Saison 1959 – 1960 : Le jeu Blaugrana éclipse les astres italiens
La première confrontation européenne entre les deux clubs remonte à la saison 59 – 60 en 1/4 de Finales de la Fair Cup. Cette coupe est l’ancêtre de la Coupe UEFA (C3), récemment transformée en UEFA Europa League.
Match Aller au Camp Nou (07/05/1959) : Barcelone 4 – 0 Inter
L’ « Internazionale » composée de cracks venus d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine, pratiquait un football réputé autant spectaculaire qu’inefficace au moment d’aller affronter les doubles champions de la Fair Cup (1ère édition : 1955 – 1958) et d’Espagne (Saison : 1957 – 1958) en titre. Le club nerazzurri, emmené par ses deux stars Eddie Firmani (qui avait établi un record de transfert en 1955 de Charlton pour rejoindre la Sampdoria) et Antonio Angelillo (meilleur butteur du Calcio la saison passée), défiait le Barça dans un Camp Nou inauguré il y a à peine plus d’un an.
Côté Blaugrana, l’équipe était celle de l’emblématique joueur hongrois Laszlo Kubala qui formait un redoutable trio au front de l’attaque avec ses compatriotes Sándor Kocsis et Zoltán Czibor ; le club comptait également dans ses rangs un certain Luis Suarez ainsi que Helenio Herrera comme entraîneur - qui s’en sont d'ailleurs tous deux allés faire les beaux jours de l’Inter des années 60.
Les Faits et le Jeu
Le match est caractérisé par une équipe du Barça pratiquant un pressing insoutenable sur les Intéristes, qui finissent par craquer très tôt dans la partie. La défense de zone des italiens a favorisé l’organisation de la relance de l’équipe Culé depuis le secteur défensif, qui pouvait compter sur des attaquants rapides et habiles.
Au final, c’est une victoire facile des azulgrana sur le score sans appel de 4 à 0. En l’absence de Kubala, c’est Ribelles (auteur d’un doublé -- 10’ ème et 34’ ème), Villaverde (-- 75’ ème) et enfin le capitaine Segarra (-- 77’ ème) qui s’illustreront dans une partie où le score aurait pu être beaucoup plus lourd; sans que cela n’engendre de regrets tellement le miracle au retour à Giuseppe Meazza semblait impensable.
Match Aller au Giuseppe Meazza (30/09/1959) : Inter 2 – 4 Barcelone
Plus de 4 mois s’étaient écoulés depuis le match aller à Barcelone entre les deux équipes, dû au fait que les premières éditions de la Fair Cup – jusqu’en 1960 – se déroulaient sur deux saisons au lieu d’une, et ce afin de ne pas perturber le calendrier des championnats nationaux. Autant dire que de l’eau a coulé sous les ponts depuis le fameux 4 à 0 au Camp Nou, car cette fois-ci ; l’Inter avait retrouvé un bon niveau de jeu et semblait confiante avec l’avantage du terrain – malgré son handicap au match aller. Si à l’époque l’Inter comptait uniquement sur ses individualités pour briller au détriment du jeu collectif, c’est aujourd’hui une équipe bien huilée qui s’apprêtait à lancer l’opération remontada à Milan. Ce statut d’Outsider ne dérangeait nullement à Barcelone, si bien que le principal quotidien sportif catalan titrait « Peu de chances pour Barcelone à Milan », avec en prime, les deux joueurs vedettes de l’Inter (Angelillo et Firmani) en couverture.

Les Faits et le Jeu
Quelques secondes à peine après le début de la partie, Angelillo se retrouvait dans une situation idéale ; avec Ramallets le portier barcelonais au sol, mais il ne pouvait malheureusement pas cadrer son tir. Une occasion en or manquée d'entrée de jeu, qui fit se lever tout un stade galvanisé.
Le Barça était avisé d’entrée, c’était une finale qu’allait jouer l’Inter devant un public tout acquis à sa cause. Seulement voilà, si l’Inter avait réussi une métamorphose pendant l’été en intégrant une philosophie de jeu plus collective, il fallait aussi compter avec l’équipe de nouveau Champion d’Espagne. Et quelques minutes plus tard, c’est Martinez – reprenant victorieusement de la tête un centre du côté droit de Kubala – qui se chargeait de faire taire la foule. Un court moment de silence froid s’abattit sur le Giuseppe Meazza, avant qu’une vague de protestation ne vienne l’envahir pour un hors-jeu inexistant de l’attaquant catalan.
