En Une | Champion's League | jeudi 17 septembre 2009 à 02:32
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Les champions d'Europe ont entamé la défense de leur titre à San Siro par un match nul 0-0 peu spectaculaire mais convaincant en terme de maîtrise collective face à un adversaire aux dents longues.
Ibrahimovic contre Eto’o. La presse n’avait que ces deux noms à la bouche au coup d’envoi de cette affiche alléchante entre le champion d’Italie et le Champion d’Espagne et d’Europe. Le lion indomptable allait-il se venger de sa mise à l’écart décrété telle une Fatwa par Pep Guardiola ? Ibracadabra allait-il se rappeler au bon souvenir d’un public qui l’a adulé durant trois saisons ?
Voilà pour poser le décor d’une partie qui opposait avant tout deux favoris au sacre suprême, l’un étant sûr de sa force au sortir d’une saison de rêve, l’autre étant à nouveau plein d’ambition après un recrutement habile et un début de saison en fanfare (victoire 4-0 dans le derby).

Côté Barça, le onze de départ en 4-3-3 ne comportait aucune surprise avec Valdes dans les cages, une défense archi classique Alves-Puyol-Piqué-Abidal, un milieu Touré-Xavi-Keita tout juste amputé d’Iniesta à cours de rythme, et un trident offensif de gala Messi-Ibrahimovic-Henry. Mourinho qui affrontait pour la première fois les Catalans avec l’Inter après avoir croisé plusieurs fois leur route avec Chelsea organisait son onze en 4-4-2 avec un milieu de terrain musclé avec Motta (un ex de la maison Barça qui semble avoir abandonné son étiquette d’homme de verre), Zanetti, Muntari (préféré à Stankovic) et Sneijder, chargés de récupérer le ballon pour servir le duo d’attaque Eto’o-Milito.
Dans leur sémillant maillot orange-rose (couleur mangue selon l’équipementier à la virgule…), les Blaugranas étaient les premiers en action dans ce match avec dès la deuxième minute, un rush de Messi plein axe, ponctué d’une jolie frappe cadrée mais repoussée par un Julio César vigilant. Bien en place les Blaugranas dominaient le début de partie et étaient proches de trouver l’ouverture par Ibrahimovic à la 8ème minute, mais le Suédois magnifiquement lancé par Daniel Alves voyait sa reprise puissante fuir le cadre. Après cette bonne entame catalane (jolie tête également de Messi à la 9ème), le match se rééquilibrait avec une équipe de l’Inter jouant très haut avec un pressing impressionnant de la part de ses attaquants.
Gênés par la dépense d’énergie des nerrazzuri, le Barça perdait plus facilement le ballon, la possession se rapprochant du 50-50. Tactiquement intense, une lutte féroce pour la maîtrise du ballon faisait rage sur la pelouse de San Siro. Peu d’occasions, mais un affrontement de très haut niveau. Passionnant.

Paradoxalement c’est au moment où l’Inter réussit enfin à se montrer vraiment dangereux, par Milito à la suite d’un dégagement de Julio César mal apprécié par Puyol (belle parade de Valdes, 29’), que la maîtrise commença à tourner définitivement en faveur des Blaugranas. Le dernier quart d’heure de la première mi-temps de par la capacité des Catalans à priver l’Inter de ballon et à jouer dans la partie de terrain adverse annonçait ainsi le contenu du second acte, lequel fut intégralement à l’avantage de la Pep Team au grand dam de Samuel Eto’o, privé de ballon et obligé d’assister en spectateur à la passe à dix de ses anciens coéquipiers. Malheureusement pour le Barça, cette domination très nette dans le jeu se heurtait à un bloc défensif intériste très solidaire et parfaitement organisé. Trop axial, trop statique, trop petit, trop prévisible, le jeu catalan se montrait incapable de véritablement déborder l’équipe de Mourinho. De fait, les occasions furent assez peu nombreuses en dehors de la fin de première mi-temps (frappe non cadrée de Keita à la 42ème, frappe claquée par Julio César de Messi à la 45ème) et d’une action chaude après l’heure de jeu voyant Alves et Messi se marcher dessus au moment de reprendre un tir de Henry (72’). Des situations oui, des occasions, pas vraiment.
