En Une | Iniesta | dimanche 22 mai 2011 à 14:55
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Le héros de Stamford Bridge retourne à Londres pour la finale de la Ligue des Champions. Souvent décisif lors des grands matchs, Iniesta prévient qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'il marque cette fois-ci...

Quels sont vos souvenirs d'enfance de la Coupe d'Europe ?
La Coupe d'Europe est une compétition très spéciale, très belle, où tout le monde fait un effort particulier. Les fans aussi. J'y ai toujours pensé d'une manière spécifique et je me sens toujours chanceux d'avoir pu y participer, et aussi d'avoir gagné deux titres.
Que vous rappelez-vous du 20 mai 1992 ?
Je ne me souviens pas où ni avec qui je l'ai regardée [la finale de C1], j'avais seulement huit ans. Mais j'ai certaines images en mémoire, et ce que ça signifiait pour le Barça, parce que c'était notre première Coupe d'Europe.
Et la Dream Team ?
Mes héros ont joué dans cette équipe : Guardiola et Laudrup. J'aimais l'équipe pour leur façon de jouer, et bien sûr je voulais les imiter dans le futur.
Maintenant que vous avez rencontré Laudrup, êtes-vous toujours excité à l'idée de rencontrer l'un de vos héros, ou est-ce qu'on perd ce genre d'émotions lorsqu'on est professionnel ?
Je l'ai rencontré deux ou trois fois. Et c'est toujours un plaisir. J'ai beaucoup de respect pour lui, beaucoup de tendresse. Il était une référence pour moi.
Votre équipe est-elle une version améliorée de la Dream Team ?
Il y a différentes époques et différentes équipes. Nous essayons de tirer le meilleur de chaque équipe, que ce soit la Dream Team ou une autre. Notre équipe est très complète à tous les niveaux et, chaque année, on se développe dans l'optique de gagner plus de titres. Nous ne nous sommes pas reposés sur nos lauriers, on a cherché de nouveaux challenges, de nouvelles façons de jouer et d'autres variantes. Le secret de cette équipe, c'est qu'on essaye d'apprendre et de s'améliorer chaque année.
À 27 ans, vous avez disputé 70 matchs de Ligue des Champions. Vous souvenez-vous du premier ?
Bien sûr. Un déplacement à Bruges. C'était mes débuts au Barça et je n'ai en fait pas joué en Ligue des Champions avant quelque temps. Je m'en souviens bien, et une bonne partie de l'équipe B a joué ce soir-là. J'étais très nerveux. C'était le jour où tout ce dont j'avais rêvé à La Masia devenait réalité. C'était une journée très nerveuse et très intense.
Vous avez inscrit 6 buts en Ligue des Champions. Le plus important était à Londres. Sentez-vous toujours l'excitation lorsque vous vous remémorez ce qui s'est passé à Stamford Brige ?
Oui, je pense que je le sentirai toujours. À chaque fois que je le revois. Pour l'événement et ce qu'il a signifié pour tout le monde, c'est très excitant de le voir. Ça me donne la chair de poule. Je me souviens du moment, de ce que j'ai ressenti, et de ce qui s'est passé après.
Pensez-vous que ce but a finalement fait de vous un « grand » ?
Personnellement, je préfère ne pas le penser. Je pense toujours jouer plus ou moins de la même manière. J'essaye de m'améliorer chaque jour, mais peut-être que ça m'a quand même changé de l'extérieur, pour la presse et les médias, comme pour le but en finale de Coupe du monde. Mais Andrés Iniesta le joueur ne change pas simplement à cause d'un but. Iniesta change via l'apprentissage et en devenant un meilleur joueur, pas à cause d'un moment particulier.
Voyons un peu les autres finales. Vous étiez remplaçant à Paris ?
Oui, c'était l'une des plus grandes déceptions de ma carrière. J'avais été titulaire en quart et en demi finale, et je pense que tout le monde a dit que j'avais vraiment bien joué. Ça a été un grand choc, je ne m'y attendais pas. Mais j'ai pensé que si je montais sur le terrain, je devrais donner tout ce que j'avais, et en seconde mi-temps je suis rentré et tout a changé. Mais cette décision m'a fait beaucoup de mal.
Vous avez parlé à Rijkaard ?
Oui.
A-t-il regretté son choix ?
Non, jamais. Aucun coach ne le fait. Ce sont eux qui décident. Nous avons parlé, mais ça restera entre nous.
Mais ça ne vous a pas empêché de faire une excellence seconde mi-temps, et vous avez lancé le mouvement sur l'égalisation ?
Ce n'est pas parce que je l'ai pris comme ça que je n'étais pas heureux de gagner la Ligue des Champions ou de jouer la deuxième mi-temps. C'est juste ce que j'ai ressenti.