Inter 0 – 1 Barcelone à la 6ème min. L’équation était simple, il fallait marquer du côté de l’Inter pour pouvoir espérer, et rester prudent du côté de Barcelone. Au fil des minutes, on assistait à une domination Intériste certes, mais qui restait stérile face au mur Ramallets, auteur de parades à répétition qui permettait au Barça de garder ses distances. Le public s’impatientait alors que l’arbitre sifflait la fin de la 1ère mi-temps sur un score de 0 – 1 pour les visiteurs.
Au début de la 2nde période, le scénario restait le même : on assistait à un Inter dangereux, et décidé à aller de l’avant. Si bien que 4 minutes seulement après la reprise, Angelillo driblait le défenseur barcelonais Rodri avant de crucifier cette fois-ci Ramallets. 1 – 1 à la 49ème, une lueur d’espoir regagnait le stade. Sur l’action suivant la balle au centre, Barcelone se remettait tout de suite à l’attaque, selon l’adage qui la préconisait comme meilleure des défenses afin d’éviter tout naufrage. L’action est initiée rapidement par Czibor et relayée par Tejada; ce dernier remettant à Kubala qui plantait le 1 – 2 à la 50ème. Une minute d’espoir, c’est tout ce qu’avait accordé le légendaire buteur blaugrana aux Intéristes. Mais l’Inter était loin d'avoir dit son dernier mot et répondit du tac au tac 5 minutes plus tard par l’intermédiaire d’Olivelia qui voyait sa demi-volée déviée par le poing de Ramallets dans ses propres filets. Les sifflets scandaient de la part d’un public protestant que le ballon était bel est bien rentré, tandis que Ramallets allait voir l’arbitre central , contestant non pas la légitimité du but, mais contre les flashs des photographes siégés à sa cage qui l’avaient ébloui. Rien n’y fait, le but est validé, 2 – 2 à la 55ème. Une deuxième mi-temps complètement folle tellement les 22 acteurs semblent avoir laissé la rigueur défensive du 1er acte aux vestiaires.
La confiance retrouvée, l’Inter domine les débats et repart inlassablement à l’attaque mais se confronte à un Ramallets dans un très grand jour. Le portier brille à l’occasion de deux parades de grande classe et sauve son équipe des italiens en quête de Vendetta. Passé l’orage, le Barça pose son jeu, alternant rapidité et profondeur, avant de tuer le match à la demi-heure de jeu en 2ème mi-temps. Martinez signe le doublé suite à une deuxième passe décisive de Tejada; 2 – 3 à la 75ème. A ce moments là, les rêves Intéristes les plus fous s’évanouissent, et à 3 minutes du terme suite à une action initiée par Tejada, Martinez se transforme en passeur décisif pour Kubala qui signe lui aussi un doublé; scellant définitivement la victoire des catalans. Inter 2 – 4 Barcelone score final, soit un total de 8 – 2 sur les deux rencontres pour Barcelone.
Le Barça, sûr de sa force, a donc su gérer son match la tête froide;,démentant ainsi les diverses spéculations journalistiques. Un témoignage historique quant aux tentatives de déstabilisation par la caravane médiatique? Rien n’est moins sûr. Quoiqu’il en soit ,le tenant du titre accède au dernier carré de la compétition comme favori à sa propre succession. Les Blaugrana passent sans encombres les demis et se hissent en Ffnale où ils retrouvent Birmingham; équipe qu’ils avaient déjà battu sur le fil en 1/2 finales de l’édition précédente après un match supplémentaire Play-Off (suite à l’égalité parfaite sur les deux matchs 4 – 4 partout) remporté sur le score de 2 – 1. Puis ils se voient consacrés pour la deuxième fois consécutive de leur histoire, en s’imposant face à la formation britannique sur un score total de 4 – 1 (0 – 0 à l’Aller à St Andrew's, 4 – 1 au Retour au Camp Nou).
