Chronique | Cruyff | lundi 13 avril 2009 à 21:29  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Le Barça est toujours leader mais Madrid ne cesse de pousser derrière. Guardiola fait le nécessaire pour que l'équipe ne se relâche pas, mais qui en fait de même pour l'affection ? C'est à chacun de nous de le faire. Cependant, beaucoup n'étaient pas là samedi.

 

Si tu vends 22.000 entrées –ce qui est beaucoup-- et que seulement 56.000 spectateurs –ce qui est très peu—se déplacent au Camp Nou, tu as un problème. Seuls 34.000 habitués sont venus porter leur soutien à l’équipe. Le reste, et il est nombreux, lui a tourné le dos. C’est précisément ce qui s’est produit samedi au Camp Nou.lors de Barça-Recre. Une grande confrontation ? Non, mais bien une rencontre avec une majorité d'éléments négatifs et qui pourrait bien être le début de ce qui pourrait finir en crise.
Avec Madrid qui ajoute trois points à chaque rencontre depuis des semaines, voir des mois, tu ne te peux pas te relâcher, même un peu. Aussi bien comme équipe que comme amateur. Guardiola s’est chargé d’amener l’équipe sur le toit du monde Donner de la chaleur en l’encourageant depuis les gradins est l’affaire de chacun de ses partisans. Est-ce tellement important ? Ça l’est beaucoup. Samedi, avec un peu moins de chance, tu es accroché ou tu perds. Parce qu'il n'y a pas un 12ème homme qui te pousse. Un rival peu attrayant, il fait froid et la pluie menace. Et en pleine semaine Sainte de surcroît. Mais ce sont trois points fondamentaux qui se sont ajoutés. Ce qui s’était produit en février était un trou. Par contre, perdre maintenant pourrait s’avérer être le début d'un véritable moment de crise.
Guardiola en avait parlé avant la rencontre. De prendre soin de toutes ces mauvaises choses qui compliquent le déroulement d’une rencontre et te font mal jouer. Seulement 34.000 habitués l’ont écouté. Les autres ont tourné la tête ailleurs. Et si le Barça avait été accroché, je ne parle même pas de perdre, ils seraient tous en train de pleurer. Ceux qui se sont déplacés, et en majorité, ceux qui ne sont pas allés soutenir l’équipe. Tu ne vas pas la voir, mais bien sur tu as le droit de te plaindre…


Un moment historique
Chacun est libre de faire ce qu’il veut, il ne manquerait plus que ça, mais il y a ici une contradiction. On gagnera un, deux, trois titres ou aucun, mais le moment qu'on est en train de vivre est historique. Pour les joueurs, pour les techniciens et pour le club dans son ensemble. Et cela comprend les supporters. En vérité, voulons-nous que les joueurs donnent encore plus dans cette ligne droite finale ? Appliquons-nous à tous à aller dans ce sens.
En ce qui concerne les cartons jaunes obtenus contre le Bayern de Munich par Messi et Guardiola, j’aurais plusieurs commentaires à faire. En premier lieu, personne ne discute le droit de porter réclamation auprès de l'UEFA. Il en a toujours été ainsi. Lorsqu’il y a un robinet, 90% des gens se précipiteront pour l’ouvrir. Qu’il en sorte ensuite de l'eau, peu, beaucoup ou pas du tout, cela dépend de l'utilisation qui en est faite du robinet et de si tu en possèdes la clé ou non. Et nous savons déjà que, contrairement à d'autres organismes, l'UEFA donne plutôt peu. Elle a maintenu le carton jaune de Messi, point final. Et si cette faute l’empêchait de disputer une hypothétique finale ? Je comprends immédiatement cette crainte, mais si tu voies cela avec sérénité, la menace, bien qu'existant, est minime. Si le jeune homme s’est pris un unique carton jaune en neuf rencontres de Champion’s League, il devrait difficilement en récolter deux de plus en seulement trois rencontres, si l’équipe atteint la finale. Cela peut-il se produire pour autant ? Oui, bien sur, mais ça me parait peu probable.
Pour les culés les plus peureux, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, je vais projeter une scène de fiction. Le Barça élimine le Bayern et joue sa demi-finale retour. À 90 minutes d’une finale de Champions, Messi est à un carton de la suspension. Disons qu'il a obtenu un autre jaune en Allemagne. Ou bien lors de la demi-finale aller. Messi doit-il jouer différemment ? Doit-il oublier de tomber dans la surface même si l’adversaire provoque un pénalty ?


Le rôle de l'arbitre
Ici celui à qui on doit vraiment s’intéresser n'est pas tant le joueur mais l'arbitre. S’il s’agit d’un professionnel, et par professionnel j’entends qu'il est à jour et qu’il sait qu'un de ses collègues a fait précédemment une erreur d’une très grande importance. Et que le rêve de tout footballeur est de disputer une finale. Si tu ajoutes ces deux choses, et qu’elles concernent un joueur qui n'est pas violent et que c’est seulement une action disproportionnée qui pourrait le mettre à l’écart d’une finale. Le reste de ses actions est ajustable par ce collègue.
De cette façon je veux expliquer que c’est une chose de siffler selon le règlement et que c’en est une différente de le faire en y intégrant une réglementation. Avant de disputer une demi-finale retour, quel qu’il soit, l'arbitre doit savoir quels joueurs de chaque équipe sont sous le coup d’une suspension possible en cas de carton jaune. Et ceux qui habituellement collent des châtaignes. Et ensuite être très vigilant avec ces derniers et ne rien leur laisser passer, ou  au contraire laisser filer pour ceux qui présentent un tout autre profil de joueur et ne pas se compliquer la vie en leur infligeant la même sanction.


Le règlement
Je sais déjà que, règlement en main, il y a des actions qui méritent un carton jaune. Je sais déjà que, techniquement, il y a des actions qui entraînent ce carton. Cela doit être sifflé selon le règlement. Si tu le fais à l’intérieur du règlement, tu n'empêcheras pas à un joueur qui dispute une finale de récupérer le ballon ou d’enlever son maillot après un but. Les joueurs sont jeunes. Avertissez-les d'abord. Voyez-vous en eux, ou, mieux encore, dites-leur les choses dans le blanc des yeux et faites-leur savoir que vous comprenez bien leur situation et leur pardonnez la première faute, mais ne laisserez pas passer la deuxième. Si un arbitre domine ce type de situations, il devient un meilleur arbitre. Si ce n'est pas le cas, c’est alors qu’il lui manque beaucoup.


Source: Las claves de Johan Cruyff

Posté par GreGoL
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