Article | Laporta | mercredi 12 novembre 2003 à 20:05
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CHARMEUR. Élu président du barça à la surprise générale, Joan Laporta a réussi son pari...
en quelques semaines, sa jeunesse, son optimisme et son bagout ont permis au club catalan de redevenir conquérant.
Arrivé à Barcelone en plein été pour signer son contrat chez les blaugrana, Ronaldinho n’a pas échappé aux fastidieuse et interminables discussions d’avocats autour de chaque phrase.A un moment donné, Joan Laporta s’est levé et, prenant un ballon de foot, entraîna le Brésilien hors du bureau pour une petite partie improvisée.
Charmé, l’ancien Parisien ne cacha pas sa surprise de se trouvé face à un président si jeune et spontané.
Le nouveau président barcelonais est tout entier résumé dans cette scène inimaginable sous ses prédécesseurs,
José Luis Nunez et Joan Gaspart. A quarante ans , le jeune avocat bouscule les traditions pour refaire de son
Barça adoré un des plus grands d’Europe. Les socios l’ont voulu ainsi, lui offrant la plus large victoire jamais
acquise par un président barcelonais, avec la bagatelle de 27 138 voix portées sur son nom, soit 52% des 52 618
électeurs qui s’étaient déplacés le 15 juin pour l’élection. Du jamais-vu, d’autant qu’au début de la campagne
personne n’aurait misé sur lui...
A tout prendre, Joan Laporta aurait nettement préféré briller sur un terrain que dans un bureau de vote. Mais ses
rêves d’avant centre se sont arrêtés à Sant Andreu, club barcelonais de D 3 ou, à défaut d’entamer une carrière
professionnelle, il fit la connaissance de celui qui deviendra son vice président et son plus précieux collaborateur
, Sandro Rosell. Après avoir grandi dans l’admiration de Johan Cruyff, qui brillait alors sous le maillot blaugrana
, Joan Laporta se contenta donc d’un destin plus conforme à l’enfant de la bourgeoisie catalane qu’il était. Chez
les maristes de Sant Joan, il fit la connaissance d’un autre futur vice-président barcelonais , Ferran Soriano, témoin précoce de sa détermination. > Plus tard, au service militaire, il montra encore son esprit contestataire en s’échappant de la caserne ou il était affecté pour aller voir la finale de coupe d’Europe Barcelone-Steua Bucarest....
UN TERRORISTE >. Devenu avocat, il ne tarda pas à manifester son opposition
à celui qui dirigea pendant prés de deux décennies le destin du Barca : José Luis Nunez, sont modèle à lui était
Armand Caraben, un dirigeant, aujourd’hui décède, qui a fortement marqué l’histoire du club. C’est lui, en effet,
qui grâce a son épouse hollandaise Marjolijn van der Meer, approcha Johan Cruyff dans les années 70, ouvrant une nouvelle ère dans l’histoire du club. Ne supportant pas que Nunez décide de virer Cruyff en 1996, Joan Laporta devint donc, a trente-quatres ans, un de ses plus farouches adversaires. C’est aux cotés d’Angel Fernandez, candidat à la présidence en 1997, qu’il livra sa première bataille. Sans succès. Un an plus tard, il devint le leader de l’Éléphant bleu, un groupe de pression qui poussa Nunez à accepter un vote de censure qui recueillit tout de même près de 15 000 voix (contre 25 000 pour le président), précipitant son départ du club un peu plus tard. Impressionné par leur détermination, Nunez alla jusqu’a qualifier Laporta est ses amis de terroristes.
Deux ans plus tard, l’été 2000, le jeune avocat s’alignait aux cotés de Luis Bassat, un notable local qui échoua à l’élection face à Joan Gaspart. Dans les rangs de Bassat, beaucoup étaient persuadés que la présence de Laporta leur fut fatale, en précipitant les artisans de Nunez dans les bras de Joan Gaspart . Bref une image de pestiféré qui poussa Bassat à prendre ses distances avec le jeune avocat. La gestion catastrophique, puis la démission de Gaspart leur ont permit de se retrouver, trois ans plus tard, lors de l’élection de juin dernier. Mais, cette fois, face à face. Lluis Bassat, grandissime favori des sondages, ne prit jamais au sérieux la candidature de son ancien allié.
