Chronique | Cruyff | vendredi 8 mai 2009 à 00:31  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Il restait à l'équipe qui dispose du plus de qualité au monde à gagner de manière épique. Et elle a gagné une demi-finale européenne, ce qui n'est pas rien. Elle l'a fait, oui, à l'ultime minute de jeu. Avec le coup fatal porté par le pied d'Iniesta, cet enfant, pas si enfant que ça, qui nous enchante tous et pour qui tous les fans du FC Barcelona ressentent une affection spéciale. Ne nous trompons pas, nous n'avons pas assisté à la plus belle rencontre du monde, mais ça a été une victoire trépidante, oui.

 
1 les deux arbitres, pire était impossible

Il est certain que quand nous sommes entraineurs, nous essayons de ne pas parler d’eux. Il est certain que, quand nous le faisons, cela ne nous sert presque souvent à rien. Mais maintenant, extérieur à la profession, je peux dire que les deux arbitres de cette demi-finale ont été, avec différence, ce qu’il y a eu de pire lors de ces deux rencontres. Hier soir, le norvégien  Henning Ovrebo a été aussi mauvais que l’avait été il y a une semaine au Camp Nou, l’allemand Stark. Une chose me parait claire : ils ont été mauvais et, par conséquent, n’ont obéi à aucune consigne. Ils ont été mauvais, un point c’est tout.
Au Camp Nou, Stark a permis le jeu dur, pingre et la perte de temps de Chelsea. Il a tout toléré. Et par dessus, il a oublié de siffler un penalty sur Henry. Ovrebo, hier soir, a lui expulsé injustement Abidal qui n’avait absolument pas touché Anelka. Mais il a été également mauvais en étant incapable de voir le penalty de Pique, et, au moins, d'autres pénaltys qui, si l’un avait été marqué nous aurait achevé.
Il est évident qu'une demi-finale de cette intensité, remplie d’une telle colère et de lutte ne méritait pas deux tels arbitrages.

2 Punition du football pingre

On peut l’aimer ou non. Il est évident qu’il ne me plait pas. Mais c'est un style, une façon de jouer et, surtout, une manière de faire face au Barça. Je sais, et il le sait, que Hiddink non plus n’est pas un partisan de ce jeu, mais il est convaincu que c’était le seul qui était  possible devant la supériorité technique et dans son positionnement du Barça. Il l'a utilisé au Camp Nou et l'a répété dans son stade. Si tu essayes de jouer face au Barça, il t’en met six. Ou sept. Il te détruit.
Mais c’est précisément cette pingrerie qui a fini par tuer Chelsea. Parce que les Anglais ont joué de façon mesquine (bien que les meilleures occasions aient été les leurs) lorsqu’ils ont joué à 11 contre 10. De plus, lorsque le Barça était en infériorité numérique (ils restaient alors encore 25 minutes à jouer), Hiddink a procédé au changement de Drogba. Il n'a pas cherché la sentence ; il a pensé qu'il avait déjà gagné. Ou alors qu’il n’y avait plus de danger. Il s’est trompé.
Si tu reconsidères les deux matchs, que tu reviens sur les 180 minutes, tu te rends compte que l’équipe qui se rendra à Rome est la seule qui a joué au football et a montré les mérites suffisants pour profiter de l'occasion rêvée.

3 Et, à la fin, la chance des champions

Tu fais tout pour gagner. Pour gagner pleinement. Mais tu as besoin, et comment !, d’un coup du sort pour te qualifier, pour être le meilleur, pour obtenir ton billet pour la finale. Juste quand tu joues à l’extérieur –cela m’a rappelé Kaiserslautern, oui--, quand tu n’as pas sorti la partie rêvée, juste quand tu as dominé le ballon, que tu t'es approprié de lui mais que tu ne t’es pas procuré d’occasions, ni même cadré un seul de tes tirs, jamais mis une seule fois à contribution le gardien adverse, juste dans ces moments là, Bing ! apparaît le coup de canon miraculeux. Et ce coup de pied a été réalisé par le plus modeste d’entre tous, par Don Andrés, dont tu ne te serais jamais attendu à cela, mais plutôt à un tir plus doux et placé. Rien de tout cela. Ce coup de canon a résonné dans toute la Catalogne, dans toute l'Europe. Ainsi est Iniesta, toujours prêt au sauvetage.

Source: Las claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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