Chronique | Cruyff | mardi 24 mars 2009 à 00:26
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Le Barça se trouve dans une situation pour laquelle tout le monde aurait signé en début de saison : il est encore en course pour tous les titres. Le plus difficile reste à faire. Il reste à donner un peu plus. Comme hier devant Malaga. C'est le chemin adéquat.
Le Barça est tombé sur le Bayern avec le match retour en Allemagne. Très bien. Jusqu'au tirage au sort contre les allemands, toute l'attention était dirigée sur ce qui se passait avant. Et à présent elle est donc focalisée sur ce qu’il y a jusqu’à cette confrontation. Négliger la Liga serait absurde. Avec la victoire avec la manière sur Malaga, un premier pas a été fait. Il en reste un second à Valladolid après la trêve occasionnée par les rencontres des sélections. À partir de là s’enchainera alors un mélange fou de rencontres de Liga et de Ligue des Champions pendant tout le mois d'avril.
Faut-il craindre la surcharge de matchs ? Aucunement si tous les joueurs se comportent comme ils le doivent. Parce que ce ne seront pas toujours les mêmes qui vont jouer. Et parce que je considère qu'ils sont conscients qu'ils vivent un moment de leur carrière difficilement renouvelable. Cela implique de donner un peu plus. Ainsi, en donnant un peu plus --comme hier--, tu finis par t’user un peu moins. Parce que quand tu joues très bien en ne cessant de te passer la balle, les minutes s’égrènent sans que tu ne t’en rendes compte. Et parce qu'après avoir trouvé la solution avec autorité, tu peux doser tes efforts.
Certains sont pessimistes parce que les qualifications en ¼ et en ½ finale de la Champions se joueront à l’extérieur. Par le jeu déployé et par ses buts marqués, l’équipe a précisément démontré qu’elle pouvait vaincre de façon égale à la maison et à l’extérieur. D’autres sont pessimistes à cause de l’exigence de disputer un nombre trop important de rencontres en quelques semaines. Et, encore mieux, ils le font savoir à l’entraineur. Tu redoutes ce pour quoi tu aurais signé en oubliant toutes les saisons et les rares fois où cela a été possible : pouvoir encore tout remporter dans la dernière ligne droite de la saison. Tu es en tête de la Liga , une finale de coupe t’attend et tu figures parmi les huit meilleurs équipes d’Europe.
Situation exceptionnelle
Si tu veux cela il faut en assumer les conséquences. Tu dois jouer davantage de rencontres que les autres. Grâce à cela tu as la possibilité de tout gagner, mais aussi de tout perdre. Obtenir la première chose--tout remporter- serait exceptionnel, puisque qu’il est plus facile de rester aux portes, y compris sans rien, si tu baisses ta garde et ne fais pas attention aux détails. Il s'ensuit que l’équipe doit donner un peu plus. Le succès, encore une fois, est d'arriver aux finales. Les gagner n’étant seulement qu’un bonus.
Après sept mois de compétition et toutes ses rencontres disputées, l'avis (bon) que je me suis fait sur cette équipe ne va pas changer à cause de ce qui se passera dans les deux prochains mois. Tout tirage de Champions a son intérêt. Savoir sur lequel des 7 rivaux possibles nous tombons, savoir où se déroule le match aller et retour, quelles sont les chances de qualification. Le Barça a un style tellement marqué qu'il m’est égal de savoir sur qui on tombe et où se jouera le retour. Sans mépriser personne, il apparaît que le sort du Barça dépend de lui-même plus qu'aucun autre des ¼ finalistes. C’est que le Bayern vient de mettre, non pas une raclée, mais deux au Sporting; et que viendra ensuite Liverpool qui vient de manger Madrid et Manchester en championnat.
Tout d’abord, j’ai des doutes que Liverpool élimine Chelsea, tout comme je doute que les allemands se voient déjà en demi-finales, avant tout parce que j’ai confiance dans le style qui fait du Barça une équipe différente de toutes les autres. S’il l’exécute bien il ne manquera pas d’opportunités pour poursuivre sa marche en avant. La question est là. Si les joueurs sont capables de faire circuler rapidement la balle --ce que j'appelle un rythme de ballon haut--, les espaces apparaissent chez l'adversaire et tu diminues le contact physique. Sans ballon divisé il n'y a pas de chocs et le rival finit par avoir très peu le ballon. Il est alors égal de savoir qui tu as face à toi comme attaquant.
Le meilleur antidote
Un attaquant ne peut être dangereux sans ballon. A Almeria, nulle trace de Negredo. Hier, aucune nouvelle de Salva Ballesta. Cela est la force du Barça. Si tu exécutes bien ton style, tu peux gagner contre tout le monde. Si ce style t’échappe, tu rencontres alors des difficultés et tu peux perdre contre tous.
Quand je dis que je ne suis pas sur que Liverpool élimine Chelsea, je le dis pour Guus Hiddink. Au-delà des connaissances techniques et tactiques qu’il a pu amasser, il a une qualité très particulière : celle d'avoir un très bon œil. Il l'a prouvé dans les mille aventures dans lesquelles il s'est embarqué. Et il vient de se lancer dans une de plus.
L'oeil de Hiddink
Quand il accepte de prendre en charge une équipe, un club ou une sélection, il le fait parce qu'il a un œil clinique. Il voit ce qui existe là, de quel effectif il dispose, quel est le potentiel qui a été amassé et voit s'il est possible d'atteindre les objectifs visés lors de son embauche.
Choisir des projets qui peuvent se réaliser est sa vertu. Et s'il n'a pas dit non pour diriger Chelsea, c’est parce qu'il a vu, comme lui seul peut le voir, de grandes possibilités d'atteindre ses objectifs. Et toujours en se dotant d’un football offensif. Hiddink est comme certains joueurs de football pour certaines équipes. Touts les attaquants ne peuvent pas jouer dans toutes les équipes. Hiddink lui non plus ne peut pas entraîner n'importe quel club. Et le meilleur est qu'il est le premier à le savoir.
Source: Las claves de Johan Cruyff
Posté par GreGoL
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