'attention des joueurs est totale. Et les réactions, plus rapides parce que chacun est en capacité de prévoir les actions du rival, qu'il surveille toujours du coin de l’œil. Quand tu sais d’avance que le tableau d’affichage te sera favorable en allant vers le ballon et en jouant ton jeu, tu es tellement dedans qu’il n’est possible que cette prévention installée en "mode alerte" soit dépassée que si tu entres sur le terrain en faisant preuve d’une authentique mauvaise foi.
Si tu suis le Barça, quand tu vois jouer la sélection espagnole tu reconnais beaucoup de choses appartenant à l'équipe blaugrana. Par son style et par les joueurs qui la constituent. A l’entame de match, cinq joueurs (et cela représente la moitié de l'équipe) culés : Piqué, Puyol, Busquets, Xavi et Iniesta. Auxquels je peux donc ajouter jusqu'à quatre hommes, entre titulaires et remplaçants, dotés d’un style très Barça : Silva, Cesc, Mata et Navas). Par "style Barça" je me réfère à des joueurs de football infiniment plus techniques que physiques et d'une association facile avec le ballon, chacun avec ses qualités individuelles.
S'il est déjà compliqué d’obtenir qu'un club de football, disputant jusqu'à deux matches par semaine, joue d’une certaine manière, l'obtenir avec une équipe nationale est d’autant plus difficile. Là, le mieux est de parier sur le bloc d'une équipe, d'un club. De s’assurer d’un style sur la base d'une colonne vertébrale déjà formée et d’un rendement prouvé et ensuite de se préoccuper de la compléter en choisissant bien les joueurs d’ici et là. Juste ce qu’a fait Del Bosque, qui a même agrandi la liste de joueurs du Barça dans son effectif par rapport à ce que Luis Aragonés avait déjà démarré avec succès.
Modèles uniques
Pour moi, aujourd’hui, l'équipe nationale espagnole est encore meilleure que celle qui a gagné l'Eurocopa. Gagnera-t’elle le Mondial ? Je ne le sais pas, parce qu'un court tournoi - et le Mondial en est un - est toujours très aléatoire. De ce que par contre je suis sur, c’est qu’il n’y a aucune sélection dans le monde qui joue comme elle. Comme il n'y a aucun club de football qui joue comme le Barça. Avec le même style ou en ayant autant de ses joueurs provenant de son propre centre de formation.
Qu’il y ait ensuite plus ou moins de rendement dépend déjà de la vitesse avec laquelle tu appliques cette façon de jouer qui te rend si différent. Touche de balle rapide et bonne, beaucoup de combinaisons, aussi, mais en s’assurant qu’à la fin doit apparaître cette cinquième, sixième ou septième touche qui casse vraiment et qui produit l'espace, la supériorité. En définitive, l'occasion de but. Sinon, tu finis par tomber dans le "je fais une ronde pour faire une ronde". Je vois un Silva, un Mata, un Cesc, un Xabi Alonso aussi, et, avec l'équipe reliée, tous sont détachés. Pour un jour ils jouent au Barça, avec des gens du Barça, mais avec un autre maillot.
Alonso, le plus heureux
Parmi ces joueurs, je m'imagine que le plus heureux de tous doit être Xabi Alonso. Déjà, non seulement pour avoir signé les deux buts du triomphe, mais pour avoir pris part à ce qu’à Madrid on ne lui offre pas : beaucoup de joueurs de contact autour de lui, l’encerclant, lui proposant ou lui donnant des alternatives, en multipliant les options pour frapper, combiner et pénétrer. Et le faire, de plus, près du camp adverse. Il en résulte que nous l’avons vu régner sur la pelouse, accompagnant le jeu, étincelant, présent sur le 1-0. Quelque chose que nous le verrons difficilement faire à Madrid, pour des raisons évidentes, tout en restant pourtant exactement le même joueur.
Source: El Periodico de Catalunya
Posté par GreGoL
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