Article | Clasico Et Derby | mardi 12 avril 2005 à 21:00  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

• L'équipe de Rijkaard a perdu sa solidité défensive et a encaissé sept buts dans les deux dernières rencontres de Liga
• Le leader paye très cher la vocation offensive des latéraux et le manque d'efficacité

+ Sport : Cinq interrogations avec une réponse
+ Mundo Deportivo : Les sept pêchés de la capitale

Dans les deux dernières rencontres de Liga, le Barça a encaissé autant de buts (sept) que dans les trois derniers mois. Un symptôme qui indique que l'équipe de Rijkaard se découd de l'arrière, ayant perdu, de manière inattendue, la solidité défensive qui lui avait été accréditée jusqu'à ce qu'elle soit confrontée à Chelsea. Alors, est apparu José Mourinho à Londres pour découvrir le Barça. Le Betis et le Real Madrid ont suivi la même formule.


A – L'équipe presse moins et se rompt

Jusqu'à mars, et en retirant le carton au Madrigal devant Villarreal (3-0), le Barça était une équipe compacte. Et elle présumait de cela parce qu'elle ne laissait pas beaucoup de distance entre les lignes. L'équipe jouait rapprochée, pressant la sortie de ballon du rival loin de la zone de Valdés ce qui lui donnait beaucoup d'occasions de but -- et elle utilisait fréquemment le hors jeu.

Maintenant, le Barça a l'air d'une équipe rompue, si l'on visualise les duels devant le Betis et le Real Madrid. Il y a beaucoup d'espaces entre Puyol et Eto'o, les références en défense et en attaque, qui accuse trop les vocations offensives de ses latéraux (Belletti et Gio ou Sylvinho) et a perdu la cohésion entre les lignes. Tout est du au fait que l'équipe ne presse plus autant et de manière uniforme, comme auparavant. Et les rivaux ont disséqué d'une telle manière le Barça qu'ils ont trouvé une méthode pour le désactiver.

Le Betis et le Real Madrid lui ont d'abord cédé le ballon et ensuite le terrain pour profiter des espaces que laissent les latéraux du Barça dans leur dos avec un jeu direct et profond. Et l'équipe de Rijkaard se rompt par les flancs.


B – Puyol assume qu'il a manqué de l'agressivité à Madrid

"Il est difficile d'expliquer les sept buts adverses". Jusqu'à Carles Puyol, le pilier le plus fiable du Barça, ne trouve pas d'argument convaincant. Contre le Betis, quand l'équipe de Rijkaard n'a pas compté sur son capitaine, il a encaissé trois objectifs. Face à Madrid, Puyol était présent et le Barça a encaissé quatre buts. Le défaut est plus structurel. "Le problème de la défense est de toute l'équipe, on ne doit pas chercher de coupables", a rappelé hier le capitaine azulgrana. Mais dans le vestiaire, on a beaucoup discuté de cette affaire parce que ce n'est pas la première fois que le Barça se montre ainsi. Chelsea, avec une contre-attaque létale, a trouvé le problème. Le Betis, avec la vitesse de Joaquin et de son jeu entre les lignes, astucieux et habile, d'Oliveira et d'Edu, l'a également découvert. Et le Real Madrid n'a eu besoin que de 20 minutes.

"Il nous a manqué de l'agressivité et de l'envergure", a dit Puyol, qui a confessé ensuite, que le troisième but, celui de Raul, est un exemple évident de ces lacunes en défense de l'équipe de Rijkaard. Un ballon anodin de Ronaldo sur la droite a finalement fini dans les buts de Valdés. "Nous aurions du faire une faute pour que l'équipe ait le temps de se replacer", a ajouté le capitaine. Et, entre le manque de métier et d'agressivité, le Barça a ainsi reçu 7 buts en 180 minutes.


C – Le Barça crée danger, mais reprend mal

Dans toutes les grands rencontres de la saison où a été battu le FC Barcelone (Milan, Chelsea et Madrid) la même scène s'est reproduite. Et il ne s'agit pas des erreurs de défense traditionnelles. L'équipe de Rijkaard a dominé les rencontres, a créé du danger avec sa possession de balle, mais n'a pas su faire ressortir la rentabilité nécessaire à cette production offensive. La dernière preuve de cet autre grave problème a été donnée au Bernabéu. Tout comme cela s'est produit à Londres, le Barça avait son rival contre les cordes. Si Iniesta avait alors trouvé le poteau sur une frappe avant que Terry sorte l'équipe de Rijkaard de l'Europe, au Bernabéu il s'est passé la même chose.

Ni Giuly, qui a énormément tiré mais mal et, ni Márquez ni Gio ni Ronaldinho, sauf le coup franc prodigieux qu'il a lancé, n'ont été fins. "Nous devons énormément nous améliorer", a admis Puyol, après s'est enfermé dans le vestiaire pendant 20 minutes avec Rijkaard et le reste de ses coéquipiers. "Nous devions être plus attentifs dans les actions stratégiques", a dit le capitaine. Un mauvais corner défendu a une place en Europe et une faute mal défendue a coûté le second but au Bernabéu.