Helenio Herrera quitte Barcelone à la fin de la saison (1959 – 1960) après 3 ans passés à la tête de club et un palmarès complet de 2 doublés Liga (1957 – 1958 et 1959 – 1960) / Fair Cup (1955 – 1958 et 1959 – 1960) consécutifs. Son départ est dû en partie à cause de conflits internes dont prétendument un avec le joueur vedette Laszlo Kubala, lui-même entraineur du Barça en 1962. Herrera signe alors avec l’Inter en 1960, avant de ramener Luis Suarez (Ballon d’Or 1960 suite à sa saison à Barcelone) la saison qui suit (1961 – 1962) pour écrire l’histoire de La Grande Inter : La meilleure équipe de l’histoire de l’Inter.

Saison 1969 – 1970 : Le Cœur y était
La deuxième confrontation européenne des deux clubs se passe au cours de la saison 69 – 70 en 1/8 de Finales de la Fair Cup, avant dernière édition du nom qui sera remplacée par la Coupe UEFA (C3) en 1971.
Si la première rencontre entre les deux fût marquée par un Barcelone intraitable et un Inter à l’aube de son apogée, le contexte était cette fois-ci bien différent. Barcelone sortait d’une décennie de disette avec « seulement » une Fair Cup (1965–66), et deux Copa del Rey (1962–63 ; 1967–68); une misère comparée aux deux doublés Fair Cup / Liga conquis entre 1957 et 1960. L’inter quant à lui sortait d’une décennie de rêve qui se termina en 1967, avec un bilan de 3 Scudetto (1962–63; 1964–65; 1965–66) et surtout 2 Champions League (1963–64; 1964–65) – les seules à son actif. Depuis, le club peine à renouer avec son passé.
La Fair Cup avait également changé de contexte: finie l’ère espagnole où le FC Barcelone, le FC Valence et la Real Saragosse dictaient leurs lois en Europe, commençait alors l’ère anglaise qui vit l’émergence de clubs tels que Leeds, Newcastle ou encore Arsenal.
Match Aller au Camp Nou (14/01/1970) : Barcelone 1 – 2 Inter
Le Barça était entrainé par Vic Buckingham, tout juste arrivé en Janvier en tant que technicien de l’équipe Culé. Cette dernière avait dans ses rangs le légendaire Carles Rexach aux côtés du capitaine Josep Fusté; un milieu de terrain hors pairs découvert par Laszlo Kubala lorsqu’il était alors directeur technique du Barça. Fusté avait une grande influence sur l’organisation du jeu blaugrana, si bien que l’on disait "Cuando Fusté juega, el Barça funciona" (Quand Fusté joue, le Barça fonctionne).
En face, la formation intériste était composée de noms qui avaient fait briller la Grande Inter des années ’60 tels que Fachetti, Mazzola et autres Suarez, l’ex Ballon d’Or blaugrana. Cette rencontre était également l’occasion des retrouvailles entre Helenio Herrera (toujours à la tête de l’Inter) et l’équipe qu’il avait quitté une décennie auparavant.
Si le premier duel européen entre les deux géants s’était soldé par un insolant 8 – 2 sur les deux matchs pour Barcelone, cette confrontation semblait complètement différente de la précédente car beaucoup plus équilibrée sur le papier. Il faut aussi garder en vue que les deux clubs étaient en crise depuis bon nombre d’années où les titres n’affluaient plus; cette rencontre était donc une échappatoire face aux échecs consécutifs, constituant de ce fait ‘LA’ grande affiche attrayante en Europe.
Les Faits et le Jeu
Une partie passionnante se dessinait au Camp Nou devant l’attente grandissante, comme s’il s’agissait d’une véritable finale. Et cette attente est justifiée car le spectacle est au rendez vous : pendant les 45 premières minutes, on assiste à un football de grande classe de la part des deux protagonistes. Barcelone, sans doute crispé par l’enjeu, se fait cueillir à froid par une équipe italienne réaliste en tout début de rencontre. Après un débordement de Bertini sur le côté gauche, ce dernier dépose un centre millimétré à Bonisegua qui contrôle le ballon et anticipe la sortie du portier blaugrana Reina. 0 – 1 pour les visiteurs à la 8ème. Tel un électrochoc, ce but réveille les catalans qui retrouvent le jeu vivace et profond qui avait fais leur force, le tout impulsé par un milieu de terrain souverain. Cette domination allais porter ses fruits puisque le marquage rigide des italiens, qui voulaient sans doute dormir trop tôt sur le résultat conquis à l’extérieur, les poussa à commettre des fautes.
