Interview | Laporta | samedi 21 août 2004 à 15:44
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Le président du Barça
revient sur les incorporations le saison 2004-2005 et se montre optimiste
à l'égard des supporters...

Joan Laporta a été ponctuel pour le RDV. Il est habillé de manière décontractée. Il semble que les quelques jours de vacances qu'il a pris, lui ont fait le plus grand bien. Il semble heureux et surtout, satisfait. Il sait que pendant cet été, lui et son équipe ont réalisé du bon travail et il est confiant sur le fait que les résultats refléteront les efforts économiques et personnels qui ont été déployés.
Cette année, de nombreux efforts ont été déployés pour permettre une restructuration en profondeur de notre équipe, avec l'arrivée de 7 joueurs. A-t-on fait une équipe de champions?
Oui. Nous avons l'équipe que nous souhaitions et je peux affirmer cela, car les entraîneurs sont très satisfaits avec les renforts qui ont été apportés. Nous avons construit une équipe qui, si les choses sortent comme prévu et avec une once de chance qui est toujours nécessaire, doit gagner au minimum un titre.
L'année dernière, les grands objectifs du Conseil d'administration reposaient sur le fait de rendre l'espoir aux supporters et de diminuer le déficit. Les deux ont été atteints. Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour cette seconde année de mandat?
Vaincre et convaincre. L'objectif de cette année est de parvenir à remporter au minimum un titre et convaincre le barcelonisme, qu'ils peuvent être fiers de leur Club, car de belles choses sont entrain d'être réalisées. J'ai la certitude à chaque fois que je me rends quelque part, que nous avons crée beaucoup d'espoir: à présent il ne faut pas décevoir.
Etes-vous conscients du fait que la patience du supporter blaugrana, après cinq saisons sans remporter le moindre titre, peut rapidement se transformer en exigences, voire en incompréhension, si les choses ne vont pas bien?
Évidemment. C'est le propre de notre métier. Tu peux faire du bon travail et être satisfait de celui-ci, en appliquant des critères rationnels, mais tu dois être efficace. Et cette efficacité ne se démontre qu'en remportant des titres. Nous croyons en notre équipe, entraîneurs et dirigeants. Nous pouvons entrer dans l'histoire et pour cela, nous sommes très motivés.
De laquelle des sept incorporations êtes-vous le plus satisfait?
En général de toutes. Le plus important est que les postes qui devaient être renforcées, à la demande de Txiki et Rijkaard, l'ont été et ces derniers semblent être satisfaits.
Nous avons investi quasiment 60 millions d'euros dans ces transferts, presque le double de ce qui avait été initialement prévu. Etait-il nécessaire d'investir d'une manière si importante?
Il était nécessaire de le faire. Nous avons dépensé de l'argent, mais nous avons obtenu de bons prix. Chaque opération a été travaillée à fond. Nous avons rabaissé les prix au maximum à chaque fois. A propos de Belletti, un latéral champion du monde avec le Brésil, nous avons payé 3,5 millions d'euros, plus Reina. Giuly nous a coûté 6,75 millions et ils nous demandaient à la base le double. Larsson ne nous a rien coûté étant donné qu'il arrivait en fin de contrat et nous avons eu la présence d'esprit de nous faire de ses services, à la demande de Rijkaard. Deco, un joueur qui était convoité par Chelsea, le Real Madrid et le Bayern et nous l'avons obtenu à 12 millions fixes plus 3 de variables, plus Quaresma, soit beaucoup moins que ce que proposaient les autres clubs. De même, Edmilson était aussi convoité par le Real et finalement, c'est le Barça qui l'a obtenu pour 8 millions d'euros. A propos de Sylvinho, nous avons eu la chance qu'il souhaite continuer à jouer à la Liga, et qu'il voulait quitter Celta, ce qui fait que nous l'avons obtenu pour seulement 1,25 millions.
Mais Eto'o a fait exploser tous ces chiffres "raisonnables" car il a coûté 24 millions d'euros.
Je pense qu'il s'agit d'une bonne opération, compte tenu de l'état du marché. Quand nous voyons que pour des défenseurs, il y a des équipes qui sont prêtes à payer 25 millions d'euros et je ne parle même pas des chiffres déboursées pour des attaquants... De plus, sa signature était complexe, du fait du tristement célèbre droit de négociation du Real Madrid. Cela semblait rendre l'incorporation d'Eto'o impossible, mais nous avons finalement réussi. Je tiens à préciser, qu'aussi bien Eto'o que le reste des joueurs, voulaient par dessus tout, rejoindre les rangs blaugrana. Ils voulaient réussir au Camp Nou. Cette image de cercle vertueux blaugrana, a fait que beaucoup de footballeurs aient été séduits par notre projet sportif.
