Rectifier est un signe de sages. Et Laporta a décidé d'apprendre de ses propres erreurs. Il a finalement écouté les avis de ses conseillers et il a donné un virement radical à son image. Depuis le 20 octobre où le président du Barça subissait son revers personnel le plus dur de ses deux années et demi de mandat, Laporta a maintenu un second plan discret et a laissé parlé pour lui les bons résultats de l'équipe de football, en dirigeant le club dans l'ombre et sans faire trop de bruit.
Pourquoi le président a-t-il décidé de se taire ? Les raisons doivent être trouvées dans le fatidique 20 octobre dernier. Il y a eu un avant et un après cette longue journée où Laporta a du se rendre à l'évidence et 'accepter' la démission en tant que dirigeant de son beau-frère Alejandro Echevarria. Jusqu'alors, le président avait fait confiance à son charisme et à sa capacité de conviction devant un microphone pour se sortir de tous les conflits qui s'étaient présentés à lui. Il avait toujours obtenu un haut degré de satisfaction devant les socios bien qu'il ait eu de nombreux médias contre lui.
Ainsi, par exemple, il avait surmonté la pire crise jusqu'alors vécue par la direction blaugrana : la démission de Sandro Rosell, ancien vice-président sportif, et de ses soutiens (Josep Maria Bartomeu, Jordi Moix et Jordi Monés), en plus du départ de Xavier Faus à cause du sponsor chinois. Il avait aussi surmonté avec mention ses trois assemblées de compromissoires, bien que dans la dernière il ait commis une erreur énorme en assurant, catégoriquement, qu'Echevarría “n'a été, n'est pas et ne sera jamais membre bienfaiteur de la Fondation Francisco Franco”. À partir de ce moment, Laporta a été prisonnier de ses propres mots. Et plus encore, après avoir révélé que son beau-frère lui avait menti et qu'il avait bien appartenu à la fondation franquiste.
Malgré les documents présentés par Luis del Val, ancien dirigeant sous Gaspart, Laporta a voulu nier l'évidence et, dans un jugement stratégique impardonnable, il a assumé la défense de son beau-frère comme quelque chose de personnel. “Je lui pardonne, je le crois et je ne veux pas qu'il démissionne”, a-t-il assuré dans ce qui a été, sans aucun doute, sa plus mauvaise comparution devant les médias depuis qu'il a balayé les élections de juin 2003. Le président n'a pas réussi à convaincre avec ses arguments parce que, tout simplement, il n'y avait rien de solide pour s'accrocher. Comme lui-même l'a-t-il assuré à ses proches, le soutien à Echevarría était une question de foi et un acte de rébellion face à ce qu'il considérait comme une injustice.
UNE MANIÈRE D'ÊTRE
Que Laporta décide 'de s'autoimmoler' pour défendre Echevarría définit très bien le caractère du président du Barça. Il savait que son intervention allait provoquer une énorme usure populaire, mais même ainsi il est allé de l'avant parce qu'il considérait que c'était son devoir. Comme lorsqu'il était au lycée et qu'il a été inculpé de filouterie commise par plusieurs de ses camarades, provoquant ainsi son exclusion et l'empêchant de suivre une carrière de médecine, son désir et celui de sa famille.
Une vision idyllique et, peut-être, sombre de la justice ? Peut être. Mais ainsi est cet homme qui a lutté avec l'Elefant Blau pour effondrer les fondations du Nuñisme et qui a fini par gagner des élections grâce à un projet de changement radical.
Mais revenons à cette espèce de 'loi du silence' qu'a adoptée Laporta. Le revers subi pour son image après le 'cas Echevarría' l'a fait réfléchir très sérieusement. Il s'est rendu compte que, bien que le cercle vertueux fonctionne à plein régime, grâce aux succès sportifs, au rétablissement économique et l'illusion sociale, il avait dilapidé une grande partie de la crédibilité gagnée par son excellente campagne électorale. L'entourage lui est à chaque fois plus défavorable et cela, finalement, a percé parmi le public, qui avaient déjà souffert une première division entre 'sandristas' et 'laportistas'. Il fallait réagir et rapidement pour éviter une plus grande détérioration de son image.
RÉDUIRE L'AGENDA
La première décision, prise en consensus avec ses conseillers, a été celle de réduire son agenda de manière radicale. Laporta, depuis qu'il a assumé la présidence, avait maintenu une activité frénétique au niveau institutionnel. Il était présent dans tous les actes en rapport avec le Barça - la première saison il a parcouru toutes les peñas d'Espagne - et dans la majorité des événements culturels, politiques ou sociaux qui se déroulaient dans la ville et dans le reste de la Catalogne.