Vous étiez pratiquement blessé pour la finale de Rome. Comment étaient ces quinze jours ?
Une course contre la montre. C'était difficile parce qu'on avait aussi la finale de Copa del Rey et que je ne pouvais même pas voyager. C'était très intense, mais j'étais sûr d'être en forme à temps pour aider l'équipe. Je n'étais pas à cent pour cent, mais j'étais heureux d'être là et d'avoir aidé l'équipe à gagner la Ligue des Champions. Tout effort reçoit sa rétribution.
Vous avez payé le prix fort, mais le referiez-vous encore ?
Bien sûr, j'aime ce club. J'aime mes équipiers, le football est ma vie et je suis sûr que je le referais. Mais ce que j'ai dû payer était plutôt difficile.
Vous avez tout joué cette saison, et vous avez inscrit neuf buts. Est-ce grâce à la forme ou bien la confiance ?
C'est ma meilleure saison jusqu'à présent, individuellement et collectivement. Vous gagnez de l'expérience et de la confiance au fil des ans. Avec la continuité, on sent les choses plus rapidement. Ça vous donne une confiance maximum et les choses qui ne fonctionnaient pas se mettent à marcher.
Au vu de leur parcours en Ligue des Champions, est-ce que ce Barça-Manchester est le meilleur match qu'on puisse avoir aujourd'hui ?
Peut-être. Je suis certain que ces deux équipes sont là parce qu'elles le méritent, ça ne fait pas de doute. Nous sommes deux équipes qui aimons jouer au football. Ils ont fait la même chose dans leur championnat et ils l'ont gagné. Ils ont toujours fait des finales ces dernières années. Ce sera un bon match.
Ce Barça joue-t-il un meilleur football qu'en 2009 ?
Oui, car pour continuer à gagner, il faut s'améliorer, évoluer, et je pense qu'on l'a fait. On s'est beaucoup améliorés.
Peut-on considérer la finale d'il y a deux ans comme une référence pour celle de cette année ?
Chaque match est différent, mais le Barça n'a pas changé. Nous jouons toujours de notre manière, en conservant le ballon, et en essayant de créer des occasions tout en freinant leurs qualités. Ils ont aussi une meilleure équipe qu'en 2009 donc on verra ce qui va se passer. Dans leur championnat, ils ne jouent pas contre des équipes qui ont une telle possession de balle. Ce sera un bon match, Manchester a une grande équipe.
Ils disent qu'ils sont meilleurs, même si le bloc est le même, sans Cristiano Ronaldo et Tévez.
Oui, je pense qu'ils sont forts. Ils ont changé des joueurs, ce qui a redistribué les responsabilités, d'autres joueurs ont un plus grand rôle dans l'équipe.

Qu'aimez-vous le plus à propos de United ? Ou le moins ?
L'équipe. Ils sont très compacts, spécialement contre les équipes difficiles, parce qu'ils défendent bien et ont des joueurs rapides en contre, ils sont très consistants et travaillent dur tout le match. Quand vous rencontrez Manchester en Ligue des Champions, vous devez vous méfier de tout.
Giggs et Scholes sont-ils des modèles pour vous ?
Ce sont des légendes vivantes. Ils ont joué une infinité de matchs, ils ont battu tous les records, remporté tous les titres et, surtout, ils montrent les vrais pros qu'ils sont lors de chaque match qu'ils disputent. Ils sont de véritables exemples pour nous et tous les jeunes qui veulent percer un jour. Il y a tant à apprendre d'eux.
Comment l'équipe va-t-elle aborder la finale ?
Nous arriverons en bonne forme, j'en suis convaincu. Ça aide de jouer la Ligue des Champions en aussi bonne condition. Mais le championnat, avec Madrid qui lâchait si peu de points, a paru très long. On est un peu saturés par le championnat. Donc les prochains jours seront bien pour retrouver la forme.
Vous imaginez-vous marquer un but en finale ?
Pour être honnête, je n'y ai pas pensé et j'espère que les fans ne le font pas non plus. Il y a eu deux précédents, à Chelsea et en finale de Coupe du monde. Et même si nous sommes tenus en échec, j'espère que les gens ne s'attendront pas à ce que je marque, parce que ça n'arrive pas très souvent. Je veux seulement gagner, pas être à l'avant-plan. Je veux juste gagner la Ligue des Champions et revenir à Barcelone pour le célébrer.
Avez-vous fait un pari sur la victoire du Barça en Ligue des Champions ? Parce que vous n'avez toujours pas respecté celui que vous aviez fait en cas de victoire au mondial.
Je n'ai pas eu le temps [rires]. Je n'ai jamais dit que je le ferais tout de suite. Je n'ai pensé à rien de spécial cette année, mais ce serait merveilleux si on pouvait gagner.
Source: Site officiel
Posté par Wedge
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