Sur un coup franc de Martí Filosia à l’entrée de la surface repoussé par le mur, ce dernier remise de la tête et offre un mano-a-mano à Fusté qui recolle au score. 1 – 1 à la 20ème. Mauvaise nouvelle pour le Barça car Fusté se blesse au passage et se trouve dans l’impossibilité de poursuivre la rencontre. Entre alors García Castany à la place du capitaine. Qu’à cela ne tienne, Barcelone poursuit sa domination le jeu et enchante le Camp Nou, jusqu’à sombrer dans la facilité. En effet, une grave indécision de la défense blaugrana sur un ballon côté gauche laisse le champ libre à un Bertini qui ne se fit pas prier pour redonner l’avantage à son équipe, toujours aussi cruelle de réalisme. 1 – 2 à la 32ème. Les équipes se quittent à la pause sur ce score, et Buckingham devra trouver les mots justes pour remotiver ses troupes face à un Inter replié défensivement et exerçant un marquage rigoureux.
La deuxième période s’annonce aux antipodes du jeu ouvert et spectaculaire offert pendant le 1er acte. Helenio Herrera ordonne à ses hommes d’appliquer un rigoureux Catenaccio, le tout orchestré par un Suarez qui ne fait pas déshonneur à sa classe. On assiste néanmoins à des efforts (infructueux) des barcelonais, qui réitèrent débordement sur débordement mettant à mal la défense de l’Inter sans jamais pouvoir la rompre. Si l’on pouvait résumer cette seconde période, il n’y aurait pas d’autres mots que Rigueur Défensive qui ressortiraient encore et toujours. Le cœur y était, mais le ‘verrou’ mis en place par les italiens ne craquera pas à l’issue du match. 1 – 2 score final pour l’Inter, qui obtient un résultat ô combien précieux à l’extérieur et prend une sérieuse option sur la qualification. Tout a été décidé en 1ère mi-temps, mais est-ce que la qualification est pour autant acquise pour les Intéristes? Réponse dans une quinzaine de jours au retour à Milan.

Match Retour au Giuseppe Meazza (04/02/1970) : Inter 1 – 1 Barcelone
Même si l’Inter a obtenu le résultat idéal à l’extérieur, Barcelone avait des raisons d’être (modérément) optimiste. En effet, l’équipe n’avait rien à perdre et allais jouer son tout va. De plus, Fusté revient juste à temps pour le duel à Milan après sa blessure au match aller tandis que l’infirmerie de l’Inter comptait Suarez et Reif qui eux étaient incertains après leurs blessures pendant le choc Roma – Inter en Calcio. Mais l’on n'en savait pas plus que ça, la seule information qui filtrait étant celle que les deux effectueraient des tests médicaux le matin même du duel avant de prendre une décision.
Les Faits et le Jeu
L’attente pour ce match demeurait la même qu’au match aller; d’autant plus que le Barça volait toutes les lumières en Espagne en étant la dernière équipe espagnole engagée en compétition internationale. On savait que la mission serait compliquée, mais pas impossible.
Contre toute attente, on retrouve un Suarez bel et bien titulaire sur la feuille de match. Gros coup de bluff de la part de Helenio Herrera, alias H.H, qui avait laissé planer le doute jusqu’à la dernière minute. Mais H.H. n’était pas le seul à réserver des surprises. Buckhingham aligna un surprenant et audacieux 4 – 2 – 4 résolument tourné vers l’offensive, qui laissait présager que le Barça ce soir allait donner le tout pour le tout.
Evidemment cette formation laissait tout de même perplexe face à la question défensive, quand on sait les erreurs commises au match aller. Et c’est sans surprise que l’Inter ouvre le score suite à un tir de Jair sur la barre transversale, mal dégagé par la défense azulgrana, qui offre le ballon gracieusement à Bertini. Ce dernier de la tête donne une passe décisive à un Bonisegna étrangement esseulé de tout marquage et qui donnait l’impression d’être largement hors-jeu. Le juge de ligne valide le but malgré la protestation des joueurs, 1 – 0 pour les locaux à la 17ème.