L’entrée d’Iniesta à la place de Henry ne changeait pas fondamentalement cette donne, et le score en restait là à 0 à 0. Voilà qui satisfait sans doute les deux équipes. Le Barça, malgré son attaque en berne, peut en effet se féliciter d’avoir dompté la machine de guerre milanaise, notamment en seconde mi-temps où les Catalans ont imposé aux Nerrazzuris d’interminables séquences de possession de balle en récupérant les ballons très haut et en isolant complètement Eto’o et Milito du reste de l’équipe obligeant Sneijder et compagnie à balancer devant telle une vulgaire équipe anglaise de bas de tableau. Quant à l’Inter, elle peut aussi s’estimer satisfaite de n’avoir pas encaissé de but et d’avoir su contenir la maestria offensive blaugrana.
Valdes : 6,5
Peu sollicité, il a effectué les quelques parades essentielles qui s’imposaient. Très solide sur sa ligne.
Alves : 7
Sans partir à l’abordage, il a magnifiquement occupé son couloir en se rendant disponible et entreprenant. D’excellent replis défensifs et une agressivité maîtrisée.
Puyol : 5
Un match difficile en première mi-temps, nettement plus serein par la suite du fait de la domination catalane. Il a vraiment souffert dans les duels et le placement défensif. Pas très rassurant.
Piqué : 7
La classe. Impeccable dans ses interventions, toujours bien placé. Et une relance toujours aussi efficace. C’est lui le patron dorénavant.
Abidal : 5,5
Pas mal de déchet en première mi-temps dans son jeu de passe du fait du pressing intériste. Quant à ses (rares) centres, ce fut comme d’habitude, à savoir très mauvais. Néanmoins il a bien su contenir les montées de Maicon et l’activisme de papy Zanetti.
Touré : 6
Un début de match franchement inquiétant avec de la fébrilité dans les transmissions de balle. Heureusement il s’est bien repris pour complètement dominer les débats par la suite. Balle au pied il est capable de réaliser de sacrés différences.
Xavi : 7,5
Le meilleur Barcelonais. Il a arrosé de caviars ses attaquants tout en écœurant son ancien compère Thiago Motta par sa couverture de balle et son sens du jeu. Un régal.
Keita : 4,5
Un peu toujours la même histoire. Certains loueront son respect des consignes et son travail de l’ombre. D’autres (dont le rédacteur de cette chronique) auront surtout tendance à pester contre son manque d’influence dans le jeu, son absence de prise de risque, et son déchet technique exaspérant, sans compter sa finition défaillante. Si c’est pour avoir un type au milieu qui serve juste à boucher les trous et à presser autant y mettre Puyol.
Messi : 6
Un match plus que correct de l’Argentin, bien qu’un peu trop intermittent. Un poison balle au pied capable de semer de belles paniques dans la défense intériste, mais malheureusement il s’est souvent compliqué la vie dans les 20 derniers mètres en cherchant le jeu court et axial.
Ibrahimovic : 4,5
Après un bon début de match, il a petit à petit disparu de la circulation. Bien tenu par Lucio et Samuel, il n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Néanmoins c’était aussi à lui de se rendre plus disponible et de tenter plus. Beaucoup de mauvais choix également et toujours ce côté statique et lourdaud agaçant. Peu d’appels de balle de qualité. Prestation clairement insuffisante.
Henry : 5
Match inégal du Français avec beaucoup de pertes de balle compensées par un vrai entrain offensif notamment en seconde mi-temps et un bon repli défensif face à Maicon.
Remplacé par Iniesta, lequel n’a pas vraiment eu le temps de se mettre en évidence.
Inter Milan : Julio César; Maicon, Lucio, Samuel, Chivu ; Muntari (Stankovic, 61'), Motta, Sneijder (Santon, 79'), Zanetti ; Milito (Balotelli, 84'), Eto'o.
FC Barcelone : Valdés ; Alves, Puyol, Piqué, Abidal ; Xavi, Touré, Keita ; Messi, Ibrahimovic, Henry (Iniesta, 76').
Arbitre : Wolfgang Stark (Allemagne).
Avertissements : Henry (53'), Touré (82'), Chivu (89').
Crédits : sport.es ; elmundodeportivo.es
Posté par javito
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