Guardiola donne ses dernières consignes à Henry avant de suppléer Xavi samedi à San Mamés.
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Ils sont peu nombreux, c'est certain. Et de ces peu nombreux, certains, et non plusieurs, ne seront pas présents contre l'Inter. D'abord, je doute énormément que, devant une grande rencontre comme celle là, tous ceux qui sont incertains aujourd'hui ne finissent pas par jouer au moins quelques minutes. Ensuite, ceux qui seront retenus le seront pour battre l'Inter. Que chacun compose son onze dans sa tête. Son onze plus trois changements. Quel qu’il soit, ce onze sera là pour gagner. Et il le sera parce que, contrairement à d'autres - d'autres pour ne pas dire tous - les signes d'identité de l'équipe sont au-dessus de qui joue ou ne joue pas, au dessus du footballeur qui la représente.
Il n’en serait pas ainsi pour un long parcours, mais pour une rencontre (Inter) ou deux (Real Madrid), la question n'est pas de savoir si Messi sera ou ne sera pas là. Ou si Ibrahimovic sera présent ou non. Si l’un revient ce sera bien. Si les deux font leur retour, ce serait parfait. Mais si ce n'est pas le cas, ou même dans ces deux cas de figure, la question de fond est exactement la même : nous dépendons uniquement et exclusivement de nous-mêmes. Avec ou sans Messi. Avec ou sans Ibra, les choses peuvent se faire de meilleure façon que celles qui ont été faites à Kazan, à Pampelune et à Bilbao. Des scènes toutes très semblables tant par l’adversaire que par les erreurs commises face à eux. Toutes des scènes dans lesquelles le Barça a fini par être accroché.
Des erreurs de taille
Il y a des erreurs de taille. Par exemple, obliger ton gardien à dégager loin. Y-a-t’il quelqu'un de plus petit au Barça que Pedro (169 cm), Messi (169) et Iniesta (170) ? Ces petits, s'ils sont bons, c’est avec le ballon au pied, jamais en se battant dans les airs. Valdés a-t’il commis une erreur en insistant avec ses dégagements lointains ? Non, si à San Mamés il a été plus inhabituel qu’à l’ordinaire de voir Valdés faire de longs dégagements, il en a été ainsi parce que peu, pour ne pas dire personne, ne lui a offert la possibilité d’en effectuer des courts. Et cela signifie que l’équipe n’est pas entrée à cent pour cent dans le match.
Se démarquer n'est pas simplement une question des 15 derniers mètres. Pour mener à bien une action à l’extrémité adverse du terrain de jeu tu dois commencer à te démarquer dans les 15 premiers mètres de ton camp. Et plus encore le jour où tu alignes tes petits sur la pelouse. Ceci accentue davantage l’erreur de taille. Et cela m’est égal qu’en face ce soit Pampelune ou Bilbao. Des adversaires presque identiques, des erreurs presque identiques. On sait déjà, ou on devrait savoir, qu'une fois qu'on a obtenu le plus difficile, à savoir marquer en premier, ces adversaires vont redoubler d’effort avec leurs moyens. Qui sont limités, certes, - du cœur, une griffe, un jeu direct - mais qui malgré cela peuvent être suffisants pour te mettre en difficulté si tu ne domines pas quelque chose de basique : posséder le ballon. À Pampelune tous ont montré du doigt Márquez et lui ont reproché de s’être trop livré. Cette action n’aurait jamais eu lieu si un autre n'avait pas perdu le ballon dans une zone de danger.
Un but à faire rougir
À Bilbao c’est un autre raté individuel qui a permis l’égalisation facile de Toquero. Un but typiquement dans le style Athletic (un long ballon du gardien, le neuf – grand et fort – qui la dévie et un autre qui la reçoit dans sa course) qui ferait rougir n’importe qui. Connais-tu cette vérité qui affirme qu’avec rien à perdre tu n’en iras que plus haut ? Et que tu dois éviter d'entrer dans le choc, de commettre des fautes dans l’axe, sur les ailes ou de concéder des corners ? Donc exactement la même chose avec cette action aussi primitive qu'efficace.
Et n'entrent en compte ici ni Messi ni Ibra, ni Henry, ni Iniesta. Ni s'ils sont meilleurs ou pires. De plus, à Kazan ils étaient tous, ou presque tous, présents et le Barça n’a pas gagné. Et à Pampelune également. Et le onze aligné à San Mamés n’était pas non plus tout à fait mauvais et il s’est produit la même chose. C’est pourquoi je me préoccupe relativement peu de qui sera ou ne sera pas là demain ou contre Madrid, mais plus du degré d'intensité dont feront preuve ceux qui seront alignés. Meilleurs avec un tableau d’affichage égal, dangereusement plus relâchés aussitôt qu’ils auront ouvert le score.
Je parle de ratés, ponctuels et individuels. Et porter une attention sur quelque chose qui rate peut paraitre contradictoire. Trop de ballons perdus de la part de trop de joueurs ? Augmenter le rythme du ballon. Pour cela tu dois offrir plus de possibilités à tes coéquipiers, et des meilleures que tu ne le fais à plusieurs moments de la partie. Fais-le et automatiquement tu te mettras à être plus attentif. Et en étant plus vigilant, plus petite sera la possibilité de perdre le ballon. Une fois de plus, il ne s'agit pas tant de toujours donner une dernière passe parfaite, ceci est impossible, mais de s’assurer le contrôle du ballon et de la partie aussi loin que possible de sa surface. Plus il y aura de distance entre tes adversaires et ton gardien, plus il leur sera difficile de te passer dans le dos avec une seule passe.
Des mains à l'œuvre
En perfectionnant ce détail d'exécution au niveau collectif et, presque sans y penser, le proposer te permettra de cesser de dépendre de ceux qui sont ou ne sont pas là. Par contre, avec Cristiano Ronaldo il est sur que Madrid marquera davantage de buts. Mais sa présence, même si elle ajoute de l’efficacité, n’améliorera pas pour autant le collectif. Avec le portugais, Madrid ne jouera pas mieux. En revanche, je vois le Barça en effet capable de faire mieux. Même avec certaines absences. Je me préoccuperais aucunement de qui arrive en leader à ce Clàsico et mettrais plus mes mains à l’œuvre à chercher des solutions aux problèmes détectés.
Source: El Periodico de Catalunya