L’Inter prend l’avantage et conforte le score acquis au match aller suite à une action polémique. Hors-jeu ou pas, le Barça paye de toute façon (sans doute le prix fort) quant à ses largeurs et frasques défensives. Pas le temps d’accuser le coup, il faut vite recoller au score pour espérer tirer quelque chose de ce match. Rappelés à l’ordre par un Buckhingham remonté et fidèle à son style de jeu; le Barça ressert ses lignes et reprend le contrôle sur le milieu de terrain. Les combinaisons se multiplient et Rexach et Pujol se retrouvent plus facilement et imposent le rythme du match devant une défense intériste qui semblait lente et friable. Les mérites du beau jeu blaugrana finissent par se faire justice devant une équipe italienne refusant le duel... décevant pour le football. Suite à un énième débordement, Juan Carlos centre pour une tête énergétique de Martí Filosia que le gardien nerazzurri Vieri ne peut controler, dégageant in extremis le ballon sur sa ligne directement dans les pieds de Rexach. 1 – 1 à la 29ème.
Le match était relancé, car le Barça n’avait qu’un seul but à marquer pour refaire son retard, et tout semblait indiquer qu’il avait les moyens pour le faire. On allait assister à une fin de match complètement folle. Et pour rajouter encore plus au suspens, Suarez sort sur blessure à la 35ème, très certainement une rechute dûe à la décision de H.H. de le titulariser ce soir. Suarez, du haut de ses 35ans, était incontestablement le patron de cette équipe de l’Inter. Pire encore, Jair, lui aussi blessé, sort à la 43ème pour laisser sa place à Reif qui était incertain avant le match. A la fin de la 1ère mi-temps, l’énoncé devenait plus passionnant : l’Inter devait faire toute une mi-temps sans son maître à jouer face à un Barça offensif ayant retrouvé l’essence de son jeu. L’espoir d’un retour victorieux de Milan était tout à fait permis.
La 2ème mi-temps commence alors et le Barça tient sa promesse : on assistait à des attaques qui montaient à rythme crescendo, et l’absence de Suarez pour organiser ses compères de l'Inter sur le terrain se faisait de plus en plus ressentir. La tactique mise en place par Buckingham fonctionne bien, mais il manque cruellement de finisseurs devant. Il décide alors de bousculer les choses en faisant rentrer Castro à la place de l’avant centre Pujol, du poste pour poste. Mais si les attaquants semblaient passer à côté de leur match ce soir, c’est le défenseur Gallego qui se charge d’apporter le danger sur les cages italiennes : Tout d’abord sur coup franc et une frappe pure qui s’écrase sur la base du poteau gauche de Vieri. Puis sur un tir du même Gallego qui passe à travers les gants du portier italien, le ballon poursuivant sa course folle vers les filets juste au moment où Vieri, se retournant avec la vivacité d’un éclair restitue le ballon dans l’aire de jeu avant l’intervention de son défenseur Burgnich qui le sort de la tête en corner. Nul ne peut dire à ce jour si le ballon avait bel et bien dépassé la ligne, même si certains joueurs catalans contestaient inutilement auprès de l’arbitre. Barcelone ne baissait pas pour autant les bras en se montrant de plus en plus pressant, mais la frustration se faisait ressentir sur les visages barcelonais, alors que les intéristes se limitaient uniquement à perdre du temps et glaner des secondes. Fin du match à Giuseppe Meazza sur un match nul 1-1 qui fait les affaires de l’Inter qualifié pour les 1/4 de finales. Barcelone, bourré de talent et d’idées, a laissé passer la chance qui s’est présentée à lui et a payé cash ses erreurs défensives. L’Inter sera éliminé en 1/2 Finale par le club belge d’Anderlecht le 15/04/1970.

Saison 2002 – 2003 : La Champions League, Opium du peuple
La troisième confrontation européenne des deux clubs a lieu lors de la saison 2002 – 03 en 2ème phase de poules du groupe A de la Champions League (C1); qui donnait directement sur les 1/4 de Finales.
