Array [Il y a 25 ans] Ainsi s'est déroulé le transfert de Maradona au FC Barcelone - FC Barcelona Clan

Article | Diego Maradona | mercredi 30 mai 2007 à 20:47  | Ajouter aux favoris / Partager  | Email

Il y a 25 ans, se bouclait à Buenos Aires la négociation la plus longue du monde. Au siège de l'AFA se décidaient les bases de l'accord qui permettrait à Diego Armando Maradona de signer au Barça...


Le transfert de Maradona au Barça a été la nouvelle de l’année 1982 pour les culés
Le contrat avec le joueur n'a pas pu être signé avant quelques jours à Barcelone à cause de l’avant-dernier obstacle qui a saupoudré 4 années de rencontres et de distance. Un quart de siècle plus tard, les acteurs de ce transfert racontent les anecdotes d'une négociation unique.


On ne discute pas avec l’Amiral Lacoste

Le Barça avait déjà recruté Maradona en 1980. L'accord avec Argentinos Juniors était total et une fête avait même été célébrée à Buenos Aires pour célébrer le transfert. Quelques jours plus tard Josep Maria Minguella, intermédiaire de l'opération, a reçu cependant un inquiétant appel de Julio Grondona, président de l'AFA. “Venez ici, il y a un problème”. Le problème était que le gouvernement militaire argentin n'était pas disposé à laisser partir l’astre argentin. Par décret, l'Amiral Lacoste –‘organisateur’ de la Coupe du Monde’78 et Ministre du Bien-être Social- a clairement indiqué au Barça que ‘Dieguito’ ne partait pas. Il l'a dit en uniforme, chargé de médailles et précisant qu’il n'acceptait pas de discussions.


Julio Grondona paralyse la tournée du FC Barcelone en Equateur

Fin mai 1982, le FC Barcelone disputait des rencontres amicales en Équateur profitant de l’arrêt prématuré de la Liga espagnole pour préparer le Mondial’82. A Guayaquil, un appel téléphonique a agité la concentration. Julio Grondona, président l'AFA proposait une rencontre entre l'Argentine et le Barça. Ce fut une couverture pour tenter de résoudre le problème dans lequel l'Amiral Lacoste avait mis Boca, Argentinos, l'AFA et Maradona.


Un dîner à Buenos Aires

Le problème qu’avait l'AFA était important. Pour éviter que Maradona s’en aille en Europe deux années auparavant, le principal organisme du football argentin a dû compenser Argentinos, qui perdait une belle somme d’argent en n'ayant pas vendu le joueur au FC Barcelone. En même temps, Boca avait pris des engagements avec le club d'origine de Maradona qu'il n'a pas accompli dès le départ. Les demandes judiciaires entre les deux clubs étaient constantes et Grondona a clairement vu que ceci ne pouvait être freiné que si le FC Barcelone achetait le joueur. À cet effet, il a convoqué un dîner à son domicile entre toutes les parties dans lequel il y a 25 ans, le 24 mai, les bases d’un accord pour que le ‘Pelusa’ voyage à Barcelone soient fixées.


“Si nous réglons ce problème, nous tenterons de faire la même chose avec les Malouines”

Tandis qu’au dîner dans la maison de Grondona on servait le dessert, à Barcelone, le secrétariat de Joan Gaspart réservait déjà trois places dans le premier vol à destination de Buenos Aires au nom de son chef, Juan Ignacio Brugueras et de Josep Lluis Nuñez. Le 25 mai à 20h30, l'expédition blaugrana embarquait à El Prat. Pablo Porta, président de la RFEF, les a croisé et leur a souhaité bonne chance. Le message de Núñez était prudent. “Nous ne pouvons pas assurer que nous reviendrons avec le joueur. Nous allons nous placer au milieu d’une guerre entre deux clubs. Nous essayerons de les mettre d'accord mais ce ne sera pas facile. Si nous réglons ceci, nous tenterons ensuite de régler le litige des Malouines, ce qui sera plus simple”.


“Señor H.H., nous allons à Londres”

Le rôle de Núñez dans ce transfert a été fondamental. C’est le seul cas où l’on se souvienne de la présence du président blaugrana sur tous les fronts de la négociation dans sa longue étape à la tête du club. Un jour, Nuñez a appelé Helenio Herrera, à qui il avait entièrement confiance et il a dit : “Monsieur H.H., nous allons à Londres”. S’y sont donc rendus l’entraîneur, le président, le vice-président et quelques dirigeants avec leurs femmes pour assister à Wembley à un Angleterre-Argentine. Nuñez voulait voir en action Maradona. Par la suite, il a personnellement voyagé pour boucler l'opération. Il ne l’a plus jamais refait.


Gaspart avait bloqué le standard du Plaza

Après 14 heures de voyage, les trois émissaires entraient dans le hall de l'Hôtel Plaza de Buenos Aires où les attendaient Minguella et une vingtaine de journalistes, qui considéraient le transfert comme conclu. A la réception, les messages pour Joan Gaspart débordaient la réceptionniste. Le vice-président est resté au téléphone de la cabine de l’hotel près de deux heures avant de prendre les clés et tandis qu’il était au combiné, les appels depuis Barcelone et l'Argentine bloquait l'Hôtel Plaza. Pendant 48 heures cet hôtel ressmeblait à un call-center.


“Nous sommes le Barça, pas les Rois Mages”

L'après-midi, l'expédition barcelonaise s’est rendue au Monumental pour voir un Argentine-Benfica, qui devait être à l’origine un Argentine-FC Barcelone. Après la rencontre, les parties impliquées dans le transfert se sont réunies pour un dîner dans lequel se jettent les asisettes au dessus de la tête. Le Barça a pu vérifier que tous ceux qui se sont assis autour de la table lui demandaient de l'argent. L'AFA demandait de l’argent, Boca pour arrêter les jugements, Argentinos Juniors en demandait et encore plus les personnes représentants Maradona Producciones. A 4.30 heures du matin Juan Ignacio Brugueras a liquidé la discussion avec une phrase solennelle : “Messieurs, nous sommes le Barça, pas les Rois Mages”. La négociation est, officiellement, rompue.


A New York on achète moins cher

4 heures plus tard, un début d'accord est possible. Les Argentins, voyant qu'ils restaient sans argent, ont abaissé leurs prétentions et le FC Barcelone, grâce à Carlos Tusquets, a trouvé une voie pour payer sans que les caisses du club s’en ressentent. Après avoir étudié les taux de change peseta-dollar, Tusquets a découvert que si on achetait des bons extérieurs à New York le change était favorable, ce qui permettait d'améliorer l'offre.


L'invasion des avocats

Avec tout à point pour estampiller l'accord final dans le bureau de Grondona, 6 avocats de procès précédents de l'AFA avec Boca se sont présentés au bureau et ont assuré que soit on leur versait les 240.000 dollars qui leur correspondaient, soit ils ne signaient rien. Nuñez a résolu le litige rapidement. “Juan, appelle une voiture, nous rentrons à la maison et nous signerons à Barcelone. Minguella, tu restes”. Au bout de deux jours, Maradona quittait la concentration de la sélection argentine à Alicante pour voyager à Barcelone et signer le contrat qui mettait fin à la négociation la plus longue au monde.



Source: Sport

Posté par marco93fcb
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