Source : El Periodico




Cinq interrogations avec une réponse

L'analyse de Pichi Alonso





1.- Pourquoi le Barça encaisse à présent tant de buts ? Il ne défend plus et ne presse aussi haut qu'aux débuts

Durant la première phase de la Liga, le Barça défendait loin de ses buts, avec une ligne de couverture très avancée et les attaquants pressaient la relance du rival depuis sa surface, provoquant des pertes de balle et des anticipations des milieux de terrain. Mais cela entraîne une grande dépense d'énergie et avec cette intensité, cette pression, il est difficile de se maintenir toute la saison. Plus encore, lorsque l'on souffre un bon nombre d'absences pour blessures et quand les joueurs perdent de la fraîcheur et du tonus.

Le premier et le troisième but dans le clasico arrivent parce que l'équipe défend très proche de sa surface et alors on remarque plus les déficiences, par exemple des latéraux plus offensifs que défensifs. Autre chose sont les buts dans les actions arrêtées, comme le second, qui est arrivé plus par des erreurs, un manque de communication et une faute d'attention. Ronaldo reprend seul et derrière arrive tout seul Zidane. Le danger est là.


2.- Pourquoi tant d'occasions sont ratées ? Suite à l'absence de Larsson, seul Eto’o est un buteur né

Rijkaard n'avait à disposition que son unique buteur, Eto’o, qui a parfaitement tenu son rôle. Les alternatives étaient Larsson, blessé et qui aurait pu apporter 10 ou 12 autres buts ; et Maxi, recruté au marché hivernal et qui n'a pas eu, pour le moment, énormément de temps de jeu. Giuly et Ronaldinho sont plus des passeurs que des buteurs, malgré que le Brésilien ait réalisé une exceptionnelle saison 2003-04 et a marqué plus de buts qu'à son habitude. Mais ce sont des attaquants qui marquent de 8 à 10 buts par championnat et ils se trouvent dans ces marques. Le plus important est combien de buts marque l'équipe, et le Barça est le meilleur réalisateur de la Liga. Si les occasions ne sont pas mieux gérées c'est parce qu'il n'y a pas plus de spécialistes.


3.- Pourquoi le rendement de Xavi a baissé ? Il est impossible de maintenir ce niveau dans toutes les rencontres

Il est vrai que Xavi n'est pas au même niveau que lors de la première phase ; ni Xavi, ni aucun de ses coéquipiers, principalement parce qu'il est impossible de maintenir un rendement aussi haut durant toutes les rencontres. De la seconde partie de la Liga 2003-04 à la première du présent championnat, le milieu de terrain a offert son meilleur football depuis qu'il joue dans la première équipe du Barça. Mais la même s'est passée avec Eto’o ou Ronaldinho, qui ont accusé l'accumulation d'efforts, accentué par le manque de relève du aux nombreuses blessures. En ce sens, peut être que Deco est le seul qui ait maintenu un rendement similaire.

Un autre aspect est dans certaines rencontres, par l'absence de Marquez, Xavi a du de nouveau joué dans des positions plus reculées, alors qu'il a démontré que là où il développe son meilleur jeu est au poste de milieu de terrain vers le côté droit. Malgré tout, sa saison peut être considérée comme plus que correcte.


4.- Pourquoi le Barça encaisse autant de buts en contre ? Les deux latéraux sont très offensifs

Bien que seul le quatrième but du Real Madrid (Owen) fut une contre-attaque, il est vrai que face à Chelsea et au Betis l'équipe a encaissé divers buts ainsi. Les buts encaissés en contre sont arrivées parce que les latéraux de l'équipe sont très offensifs et de nombreuses fois, ils attaquent les deux en même temps et ils sont pratiquement toujours plus avancés que la défense centrale. Dans ces circonstances, ils ne peuvent pas arriver à temps pour couvrir. Dans ce cas, Belletti et Gio doivent s'alterner et, lorsqu'il y en a un qui monte, l'autre doit rester. D'autre part, le Barça, comme le Real Madrid, n'est pas une équipe structurée autour de la défense, mais pour attaquer, et s'il est pris désorganisé on peut lui créer plus d'une occasion de but.


5.- Pourquoi le Barça rate les rencontres décisives ? Les vingt premières minutes ne peuvent pas être offertes

Je crois que le Barça n'a pas raté son match face à Milan. Pour les rencontres face à Chelsea et le Real Madrid, le même débat s'est ouvert. Il y a ceux qui défendent de jouer au Bernabéu ou Stamford Bridge sans renoncer à son propre style ; mais, après la défaite, il se dit également que l'équipe n'a pas donné la taille. Si l'ont fait des changements et que l'on perd, les critiques pleuvent parce que l'on a rencontré à nos principes. Je pense que le Barça doit jouer chaque rencontre en fonction de ce qui l'intéresse le plus, sans que cela signifie renoncer à ses principes. On ne peut pas tomber dans la fantaisie d'offrir les vingt premières minutes et divers buts au rival. A Londres, s'il m'intéresse que mes latéraux ne s'incorporent pas à l'attaque pour éviter que Chelsea développe son football direct, ils ne montent pas et j'attends que ce soit eux qui s'ouvrent. A Madrid, s'il est meilleur de céder l'initiative pour gagner le dos des défenseurs, c'est ce que je ferais. Ce qui est intelligent est de ne pas favoriser les atouts du rival.