Encore ainsi, Laporta maintient encore une moyenne de quatre actes quotidiens, sans compter les rencontres de football. C'est que son dévouement pour le Barça occupe une journée complète. Quand il a prononcé cette phrase tellement célèbre “nous allons consacrer les meilleures années de notre vie au club” il était sérieux. Laporta arrive chaque jour au Camp Nou aux alentours de 11 h du matin. Auparavant - entre 9 et 10.30- il passe par son bureau professionnel d'avocat, qui maintient un niveau d'activité très élevé grâce à la collaboration inestimable de ses associés. Le président n'a pas l'habitude de quitter les bureaux blaugrana avant 21 h, bien que les dîners liés au club soient également fréquents jusqu'à tard dans la nuit.
Après avoir affronté, non sans difficulté, ce premier pas d'éviter une saturation de la présence de Laporta dans des actes publics, le tour est arrivé de lui faire comprendre qu'il devait seulement parler lorsque cela était indispensable. Il ne s'agit pas de 'se dissimuler' ou se d'enfermer dans une urne de cristal, comme le faisait Núñez, mais d'évaluer l'importance de ses interventions. “Quand le président du Barça fait une conférence de presse ou une entrevue elle doit faire la une des journaux”, assurent ses conseillers. Pour l'instant, il semble que Laporta ait capté le message.
Bien qu'ils y en aient encore qui doute s'il a complètement intériorisé la nouvelle stratégie ou simplement, s'il se trouve encore sous l'effet du choc produit par le 'cas Echevarria'.
Les preuves démontrent que Laporta a appris à se taire. Dans les sept actes d'importance médiatique auxquels il est allé depuis la démission d'Echevarría, il n'a pas ouvert la bouche. Il a seulement parlé devant les caméras de Canal + après la rencontre face à Getafe pour dire deux topiques d'actualité : “Ces joueurs méritent tout” et “nous remercions l'accueil de la direction de Getafe”. Rien de plus. Tout le contraire de ce qui s'est passé trois semaines avant le 20 octobre : sept comparutions et sept déclarations du président.
POSITION INSTITUTIONNELLE
Il ne manque que de voir si Laporta est dorénavant capable de maintenir cette position institutionnelle. Il aura aujourd'hui un 'test de feu' avec la présentation d'Akasvayu comme nouveau membre de la Fundació du Barça. S'il parle seulement du sujet - le rôle de la Fundació - il aura compris le message.
Quoiqu'il en soit, l'une des lignes de travail que suit le Barça en ce moment est la possibilité de trouver un porte-parole 'professionnel' qui évite au président de devoir offrir la version du club sur des sujets de second choix. Écartée la possibilité que ce soit un dirigeant pour une raison pratique, le pari est fait sur le profil d'une personne habituée à faire face aux journalistes.
Cette caractéristique laisse sans option le directeur général, Anna Xicoy, que l'on veut protéger de l'entourage pour qu'elle ne se convertisse pas en un nouveau Pérez Farguell, qui a été le centre de nombreuses critiques. Les options restantes sont au nombre de deux : recruter un professionnel externe - très compliquée - ou que le directeur de la communication, Jordi Badia, assume également cette fonction. La décision n'est encore pas prise.
Source : FC Barcelona.com
Laporta remercie l'attitude de Getafe contre le racisme
Le président Joan Laporta a voulu remercier "l'extraordinaire courage" montré par le président et la direction de Getafe lorsqu'ils ont demandé au public local de ne pas proférer de cris racistes contre Eto'o…
Durant l'acte de présentation d'Akasvayu comme nouveau mécène de la Fundación, Joan Laporta a fait une parenthèse pour remercier de manière explicite l'action de Getafe contre le racisme dans le football, durant la rencontre de dimanche contre le Barça. Il faut rappeler que, après que Samuel Eto'o ait été victime de cris racistes de la part de quelques supporters du Colisée Alfonso Pérez, il a été demandé par les hauts parleurs du stade de cesser d'offenser les joueurs visiteurs. De plus, sur le tableau d'affichage du stade apparaissait le message suivant 'Non au racisme', aux côtés d'un ballon.
Pour Joan Laporta, cet acte de "civisme et se fair-play" démontre "l'extraordinaire courage" du président de Getafe Angel Torres et de sa direction. "J'ai été fier de son attitude", a-t-il assuré.
Le rétablissement de Van Bommel
Le président du Barça a également eu quelques paroles pour Van Bommel, qui s'est blessé à la cheville dans un entraînement de sa sélection. "C'est une peine tant au niveau personnel qu'au niveau de l'équipe, car il était dans un bon moment de jeu. J'ai discuté au téléphone avec le joueur et je l'ai trouvé un peu déprimé, car avant de lui effectuer les tests, il craignait une blessure grave", a-t-il expliqué.
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