Match Aller au Camp Nou (18/02/2003) : Barcelone 3 – 0 Inter
(Voir l'article du FCB Clan sur le contexte de la rencontre : http://www.fcbarcelonaclan.com/actu/2003-reconstruire-sur-des-ruines/8461.html)
Le Barça de la saison 2002 – 03 était un Barça à deux visages : Souverain en Europe, en difficulté en Espagne. En effet, avant l’affiche contre l’Inter, le Barça présente deux bilans diamétralement opposés : Sublime série de 10 victoires consécutives en Europe; établie sous les ordres de Louis Van Gaal, l’équipe effectue néanmoins l’un des pires démarrages en Liga de son histoire, et pointe seulement à la quinzième place du classement. C’est à ce moment là qu’intervient le limogeage de Van Gaal au profit de Radomir Antic, qui à côté de devoir remonter la pente en championnat, se devait de prolonger la série de victoires consécutives en Europe au nombre de 11 et établir ainsi le record absolu. Pour cela, il pouvait compter sur une attaque composée de Marc Overmars, Javier Saviola (réhabilité dans son système) et Patrick Kluivert qui lui avait promis de marquer face à l’Inter.
Ce défi était loin d’être facile car devant, il y avait la formation intériste de Hector Cuper, 2ème du Calcio. L’Inter se présentait à Barcelone sans Hernán Crespo; meilleur butteur de la C1, forfait pour la rencontre suite à sa blessure. Batistuta, arrivé alors en Janvier à l’Inter ne pouvait pas non plus disputer la C1; car il y a déjà joué en début de saison sous le maillot de la Roma. Cette rencontre était donc l’occasion des retrouvailles entre Christian Vieri et son ancien entraineur à l’Athletico Madrid lors de la saison 1997 – 98, Radomir Antic. Deux hommes au passé compliqué – le technicien avait déclaré sur le joueur (Vieri) qu’il faisait la fermeture de toutes les discothèques à Madrid. Autant dire que Vieri avait une motivation supplémentaire pour démontrer toute l’étendue de son talent, comme l’avait rapporté Cuper dans un entretien d’avant match.
Les Faits et le Jeu
Relégué à la course au titre en Liga, la Champions League constituait le grand objectif du Barça, et cela se ressentait sur le terrain. Dès la 8ème minute, Xavi, inspiré, lançait Saviola dans l’axe suite à une passe millimétrée. El Conejo se défait de Gamarra et résiste au retour de Cannavaro avant de mystifier Toldo d’un tir du gauche. 1 – 0 à la 8ème. Loin d’être rassasiés, les catalans doublent la mise par l’intermédiaire de Cocu. Suite à un corner du côté droit, Franck de Boer remise de la tête pour la demi-volée de Kluivert repoussée par Toldo dans un premier temps, mais le ballon arrive sur les pies de Cocu qui n’a plus qu’à le pousser au fond. 2 – 0 à la 31ème, Barcelone est tout simplement irrésistible en ce début de match et offre aux supporters du Camp Nou des raisons de rester optimistes pour cette saison.
Reste la promesse de Kluivert de marquer pendant cette rencontre, c’est chose faite un peu après l’heure de jeu. Sur un ballon dégagé par de F. de Boer, dont le rebond surprend Dalmat, l’action se transforme en un contre éclair à deux contre deux emmené par Saviola, qui fixe les défenseurs avant de délivrer la balle du but à Kluivert. 3 – 0 à la 68ème, le Barça est dans un état de grâce à l’image de Saviola qui aura effectué un match plein, sans nul doute le meilleur depuis son arrivée. Côté défensif, la charnière Puyol – Franck de Boer a été souveraine, le premier grâce à ses multiples anticipations, et le second pour avoir maitrisé Vieri, transparent tout au long du match. Le score n’évolue pas et on sent la frustration monter du côté Interiste, Álvaro Recoba écope d’un carton rouge suite à une agression lamentable sur Puyol. 3 – 0 score final, le record est désormais établi au nom du Barça et reste intouchable à ce jour : 11 victoires consécutives en Champions League.
(Voir le résumé du match sur Youtube:
http://www.youtube.com/watch?v=sQiZiPZL9Ro)

Match Retour au Giuseppe Meazza (26/02/2003) : Inter 0 – 0 Barcelone
Suite à l’exhibition au Camp Nou, la presse semblait oublier la crise par laquelle passait le FC Barcelone cette saison en Liga. Dans l’emballement général où l’on voyait Barcelone déjà couronné, seuls les joueurs gardaient les pieds sur terre. Et ils avaient raison, c’était bien sous-estimer Cuper que de s’attendre à une victoire facile en Italie; qui serait de ce fait la 200ème en Europe pour le Barça.