Source : Sport




Les sept pêchés de la capitale

Le Barça maintient ses options intactes pour remporter la Liga et aurait pu sortir victorieux du Bernabéu si Casillas (et non Deco) aurait été absent.
Mais la vérité absolue du clasico fut le tableau d'affichage, un 4-2 qui a révélé diverses erreurs, certaines, et c'est ce qui est préoccupant, déjà connues…






1 – Comme à Stamford Bridge, un autre début à oublier

Après l'expérience traumatisante vécue à Stamford Bridge, surtout lorsque les Anglais ont mené 3-0 en 20 minutes, les joueurs et l'entraîneur azulgrana avait assuré s'être conjurés pour éviter une répétition de ce scénario. Et bien il y a eu une rechute. Le Real Madrid a mené 2-0 en 19 minutes et cette impulsion initiale a valu aux blancs de diriger la rencontre. Les erreurs de marquage pendant cette phase se sont avérées incompréhensibles. Le Barça avait dans ses mains la condamnation de la Liga mais on n'y aurait pas cru. Il a manqué de la concentration.


2 – Manque d'agressivité, spécialement au milieu de terrain

Revenant à la nuit londonienne, le milieu de terrain ressemblait à celui de dimanche au Bernabéu par son manque d'envergure. Dans les deux rencontres ont coïncidé Xavi et Iniesta comme titulaires, deux joueurs avec un football brillant mais peut-être incompatibles dans les grands rendez-vous parce qu'à leur indiscutable contribution dans le toucher de balle, ils ne s'imposent pas face à des milieux de terrain plus puissants. Marquez a été à la hauteur mais n'a pas pu tout régler du à l'absence de Deco. Les absences d'Edmílson et de Motta ont marqué la saison.


3 – Belletti n'était pas dans son jour et Rijkaard ne l'a pas changé

Inexplicable a été la rencontre de Belletti. Le premier travail d'un latéral est de défendre et ce n'est pas évident pour le Brésilien et, ce qui est bien pire, on ne le corrige pas depuis le banc. Sur le premier but, il a oublié de marquer Zidane, qui est apparu seul au second poteau, sur le second, il a laissé reprendre de la tête Ronaldo et dans le troisième, on ne l'a pas vu non plus gêner le centre de Roberto Carlos, qui a trouvé l'opposition d'un Xavi qui s'était sacrifié dans une zone qui n'est pas la sienne. Le manque d'attention dans le marquage a affecté d'autres joueurs.


4 – Produire des occasions de buts, c'est bien : les marquer, c'est mieux

Le Barça a créé en première période jusqu'à six occasions franches de buts et l'excuse que les buts adverses étaient défendus par un grand gardien ne sert pas de prétexte. Giuly a été dans ce chapitre le footballeur le plus malheureux. Il a été excellent dans le démarquage mais maladroit dans la finition. Le Français a été recruté pour garantir un bon nombre de buts mais la chance lui manque. On ne peut pas demander plus à Eto'o et Ronaldinho. Qui allait imaginer que les deux joueurs ayant marqués, le Barça allait perdre au Bernabéu ?


5 – Casillas a gagné la rencontre face à Victor Valdes

A jour d'aujourd'hui, Iker Casillas est meilleur que Víctor Valdés. Affirmer cela ne doit pas préoccuper le gardien barcelonais, entre d'autres parce que n'importe quel gardien européen ne peut pas égaler le gardien madrilène. Iker est le meilleur, il a peut-être encaissé plus de buts que son homologue barcelonais mais il en a sauvé d'innombrables. La défense azulgrana est meilleure que la blanche mais le gardien du Bernabéu est une bête. Valdés est un grand gardien et peut atteindre ce niveau parce qu'il est très jeune.


6 – Le dossier en suspens de Franck Rijkaard

Rijkaard a démontré qu'il est un grand entraîneur au Barça parce que le plus difficile est de manier le vestiaire et il le fait à merveille. Il est moins habile à l'heure de prendre des décisions qui changent le signe d'une rencontre qui sent mauvais. L'erreur des latéraux montant en même temps, déjà commise à Stamford Bridge, était bien trop évidente pour ne pas crier et la corriger.


7 - L'euphorise de l'environnement ne fait pas perdre les rencontres

Bien que timides, on a écouté des voix depuis le vestiaire critiquant l'excès d'euphorie de l'entourage. Il est logique qu'un secteur du public considère depuis des semaines que l'équipe sera championne parce que la soif de titres après tant d'attente est irrépressible. Et il est logique également que les médias divulguent les préparatifs de la célébration que le club gère avec discrétion. Les joueurs et les entraîneurs doivent gagner les rencontres, quoiqu'ils entendent lorsqu'ils sortent du vestiaire.


Source : Mundo Deportivo

Posté par marco93fcb
Article lu 1131 fois