Chronique | Cruyff | lundi 9 novembre 2009 à 22:28  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Barça souffre des comparaisons de la seconde année après avoir tout gagné. Il est plus facile d'arriver au sommet que de s'y maintenir. C'est pourquoi, face aux situations difficiles, il est préférable de recourir à l'efficacité. Le beau jeu finira bien par arriver.

 

Le 9 décembre nous serons fixés. Ou avant si on ne fait pas bien les choses. Je me réfère à la Champions, et à si le Barça sera ou non qualifié pour les huitièmes de finale.
Ce seront 180 minutes passionnantes, deux matchs à quitte ou double, dans lesquels le meilleur sera précisément ceci : que les choses sont claires. Ou tu te remues, ou tu es dehors.
Tu es dans une poule qui comprend quatre équipes, six parties, et il semble cependant que tu ais effectué un retour en arrière dans le temps et sois retourné à l’époque de la vieille Coupe d’Europe. Deux rencontres, aller et retour. Tout se joue en 180 minutes. L’unique différence consiste en ce que tu joues l’aller contre une équipe puis le retour contre une autre. Ou tu passes ou c’est l’autre qui passe. Comme dans la bonne vieille Coupe d’Europe. Avec une réserve toutefois : que tu en es avisé.

En quatre matches, une seule victoire. Si la confrontation  Barça-Rubin s’était disputée avec l’ancienne formule, le Barça serait maintenant déjà dehors. Sa chance est que l’actuel format de la compétition lui donne une seconde voir jusqu’à une troisième opportunité de se qualifier. L’entraineur peut annoncer - qu'il l'a fait et qu’il le fera-, mais dans le football il n'y a pas de temps morts, ni de rotations et changements sans fin. Les parties se disputeront à 11+3, soit les titulaires plus les trois changements, et ce pendant la majorité du temps de ces deux rencontres.

Beaucoup à apprendre
En d'autres termes, tout est entre les  mains des joueurs. Et aussi bons que peuvent l’être ceux du Barça, ils sont si jeunes qu'inexpérimentés pour la majorité. Oui, aussi bien triples que quintuples champions qu’ils soient, il s’agit d’une équipe avec de nombreuses années de football devant eux pour la majorité de ses composants. Et cela, indépendamment de leur talent, implique qu'il leur reste beaucoup de choses à apprendre. La première, une fois de plus, c’est que la seconde année est plus difficile que la précédente. Que se maintenir est plus compliqué que d’y arriver. Et la seconde chose à apprendre, et ceci vaut surtout pour le Barça, de par son style, c’est que l’important est de jouer pour gagner et non pas pour démontrer.

Nous pourrions regarder comment est chaque joueur maintenant et comment il était il y a un an. Ce qui pour beaucoup est une question d'être plus ou moins frais physiquement est autre chose pour moi. Cette équipe digère le succès. Les chiffres pourraient laisser penser le contraire. Premier en Liga, vainqueur à l’aller en Copa et dépendant de lui seul pour se qualifier en Europe. Mais il doit récupérer la régularité dans un aspect : sortir pour gagner et non pas pour démontrer.
Toutes les actions doivent être destinées à être converties en but. Le beau jeu est secondaire. Et ce qui vaut en phase offensive, est bon également en ce qui concerne la défense. Derrière, le beau jeu est aussi secondaire. Il l’est même plus. La passe qui doit être parfaite est la première. Ni trop forte, ni trop molle. Ni courte ni très longue. Et en fonction de comment tu contrôles la balle, la rapidité avec laquelle tu le fais et comment tu la mets, tu marques la différence.

Je me focalise sur ces détails et non pas sur si celui-ci ou celui-là me paraît plus ou moins fatigué. D'abord, le facile. Ce qui est difficile finira par arriver. Une fois de plus, nous sommes devant une jeune équipe qui doit confirmer - oui, encore, et pas seulement cette année – sa grande valeur. Par davantage de prix individuels à remporter, par davantage de prix collectifs à remporter, c’est un groupe qui a encore beaucoup à apprendre.

Le 6-1 face à Saragosse en a trompé plus d’un. Dans les tribunes et dans le vestiaire. Pour gagner une rencontre il faut faire beaucoup de choses bien et peu de choses mal. Plus qu’en informer l’entraineur, une seule chose vaut ici : que l’intéressé s’en rende compte.

L'exemple des Pays-Bas
Je comprends qu'il y ait des partisans et des détracteurs de la loi appelée Beckham. Pour celui que cela affecte, il est évident que ce n’est pas la même chose de payer 24% ou 43% de ses revenus. Et pour les clubs qui peuvent faire usage de cette loi pour attirer les joueurs de football, cela suppose aussi un énorme changement d'être vus dans les mêmes conditions que celles des clubs d'autres pays.

Au-delà de qui elle affecte et de vérifier les séparations et exceptions dont a toujours su faire preuve l’Union appelée Européenne, j’insisterai sur une autre chose qui touche effectivement tous les joueurs de football, étrangers et espagnols, qui jouent en Espagne. Je me réfère à une formule qui existe aux Pays-Bas depuis des années. Si bien qu’aujourd’hui elle m’affecte encore. Et en bien.

Une retraite assurée
Jusqu'à atteindre l'âge de la retraite (65 ans, il m’en reste trois), ceux qui ont joué en Hollande perçoivent une certaine somme d’argent tous les trimestres. Somme qui à son tour est déposée dans une bourse, un fonds, pour l'appeler d'une autre manière, et qui représente 30% du contrat annuel du professionnel. Ainsi, à partir de l'année où tu raccroches les crampons jusqu'à arriver à la retraite, tu perçois de l’argent. Grâce à cela, il n'y a aucun ex-joueur de mon âge aux Pays-Bas qui se retrouve sans le sous. C’est lorsque tu raccroches les crampons que tu peux rencontrer des problèmes.

En Hollande, les contrats ne sont pas les plus élevés, mais tu sais que tu recevras une partie de ce que tu as gagné jusqu'à la retraite. Il ne s'agit pas uniquement de montrer du doigt ceux qui perçoivent beaucoup d’argent en Espagne, qui sont peu nombreux, mais de faire une loi qui veille sur tous les professionnels, et pas seulement sur quelques-uns.


Source: Las Claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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