Les Faits et le Jeu
Antic voyait bien au-delà du record de victoires en CL. En effet, le Barça et l'Inter se tenaient désormais à 3 point de différence (9pts Barça, 6 pts Inter) à 3 journées de la fin, et étaient tous deux détachés du reste du groupe (Bayern Leverkusen, Newcastle). Autant dire qu’une attitude imprudente pouvait coûter la 1ère place au Barça ; c’est alors que le technicien serbe pondait une formation faite pour le jeu à l’italienne, sans prendre aucun risque, il était clairement parti en Italie chercher le point du nul qui assurerait la 1ère place du groupe. L’Inter de Cuper joue le tout pour le tout et se montre dangereuse dès le début du match où Vieri marque un but, annulé pour position de hors-jeu. La dynamique de la 1ère mi-temps n’a pas été à l’image de ce début, puisque le jeu fût assez médiocre par moments. Vieri muselé de toutes parts par Puyol et De Boer, l’absence de Recoba, suite à sa suspension au match aller, s’est bien faite ressentir sur le front de l’attaque nerrazurri.
Le Barça a répliqué en constituant un bloc solide et a bien pressé l’adversaire, réussissant également à contrôler la possession, sans toutefois parvenir à trouver la profondeur de jeu nécessaire mais cela était prévisible en adoptant une telle philosophie de jeu. La 1ère mi-temps se terminait sur un score nul et Antic voyait sa tactique fonctionner tandis que Cuper se devait de réagir s’il voulait avoir une chance de terminer leader du groupe.
La 2ème mi-temps venait de commencer et Cuper avait réussi à remobiliser ses troupes car on assistait à un Inter dangereux à la reprise. Le danger vient encore de Vieri, auteur d’une tête qui heurte la base du poteau de Bonnano avant de sortir. Cette action était le début d’un assaut intériste sur les cages blaugrana pendant le quart d’heure qui allait suivre. Le Barça jouait le contre à fond sur chacun des ballons récupérés et l’intensité du match atteignait des degrés insoutenables lorsqu’intervenaient les blessures coup sur coup de Cocu côté Barça, Dalmat – le maître à jouer au milieu de terrain – côté Inter. Plus tard, Puyol fut évacué également suite à un choc avec son coéquipier De Boer. Ces évènements ont eu pour incidence la baisse du rythme de la rencontre. C’est le moment choisi par Antic pour lancer Anderson ainsi que l’éternelle promesse argentine au nom de Riquelme. Ce dernier a été complètement transparent, contrairement à Anderson, auteur d’une entrée remarquée. Les changements offensifs ont portés leurs fruits et la fin de match sera marquée par des occasions azulgrana. Tout d’abord par l’intermédiaire de Kluivert, qui perd son mano a mano face à Toldo, puis sur un rush solitaire de Gabri qui voit sa frappe en fin de course passer au dessus de la transversale. 0 – 0 score final. Antic aura fait une véritable partie d’échecs face à Cuper, et au final assuré la première place de son equipe avec ce match nul au goût de victoire.


Saison 2009 – 2010 : Le champion tient son rang
Match Aller au Giuseppe Meazza (16/09/2009) : Inter 0 – 0 Barcelone
(Voir l'article d'après match du FCB Clan : http://www.fcbarcelonaclan.com/actu/inter-milan-0-0-fc-barcelone-surs-de-leur-force/8360.html)
Les Faits et le Jeu
(Voir le résumé du match sur Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=WUive8_H2p4)
Match Retour au Camp Nou (24/11/2009) : Barcelone 2 – 0 Inter
(Voir l'article d'après match du FCB Clan : http://www.fcbarcelonaclan.com/actu/fc-barcelone-2-0-inter-milan-le-champion-repond-pr/8405.html)
Les Faits et le Jeu
(Voir le résumé du match sur Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=4s2d-HKYA7g)
Ce soir, Barcelone cherchera sa 250ème victoire en Champions League, un exploit inédit dans la compétition. Mais plus révélateur, le Barça n’a jamais été éliminé par un pensionnaire du Calcio en demi-finales.
Source: MD Hemeroteca
Source: MD Hemeroteca