Vous avez envisagé l'incorporation d'Eto'o comme une question d'honneur...
Oui. Le Barça doit récupérer une situation prépondérante dans le marché des transferts et l'arrivée d'Eto'o a renforcé l'amour propre de tous les culés. Surtout, quand aux circonstances qui ont entouré cette opération.
Y-a-t-il d'un footballeur que vous auriez aimé faire venir, mais dont ça a été impossible?
Ballack. C'est un joueur que nous voulions, mais les sommes demandées par le Bayern étaient trop élevées. Quoiqu'il en soit, nous n'écartons pas sa venue dans le futur.
Il semble que cette année, vous avez pris davantage de temps pour réaliser les incorporations. L'année dernière, il y a eu des joueurs comme Rustü, Quaresma ou encore Mario, qui n'ont pas apporté les résultats escomptés. Pensez-vous que ce soit imputable à de la précipitation?
Il est évident que cette année nous avons eu plus de temps pour travailler et la situation économique, nous a permis de réaliser de plus grands investissements, en adéquation avec notre projet sportif, qui dure encore trois ans, c'est à dire jusqu'à la fin de notre mandat. Néanmoins, les années suivantes, il n'y aura pas tant d'incorporations, car si tel était le cas, ce serait la preuve que nous nous sommes trompés.
Rijkaard dispose à présent de 16 titulaires potentiels et l'équipe peut s'adapter à tout un tas de variations. Cela est bon, pour la compétitivité que ça génère, mais ça peut se convertir en un problème dans le vestiaire...
Cette question concerne surtout à Rijkaard et c'est à lui de l'analyser et de la gérer. Il a déjà démontré sa capacité pour le faire. Il a énormément de qualités pour pouvoir créer la stabilité nécessaire dans le vestiaire. En ce moment il a pratiquement deux titulaires par poste et je sais que c'est ce qu'il souhaitait. Il est conscient que nous sommes en course dans trois compétitions très difficiles, la Champions, la Liga et la Copa del Rey et nous aurons besoin de tous ces joueurs. Actuellement, dans le monde du football, bien qu'il y ait eu beaucoup de changements dans la technique, le physique est prépondérant. Nous avons beaucoup de rencontres à jouer et nous devons en plus gérer les RDV des joueurs avec leurs sélections nationales respectives, c'est pour cela que nous avons besoin d'une équipe puissante et complète. Je suis convaincu que Rijkaard saura faire le nécessaire. De plus, les footballeurs sont spécialement motivés et ils sont conscients qu'ils auront tous leurs chances, car la saison est très longue. Pouvoir faire tourner l'effectif avec des garanties, nous donne un potentiel non-négligeable.
En deux saisons, l'effectif du Barça a été totalement renouvelé. Cette révolution footballistique était-elle nécessaire?
Oui. Dès le début nous avons incarné un projet de changement. Et cela nécessite un changement de style, dans la forme de gérer et aussi dans l'effectif. Les joueurs qui sont partis, ont été remerciés et ovationnés publiquement, pour les services qu'ils ont rendu à notre Club, mais il y a un moment dans lequel, leur carrière sportive au Barça arrivait à leur terme.
Vous ne craignez pas que l'on vous accuse d'avoir remplacé les hollandais par des brésiliens?
Les circonstances ont voulu qu'il y ait l'incorporation de quatre brésiliens, Belletti, Edmilson, Sylvinho et Deco, mais ce sont tous des joueurs de grande qualité et certains d'entre eux, sont champions du monde.
Pensez-vous que Ronaldinho continuera à être un footballeur déterminant dans l'équipe ou est-ce que cette année il pourra compter avec plus d'aide de la part de ses coéquipiers?
Il sera tout aussi déterminant ou même plus, dans le sens du spectacle, mais il aura plus d'appui de la part de ses coéquipiers, qui pourront aussi endosser de la responsabilité dans des moments précis. Ronaldinho ne doit pas être le seul à porter l'équipe sur ses épaules. L'idée est qu'il y ait d'autres joueurs qui soient capables de déséquilibrer l'adversaire, comme Eto'o ou Deco et cela sera très positif pour Ronaldinho et pour l'équipe. Quoiqu'il en soit, une chose est sûre: Ronaldinho continuera à être le leader.
Source:
Sport
Posté par kTaLaN
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