Il redoutait bien avant davantage concurrence d’un autre vieux routier du Barca, Jaume Llaurado. Funeste erreur.
Laporta, soutenu par une bande de jeunes copains, sut en effet capter mieux que personne l’envie de changement de socios dépités après quatre saisons de dérive sportive et financière. En mettant en avant son accord avec Manchester United pour le transfert de David Beckam, le petit candidat toucha le coeur de supporters désireux de rivaliser enfin avec le Real Madrid. Et même si le transfert a finalement échoué, sa crédibilité n’en fut guère affectée...
Laporta s’engagea en effet à doter le Barca de renforts dans toutes les lignes, et à recruter deux stars internationales. Pour la première, Ronaldinho, c’est dèja fait. Pour la deuxième, les Barcelonais attendent encore. A moins que comme le prétendent certains, la deuxième grande star du nouveau Barca ne soit autre que... Joan Laporta ! Sa popularité est telle que certains le comparent avec le jeune John Kennedy, qui redonna sa fierté à l’Amérique au début des années 60. Comme lui, le nouveau président barcelonais n’est jamais avare de sympathie, de sourires et d’une force de séduction incontestable. Une sorte de Bernard Tapie vertueux que les penyas, les clubs de supporters, s’arrachent... Outre un charisme incontestable, l’autre force de Joan Laporta est dans sont entourage. Très soutenu par sa femme, Constanza, riche héritière, et par ses trois enfants, Paul, Guilhem et Jano, qui n’hésitent pas à lui prodiguer leurs conseils, le jeune président l’est aussi par une équipe de collaborateur qui sont, pour la plupart, des amis d’enfance. Une équipe de choc qui a su montrer ses talents dans la négociation pour Ronaldinho. Une affaire d’autant plus difficile que l’adversaire n’était autre que Manchester United, et que Roberto Assis, frère de l’ancien Parisien, ne voulait pas de Barcelone... Un grand coup cosigné Sandro Rosssel, ancien directeur chez Nike et possédant de ce fait des contact précieux dans le milieu. A leurs cotés, Ferran Soriano s’impose comme le grand responsable financier du club, un poste clé vu l’état des finances très délicat laissé par l’équipe précédente. Le sommet de l’équipe dirigeante se complète avec Marc Ingla. Une équipe qui n’a pas hésité à tailler dans le vif, y compris dans les rangs bien garnis du siège du club, forçant le départ de certains dirigeants bien établis, comme le secrétaire général, Ricard Maxenches.
CONSEILLE PAR CRUYFF. Outre ses jeunes amis, Joan Laporta affiche fièrement ses relations avec son ancienne idole, Johan Cruyff, dont il est devenu l’avocat puis l’ami proche. Le jour de l’élection, ils sont allés ensemble au bureau de vote. Et si son influence semble réelle, coome le prouve le recrutement de Frank Rijkaard au poste d’entraineur et la présence d’un ancien de la > de 1992 dans le staff technique - Txiki Beguiristain-, Joan Laporta revendique haut et fort son independance. Quand ont lui demande d’expliquer le joué par le Néerlandais auprès de lui, Laporta a un exemple tout prêt : >, reconnaît Laporta qui a marqué pourtant très vite les limites de l’influence de son ami conseiller. >
Devenu président malgré l’hostilité ou l’indifférence des pouvoirs politiques et économiques catalans, Joan Laporta semble avoir porté l’imagination au pouvoir. Ambitieux il a su doubler Manchester United pour s’assurer les services de Ronaldinho. Audacieux, il n’a pas hésité à laisser partir pour un rien d’anciennes recrues couteuses, comme Christanval ou Geovanni, afin d’alléger la masse salariale du club. Culotté, il s’apprete à doter de publicité le seul maillot encore vierge en Europe. Il ne lui reste plus qu’a faire jeu égal avec le Real Madrid pour conquérir définitivement le coeur de tous les Barcelonais. Au rythme ou vont les choses, moins de deux mois après son élection, plus personne n’en doute dans une cite catalane qui a enfin retrouvé sa fierté.
Article publié dans France Football écrit par Paco Aguilar
Posté par oliverbarca
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